A l’attention des esprits critiques :

 Qui se cache  derrière  le Saint-Siège ?

La dictature du Saint-siège a ses racines dans la religion des prêtres païens. Les éclatantes contradictions contenues dans l’Ancien Testament.

5ème partie

Refuser de prendre part au culte de Marie et d’adorer les saintes reliques, c’est encourir la damnation éternelle. Comment une dictature impose sa domination à une démocratie

 Sommaire :

Le culte catholique de la vierge en tant que « mère de Dieu » est bien antérieur à l’avènement du christianisme

 Ne pas croire à l’enfantement immaculé de Dieu par la vierge Marie voue à la damnation éternelle.

Les fidèles de l’église en sont-ils conscients ?

 Quiconque refuse de croire aux reliques des saints et de les vénérer est damné, selon l’église catholique.

 Lugubres superstitions à notre époque : chaque évêque porte une relique autour du cou, chaque autel contient des restes de relique... Dogme : « Quiconque refuse d’accepter la tradition ecclésiastique dans sa totalité… » a déjà un pied en enfer ...

 Qui est assis sur le trône de Pierre ? A cette question Tolstoï répond ...

 Selon la doctrine protestante, chaque individu serait « prédestiné » par Dieu au Ciel ou à l’Enfer..

 Une doctrine religieuse qui dénie à l’homme son libre arbitre, sape le principe sur lequel repose l’ordre  démocratique

 La caste des prêtres cherche à influencer le pouvoir temporel et à kidnapper la démocratie...

 

Dans les précédents chapitres, nous avons évoqué la façon dont le christianisme des origines a vu le jour et comment il a progressivement changé de visage au fil des siècles, donnant naissance à une religion païenne agressive qualifiée de ‘catholique’ alors que l’enseignement de Jésus de Nazareth aux hommes est au contraire un appel à l’amour et à la paix.

Les explications à suivre montrent très clairement de quelle manière des apports issus du paganisme grec ou romain ont remplacé les véritables enseignements chrétiens, imposés bien souvent d’ailleurs par la violence.

Dans ce nouveau chapitre, nous aimerions montrer que le Saint-Siège repose en réalité presque uniquement sur des bases païennes. Pour cela, nous passerons en revue les coutumes, rituels, dogmes, insignes, fêtes, etc… de la tradition catholique. L’image finale qui apparaîtra au terme de cette investigation risque fort d’étonner plus d’un lecteur en dévoilant la nature païenne de cette institution et ce, dans des proportions qu’on ne pourrait soupçonner.

 

 Le culte catholique de la vierge en tant que « mère de Dieu » est bien antérieur à l’avènement du christianisme

 La quasi-totalité des enseignements et structures de l’Eglise catholique trouvent leur origine dans le paganisme.

Ainsi en est-il du culte voué à Marie qui constitue une part essentielle de la foi catholique. Ainsi, pour ceux qui ne le sauraient pas, le culte que l’on voue à la mère de Dieu, selon le dogme promulgué par Pie XII, avance même que Marie aurait été accueillie dans les Cieux « en chair et en os ». Or, en réfléchissant à la façon dont ce culte est né et à la personnalité de ses précurseurs, on découvrira des choses fort intéressantes. Jésus de Nazareth quant à lui n’a jamais parlé de Sa mère comme étant la mère de Dieu. Sa mère dans la chair, Marie, était une personne simple, modeste et soumise à la volonté de Dieu. Alors, comment expliquer ce passage du statut de simple femme à celui de mère de Dieu ? En creusant la question, on découvrira que le culte de la mère de Dieu trouve ses racines profondes dans l’antiquité païenne, et cela bien avant l’ère chrétienne.

Pour illustrer ce propos, rappelons que les déesses  Isis, en Egypte, et Artemis, en Grèce, faisaient l’objet de la même adoration que celle que l’on voue à Marie aujourd’hui encore dans l’Eglise catholique. Toutes  deux étaient même souvent qualifiées de « reines des cieux », ou d’« étoiles de mer », expressions que l’on retrouve communément dans des chants entonnés lors de pèlerinage en l’honneur de la vierge Marie. En Egypte comme en Grèce, ces déesses étaient souvent qualifiées de « grandes mères des dieux ». Dans ces conditions, ce n’est sans doute pas un hasard si le dogme faisant de Marie la Mère de Dieu, et non celle Jésus, fut ratifié en 431 après J-C, lors du concile d’Ephèse, cette ville étant alors un grand centre de culte voué à l’adoration de la déesse Diane considérée comme la Mère de Dieu. Il est donc clair que cette croyance, issue du paganisme, s’est infiltrée dans l’Eglise.

Il est intéressant également de se rappeler que Diane était la déesse de la chasse. Déesse de la chasse et mère de Dieu, voilà qui est pour le moins insolite.

