A l’attention des esprits critiques :

 Qui se cache  derrière  le Saint-Siège ?

La dictature du Saint-siège a ses racines dans la religion des prêtres païens. Les éclatantes contradictions contenues dans l’Ancien Testament.

3ème partie


A consulter. Quelques thèmes édifiants.

Cette série d’articles repose, à l’origine, sur un cycle d’émissions de radio intitulées également : Pour les esprits critiques : Qui se cache derrière le « Saint-Siège » ?  Dans le cadre de cette diffusion, de nombreux auditeurs nous ont écrit pour nous demander des explications, des précisions sur tel ou tel sujet. Dans ce chapitre, nous avons reproduit ces questions ainsi que les réponses qui leur ont été apportées car elles sont susceptibles d’intéresser les lecteurs.

Sommaire :

Jésus et les premiers chrétiens étaient-ils végétariens ?

Pourquoi Jérôme a-t-il laissé figurer dans la Bible des passages qui témoignent du vrai visage du Saint-Siège ?

Pour être canonisé par l’Eglise il faut lui avoir été soumis. En l’occurrence, le fait d’avoir ou pas été un pécheur ne joue aucun rôle

Sortir de l’Eglise : Comment s’y prendre ?

Comment le pouvoir politique a usé de la force pour imposer au peuple les privilèges des prêtres ?

Le fait de reformuler le 5ème Commandement de « Tu ne tueras pas » en « Tu ne commettras pas de meurtre » permet de justifier le fait de tuer, dans « certaines circonstances »

L’eucharistie ou la pratique païenne du sacrifice sanglant

La guerre : théâtre de sacrifices sanglants. Soldats sacrifiés pour la patrie. Quand les obus servent d’instrument pour exprimer « la grâce de Dieu »

L’hypocrisie de l’Eglise catholique prend des formes toujours plus pernicieuses. Plusieurs papes font officiellement l’éloge de l’inquisition. Le génocide perpétré lors de la conquête de l’Amérique du Sud aurait été « une heureuse faute » !

Au comble de la superstition institutionnalisée : « statuettes de Vierge à râcler », « images de saints à avaler », pour trouver le salut. Se libérer de ses péchés en achetant des « indulgences »

L’enseignement du Saint-Siège regorge de contradictions, de non-sens et d’absurdités. Pourtant, refuser d’y croire c’est prendre le risque d’être excommunié, perdu et damné pour l’éternité

Le « représentant de Dieu sur Terre » ne devrait-il pas être maître des éléments ? Jésus de Nazareth l’était

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  Jésus et les premiers chrétiens étaient-ils végétariens ?

 Question :

« Je suis végétarienne, mais lorsque j’aborde ce sujet avec mes amis, ils me rétorquent souvent que la Bible ne mentionne nulle part que Jésus n’aurait pas mangé de viande. Comment cela se fait-il ? Par ailleurs, vous affirmez que Dieu n’a jamais voulu que les hommes pratiquent les holocaustes décrits dans l’Ancien Testament et aussi que Jésus était contre le fait de tuer les animaux. Y a-t-il des références écrites à ce sujet ? »

 Réponse :

On ne peut pas vraiment répondre à cette question si on fait l’impasse sur un aspect fondamental, méconnu de la plupart des gens, à savoir que les textes et documents auxquels nous nous référons aujourd’hui – en l’occurrence, il s’agit de la Bible – ont une histoire, un vécu pourrait-on dire. Ils ont été façonnés au cours des siècles en fonction des impératifs recherchés par ceux qui en étaient dépositaires. C’est l’un des objectifs de cette série de rappeler cette histoire et de révéler les buts ayant présidé aux choix rédactionnels. Ainsi, la Bible, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a connu une élaboration très longue qui s’est faite d’ajouts successifs mais aussi de rejets.

Un moment essentiel de cette histoire s’est déroulé au 4ème siècle de notre ère. Il s’agit du travail de traduction de la Bible effectué par Jérôme, un clerc de l’Eglise, à la demande du pape Damase. En effet, il circulait alors plusieurs versions de la Bible assez éloignées les unes des autres et le pape en question souhaitait assainir cette situation. Jérôme qui était connu pour ses talents de traducteur effectua donc ce travail colossal qui lui prit plusieurs années. Il traduisit tout d’abord les Evangiles à partir de la version latine existante qu’il estimait la moins dénaturée et se référa, là où il eut des doutes sur le sens, à une version grecque sensée être moins altérée. 

Pour traduire l’Ancien Testament, Jérôme s’appuya sur la version en hébreu afin de retrouver ce qu’il appelait « la vérité hébraïque » de l’Ancien Testament. Son travail de traduction ayant donné satisfaction aux autorités de l’Eglise, il reçut leur imprimatur, et c’est cette version qui fit référence jusqu’au 15ème siècle sous le nom de Vulgate.

Jérôme qui disposait d’un grand savoir, n’était néanmoins pas à l’abri de contradictions, la plus importante étant celle qui mettait aux prises sa fidélité envers l’Eglise dont il était membre et sa probité intellectuelle. En effet, dans le cadre de son étude des plus anciennes versions de la Bible, il fut amené à découvrir des aspects qui avaient été rejetés et ne figuraient plus dans les versions suivantes.

Il n’est pas question de discuter ici de la façon dont Jérôme résolut ces contradictions avec plus ou moins de succès et d’honnêteté intellectuelle, mais cela apporte un éclairage très instructif sur ce que nous considérons aujourd’hui comme des vérités immuables mais qui en fait ne l’ont jamais été. Parmi ces dernières, celle qui se rapporte aux relations de Jésus avec les animaux est une des plus importantes et déterminantes car elle pose la question du statut de l’homme dans la création. Ainsi, pour répondre à la question du végétarisme, voilà ce que l’on peut lire sous la plume de Jérôme lui-même, dans une lettre polémique connue en français sous le titre de « Contre Jovinien » (Adversus Jovinianum) : « Jusqu’au déluge la consommation de chair animale était inconnue, mais depuis le déluge on nous a gavé la bouche des fibres et du jus puant de la chair animale. Jésus-Christ qui est apparu quand les temps furent accomplis, a relié la fin avec le commencement, de sorte qu’il ne nous est plus permis de manger de la viande. »

A la lecture de cette phrase, il ressort très clairement que, selon Jérôme, l’un des meilleurs, sinon le meilleur, spécialiste de la Bible de son temps, Jésus aurait enseigné de ne pas manger de viande.

On pourrait encore éclairer ce thème sous un autre aspect historique. Pour ceux de nos lecteurs qui ne le savent pas, la Bible « officielle » résulte d’un choix humain et arbitraire puisque certains textes ont été jugés dignes d’y figurer et d’autres non. Pourquoi ? En fonction de quels critères ? Sans vouloir attribuer une volonté machiavélique à tous ceux qui ont effectué ces choix, on est en droit de considérer qu’ils ont souvent relevé d’un parti pris idéologique, à savoir qu’on a conservé les documents qui légitimaient une certaine vision du christianisme en voie d’institutionnalisation et rejeté tous ceux qui pouvaient s’y opposer. Or, il semble bien qu’une ligne de fracture importante réside précisément dans la question des animaux. La plupart des documents, évangiles et autres, qui ont été mis à l’index accordent une grande importance à cet aspect. De nombreux écrits apocryphes confirment non seulement que Jésus aimait les animaux mais aussi et surtout que la venue du Christ sur la Terre, la Bonne nouvelle qu’il a apportée au monde ne concerne pas que les hommes mais la Terre entière, y compris le monde animal. Le fait que Jésus et ses apôtres étaient végétariens découle en toute logique de cette vision unifiée du monde.

