Le Pape ne s’est pas
exprimé au nom des chrétiens !
Les
chrétiens des origines se voient dans la succession
de Jésus, du Christ et quand des personnes utilisent
à mauvais escient le nom de Jésus, du Christ, ils
rendent attentifs à cet état de fait, afin de
rétablir la vérité.
C’est dans
cet esprit que nous voulons revenir sur un événement
qui a soulevé une vague d’indignation dans les
médias du monde entier : les propos tenus par le
Pape, Mr Ratzinger, chef suprême de l’Eglise
vaticane, au sujet de l’islam.
Nous
souhaitons rappeler que Mr Ratzinger n’a pas le
droit de parler au nom des chrétiens, même s’il
essaye de donner l’impression qu’il serait en droit
de parler pour ceux qui suivent Jésus, le Christ.
Les paroles du Pape Ratzinger ont déclenché de
nombreuses réactions dans le monde entier, des
manifestations, des actes de violence, une
religieuse catholique a même été assassinée.
Beaucoup de journalistes parlent d’un « choc des
civilisations » et les choses sont présentées comme
si le christianisme et l’islam étaient en conflit.
C’est pourquoi il est important pour nous de dire
que le Pape n’a pas parlé au nom du christianisme.
C’est également ce que nous avons voulu exprimer à
travers une lettre dont nous redonnons le texte
ci-dessous et que nous avons adressée à différentes
organisations musulmanes en Allemagne, en
Angleterre, en France, en Espagne et en Turquie :
« C’est
en raison des débats actuels sur les propos du Pape
Benoît XVI, concernant l’islam et le christianisme,
que nous nous adressons à vous aujourd’hui.
Nous
sommes des « chrétiens des origines », c’est-à-dire
des personnes qui s’orientent sur l’enseignement
originel de Jésus de Nazareth, qui rejetait toute
violence. Nous trouvons scandaleux que le
responsable de l’Eglise vaticane se permette, au nom
de Jésus de Nazareth, de prononcer un jugement sur
d’autres religions. Nous nous désolidarisons donc du
Vatican.
Que le Vatican fasse
de telles déclarations est un comble. Il ne s’agit
pas seulement du fait que le Pape Ratzinger ait cité
un empereur bizantin, sans, dans ce même discours,
se désolidariser du jugement négatif sur l’islam
contenue dans cette citation, ce qu’il a ensuite au
moins corrigé en disant qu’il était « absolument
désolé » de cette omission.
Pour notre
part, il est tout aussi peu acceptable que le Pape
donne l’impression, par ses propos, que sa religion
ait en quelque sorte le monopole de la non-violence,
ce qui est absolument faux. Le bras droit de l’Eglise
byzantine, les empereurs byzantins, étaient des
conquérants et menèrent une répression sanglante
contre les minorités du courant du christianisme des
origines, comme par exemple les bogomiles dans les
Balkans. Pour ce qui est de l’Eglise vaticane, cela
est encore plus faux et Mr Ratzinger n’a pas jugé
nécessaire de parler de son passé extrèmement
sanglant : les croisades, l’inquisition, la
persécution des « sorcières », la conquête de
l’Amérique, etc… Il y a déjà des siècles que les
représentants de l’Eglise romaine ont introduit au
nom de Dieu la guerre et la violence dans le monde.
Ils ont pris part à la violence jusque dans le 20ème
siècle : au cours du génocide des serbes orthodoxes
dans la Croatie catholique (1941-1943), au cours du
génocide au Rwanda (1994) ou de la purge en
Argentine (1976-1983). De plus, l’Eglise vaticane
parle encore aujourd’hui, dans son cathéchisme, de
« guerre juste ».
Quand le
plus grand responsable du Vatican prétend que son
Eglise prêche une religion de la raison, ce ne sont
que de belles paroles hypocrites. Rappelons qu’il y
a eu une époque où l’Eglise romaine combattait la
philosophie grecque de l’Antiquité, qu’elle traitait
de « païenne », et a assassiné nombreux de ses
représentants. D’autre part, les dogmes de l’Eglise
catholique regorgent d’éléments irrationnels. Les
chrétiens des origines croient également que les
lois de Dieu ne contredisent pas la raison, c’est
pourquoi aussi nous ne tenons pas pour vrai le dogme
de la trinité, selon lequel Dieu-Père, le Christ et
l’Esprit saint seraient une seule et même
« personne ».
Au cours
des premiers siècles après la mort de Jésus, l’Eglise
vaticane a inversé en son contraire presque tout ce
qu’il avait apporté. Jésus n’avait pas fondé
d’institution ecclésiastique et n’avait pas mis en
place des prêtres. L’Eglise de Rome s’est pourtant
établie comme une Eglise de pouvoir, hierarchisée,
avec un seul chef à sa tête, un chef qui se pare de
titres et d’insignes païens. Par exemple, « Pontifex
maximus », un des titres donnés au Pape, était le
titre attribué au grand prêtre païen de Rome. Tout
cela n’est pas dû au hasard.
Nous, les
chrétiens des origines, nous nous en tenons aux Dix
Commandements et aux enseignements originels de
Jésus de Nazareth, avant tout à son Sermon sur la
Montagne où il est écrit : « Retire tout d’abord la
poutre de ton œil avant de vouloir retirer la paille
qui se trouve dans l’œil de ton voisin. » Ainsi un
chrétien qui voudrait critiquer d’autres religions
devrait tout d’abord analyser les fautes de sa
propre religion.
Nous
voulons avant tout dire clairement que le Pape,
Joseph Ratzinger, peut bien sûr parler au nom de l’Eglise
vaticane, mais pas au nom de la chrétienté ou au nom
du Christ, dont l’Eglise vaticane a trahi
l’enseignement il y a déjà 1800 ans.
Nous vous
joignons un livre dans lequel nous avons traité plus
amplement ce sujet et dont le titre est : « Qui
se cache derrière le Saint-Siège ? » (Tome 1)
Avec nos
salutations les plus cordiales »
Ce livre
peut être consulté gratuitement dans
www.saint-siege.org.
Ceux qui
se sont intéressés, même de loin, aux différentes
religions, ont toujours constaté qu’en principe tous
les fondateurs des grandes religions leur avaient à
l’origine donné pour but une vie commune paisible
entre tous les hommes. Nous ne souhaitons pas porter
de jugement de valeur sur les différentes religions,
mais seulement parler à partir du point de vue du
christianisme des origines. Pour nous, tous les
vrais prophètes ont enseigné la paix, car Dieu est
amour, paix et harmonie et Mahomet fait partie des
prophètes qui enseignaient la paix.
Jésus
enseignait lui aussi la paix et l’amour du Père. Les
Eglises institutionnelles par contre prêchèrent, et
continue de prêcher, un Dieu qui chatit, qui punit,
qui envoie en enfer et dans la damnation éternelle –
en fait, un Dieu rempli de haine.
Jésus a
enseigné l’amour de l’ennemi, l’Eglise catholique
elle, a apporté les croisades, l’inquisition, des
génocides jusqu’au 20ème siècle, et
beaucoup d’autres choses encore.
Nous ne
savons pas en détails ce que Mahomet enseignait,
mais certainement pas la haine, la guerre, la
destruction et le meurtre.
Nous ne
voulons pas porter de jugement ; ce qu’on peut
éventuellement dire est que certains moudjahidines
(les combattants de Dieu musulmans) s’apparentent
peut-être dans leur comportement à l’institution
catholique. Les chrétiens des origines se
désolidarisent de l’Eglise catholique et de tout
acte de violence en général.
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