 On a donc transformé la mère de Jésus en un objet de culte païen et parfois de façon assez incroyable. Ainsi en est-il du culte à la vierge noire tel qu’il était par exemple pratiqué jusqu’au 20ème siècle à Altötting, lieu de pèlerinage situé en Bavière, dans le sud de l’Allemagne. La vierge noire d’Altötting était sensée posséder des pouvoirs de guérison ce qui lui conférait une grande popularité. Chaque année, les pèlerins affluaient en masse pour racler quelques éclats de cette statue en terre cuite qu’ils recueillaient précieusement avant de les réduire en poudre pour mieux les ingérer lors d’un repas. Cette coutume qui consiste à racler de petits morceaux de  statue de la vierge est d’ailleurs décrite dans un ouvrage consacré aux remèdes médicaux d’inspiration religieuse. La vierge noire à racler de Altötting est l’une des plus célèbres, de même que ses copies reproduites à Einsiedeln, en Suisse, également très prisées des fidèles. Au cours des différentes étapes qui jalonnaient le pèlerinage, il était possible d’acheter de petites répliques de cette statue. On attribuait à ces dernières des vertus miraculeuses et curatives car la terre et le mortier qui servaient à les fabriquer provenaient d’une chapelle sainte et contenaient des particules de reliques pieuses. Bien entendu, le miracle ne pouvait s’opérer qu’avec les statuettes vendues au cloître même ou provenant de celui-ci !  Récapitulons : des fragments de reliques, donc de cadavres, étaient mélangés à la terre qui servait à fabriquer les statuettes de la vierge. On raclait ensuite les statues avant d’ajouter les résidus ainsi obtenus à son repas. En quelque sorte, ce sont donc ses aïeuls que l’on consommait ainsi et on pourrait considérer cela comme une forme de cannibalisme. Cette coutume relevant du paganisme, on a peine à croire qu’elle ait pu survivre avec la bénédiction de l’Eglise catholique. Le cloître en question, lui, a fait de bonnes affaires jusqu’au 20ème siècle ! Cet exemple nous permet de réaliser à quel point le paganisme s’insinue jusqu’au cœur même de l’Eglise catholique sans que nous n’en ayons conscience.

De telles pratiques n’ont évidemment rien à voir avec la religion et encore moins avec le christianisme, c’est-à-dire avec les enseignements du Nazaréen. Des dignitaires ecclésiastiques chercheront bien sûr à les expliquer voire à les excuser en prétendant qu’il s’agit là de croyances populaires ayant quelque peu dévié pour finalement s’apparenter à de la superstition. Mais, en vérité, il n’en est rien. De fait, à la base de ce culte à Marie on trouve le dogme édicté par l’Eglise qui en fait la Mère de Dieu. L’Eglise catholique la vénère en tant que vierge entourée d’une couronne d’étoiles en forme de demi-lune, ce qui est très proche de certaines représentations figurant la déesse égyptienne Isis.

La figure de Marie que l’Eglise catholique a récupérée pour l’élever au rang de Mère de Dieu, se situe donc dans la filiation directe des déesses égyptiennes, telles Isis, et d’autres icônes de la mythologie païenne comme Diane, Artémis ou encore Astarté, divinité phénicienne de la fertilité. Comme cela a déjà été dit plus haut, le dogme par lequel Marie a été élevée au statut de Mère de Dieu - faisant d’elle quasiment la déesse d’un culte de mystère - a été édicté à Ephèse, ville qui depuis des siècles entretenait un tel culte envers Diane. D’ailleurs, lors de la tenue du concile, une foule fanatique déambulait dans les rues d’Ephèse pour exiger que l’ancien culte de Diane, la Mère de Dieu, soit intégré au sein de l’enseignement catholique, ce qui était précisément en train de se passer.

Marie est donc femme et mère au-dessus de toutes les autres femmes et mères. Il est intéressant ici de faire le rapprochement avec le célibat des prêtres que l’on pourrait interpréter ainsi : le prêtre catholique n’a pas droit au mariage car il s’unirait alors à une simple femme. Or, celle qui lui est destinée est la femme au-dessus de toutes les femmes et la mère au-dessus de toutes les mères.

Ne faut-il pas y voir la racine psychologique profonde du célibat pratiqué dans l’Eglise catholique ? L’archétype de la Grande Mère s’est emparé du subconscient des hommes bien des millénaires avant que le christianisme ne voit le jour. Dès cette époque, le culte de la Grande Mère était l’apanage de prêtres à qui il était interdit de se marier. Ceux-ci, qui se considéraient comme les enfants de la Grande Mère, portaient des vêtements féminins.

Ici, il est intéressant de se demander pourquoi l’Eglise a éprouvé le besoin de reprendre à son compte le culte païen de la déesse mère ? C’est peut-être qu’après avoir fait de Dieu un être cruel, arbitraire et sanguinaire, qui punit Ses enfants et les envoie souffrir les feux de la damnation éternelle, il lui fallait compenser cette vision  plutôt noire par une image réconfortante aux yeux des  fidèles afin qu’ils ne restent pas dans la peur d’un dieu punissant et vengeur. 

 

Ne pas croire à l’enfantement immaculé de Dieu par la vierge Marie, voue à la damnation éternelle. Les fidèles de l’Eglise en sont-ils conscients ?

 Celui qui n’admet pas le culte voué à Marie et donc refuse de la vénérer comme «Mère de Dieu», mais qui, en revanche, la reconnaît et la respecte comme étant la mère de Jésus par la chair, est-il déjà voué à la damnation éternelle ?

La réponse ne fait aucun doute ainsi qu’on peut le lire dans un document officiel de l’Eglise ainsi rédigé : « Si quelqu’un ne confesse pas, selon les saints Pères, en un sens propre et véritable, Mère de Dieu la sainte, toujours vierge et immaculée Marie, puisque c’est en un sens propre et véritable Dieu Verbe lui-même, engendré de Dieu le Père avant tous les siècles, qu’elle a, dans les derniers temps, conçu du Saint-Esprit sans semence et enfanté sans corruption, sa virginité demeurant inaltérable aussi après l’enfantement, qu’il soit condamné.» *

Ce passage soulève la question suivante : Les protestants qui rejettent le culte à Marie sont-ils eux aussi voués à la damnation éternelle et donc perdus ? Et dans ce cas, pourquoi s’ingénier alors à faire des avances au Saint-Siège ?