 

Pourquoi Jérôme a-t-il laissé figurer dans la Bible des passages qui témoignent du vrai visage du Saint-Siège ?

 Question :

Dans la 1ère émission de votre série (il s’agit ici du 1er chapitre de ce livre), vous avez cité un passage de l’Apocalypse dans lequel Jean incite fortement le peuple à quitter l’Eglise. Comment se fait-il qu’un tel passage ait été conservé dans la Bible alors que l’Eglise en a falsifié tant d’autres ?

Que signifie sortir de l’Eglise ? Que faut-il faire pour cela ?

      Réponse :

Le passage auquel vous faites allusion se trouve dans l’Apocalypse de Jean (Ap 18, 4) : « Sortez de cette cité, ô mon peuple, de peur de participer à ses péchés, et de partager les fléaux qui lui sont destinés. »

Généralement, on l’interprète en effet comme une invitation à quitter Babylone, la prostituée, identifiée au cours des siècles à l’Eglise qui s’est bâtie sur le cadavre du christianisme des origines qu’elle avait pris soin d’anéantir.

La question que vous nous posez est donc de savoir comment un passage aussi critique envers l’Eglise a pu échapper à la vigilance des censeurs patentés de l’institution ? En fait, nous le devons en grande partie à Jérôme, dont nous venons de parler. Comme nous venons de le voir, Jérôme était un personnage ambigu et complexe. Il est revenu plusieurs fois sur son travail de traducteur et sur les difficultés de cette tâche qu’il a essayé de mener avec un maximum de rigueur. Toutefois, c’était aussi un homme ambitieux qui savait parfaitement mesurer les dangers à éviter pour ne pas compromettre ses projets et sa situation. De plus, il était lui-même un homme de conviction qui disposait de ses propres visions et interprétations du christianisme. Son travail se situe donc à la croisée de toutes ces contradictions. C’est ainsi qu’il a pu écrire : «Y aura-t-il quelqu’un pour ne pas me traiter de falsificateur et d’auteur de sacrilèges lorsqu’il prendra cette Bible entre ses mains, car j’ai eu la hardiesse d’ajouter certaines choses aux livres anciens, de transformer d’autres choses ou d’en améliorer le contenu. » (J.P. Migne, Patrologiae cursus completus, series Graeca – MPG – 29, Sp. 525 ff.)

Jérôme avait donc tout à fait conscience de prendre des décisions arbitraires, de sa propre autorité.

Pour donner une idée de la complexité du personnage, il faut savoir que Jérôme nourrissait certaines ambitions au sein de l’Eglise et qu’il ne lui aurait pas déplu d’accéder à la responsabilité suprême, celle de pape, dont il a toujours été très proche, ce qui lui aurait d’ailleurs permis de faire triompher ses convictions. Ainsi, après avoir tout d’abord été assez longtemps proche d’Origène sur le plan des idées, il s’en éloigna par la suite pour ne pas compromettre son avenir en se faisant taxer d’hérétique, ce qui l’aurait mis au ban de l’Eglise et de la société. On sait, en effet, que la pensée d’Origène, le père du courant gnostique chrétien, était l’objet de grandes controverses et qu’elle était regardée d’un oeil de moins en moins favorable et bienveillant par les autorités de l’Eglise au point que sa doctrine fut condamnée au concile de Constantinople. Jérôme qui avait une perception fine de toutes ces subtilités, entreprit de suivre un chemin de compromis qui lui permit de louvoyer à sa guise, sans encourir trop de dangers. Son travail porte la marque de ce positionnement, parfois en retrait par rapport aux enseignements de Jésus, en particulier par rapport aux animaux, mais parfois aussi plus audacieux quand il choisit de laisser figurer dans la Bible des aspects remarquables qui, au cours des siècles, ont poussé beaucoup de gens à réfléchir à la distance qui existe entre l’enseignement de Jésus d’une part et la réalité institutionnelle de l’Eglise d’autre part. Il s’agit par exemple de passages de la Bible tels que celui où Jésus indique « …ne vous faites pas appeler maître»  (Mt 23, 8), celui où il exprime que « Celui qui prend l’épée périra par l’épée. » (Mt 26, 52) ou encore le passage de l’Apocalypse de Jean qui est à l’origine de cette question.

En tout état de cause, une chose reste sûre : si Jérôme a été canonisé par l’Eglise, c’est parce qu’il a globalement accompli un travail qui donnait satisfaction à cette dernière. Et, en effet, les « audaces » de Jérôme dont il est question ci-dessus sont restées largement circonscrites et ne l’étaient pas au point d’ébranler l’Eglise et son pouvoir.

Incontestablement, la Vulgate dont Jérôme est le père est restée un instrument de domination particulièrement efficace entre les mains expertes des autorités cléricales. Cela valait bien une reconnaissance en forme d’auréole. 

 

Pour être canonisé par l’Eglise il faut lui avoir été soumis. En l’occurrence, le fait d’avoir ou pas été un pécheur ne joue aucun rôle

 D’où il ressort la constatation suivante :

Pour être canonisé par l’Eglise catholique, il faut lui avoir rendu service et donc lui avoir été soumis. Le fait d’avoir commis ou pas des péchés ne joue aucun rôle.

A l’appui de cette thèse, on pourrait citer de nombreux exemples, le plus fameux étant celui de l’empereur Constantin, l’un des tous premiers saints de l’Eglise dont il sera largement question au chapitre suivant. Il s’agissait d’un homme extrêmement cruel qui n’hésita pas à faire assassiner ses plus proches parmi les proches : sa femme, son fils et ses alliés. Comment un individu aussi peu recommandable s’est-il vu offrir des ailes de saint : tout simplement en accordant à l’Eglise de nombreux avantages et privilèges. Il s’agissait de sa part d’un choix parfaitement machiavélique et intéressé, mais cela renforça son pouvoir et il n’eut ainsi qu’à se louer de cette coopération parfaitement assumée de part et d’autre.

 

Sortir de l’Eglise : Comment s’y prendre ?

On nous demande souvent comment s’y prendre pour quitter l’Eglise ?

      Réponse :

La démarche peut être différente d’un pays à l’autre. Il convient donc de se renseigner au cas par cas, toutefois, à titre d’exemple, nous pouvons indiquer la manière dont cela se passe en Allemagne où il n’y a pas de séparation entre l’Eglise et l’Etat.

Il y a lieu de se rendre auprès de l’administration compétente, remplir un formulaire et, malheureusement, payer une taxe ! Le fait d’être obligé d’accomplir cette démarche auprès d’une administration de l’Etat et non de l’Eglise, montre bien l’imbrication de l’Eglise et de l’Etat dans ce pays.