A un moment où l’on parle tant d’œcuménisme, la   question ne mérite-t’elle pas d’être posée ? On pourrait également se demander si les protestants ne se comportent pas  en aveugles spirituels  pour se laisser ainsi duper par les paroles douceureuses de l’Eglise catholique et quelles sont leurs réactions aux propos du Cardinal Meissner de Cologne qui affirme : « Il n’y aura jamais d’œcuménicité avec les protestants. »

 

Vous qui lisez cette brochure, si vous ne croyez pas au culte de Marie, vous aussi êtes perdus et exposés à la damnation éternelle. Dans ces conditions, souhaitez-vous encore rester fidèle à l’Eglise et continuer à lui verser son écot pour la remercier de vous avoir déjà condamnés et voués au feu de l’enfer ? Comment quelqu’un de sensé peut-il poursuivre dans cette voie ?

 

Quiconque refuse de croire aux reliques des saints et de les vénérer est damné, selon l’Eglise catholique

Il faut peu de choses en réalité pour encourir la damnation ! L’un des rédacteurs de cette brochure raconte qu’enfant, il devait se rendre à la messe chaque dimanche. De part et d’autre de l’autel placé au coeur de l’Eglise, se trouvait un cercueil de verre contenant un squelette magnifiquement vêtu dont il avait très peur. Depuis peu, il a découvert que tout catholique qui refuse de croire que ces reliques dispensent le salut, est également voué à la damnation éternelle. C’est en effet, au Concile de Trente que l’obligation d’adorer le cadavre des martyrs de l’Eglise fut ordonnée, toute personne s’y refusant étant damnée pour l’éternité : « Les fidèles doivent aussi vénérer les saints corps des martyrs et des autres saints qui vivent avec le Christ, eux qui ont été des membres vivants du Christ et le Temple du Saint-Esprit 1Co 3-16, 1Co 6-15, 1Co 6-19, 2Co 6-16 et qui seront ressuscités et glorifiés par lui pour la vie éternelle ; par eux Dieu accorde de nombreux bienfaits aux hommes. Aussi, ceux qui affirment qu’on ne doit ni honneur ni vénération aux reliques des saints, ou bien que c’est inutilement que les fidèles les honorent ainsi que les autres souvenirs sacrés, et qu’il est vain de visiter les lieux de leur martyre pour obtenir leur soutien, tous ceux-là doivent être totalement condamnés, comme l’Eglise les a déjà condamnés autrefois et les condamne encore aujourd’hui. »*

Tout catholique est donc contraint de croire en des choses profondément ancrées dans le paganisme.

S’il est vrai que l’Egypte antique, consacrait de nombreux lieux de culte à la vénération des restes des dieux, dans la mesure où on prêtait des vertus magiques à ces reliques, on est en droit de se demander en quoi ces pratiques toujours en vigueur au sein de l’Eglise catholique romaine et qui relèvent de la magie, ont à voir à voir avec le christianisme.

Il serait intéressant à ce sujet de connaître le point de vue d’un médecin sur le fait d’absorber des résidus de plâtre, même quand ceux-ci proviennent d’une statue de Marie. Que trouve-t-on sur une telle statue, quelles sont les substances absorbées au travers de ses résidus ?

A la limite, on pourrait même se demander si une telle pratique ne va pas à l’encontre de la loi, dans la mesure où elle pourrait être assimilée à une forme d’exercice illégal de la médecine ? Que penserait-on d’une personne qui se rendrait en pèlerinage à Altötting dans l’espoir d’y trouver la guérison et qui, du coup, délaisserait les remèdes precrits par son médecin traitant. La loi allemande est extrêmement pointilleuse sur ce sujet. Si tout autre communauté religieuse que l’Eglise pratiquait de la sorte, il y a fort à parier que l’Ordre des médecins et l’inspection du travail interviendraient aussitôt, et particulièrement si des objets aux vertus prétenduement  miraculeuses étaient vendus. Les instances responsables de la santé publique ne manqueraient pas de souligner les dangers de telles pratiques et d’intervenir pour leur interdiction.

En l’occurrence, prendre comme excuse la croyance populaire est parfaitement fallacieux. Cette histoire de reliques, c’est le Pape lui-même qui l’a initiée dès le début comme nous l’apprendrons à la lecture du livre de Ralph Woodrow * : «  En l’an 750, des convois entiers arrivaient sans cesse à Rome, transportant  quantités de crânes et de squelettes. Ceux-ci étaient triés, étiquetés puis vendus par les Papes. Les tombes étaient pillées durant la nuit. Dans les églises on montait la garde devant les tombeaux. Rome était comme cimetière en putréfaction. Dans l’église St. Prassede, on trouve aujourd’hui encore une plaque de marbre sur laquelle est gravée qu’en l’an 817, la Pape Pascal fit transporter du cimetière dans l’église les cadavres de 2300 martyrs. Lorsque le Pape Boniface VI fit transformer le Panthéon en une église chrétienne, aux alentours de 609, 28 chariots chargés d’ossements furent transférés des catacombes où ils se trouvaient et placés dans une fosse se trouvant sous le maître-autel. »  Les fondations de cette église reposent donc sur des centaines, voire sur des milliers de squelettes.

 

Force est donc de constater que la foi et les pratiques de l’Eglise catholique sont fondées sur un culte des morts et que la vénération des reliques en question va encore bien au-delà que dans les cultes païens. En prenant connaissance de tout cela, on ne peut que s’interroger sur l’origine de ces coutumes dont nous parlons depuis le début de cet exposé et se demander à quoi tout cela peut bien servir ?