La dépense engagée pour une telle démarche est cependant minime au regard des économies réalisées par la suite ! De simples calculs montrent en effet qu’une personne ayant payé des impôts ecclésiastiques toute sa vie en Allemagne aurait pu aisément, avec cet argent, financer une retraite confortable ou un logement.

 Dans d’autres pays, comme la France par exemple, il existe des listes de baptême et il est possible d’écrire à l’évêché de la région où l’on a été baptisé pour demander que son nom soit effacé de ces listes. 

  

Comment le pouvoir politique a usé de la force pour imposer au peuple les privilèges des prêtres ?

     Question :

« Vous affirmez qu’on trouve dans l’Ancien Testament des éléments issus du paganisme babylonien. Sur quoi vos propos sont-ils étayés ? »

 Réponse :

L’histoire enseigne que les Israélites (Royaume de Juda) furent déportés à Babylone en 3 étapes successives au cours du 6ème siècle avant Jésus-Christ. Là, ils vécurent en captivité pendant plusieurs générations. A la prise de Babylone par Cyrus, le roi des Perses, ils furent autorisés à retourner en Palestine. On estime que 60 000 d’entre eux prirent ainsi le chemin du retour en Terre promise où l’une de leurs premières réalisations consista à entreprendre  la reconstruction du temple de Jérusalem que les Babyloniens avaient détruit. C’est ainsi que dans le livre d’Esdras (Esd 6, 3) on peut lire : « La première année du roi Cyrus, le roi Cyrus a donné cet ordre au sujet de la maison de Dieu à Jérusalem : Que la maison soit rebâtie, pour être un lieu où l’on offre des sacrifices, et qu’elle ait de solides fondements… »

On le voit, la décision de reconstruire le temple est couplée avec la perspective d’y pratiquer les holocaustes d’animaux. Pourtant, à de multiples reprises, dans l’Ancien Testament, plusieurs prophètes, et parmi les plus importants, s’expriment clairement contre les pratiques sacrificielles.

A la lecture d’Esdras on ne peut donc que s’interroger en constatant ces contradictions. Et voici ce que l’on peut lire encore (Esd 3, 12) : « Cependant maints prêtres, maints lévites et chefs de famille déjà âgés et qui avaient vu le premier temple pleuraient très fort tandis qu’on posait les fondations sous leurs yeux mais beaucoup d’autres élevaient la voix en joyeuses clameurs. »

Ainsi, les uns clament leur joie quand les autres expriment leur douleur. Mais pourquoi pleurent-ils ceux qui ont connu le 1er temple et qui gardent le souvenir du temps d’avant ? Peut-être souffrent-ils de constater qu’on est en train d’introduire dans le culte israélite quelque chose qui n’a rien à voir avec la volonté de Dieu telle que les prophètes l’ont exprimée ? Et, en effet, il semble bien que tous n’aient pas approuvé ce qui était en train de se passer puisque Esdras nous indique (Esd 6, 11) : « Le premier ordre du Roi Cyrus fut : « Que celui qui transgresse ces lois soit empalé sur une poutre arrachée de sa maison et dressée pour cette occasion et que sa maison soit mise en ruines. »

Mais pourquoi se serait-on opposé aux décisions du roi si celles-ci avaient exprimé la volonté de Dieu ? Et pourquoi annoncer des sanctions aussi cruelles si ce n’est parce qu’une partie du peuple s’opposait à ces décisions ?

Se peut-il que le décret de Cyrus ait eu pour but de mettre au pas et d’éliminer tous ceux qui connaissaient la volonté de Dieu et son opposition aux sacrifices d’animaux ?

Esdras chargé d’ériger les fondations du nouveau temple et de retravailler les textes pour leur rendre leur « pureté » originelle portait une double casquette. Il était à la fois docteur et scribe, c’est-à-dire prêtre, en même temps que fonctionnaire de l’empire perse, une sorte de ministre des affaires juives auprès de l’empereur qu’il servit avec la plus grande loyauté.

Bien entendu, il convenait de sauver les apparences et d’apparaître sous le meilleur jour possible et c’est pourquoi on tente de nous faire croire que c’est le maître qui mangeait dans la main du serviteur. Ainsi, dans Esdras (Esd 7, 6) on lit : « Cet Esdras monta de Babylone. C’était un scribe versé dans la loi de Moïse donnée par Yahvé, Roi d’Israël. Comme la main de Yahvé, son Dieu était sur lui, le roi lui accordait tout ce qu’il demandait. »

A qui voudra-t-on faire croire cela ? En vérité, les questions qu’il convient de se poser sont les suivantes : Pourquoi l’empereur l’avait-il choisi ? Pour quelle mission ? Celle consistant à restaurer la loi de Dieu, à accomplir Sa volonté ou celle consistant à servir les intérêts politiques de son mentor. En poussant les juifs à adopter des coutumes païennes importées de Babylone – les sacrifices d’animaux – on avait peut-être tout simplement pour objectif d’en faire des sujets plus dociles et fidèles car mieux respectueux des valeurs de l’empire ?

  

Le fait de reformuler le 5ème Commandement de « Tu ne tueras pas » en « Tu ne commettras pas de meurtre » permet de justifier le fait de tuer, dans « certaines circonstances »

 Toute personne sensée ne manquera pas de se demander par quel détour le Dieu des 10 Commandements et du célèbre « Tu ne tueras pas » peut également être celui qui ordonne de telles choses ? Voilà un Dieu bien peu conséquent et fort versatile qui change d’idée comme d’autres de chemise. Un tel Dieu ne le serait pas plus que nous ni vous, chers lecteurs, car il aurait alors des réactions parfaitement humaines. Mais le Dieu dont les prophètes et Jésus de Nazareth nous parlent, lui est divin et absolu.

Pour quelqu’un qui voit les choses ainsi, il n’existe qu’une hypothèse pour expliquer ces variations dans la parole de Dieu : on a placé dans sa bouche des paroles qui ne sont pas les siennes et on lui fait tenir des propos qu’Il n’a jamais dits. En falsifiant sa parole, on a fait du Dieu de l’amour et de la vie un dieu cruel et mortifère.

En ce qui la concerne, l’Eglise s’est  toujours accordé le droit d’interpréter l’enseignement de Jésus à sa guise. Dans le cas du 5ème Commandement, elle a pris très tôt l’habitude de considérer que si celui-ci devait bel et bien s’appliquer aux individus placés sous sa dépendance, il ne s’appliquait toutefois pas à elle-même. Ainsi, tout au long de son histoire, elle a pu légitimer les croisades, les guerres de conquête, la mise en esclavage de millions d’individus, leur conversion forcée, l’inquisition, la chasse aux sorcières, etc…

Pour justifier leur comportement, certains n’hésitent pas à opérer un petit glissement sémantique. A la suite de nombreux rabbins, ils prétendent que l’expression « Tu ne tueras pas » correspondrait à une mauvaise traduction de la volonté de Dieu et que celle-ci a, en fait, été formulée de la façon suivante « Tu ne commettras pas de meurtre »*. On le sait, depuis longtemps, le meurtre est un acte juridiquement répréhensible et vaut encore la peine de mort à son auteur, dans beaucoup de pays. Par contre, le fait de tuer, peut être parfaitement admis dans certaines circonstances et situations, la guerre étant l’une d’entre elles. Et l’on a rarement vu l’Eglise s’opposer à l’Etat dans ce domaine. Au contraire, c’est souvent avec la bénédiction des autorités ecclésiastiques que les soldats montent au front et se livrent à toutes sortes d’atrocités et d’exactions sur les populations civiles. Gott mit uns !**

Dernièrement, lors de la guerre dans l’ex-Yougoslavie, l’Eglise catholique n’a pas hésité à soutenir activement les visées militaires de son armée nationale.

  

L’eucharistie ou la pratique païenne du sacrifice sanglant

 On nous interroge concernant les influences païennes dans la Bible et sur la façon dont celles-ci se sont perpétuées dans le christianisme institutionnel : 

 Question :

« Lors de la seconde émission de la série sur le Saint-Siège, vous avez longuement expliqué l’importance des pratiques sacrificielles dans le paganisme. La façon dont la messe est célébrée encore à notre époque n’est-elle pas aussi grandement influencée par des apports païens ?

      Réponse :

La personne qui nous pose cette question a parfaitement raison. On peut même dire qu’à travers sa question, elle met le doigt sur la plus grande supercherie pratiquée à l’encontre de l’enseignement de Jésus de Nazareth. En effet, l’Eglise voit dans la célébration de la messe, la répétition symbolique du sacrifice par le sang de Jésus sur la croix. A l’occasion de chaque office religieux ce sacrifice est de nouveau thématisé et symbolisé à travers la cérémonie de l’eucharistie : par sa mort, par son sacrifice, le Christ aurait pris sur lui l’ensemble de nos péchés. Ainsi, en répétant chaque dimanche ce geste symbolique, on renouvelle ce sacrifice et on soulage sa conscience des mauvaises actions commises au cours de la semaine. Cette conception du bouc émissaire est incontestablement d’origine païenne. A l’origine, on pratiquait de véritables sacrifices humains avant de remplacer les hommes par des animaux, entre autres par le bouc. Ici, dans la symbolique catholique, on réintroduit le sacrifice humain, mais pas n’importe lequel, le plus grand qui soit puisque c’est le Fils de Dieu qu’on sacrifie. C’est ce qu’a déclaré Paul et c’est le point de vue que l’Eglise a adopté, qui est encore le sien aujourd’hui et qui le restera aussi longtemps qu’existera l’Eglise catholique. 

Pourtant, Jésus de Nazareth n’est pas venu sur la Terre avec l’intention d’y mourir sur la croix. Il est venu pour apporter aux hommes la vérité des Cieux et pour y ériger le Royaume de Paix. Cette connaissance nous a été révélée par l’Esprit du Christ lui-même, à notre époque, par la bouche de son instrument, Gabriele, mais on la retrouve aussi en partie dans certains passages de l’Evangile ainsi bien sûr que dans les écrits apocryphes.

Cette pensée du sacrifice par le sang, cette mystique du sang, pour l’appeler ainsi, a été introduite par Paul dans ce qui commençait tout juste à se transformer en christianisme institutionnel. Ainsi, quelqu’un qui se réclame de cette pensée devrait se définir comme paulinien plutôt que comme chrétien se situant dans la filiation du Christ. Ne pas le faire, c’est s’associer à la plus grande falsification qui soit de l’enseignement de Jésus, l’enseignement de l’amour, car c’est faire de Dieu un personnage colérique, brutal et cruel, exigeant le sacrifice expiatoire de son propre fils et l’envoyant sur Terre pour cela. On ne peut imaginer d’acte plus cruel que celui-là !

  

La guerre : théâtre de sacrifices sanglants. Soldats sacrifiés pour la patrie. Quand les obus servent d’instrument pour exprimer « la grâce de Dieu »

 Dès les premiers temps du christianisme, la question du positionnement chrétien à l’égard de la violence institutionnelle de la guerre, s’est trouvée posée. Les premiers chrétiens ont eu à subir les foudres de l’Etat et ont payé au prix fort leur refus de servir à la guerre, le plus souvent de leur vie. On peut comprendre qu’un tel refus était susceptible de mettre à mal tout l’équilibre des principes sur lesquels reposait – et repose encore largement – une certaine conception de l’Etat destiné à l’exercice du pouvoir et à la gestion des intérêts de quelques individus, familles ou groupes socio-ethniques. C’est pourquoi le comportement résolument pacifiste des premiers chrétiens généra une riposte impitoyable et sans merci. L’Eglise d’alors, en cours d’institutionnalisation, comprit le danger qu’il y avait pour elle à soutenir ce point de vue au regard de ses intérêts temporels et condamna le refus de servir dans les armées.

Depuis lors, elle s’est toujours tenue à cette vision des choses et s’est largement compromise avec toutes les formes de pouvoir, jusqu’aux plus sanglantes et autoritaires. Le fait qu’il y ait toujours eu en son sein des individus nobles, honnêtes, généreux, prêts au sacrifice désintéressé pour leurs prochains, ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt.

Pour un « juste », combien de compromissions, de bassesses, d’abominations ?

Lors de la 1ère guerre mondiale, le cardinal allemand Faulhaber, fêté par la suite comme un grand patriote par le 3ème Reich déclara, en tant qu’aumônier militaire que « les canons de guerre sont les instruments d’expression de la grâce de Dieu » et on sait, sans entrer dans les détails, de quelle façon l’Eglise, jusqu’à ses instances les plus élevées, s’est compromise à l’occasion de ces 2 conflits mondiaux. La déclaration du cardinal Faulhaber porte en elle la pensée que la guerre serait une forme de purification lavant et effaçant les errements du peuple sur le plan moral. Dans cette vision, le soldat doit donc se sacrifier pour un but élevé. Le plus macabre, dans ce processus, étant que les aumôniers des deux camps tiennent les mêmes propos aux soldats qui s’affrontent et s’entretuent donc avec la bénédiction épiscopale.

Jusqu’à preuve du contraire, cette pensée du sacrifice sanglant est encore en vigueur au sein de l’Eglise catholique comme de l’Eglise protestante et elle est purement païenne, Jésus n’a-t-il pas dit à Pierre : « Celui qui prend l’épée, périra par l’épée » (Mt 26, 52). La mise en garde est pourtant parfaitement claire et s’adresse à chacun sans exception : avoir recours à la violence ne correspond pas à la volonté de Dieu et celui qui sème la violence, récoltera la violence.

De plus, il est capital de rappeler que Jésus a prononcé ces paroles dans un contexte de légitime défense, sa vie étant menacée. Voilà qui porte un éclairage intéressant et instructif sur le dernier concept à la mode au sein de l’Eglise, nous voulons parler de la notion de guerre « juste » sous couvert de visées humanitaires. Pourtant, au regard des paroles de Jésus rapportées dans ce passage de la Bible, il est parfaitement clair que le point de vue de l’Eglise sur la guerre juste n’est pas chrétien.