En leur temps déja, les prophètes de l’Ancienne Alliance dénonçaient ces pratiques comme païennes. C’est par exemple le cas de Jérémie qui a dit : « Les coutumes des païens sont pur néant, leurs idoles ne sont que du bois coupé dans une forêt, travaillé par le sculpteur, puis enjolivé d’argent et d’or. Telles un épouvantail dans une melonnière, elles ne parlent pas ; il faut les porter, car elles ne marchent pas ! N’en ayez pas peur, elles ne peuvent faire du mal et du bien pas davantage. » (Jr 10, 3-5)

Il y a donc bien longtemps déjà que les prophètes mettent le peuple en garde contre ces traditions qui ne sont que poudre aux yeux, affirmant tout au contraire  qu’il n’est nul besoin de statues, de reliques ou d’objets d’or et d’argent, pour manifester sa foi en Dieu, comme le font les païens. Pour autant, nous venons de le voir, l’Eglise catholique a choisi de se rallier à ces cultes païens plutôt qu’aux prophètes. 

 

Lugubres superstitions à notre époque : chaque évêque porte une relique autour du cou, chaque autel contient des restes de relique...

Dogme : « Quiconque refuse d’accepter la tradition ecclésiastique dans sa totalité… » a déjà un pied en enfer

  Vous pourriez croire que tous ces vieux objets que l’on trouve encore dans les églises sont tombés en désuétude et qu’ils appartiennent au passé, et bien, détrompez-vous !

Prenons l’exemple de la croix que les hommes d’église portent autour du cou. Cette coutume est très ancienne, puisqu’elle remonte au 4ème siècle. A cette époque, il s’agissait d’une amulette munie d’un petit réceptacle contenant une relique. Depuis le 12ème siècle,  et aujourd’hui encore, chaque évêque a l’obligation de porter sur sa poitrine une croix contenant, elle aussi, une relique. On le voit, ces rituels et insignes, transmis de siècle en siècle, appartiennent toujours au patrimoine cultuel de l’Eglise.

Nos lecteurs savent-ils que chaque autel contient une relique, condition indispensable pour que celui-ci soit consacré.

Certains penseront sans doute que les fidèles gardent  la liberté de prendre part au culte des reliques et d’y croire ou pas ? Qu’ils se détrompent !

Comme il a été indiqué plus haut, l’Eglise a défini la place des reliques par un dogme auquel il convient de croire sous peine d’être damné.

Cependant, un autre dogme va encore bien plus loin. Le voici : « Si quelqu’un rejette toute la tradition ecclésiastique écrite ou non écrite, qu’il soit anathème...»*

Et cela s’applique tout autant aux personnes qui n’y croient pas qu’à celles qui ignorent tout de ces traditions. Toutes sont damnées sans même le savoir et ont déjà un pied en enfer.

En l’occurrence, c’est certainement le cas de la plupart des catholiques, car il est presque certain que la majorité d’entre eux ne sait rien de la multitude de dogmes et d’écrits qui composent le corpus doctrinal de l’Eglise à laquelle ils appartiennent. C’est ainsi que, sans le savoir, bon nombre de catholiques soutiennent, et parfois financièrement, une institution qui pourtant les a voués  à la damnation éternelle depuis longtemps déjà.

A ce propos, savons-nous exactement en quoi consiste la damnation éternelle ? L’idée de damnation éternelle est souvent perçue comme inacceptable, mais sait-on vraiment ce que recouvre cette notion. En vérité, sa dimension et sa portée scandaleuse ne nous apparaîtront qu’au moment où nous en saisirons le sens profond qui est le suivant : souffrir éternellement de douleurs indicibles dans les feux de l’enfer et ne jamais en être libéré. C’est cela que l’Eglise promet à ceux qui refusent de croire à l’un où à l’autre de ses dogmes.

C’est également ce qu’elle réserve aux couples qui vivent en dehors des liens du mariage. Il y peu de temps encore, le pape Benoît XVI a rappelé que ces personnes n’étaient pas en conformité avec l’enseignement de l’Eglise et que cela constituait un grave péché. Or, selon le dogme catholique, celui qui meurt dans cet état pécheur est voué aux feux éternels de l’enfer. L’Eglise n’hésite pourtant pas une seconde à empocher l’argent de ceux qui ne croient pas en ses dogmes, bien qu’elle déclare que... « quelqu’un qui rejette toute la tradition ecclésiastique écrite ou non écrite, qu’il soit anathème... » (voir plus haut)

 

Qui est assis sur le trône de Pierre ? A cette question Tolstoï répond

 Qui peut croire que Dieu ait ordonné une telle chose ? Quelle personne sensée pourra croire que Jésus, le Christ, et Dieu, notre Père, aient donné un tel pouvoir à l’Eglise. Dieu est amour, Il est l’amour. Et l’amour pardonne quand l’Eglise, elle, condamne ! Et toutes ses affirmations ne font que renforcer nos doutes. Dans ces conditions la question suivante s’impose : qui se cache derrière le Saint-Siège ? A cette question, le lecteur de cette brochure pourra répondre de lui-même.

Quant à lui, le grand écrivain russe, Léon Tolstoï, a déjà évoqué ce sujet dans un conte intitulé « L’enfer reconstruit »*. Ce texte figure dans un ouvrage posthume publié par son fils Léo, ce qui lui valut d’ailleurs de subir l’accusation de blasphème lors de la parution de  ce récit dans lequel Tolstoï nous conte ce qui suit :

Après la crucifixion et la mort physique de Jésus au Mont Golghota, Satan, père et souverain des enfers, perdit son pouvoir sur les hommes et fut exilé dans un profond ravin dont il ne pouvait s’extraire car il était entravé aux pieds. Sur la Terre les hommes « étaient parfaitement heureux... Il n’y avait entre eux ni haine, ni colère... Tout était en commun. Ils ne se défendaient pas contre les assauts de leurs ennemis, et payaient le mal par le bien. Leur vie était si belle que d’autres, de plus en plus nombreux, venaient sans cesse se joindre à eux...» Il semblait qu’il ait définitivement perdu la partie : « Un siècle passa, puis deux, puis trois...» quand soudain « ... une foule de démons, se poussant les uns les autres, s’abattirent sur le souverain comme une nuée de corbeaux sur la charogne. » Etonné, Satan leur demanda : « Que signifie tout ce bruit ? Qu’y a-t-il donc là-haut ? » Et le chef des démons, revêtu d’une pèlerine, de lui répondre : « La même chose qu’avant. » Mais, s’étonna Satan « Et l’enseignement de Celui que je ne veux pas nommer ? » « Cet enseignement ne nous dérange plus » répondit le démon en pèlerine « les hommes n’y croient plus... J’ai travesti Sa doctrine... et le résultat de mes travaux, c’est que les hommes ne croient plus en son enseignement mais au mien, tout en donnant à celui-ci le nom de celui-là. »

« Et comment t’y es-tu pris ? » demanda Satan.  « J’ai décidé de créer l’Eglise. » lui répondit le démon en pèlerine. « Mais qu’est-ce que l’Eglise ? » demande Satan qui l’ignorait. Voici la réponse qu’on lui fit :

« L’Eglise est ceci : Quand les hommes mentent, et quand ils sentent qu’on ne les croient pas, ils en appellent à Dieu, en disant : « Dieu m’est témoin que la vérité est ce que je dis. » Il y a encore cette particularité que les hommes qui se disent de ‘l’Eglise’ prétendent qu’ils ne peuvent se tromper. C’est pourquoi aucune erreur sortant de leur bouche ne peut être abjurée par eux. L’Eglise s’édifie de cette sorte :  les hommes proclament que, pour éviter les fausses interprétations de la Loi divine, leur Maître fit choix de quelques-uns qui, seuls, avec ceux auxquels ils ont délégué leur pouvoir, peuvent commenter sa parole... ils ont cet avantage que, s’étant proclamés ‘Eglise’ et ayant sur cette base fondé un enseignement, la foi s’impose jusque dans l’absurde... »  

Comme on le voit, Tolstoï avait une idée très précise sur l’origine de l’Eglise. Celle-là ne résulte d’ailleurs nullement de son inspiration romanesque mais bien plutôt de sa longue expérience dans la fréquentation de l’Eglise et de son enseignement dont voici un exemple :

« … le sens des dogmes sacrés qui doit être conservé à perpétuité est celui que notre Mère la sainte Eglise a présenté une fois pour toutes et jamais il n’est loisible de s’en écarter sous le prétexte ou au nom d’une compréhension plus poussée.» *

On se rappelle également du passage rapporté plus haut : « quelqu’un qui rejette toute la tradition ecclésiastique écrite ou non écrite, qu’il soit anathème... »

Par ailleurs, le pape Pie IX formule ce qui suit dans son allocution Singulari Quadam de 1854 : « Il faut admettre de foi que, hors de l’Église apostolique romaine, personne ne peut être sauvé. L’Eglise romaine est la seule arche de salut. Celui qui ne s’y hisse pas périra par les flots », il faut comprendre « sera damné ».

Naturellement, ce dont nous venons de prendre connaissance signifie que toutes les autres confessions sont dans l’erreur et que tous leurs fidèles sont voués à la damnation éternelle : hindous, bouddhistes, musulmans, jaïns, juifs, taoïstes et bien sûr les différents courants issus de la famille protestante.

Certains, qui admettent la véracité de ces faits, avancent pourtant que toutes ces affirmations appartiennent désormais au passé depuis le fameux Concile Vatican II sensé avoir fait entrer l’Eglise dans l’ère de la modernité et l’avoir dotée d’un esprit d’ouverture et de tolérance.

A ceux-là, nous aimerions soumettre ce passage d’un document publié à l’issue du Concile Vatican II : « …le Christ lui-même a du même coup affirmé la nécessité de l’Eglise, dans laquelle on est introduit par le baptême comme par une porte. Aussi ne pourraient-ils pas être sauvés, ceux qui, sans ignorer que Dieu, par Jésus-Christ, a établi l’Eglise catholique comme nécessaire, refuseraient cependant d’y entrer ou de demeurer en elle. »*

Qu’on nous permette de poser cette question : y a-t-il un seul protestant, un seul juif, un seul musulman de par le monde pour ignorer l’existence de l’Eglise catholique et échapper ainsi à ce danger ?

En vérité, tous la connaissent ! Seules certaines peuplades d’Amazonie ou de Papouasie Nouvelle-Guinée l’ignorent peut-être encore, mais pour tous les autres, la sentence est claire : ils sont condamnés à la damnation éternelle par l’Eglise.

D’autres avant nous se sont demandés qui se cache derrière le Saint-Siège ? C’est par exemple le cas de Martin Luther. Voilà ce qu’il en dit, en 1529, dans son sermon contre les Turcs : « Je crois que le pape est un diable en chair et en os, déguisé, car il est le Antéchrist. »

Et il écrit également : « Car le diable qui a fondé la papauté parle et agit à travers le pape et le siège de Rome. Tu sais maintenant qui est le pape et d’où il vient, une abomination issue de l’idôlatrie de tous les diables sortis du fond de l’enfer. »

Prenons conscience qu’il s’agit là des propos du fondateur de l’Eglise protestante et que ceux-ci n’ont jamais été démentis ni reniés. Pourtant, l’Eglise luthérienne met tout en oeuvre pour se rapprocher de l’Eglise catholique. Peut-être cherche-t-elle à revenir dans le sein de celle dont elle est issue pour s’éviter d’avoir à subir les feux de l’enfer éternel ? A la vue de ce spectacle, un esprit goguenard ne manquerait pas de faire remarquer que l’Eglise protestante « fait le beau » devant le diable !