Bien entendu, cela ne signifie en rien qu’il convient de tout accepter et d’adopter une attitude fataliste devant la vie et face aux évènements. Au contraire, Jésus nous a montré de quelle façon nous devrions être actifs chaque jour au service des valeurs de paix, de justice, de bien et d’harmonie, tout d’abord par notre propre comportement personnel, mais également, le cas échéant en agissant et en intervenant de façon concrète au service de nos prochains, hommes ou animaux. Lui-même l’a fait plus d’une fois et c’est pour cela qu’il est mort.

  

L’hypocrisie de l’Eglise catholique prend des formes toujours plus pernicieuses. Plusieurs papes font officiellement l’éloge de l’inquisition. Le génocide perpétré lors de la conquête de l’Amérique du Sud aurait été « une heureuse faute » !

 A la lecture de ce qui vient d’être dit, nous ne pouvons manquer de constater à quel point il est difficile et délicat d’aborder ces aspects tant ils sont entourés d’un voile épais de mensonges et d’omissions que la patine de l’histoire s’est chargée de rendre méconnaissables en effaçant de nos consciences le souvenir de leur portée et de leurs intentions véritables. De plus, ils sont souvent si bien camouflés sous un échafaudage de savantes formules intellectuelles, parfois contradictoires, qu’il est presque impossible au commun des mortels d’en percevoir la vraie nature et les véritables signification et portée.

En réalité, tout cela n’est pas fortuit mais relève d’une intention délibérée visant à parer une institution repue de richesses et de pouvoir temporel, des vertus de la pauvreté, de la compassion et de l’amour pour les humbles et les faibles. A titre d’exemple des capacités à la duplicité de cette institution, on relèvera les récentes prises de position du pape actuel et de son prédécesseur contre la recherche sur les embryons, par « respect de la vie », alors que dans le même temps est théorisée la « guerre juste », par laquelle les enfants venus au monde au nom du « respect de la vie » iront la perdre sur les champs de bataille.

 Les évènements survenus récemment, à l’occasion du décès de Jean-Paul II et de la nomination de son successeur, nous offrent également un bel aperçu de cette aptitude à la duplicité.

 Le fait que le nouveau pape ait pris pour nom Benoît XVI provoqua tout d’abord la surprise. On s’attendait à ce qu’il choisisse de se nommer Jean-Paul III pour marquer la continuité avec son prédécesseur. Le choix qui préside au nom d’un nouveau pape élu n’étant jamais sans signification programmatique, il est utile de rappeler qui fut Benoît XV qui occupa le trône de Pierre de 1914 à 1922, c’est-à-dire tout au long de la première guerre mondiale.

Benoît XV est souvent qualifié de « pape de la paix » et le fait que Ratzinger se réclame de son héritage, donna lieu immédiatement à des commentaires favorables à son égard dans les cercles libéraux, dans les milieux intellectuels et dans les médias attachés bien souvent davantage à la forme qu’au fond : Ce pape affublé d’une image de conservateur et de rétrograde n’allait-il pas finalement agréablement nous surprendre ?

Qu’en est-il en réalité ?

En fait, la neutralité affichée par le Vatican durant la première guerre mondiale et les efforts de Benoît XV pour obtenir la paix, n’avaient rien à voir avec une opposition fondamentale à la boucherie généralisée. Ils étaient bien plutôt motivés par d’autres considérations. En effet, le Vatican avait compris immédiatement qu’il ne pouvait qu’être perdant dans tous les cas de figure par la continuation du conflit et, par conséquent, il avait intérêt à ce qu’il se terminât au plus tôt. Les puissances belligérantes - France, Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie - ayant chacune une forte population catholique, en prenant parti pour l’un ou l’autre camp, le Vatican risquait une scission de l’Eglise.

Giacomo della Chiesa (Benoît XV) qui fut élu pape un mois après le début de la guerre était un diplomate expérimenté. Ce rejeton d’une famille de l’aristocratie génoise avait passé des années au service de la diplomatie vaticane. Il resta attaché à la neutralité du Vatican pendant toute la durée de la guerre et, à partir de 1917, il encouragea même le président américain Wilson à engager des négociations de paix. Ce faisant, il préservait autant que faire se peut les intérêts politiques de l’Eglise tout en gagnant pour l’histoire une image de pacifiste et de sage.

En se réclamant de ce personnage, Benoît XV effectue donc à peu de frais une habile opération de communication susceptible de jeter le trouble parmi les esprits critiques.

Mais en réalité, Benoît XV a fait bien peu, sinon rien, de façon concrète pour s’opposer à la guerre. En tant que plus haute autorité spirituelle et morale de la planète, pourquoi ne s’est-il pas montré plus ferme ? Pourquoi n’a-il pas excommunié les personnes qui prenaient part à la guerre ou qui l’avaient décidée, en leur refusant le dénominatif de chrétiens ? Pourtant, d’ordinaire l’Eglise sait très bien s’y prendre quand il s’agit d’exclure ceux qui ne s’en tiennent pas à son enseignement. Bien entendu, s’il ne l’a pas fait, c’est qu’il aurait risqué de s’aliéner les instances dirigeantes des différents pays belligérants.

 Mais pour ceux qui voudraient bien y regarder de plus près, il y a peut être une autre signification au choix de son nom par le nouveau pape. En effet, tout comme le cardinal Ratzinger, Benoît XV fut un adversaire farouche de la « modernité », des Lumières, du rationalisme, du libéralisme (au sens revêtu par ce mot à l’époque), de la démocratie et, en définitive, de tout ce qui semblait remettre en cause les bases du vieux monde et la place que l’Eglise y occupait.

Dans une lettre encyclique publiée quelques mois seulement après sa prise de fonction, Benoît XV s’était opposé avec véhémence à tous ceux qui faisaient confiance à la compréhension et à la raison : « Enflés et enorgueillis de leur haute opinion de l’esprit humain, lequel a fait assurément, avec l’aide de Dieu, des progrès incroyables dans l’exploration de la nature, certains, préférant leur propre jugement à l’autorité de l’Eglise, en sont venus dans leur témérité jusqu’à juger à la mesure de leur intelligence les divins mystères et toutes les vérités révélées, n’hésitant pas à les adapter au goût des temps actuels. Ainsi surgirent les monstrueuses erreurs du modernisme que, à bon droit, Notre Prédécesseur a proclamé la synthèse de toutes les hérésies et qu’il a solennellement condamnées... Nous voulons donc que reste sacrée cette règle de nos pères : n’innovez en rien, contentez-vous de la tradition ».*

La lettre «Ad Beatissimi Apostolorum» du 1er novembre 1914 condamnait également la Première guerre mondiale. Mais comme l’indiquait clairement le texte de la lettre, il s’agissait pour le pape de défendre avant tout l’ordre existant menacé au plus haut point par les bouleversements que la guerre était susceptible d’entraîner. Cette condamnation était motivée avant tout par la peur de profonds changements sociaux tels qu’il devait effectivement s’en produire en Russie, en Allemagne, en Hongrie et ailleurs. De là, la défense énergique des pouvoirs en place et de l’ordre établi que seule la paix était en mesure d’assurer.

La lettre en question condamnait également le fait que « généralement on ne respecte plus l’autorité de ceux qui commandent » et y voyait « une autre cause des perturbations sociales ». Elle s’opposait à toute forme de démocratie : « Du jour en effet où on a voulu placer l’origine de tout pouvoir humain, non plus en Dieu Créateur et Maître de l’Univers, mais dans la libre volonté de l’homme, les liens de subordination qui doivent rattacher les inférieurs aux supérieurs se sont affaiblis au point de disparaître ou peu s’en faut. »

Bien entendu, chaque fois que le mot Dieu est prononcé, c’est le mot Eglise qu’il faut entendre !

 Sur un autre sujet, mais toujours dans le même ordre d’esprit, celui de la duplicité et de la schizophrénie, il est intéressant de se rappeler que, quelques semaines seulement avant son élection sur le siège de Saint-Pierre, le pape nouvellement élu n’a pas hésité à tenir les propos suivants, lors d’une interview à la 1ère chaîne allemande : « Nous nous plaçons dans la continuité de l’inquisition. » Et d’ajouter : « On ne peut nier le fait que l’inquisition ait apporté un certain progrès, puisque lors des procès, les accusés étaient tout d’abord soumis à des interrogatoires. »

Comment ne pas qualifier ces propos de cyniques quand on sait que les interrogatoires auxquels procédaient les tribunaux de l’inquisition étaient accompagnés des tortures les plus cruelles et abominables qui soient et qu’ils coûtèrent la vie à tant de personnes ? Il est parfaitement incroyable qu’un cardinal, qui plus est directeur pour la doctrine de la foi, place lui-même son action dans la continuité de l’inquisition et la présente comme un progrès au regard des mœurs judiciaires de l’époque. Que ne dirait-on pas aujourd’hui de quelqu’un qui oserait qualifier de progrès les méthodes en vigueur pendant la dictature chilienne ou sous le 3ème Reich, sous prétexte que les victimes de Pinochet ou d’Hitler auraient eu droit à un interrogatoire musclé avant d’être assassinées dans les chambres de tortures ?

Et pourtant, le cardinal qui tenait de tels propos est devenu pape depuis et bénéficie désormais du titre de « Saint-Père ». Ainsi se perpétue la formule : « Approuve le fait de tuer, approuve les massacres mais surtout sois un bon serviteur de l’Eglise, alors tu es déjà un saint. »

Bien sûr diront certains, tout cela est vrai, cependant il ne s’agit que d’un épiphénomène qu’il convient de savoir replacer dans son contexte pour en saisir la véritable portée. C’est sans doute ce qu’a voulu faire le défunt pape Jean-Paul II - que beaucoup souhaitent déjà voir canonisé -  lorsque, à l’occasion du 500ème anniversaire de l’évangélisation de l’Amérique du Sud, il a déclaré que la prise de possession de celle-ci par les conquérants catholiques espagnols – et plus tard portugais – avait eu certes un caractère violent condamnable, mais qu’il s’agissait aussi d’une « évangélisation remarquable » ayant véritablement contribué au « développement de l’histoire du salut », et qu’il fallait finalement y voir « une faute heureuse ».

Les millions de victimes de ces évènements n’ont sans doute pas été aussi sensibles que le pape aux effets positifs et bénéfiques de la conquête espagnole, de la colonisation qui s’ensuivit et de la mise en esclavage qu’ils ont subie : Rien qu’une suite d’épiphénomènes !

A refaire l’histoire à l’aide de formules choisies, on en oublie toute la somme de souffrances endurées. On efface la mémoire de la victime et on fait disparaître l’existence du bourreau quand on ne fait pas de lui un bienfaiteur ou un saint.

 

Au comble de la superstition institutionnalisée : « statuettes de Vierge à râcler », « images de saints à avaler », pour trouver le salut. Se libérer de ses péchés en achetant des « indulgences »

      Question :

Il y a peu, sur Internet, j’ai vu, proposée aux enchères, une statuette de Vierge à râcler provenant de Altöting ainsi que des images de saints à avaler. Pouvez-vous m’expliquer de quoi il s’agit ?

 Réponse :

A cette question, nous pourrions en ajouter une autre : En absorbant ces petits morceaux d’images de saints ou en grignotant chaque jour quelques copeaux râclés sur une de ces statuettes, est-il possible de parvenir à la sainteté ?

Mais répondons tout de suite à la première question.

La tradition des vierges à râcler est issue du Moyen-âge et a persisté jusqu’au 20ème siècle, en Europe Centrale. En absorbant de minuscules copeaux de bois, de pierre ou de plâtre provenant de ces statues ou en avalant de petits morceaux d’images représentant des saints, on était sensé trouver la guérison, effacer ses péchés, voir un vœu se réaliser, etc… 

Sur le site de l’Eglise catholique suisse www.kath.ch, nous avons trouvé une évocation de la Vierge à râcler du couvent de Einsiedeln. On peut y lire ce qui suit : « On en râclait de minuscules particules pour les manger. » Le Dr Müller, dans son livre « Mittel zum Heil » (« Les moyens pour atteindre le salut »), écrit à ce sujet (il s’agit de notre propre traduction) : «En cas de besoin, pour s’annexer une substance curative, une des possibilités les plus connues était de râcler la glaise d’une statue de Madone à râcler. On pouvait se procurer des copies réduites de la statue miraculeuse dans différents lieux de pèlerinage. Les vierges noires à râcler provenant de Altötting en Bavière, ainsi que les copies miraculeuses faites au couvent de Einsiedln, étaient les plus célèbres et les plus prisées, et ceci jusqu’au 20ème siècle. Les Madones à râcler de Einsiedeln passaient pour particulièrement miraculeuses et curatives car, selon ce qui est raconté, de la terre et du mortier de la chapelle miraculeuse, ainsi que des particules de reliques étaient mélangés à la glaise servant à leur confection. Seules les Madones à râcler vendues par le couvent et portant au dos son estampille disposaient de ces propriétés. »

Espérons que les particules de reliques dont il est question ici n’étaient pas des restes de cadavres humains !

Toujours sur le site de l’Eglise catholique suisse, on fait référence aux images saintes à consommer. Dans le livre du Docteur Müller, on peut lire ce qui suit à ce propos : « Par le passé, il était possible d’acquérir des images à avaler dans de nombreux lieux de pèlerinage. Pour l’acheteur il était important que les images aient été bénies par un prêtre et si possible qu’on les aient mises en contact avec la statue miraculeuse vénérée sur le lieu de l’achat. »

Il faut expliquer qu’à l’époque, il existait des reliques et des répliques de reliques. Pour que la réplique possède les vertus et les qualités de l’original, il suffisait de la mettre en contact physique avec l’original. C’est pour cette raison que les acheteurs désiraient ardemment que leurs images à avaler aient touché au préalable une relique afin d’en obtenir un surcroit d’efficacité.