A moins qu’elle n’agisse ainsi sous l’influence des aspects païens qui l’imprègnent également. Même si les protestants ne célèbrent pas le culte de Marie et rejettent la vénération des reliques, pratiques auxquelles ils se sont vigoureusement opposés lors du schisme protestant, le paganisme n’en a pas moins gardé une grande influence sur leurs croyances et leurs pratiques. Ainsi, l’autel placé au centre des lieux de culte, la chaire du haut de laquelle s’exprime le pasteur en direction de ses brebis, sont des convenances issues directement du paganisme, en l’occurence ici, du culte d’Isis.

De même, le rituel consistant à célébrer un repas de la cène n’existait pas chez les premiers chrétiens qui se contentaient de prendre un « repas de l’amour » en commun, qu’ils partageaient avec les pauvres. C’est seulement par la suite que ce repas fut ritualisé.

On peut également ranger au nombre des influences païennes le recours aux vêtements sacerdotaux et à l’autel et bien d’autres aspects encore.

A cet égard, l’aspect le plus déterminant est sans aucun doute le pouvoir d’intercéder entre Dieu et les hommes dont les prêtres sont investis. Ainsi, certains se prétendent-ils des intermédiaires entre Dieu et les hommes, et l’Eglise catholique en tant que manifestation de la volonté divine sur la Terre en est l’expression parfaite. Dès lors, on comprend mieux pourquoi il n’est possible d’obtenir le salut qu’à la condition de s’en remettre aveuglément à ce que disent les prêtres, affirmation que l’Eglise protestante reprend à son compte.

Pourtant, là encore ces deux institutions sont totalement en contradiction avec la Bible, leur référence suprême puisqu’il est écrit dans l’Epître à Thimothée : « Car vous n’avez qu’un Dieu et il n’y a qu’un seul intermédiaire entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ ». Où est-il question de prêtres ici ?

Que peut donc gagner l’Eglise protestante en singeant ainsi l’Eglise catholique et ses coutumes directement inspirées du paganisme. En effet, ainsi que nous l’avons vu, quoi que fassent les protestants, ils sont eux aussi voués à la damnation éternelle s’ils n’acceptent pas la totalité des dogmes catholiques. Ils auront beau faire et beau dire, ils n’obtiendront pas pour autant la grâce de l’Eglise catholique ! Ils s’y essaient pourtant. On pourra cependant leur accorder des  circonstances atténuantes en raison de la duplicité dont fait preuve l’Eglise catholique dans cette affaire.

Nous venons d’évoquer longuement la dureté d’un enseignement qui promet la damnation, l’enfer éternel, à quiconque ne s’y conforme pas. C’est une réalité incontournable, que chacun peut vérifier. Pourtant, lorsqu’on aborde ce sujet avec des catholiques, leur réaction consiste la plupart du temps à le minimiser, voire à le nier purement et simplement. A la question récente d’un de ses lecteurs qui demandait : « comment parler de l’enfer et le définir aujourd’hui ? » le Weltbild, journal catholique allemand, fit la réponse suivante : « il existe une thèse affirmant que l’enfer signifierait la fin de l’existence de l’homme, sa disparition pure et simple. »

Cette interprétation tout à fait nouvelle nous amène à nous demander quel est le but recherché par ceux qui  affirment de telles choses car il s’agit là ni plus ni moins d’un blasphème.

D’une part, l’Eglise reconnaît l’immortalité de l’âme et d’autre part elle elle annoncerait maintenant que ceux qui ne croient pas en ses dogmes seront réduits à néant. Ainsi, la vie de certains êtres que Dieu a créés serait anéantie à tout jamais parce qu’ils refuseraient les dogmes catholiques. Il est difficile de trouver pensée plus satanique.

En l’occurrence, il ne s’agit pas de dissolution dans le Nirvana comme le professe le bouddhisme, puisqu’au moins dans ce cas l’énergie est conservée. Non, il est avancé ici que l’homme retournerait au néant. Et qu’est-ce que le néant ? C’est le rien absolu ! Et celui-ci ne peut être envisagé si on considère qu’aucune énergie ne se perd.

Cette thèse renferme donc l’idée de la destruction pure et simple de la création divine, que celle de l’enfer exprime déjà. Il suffirait d’un seul homme voué à l’enfer  éternel pour que Dieu soit vaincu, car Dieu a créé la vie, Il est le Dieu de l’amour. Si donc un seul être humain devait être damné pour l’éternité, Dieu aurait bel et bien perdu puisque le mal serait alors plus fort que l’amour. Une telle assertion représente un blasphème envers le Créateur.

Faisons maintenant un bref retour en arrière. Nous avons pris connaissance un peu plus haut de documents officiels de l’Eglise affirmant que celle-ci détiendrait de Dieu la mission d’apporter aux hommes le salut sur la Terre et qu’ainsi il n’y aurait pas de salut hors de l’Eglise.

A ce propos, voilà ce que l’on peut lire dans le Décret pour les Jacobites officialisé lors du Concile de Florence (1442) : « Elle (La sainte Eglise romaine) croit fermement, professe et prêche qu’» aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Eglise catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront « dans le feu éternel qui est préparé par le diable et ses anges» (Mt 25, 41) à moins qu’avant la fin de leur vie ils ne lui aient été agrégés » et que « personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s’il verse son sang pour le nom du Christ, s’il n’est pas demeuré dans le sein et dans l’unité de l’Eglise catholique.»*

 

Selon la doctrine protestante, chaque individu serait «prédestiné» par Dieu au Ciel ou à l’Enfer

 Ainsi donc, selon l’enseignement catholique, même les protestants n’échappent pas aux feux de l’enfer. Bien entendu, un protestant pourra toujours se retrancher derrière le fait qu’il est à l’abri de ce risque puisqu’il rejette  ce dogme. Ce faisant, il pourra se croire tiré d’affaire. Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples et voici pourquoi.