Mais retournons au livre du Dr. Müller : « Les images, bien souvent pas plus grosses qu’un timbre-poste, étaient ingurgitées en cas de danger ou de détresse, on en donnait également à consommer aux animaux malades. Les images sacramentales à avaler étaient considérées comme une sorte de médicament disposant d’une grande force sous l’effet de la bénédiction délivrée par le prêtre. »

La définition d’objet sacramentel donnée officiellement par l’Eglise est la suivante (traduction) : « Objet sacré et béni tels que huile, sel, feuilles de palmiers, croix, médailles de pèlerinage, offrant au croyant protection et bénédiction, le protégeant du malheur et lui permettant d’espérer la guérison. »

Le Dr. Müller nous apprend également qu’ « en 1903 encore, la Congrégation romaine des rites approuva l’utilisation des images à avaler. Cette coutume était déjà connue dans l’Antiquité. » Ce qui est une autre façon d’admettre que l’usage des images saintes à avaler n’est rien d’autre qu’une coutume païenne.

Réfléchissons un instant à ce qui se passerait et à ce que certains ne manqueraient pas de dire si toute autre communauté religieuse que l’Eglise catholique procédait à de telles pratiques ?

On parlerait sans aucun doute de superstition et on mettrait sérieusement en doute la santé mentale des membres de cette communauté ! Et si toute autre communauté que l’Eglise catholique procédait sur Internet à la vente de vierges à râcler aux vertus miraculeuses et curatives, les services du ministère de la santé interviendraient immédiatement auprès de la justice en dénonçant une forme d’exercice illégal de la médecine.

 D’autres lecteurs et auditeurs nous interrogent concernant toutes ces coutumes étranges en vigueur dans l’Eglise catholique :   

 

Question :

D’où provient la coutume consistant à se traîner à genoux pour obtenir une indulgence, comme c’est le cas à Altötting (en Bavière) ou à Rome ?

Réponse :

La coutume consistant à se traîner à genoux pour obtenir une indulgence est apparentée à la pénitence. En accomplissant certains actes appelés pénitences dont l’efficacité se mesure au degré de souffrance qu’ils génèrent, on peut se libérer de ses péchés ou des peines engendrées par ceux-ci. De telles pratiques sont communes dans le paganisme. Elles sont souvent associées à la confession, comme dans le Jaïnisme, dans le culte d’Anetis, dans les mystères de Samothrace ou encore dans le culte d’Isis.

 Dans son livre « La foi falsifiée », Karl Heinz Deschner, célèbre historien allemand des religions décrit ces pratiques : « …sous la menace du prêtre, les pécheurs se jetaient sur le sol, se frappaient la tête contre la porte sainte, demandaient pitié aux « purs » en les couvrant de baisers…». Il poursuit : « …après qu’ils se soient repentis, on lançait en l’air des copeaux de bois et des brins de paille et on poussait des cris d’allégresse. Tous les péchés étaient emportés par le vent. »

Dans certains cultes de mystères, on confessait ses fautes au prêtre, considéré comme le représentant de la divinité, et cela dans le but d’être libéré des conséquences possibles de ses actes. K. H. Deschner indique à ce propos : « Dans le culte d’Isis, il existait un système d’indulgences très élaboré tel qu’on le retrouvera plus tard dans le catholicisme. Ainsi, même les cas d’apostasie, c’est-à-dire de reniement de la foi, faisaient l’objet d’une indulgence  »

  

L’enseignement du Saint-Siège regorge de contradictions, de non-sens et d’absurdités. Pourtant, refuser d’y croire c’est prendre le risque d’être excommunié, perdu et damné pour l’éternité

 Au cours des chapitres précédents, nous avons eu l’occasion de rappeler que selon les prescriptions de l’Eglise catholique, les fidèles sont tenus d’accepter et de croire l’enseignement de l’Eglise dans sa totalité sous peine d’être damnés pour l’éternité.

A ce sujet, un auditeur nous pose la question suivante :

 Question :

« Par le passé, on pouvait lire dans le Neuner-Roos (il s’agit d’un ouvrage fondamental de synthèse décrivant en quoi consiste la foi de l’Eglise catholique à travers ses propres documents officiels. Non disponible en français) : « damné éternellement ». Aujourd’hui le mot damné a été remplacé par « exclu ». Faut-il en conclure que désormais on n’est plus damné pour l’éternité si l’on doute de l’Eglise catholique ?

      Réponse :

Non, ce serait une erreur que d’en tirer cette conclusion. Dans ce contexte, « être exclu » signifie toujours être damné pour l’éternité. Autrefois on exprimait cela en termes moins hypocrites. Aujourd’hui, cette formulation a été simplement adaptée à l’époque et aux mentalités afin d’apparaître moins radicale. Pourtant son sens reste le même car être exclu signifie : être exclu du salut donc voué à la damnation éternelle.

Dans le texte original en latin, il  est écrit : « anathema sit » autrement dit « qu’il soit damné ».

Voici une hypothèse pour expliquer cette nouvelle formulation : Alors qu’à  notre époque, sous la pression des opinions publiques, les grandes confessions font assaut d’amabilités réciproques par souci d’œcuménisme bien compris, cela ferait quelque peu désordre que de vouer à la damnation ceux à qui on est sensé tendre la main car, rappelons-le, si l’on s’en tient au dogme catholique, tous les membres des autres confessions sont voués à la damnation éternelle, car seule l’appartenance à la vraie religion est gage de salut.

Voilà ce que l’on peut lire à ce propos dans un document officiel de l’Eglise produit à l’occasion du Concile de Florence : « La très sainte Eglise romaine, fondée par la voix de notre Seigneur et Sauveur… croit fermement, professe et prêche qu’aucun de ceux qui se trouvent en dehors de l’Eglise catholique, non seulement païens mais encore juifs ou hérétiques et schismatiques ne peuvent devenir participants à la vie éternelle, mais iront « dans le feu éternel qui est préparé par le diable et ses anges» (Mt 25, 41)… »*  Au même titre que tous les autres documents officiels de l’Eglise, celui-ci est encore parfaitement valide et reconnu par l’institution.

  

Le « représentant de Dieu sur Terre » ne devrait-il pas être maître des éléments ? Jésus de Nazareth l’était

 Un auditeur nous pose la question suivante :

 Question :

« En juin 2005, sur Radio Vatican, j’ai entendu qu’en raison de la sécheresse catastrophique qui sévissait en Australie, il avait été décidé d’un jour de prière pour la pluie. Mais, en toute logique, prier Dieu pour obtenir la pluie, c’est le considérer comme responsable du temps qu’il fait ? D’où vient cette croyance ? N’est-ce pas une manifestation de paganisme pure et simple ?»

Cette question en est suivie d’une seconde :

« Les chrétiens des origines prient-ils également pour la pluie ? »    

      Réponse :

Concernant la première question, on peut dire que dans le paganisme, c’est-à-dire dans le polythéïsme, tous les phénomènes naturels ont également une dimension « surnaturelle ». Ils sont la traduction matérielle d’une manifestation divine, ce qui est vrai également pour la pluie.

Ainsi, chez les Germains, c’est le dieu Donar qui régit la pluie, alors que chez les Egyptiens c’est le dieu Sed qui deviendra plus tard le dieu Bal. Chez les Grecs, c’est Zeus qui remplit cette fonction alors que chez les Mésopotamiens, ce sont les dieux Anu et Enlil.

Ainsi, pour agir sur le temps – obtenir la pluie ou au contraire la faire cesser, en cas d’inondation – il est nécessaire de mettre fin au désordre ayant suscité le courroux du dieu concerné, le phénomène météorologique n’étant finalement que l’expression de celui-ci. Dans la plupart des cas, pour ramener la divinité à de meilleurs sentiments et implorer sa bienveillance, on procède à  des offrandes sensées lui être agréables. Adresser des prières à Dieu pour qu’il déclenche la pluie, comme dans l’exemple de notre auditeur, c’est le considérer ni plus ni moins comme une divinité païenne.

Dans la plupart des traditions païennes, un être élu est sensé incarner le lien entre Dieu et son peuple, être son représentant sur Terre, comme c’était le cas par exemple des pharaons égyptiens. Dans le catholicisme, c’est le pape qui est investi de cette fonction. Cela lui octroie des pouvoirs gigantesques, quasi-surnaturels puisque dans une « Bulle sur l’union avec les grecs», il est dit : « Le Saint-Siège apostolique et le pontife romain détiennent le primat sur tout l’univers »*. On peut également rappeler ici les paroles prononcées lors du rituel de couronnement du Pape : « Sache que tu es le père de tous les princes et de tous les rois, le dirigeant du globe terrestre. »

Vers où ce soi-disant dirigeant du globe terrestre dirige-t-il la Terre ? Où conduit-il le monde ? Est-ce lui qui commande aux épidémies et aux catastrophes naturelles ? Est-il le dirigeant de tout le malheur qui s’abat sur les hommes, la nature et les animaux ?

Pourtant, il est vénéré comme un saint. Il devrait donc avoir tout pouvoir sur la pluie, les raz-de-marées, les maladies, les tremblements de terre et les tsunamis. Il devrait être capable d’agir sur les éléments.

Cela devrait être facile pour lui en tant que représentant de Dieu sur Terre, comme il se fait appeler et vénérer. Cependant, si les effets liés à sa fonction de représentant de Dieu sur Terre sont ceux que nous venons de décrire, il n’y a que deux conclusions à en tirer : soit il usurpe le titre de représentant de Dieu et ne dispose en rien du pouvoir d’influencer le cours des choses – n’étant même pas capable de guérir sa propre maladie – soit il influence bel et bien les événements qui surviennent sur la Terre et dans ce cas, il n’est en aucun cas le représentant du Dieu de l’amour mais au contraire celui du dieu des ténèbres.

D’où le titre de cette série : Qui se cache derrière le Saint-Siège ?

 Dans la Bible, il est écrit : « Soumettez-vous la Terre ! » (Gn 1, 28). Qu’est ce que cela signifie ? Si le pape dirigeait vraiment le cours de la Terre, il devrait en être le maître et disposer du pouvoir sur les éléments.

Pour sa part, Jésus disposait de pouvoirs sur les éléments. Le Nouveau Testament (Mt 8, 24), fait le récit d’une tempête sur le lac de Tibériade survenue alors que Jésus et les apôtres se trouvaient dans une barque. Alors que ces derniers prennent peur, Jésus affronte la tempête et dirige les vents. Il en était donc capable ce qui n’est pas le cas pour celui qui se prétend le représentant de Dieu sur Terre.

Le seul domaine dans lequel les papes successifs ont su manifester une grande influence, c’est celui de la destruction. Comme nous l’avons montré au cours des trois premiers chapitres de ce livre et continuerons à le faire, ils se sont en effet montrés fort prodigues en meurtres et assassinats, en exploitation de l’homme et de la nature, en calomnie et en diffamation, en destruction, etc… Sous leur égide, l’expression « Soumettez-vous la Terre » est devenue « Détruisez la Terre. »

 La seconde question de notre auditeur a trait au comportement des chrétiens des origines face aux éléments naturels ?

 Les chrétiens des origines ne prient pas pour la pluie. Dieu nous a donné une planète merveilleuse et notre tâche est de vivre en harmonie avec la nature et le monde animal. Si l’expression ‘Soumettez-vous la Terre’ avait été bine comprise, notre planète serait encore magnifique car les hommes auraient vécu en unité avec la nature et le monde animal. nous pouvons tous malheureusement constater que ce n’est pas le cas. Les hommes détruisent toujours plus leur environnement, ce qui conduit à des transformations climatiques non sans conséquences. Tout cela n’est en aucun cas la faute de dieu. C’est nous, les hommes, qui en sommes les auteurs. Dans leurs prières, les chrétiens des origines s’en remettent totalement à la seule volonté de Dieu tout en sachant qu’il leur est également commandé d’accomplir celle-ci en actes, de façon quotidienne. Ainsi, ils pratiquent la foi active, la foi de tous les instants. Ils savent que la prière correcte doit être alimentée par l’énergie d’action mise en œuvre à chaque instant pour atteindre le but légitime exprimé dans la prière.

Ainsi, celui qui prie pour la nature devrait également s’efforcer de lui exprimer reconnaissance et remerciement pour ses dons inestimables mais aussi la respecter et la chérir comme une partie de lui-même. Celui qui agit de la sorte acquiert progressivement la perception fine des mouvements et des rythmes de la nature dont il ressent les besoins, les désordres que l’homme y a introduits et met tout en œuvre pour y remédier.

 

Nous n’avons nul besoin d’Eglise catholique ou d’Eglise protestante mais de Jésus, le Christ. L’Esprit puissant de l’Amour habite en chacun de nous

 Jésus, le Christ, a résumé son enseignement en une formule très simple : « Ce tu veux que l’on te fasse, fais-le tout d’abord à autrui. » (Mt 7,12). Cette phrase a été qualifiée de règle d’or. Exprimée autrement elle signifie aussi : Ce que tu ne veux pas que l’on te fasse, ne le fais pas à autrui. Si les hommes respectaient ces règles d’une évidence enfantine, nous n’aurions nul besoin d’institutions religieuses comme l’Eglise catholique d’inspiration païenne ou l’Eglise luthérienne qui en est le rejeton. Nous serions alors orientés sur le Christ en nous et saurions nous adresser à lui quel que soit le lieu où nous nous trouvons, pour nous unir à Dieu notre Père.

Car Dieu est l’Esprit de l’Amour.

Il est l’Esprit de la Paix, l’Esprit de l’Unité.

Le puissant Esprit de l’Amour habite en chaque homme et chaque femme, et chacun d’entre nous est le temple de l’Esprit éternel, l’Esprit de notre Père éternel. Nul besoin de pompe et de décorum, il suffit d’un endroit simple et silencieux pour trouver le calme et s’intérioriser en prière. Celui ou celle qui s’y essaie d’un cœur sincère ressentira peu à peu le besoin de progresser dans l’accomplissement des Commandements de Dieu et de l’enseignement de Jésus, le Christ. Il ou elle se transformera alors de manière positive, en direction du bien, de sorte que l’Esprit de notre Père pourra agir à travers cette personne.

C’est en cela que consiste l’enseignement du christianisme des origines.

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4ème partie : Les chrétiens des origines étaient les successeurs de Jésus, du Christ. Son enseignement simple était partie intégrante de leur vie.

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Jésus accuse : Que l'Eglise catholique cesse de se nommer "chrétienne"

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