Peu de gens savent en effet, même parmi les fidèles protestants, que selon l’enseignement luthérien, l’homme serait prédestiné, affirmation que l’on garde soigneusement sous le boisseau car elle serait bien sûr assez mal reçue par le grand public et les fidèles de l’institution. C’est pourtant un fait indéniable qui n’a fait l’objet, jusqu’à ce jour, d’aucun reniement de la part de l’Eglise luthérienne. En fait, cela signifie concrètement que la moitié de l’humanité est prédestinée au salut alors que l’autre est promise à la damnation éternelle, sans qu’il ne soit possible d’y rien changer puisque cela résulte d’une décision arbitraire de Dieu. Cet enseignement se révèle finalement  encore plus pervers que celui de l’Eglise catholique.

Se tourner vers le protestantisme ne résout donc en rien le dilemme dans lequel nous nous trouvons !

Ainsi, le dogme luthérien avance que Dieu aurait décidé bien avant notre naissance que nous irions au Ciel ou serions promis à l’enfer éternel ? Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est pourtant bel et bien ce que prétend Luther.

On s’en doute, une telle théorie est peu susceptible de séduire, aussi l’Eglise protestante a-t-elle depuis aménagé une version moins radicale. Il ne s’agirait plus maintenant d’affirmer que Dieu aurait prédestiné chacun de nous au ciel ou à l’enfer, mais que cela pourrait être une possibilité. Si tel est le cas alors, en toute logique, cela signifie que nous n’avons pas besoin des services de l’Eglise ! Car enfin, si tout est déjà programmé et que rien ne puisse changer notre destinée, nous serions bien insensés de verser notre obole aux représentants d’une institution qui nous voue aux gémonies !

 

Une doctrine religieuse qui dénie à l’homme son libre arbitre, sape le principe sur lequel repose l’ordre démocratique

 Toutefois, en un certain sens, cela pourrait en arranger quelques-uns. Un délinquant, par exemple, conduit au tribunal pour y répondre de ses actes, pourrait, après tout, avancer qu’il ne peut en être tenu pour responsable, Dieu ayant fait de lui un être malfaisant bien avant sa naissance. Serait-il juste, dans ces conditions de condamner cette personne ?

Quel pourrait être le point de vue d’un juge à ce sujet ?

Evidemment, s’il s’en tient strictement à la déontologie de sa profession, il ne peut que rejetter une telle objection. Mais, s’il s’avère être lui-même de confession protestante, il pourrait alors éprouver de sérieux problèmes de conscience.

Mais poursuivons notre raisonnement.

Si notre juge condamne quelqu’un que Dieu a voué à l’enfer éternel avant même sa naissance, il s’oppose alors à la volonté divine. Doit-il s’attendre lui aussi à rôtir dans les feux de l’enfer éternel ?

On voit bien ici combien ce paradoxe induit par l’enseignement protestant-luthérien sape tout ordre juridique.

Un groupe confessionnel qui, sur le plan de l’éthique, rejette la capacité au libre-arbitre des individus et considère que ceux-ci ne disposent pas de la liberté de se décider pour le bien ou le mal, parce qu’ils sont prédestinés à l’un ou à l’autre, nie les fondements mêmes de l’ordre juridique dans la société et contredit ceux de la Constitution, qui, elle, reconnaît et affirme le droit de chacun à la liberté. L’enseignement de Luther est en totale opposition avec ces principes.

Comment un criminel dépourvu du libre arbitre, selon la doctrine luthérienne, peut-il être jugé et condamné comme s’il en disposait.

Comment le procureur pourrait-il requérir une condamnation contre cette personne sous prétexte qu’elle aurait dû agir autrement alors qu’en réalité, selon la doctrine luthérienne, elle en était dans l’incapacité.

On voit bien comment cela s’oppose aux valeurs démocratiques. En fait, l’ordre juridique induit par la notion de prédestination divine consiste à trier le bon grain de l’ivraie, c’est-à-dire les individus respectables et les personnes amorales.

Comment ne pas se demander alors si cette vision des choses n’a pas profondément marqué la conscience du peuple allemand et contribué à façonner la volonté purificatrice et exterminatrice des nazis. Tous ceux qui connaissent un tant soit peu l’histoire savent à quel point les dignitaires luthériens (et catholiques) allemands se sont compromis avec le régime hitlérien (le fait que des personnes « justes » de confession catholique ou luthérienne s’y soient opposées ne change rien à ce constat, puisque cela relève exclusivement de la conscience individuelle de ces individus). On sait de quelle manière des enfants handicapés confiés à des instituts gérés par l’Eglise luthérienne ont été livrés à une mort affreuse. De nombreux ouvrages d’histoire émanant de diverses sources traitent de ce sujet et cette thèse y est largement développée et étayée par d’autres que nous.

Plus loin encore, le comportement intraitable d’un Luther ou d’un Calvin et leur aptitude à condamner à mort tout opposant à leur vision dichotomique du monde, entre bien et mal, n’a rien à envier à la brutalité de l’inquisition.

On le sait, dans le système judiciaire moderne, on ne peut condamner quelqu’un pour délit que dans la mesure où cette personne disposait de sa responsabilité pleine et entière au moment des faits. Un délinquant prédestiné à le devenir, privé de libre arbitre, peut-il être tenu pour responsable de ses actes et le juge qui le condamne malgré tout ne se rend-il pas lui-même coupable d’injustice.

Cela ne fait-il pas de ce dernier un bon candidat à l’enfer, à moins que Luther ne vienne à son secours en faisant valoir que lui aussi était prédestiné à agir de la sorte et qu’il n’avait finalement pas la liberté de se comporter autrement. 

Il s’agit là d’un cercle vicieux, totalement insensé, dans lequel des marionnettes de Dieu évoluent sans liberté. Quel Dieu est-ce donc que celui-là ? Sûrement pas celui dont parla Jésus, il y a 2000 ans. Dieu n’a jamais fait de Ses créatures des marionnettes. Au contraire en témoignage de son amour, il les a dotées du don le plus précieux qui soit, le libre arbitre, c’est-à-dire de la possibilité de décider librement, en toute occasion, ce qui inclut également celle de le rejeter et de nier son existence.

 

Chers lecteurs, comment souhaitez-vous être jugés ? Selon le droit catholique ou selon le droit protestant ? Si vous choisissez la première option, il vous faudra peut-être encourir la torture puisque celle-ci est légitime.

Quand il s’agit de sauver l’âme, les souffrances endurées par la chair pécheresse ne comptent pas. Rien ne doit être négligé pour permettre au pécheur de s’amender et à son âme de trouver le salut.

Si, par contre, vous choisissez la seconde option, vous échappez à la torture. En effet, selon le droit protestant celle-ci est parfaitement inutile puisqu’elle ne permet en rien à l’homme de s’améliorer. Il est bon ou mauvais, voué à l’enfer ou au paradis selon sa prédestination.

Et si aucune de ces solutions ne vous agrée, vous saurez pourquoi il est si important de rester vigilant et de se prémunir, aujourd’hui encore, contre l’influence du religieux sur le pouvoir politique et judiciare.

 

La caste des prêtres cherche à influencer le pouvoir temporel et à kidnapper la démocratie

 Selon l’Eglise catholique, l’Ancien Testament doit être éclairé par le Nouveau.

Cette affirmation est beaucoup moins sibylline qu’elle n’y paraît. En effet, elle implique ni plus ni moins la négation de l’ordre juridique du monde, celui-ci n’étant plus nécessaire puisque, en dernier ressort, c’est le prêtre qui a toujours raison. C’est à l’Eglise catholique de définir ce qui est juste et ce qui ne l’est pas.

Selon la conception des rapports entre l’Etat et l’Eglise qui prévaut au sein des institutions catholique et protestante, l’Etat n’est finalement que l’exécuteur des basses oeuvres de l’institution ecclésiastique, son bras séculier. Elles décident, il exécute.

Mais heureusement, il n’en est pas ainsi. C’est seulement contraintes et forcées que les deux institutions ont renoncé à gouverner les affaires du monde et nul doute que si nous n’y prenions garde, elles chercheraient à faire rentrer par la fenêtre ce que beaucoup d’hommes épris de liberté et de justice ont fait sortir par la porte.

« …nous définissons que le Saint-Siège apostolique et le pontife romain détiennent le primat sur tout l’univers » enseigne l’Eglise, comme nous l’avons mentionné au chapitre 3.

Aux yeux de l’Eglise, la démocratie n’est qu’un pis aller et son véritable projet consiste à la soumettre à sa dictature.

Qui sait que l’Eglise catholique exige de ses ouailles une fidélité absolue en toute circonstance. En toute situation, dans les domaines tant privé que public, ils ont le devoir de faire prévaloir l’enseignement chrétien, c’est-à-dire en fait la dogmatique de l’Eglise, et de faire triompher son idéologie. Ainsi, dans la mesure où cette idéologie est de nature totalitaire et n’a rien de commun avec la démocratie, on est en droit de considérer ici qu’un système dictatorial cherche à mettre au pas la démocratie.

Certains objecteront sans doute que jusqu’à présent ces principes n’ont jamais été mis en œuvre. A cela, nous avons déjà répondu en partie un peu plus haut. Toutefois nos lecteurs seront sans doute intéressés de prendre connaissance des propos tenus par le cardinal Meissner. Récemment, ce prélat a expressément demandé à la CDU allemande (Union des Démocrates Chrétiens ) de changer de dénomination et de ne plus se qualifier de chrétienne. Pourquoi cela ? En aucun cas parce que la CDU, tout comme l’Eglise catholique, n’ont rien à voir avec le Christ, mais parce que, nous citons ses propos : « C’est nous qui décidons de ce qui est chrétien et de ce qui ne l’est pas ! » et d’ajouter : « Ce parti ne va pas dans le sens de mes conceptions strictement réactionnaires. » Pour ce cardinal, les principes de l’Eglise n’ont donc pas seulement vocation à rester couchés sur du papier, mais surtout à être mis en pratique. A ceux qui en douteraient encore, nous ne saurions trop conseiller la lecture du livre de Gabriele de Würzburg : « Découvrez la vérité – le pouvoir de l’Eglise et de l’Etat et la justice de Dieu. Un livre qui s’adresse aux esprits libres et critiques. » Dans ce livre seulement disponible en allemand pour le moment, il est décrit avec une concision et une clarté incroyables la manière dont ces mécanismes fonctionnent. En effet, la caste des prêtres tire les ficelles de l’Etat démocratique bien plus qu’on ne le croie.

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A lire également :

     La Parole de Dieu à travers les prophètes de l'Ancien Testament.           La Parole de Dieu aujourd'hui à travers Sa prophétesse pour notre époque

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