Le Prophète - La voix du coeur - la vérité éternelle, la Loi éternelle de Dieu, donnée par la prophétesse de Dieu pour notre époque

La voix du coeur,
la vérité éternelle, la Loi éternelle de Dieu
donnée par la prophétesse de Dieu pour notre époque

Une réflexion fondamentale sur notre temps, 
conduisant à l'auto-reconnaissance


Traduit de l’allemand. 
Titre original "Der Prophet"
La version originale fait référence

Nr. 13

Refermez la Bible !
Comment Jésus, le Christ,
et les prophètes ont été trahis

 

Le Prophète :

De nos jours, on assiste encore à des "miracles". Voyez plutôt : un expert en théologie catholique et un expert en théologie luthérienne ont accepté de répondre aux questions du prophète concernant les dogmes de l’église. Mais on doit à la vérité de dire que tous deux suivent le chemin de la succession de Jésus, le Christ, comme on pourra en juger par leurs propos.

Les théologiens égoïstes qui aspirent au pouvoir au sein des deux Eglises institutionnelles et maintiennent sous leur coupe le peuple des fidèles, ont évité durant les dix années passées tous les colloques sur la foi auxquels les ont convié de manière répétée les chrétiens des origines. Peut-être ont-ils pressenti que s’ils y participaient, Jésus, le Christ, en sortirait vainqueur. Les théologiens confortablement installés sur leur "honorable" situation ainsi que sur le salaire que leur garantissent les institutions ecclésiastiques, c’est-à-dire les Eglises d’Etat (il en est ainsi en Allemagne et dans d'autres pays), font tout pour empêcher que Jésus, le Christ, soit victorieux aux yeux de tous. Ils agissent ainsi pour continuer à abuser de Son Nom pour servir leurs conceptions et leurs buts dogmatiques. Je voudrais te poser une question, à toi qui es "expert" en théologie catholique - mais tout d’abord, acceptes-tu que je t’appele ainsi ?

 

L’expert en théologie catholique :

Tu peux m’appeler ainsi, car il y a déjà pas mal d’années que j’ai terminé mes études de théologie à l'issue desquelles j'ai essayé durant 30 ans d’appliquer ce que j’avais appris. Quand je regarde en arrière, je me rends compte maintenant, surtout quand je lis des extraits de la Bible, qu’effectivement, c’en est resté au stade de la tentative. Les mots que je lis sont pourtant bien les mêmes, mais l’angle sous lequel je les appréhende est totalement nouveau. Il a changé grâce à l’Esprit de Dieu qui se révèle par la parole prophétique, l’Esprit de Dieu que j’ai pu entendre à travers toi, ce qui m’a conduit vers le Christ.

 

 Le prophète :

De tous temps, les prêtres ont formé une caste à part dans la mesure où ils ont toujours exercé la charge du culte qu’aucun laïque ne pouvait partager. Aujourd'hui encore, on fait croire aux fidèles des Eglises que les prêtres et les théologiens catholiques seraient des personnes à part, puisque les premiers sont sensés proclamer les Lois de Dieu et les appliquer, et que les seconds énoncent les dogmes auxquels on est tenu de croire sous peine d'encourir la damnation éternelle. Peu importe d'ailleurs que ces dogmes correspondent à la volonté de Dieu ou pas, puisqu'il suffit qu’ils soient entérinés par le pape ou par un concile pour devenir la vérité.

Selon mes connaissances, les cérémonies, les rites et les coutumes pratiqués à notre époque au sein des Eglises prétendument chrétiennes reposent en fait sur d'antiques cultes païens. A l’époque, on érigeait des autels pour y offrir aux dieux des animaux en sacrifice. Leur sang était versé sur l’autel pendant qu'on brûlait de l’encens.

Aujourd’hui, les Eglises qui se nomment chrétiennes disposent aussi d'autels et de maîtres de cérémonies appelés curés ou pasteurs. Comment les coutumes religieuses en vigueur à l'époque actuelle - l’ordination des prêtres, les autels, les rites, les cérémonies, les dogmes, l’encens, l’eau bénite, la vénération des reliques, les professions de foi jamais suivies de la mise en pratique des Commandements de Dieu - pourraient-elles correspondre à l’enseignement de Jésus ? La question vaut également concernant l’offrande de cierges, les indulgences, l’absolution donnée par les prêtres, l’hostie, l’extrême onction ainsi que pour le culte de Marie.

Jésus n’a pourtant jamais parlé de tout cela. Jésus ne fut jamais un théologien, mais il resta sa vie durant, un homme du peuple qui ne chercha jamais à se valoriser à l'aide de titres, d’argent, d’une soutane ou d’un talar. Il n’a jamais enseigné qu'il faudrait ériger des autels pour y célébrer des sacrifices ni quoi que ce soit qui ressemble à ce qu’on célèbre au sein de l’Eglise catholique. Il n’a pas davantage enseigné que certains hommes devraient étudier Dieu pour devenir curés ou pasteurs. En fait, Il n’a jamais dit qu'il fallait des curés ni des pasteurs. Au contraire, Jésus, le Christ, a enseigné l’unité. Il a dit : Vous n'avez qu'un seul maître, le Christ ; cependant vous êtes tous frères. Ces paroles de Jésus sont sans ambiguité : Jésus a parlé d’égalité et non de supérieurs et d’inférieurs, de hiérarchie ecclésiastique, d'"émincences" et de subordonnés. Jésus n’a jamais indiqué qu'une autorité quelconque devait servir d'intermédiaire entre Dieu et les hommes.

La caste des prêtres d’hier et d’aujourd’hui - c’est-à-dire de ceux qui prétendent intercéder pour les hommes auprès de Dieu - s’est toujours appuyé sur les autorités de ce monde. Bien souvent, elle a utilisé la calomnie contre des personnes aux convictions religieuses différentes et l’Etat s'est fait l'exécuteur des basses oeuvres de l'Eglise.

Autant que je sache, par le passé, ce sont les "juges" qui étaient dépositaires de l’autorité politique. Aujourd'hui ce sont les autorités de l'Etat - président, ministres, députés, etc... qui incarnent celle-ci. Jadis, lorsque la caste des prêtres apparaissait au peuple en public, la plupart du temps les juges étaient présents à leurs côtés.

A notre époque ce sont les autorités politiques qui se placent aux côtés du corps ecclésiastique et tous deux se tiennent au-dessus du peuple qui reste en retrait. Jésus s'est-Il comporté ainsi et a-t-Il enseigné de telles choses ? S'est-Il montré favorable aux différences sociales, aux hiérarchies entre les hommes ou aux principes d'égalité et d'unité ?

 

L'expert en théologie catholique :

Jésus n'ignorait rien de ces inégalités et Il a également interpellé les autorités de l'époque à ce propos. Cependant, je constate qu'il se passe la même chose dans toutes les religions : les prêtres forment toujours une caste à part qui fait croire au peuple que Dieu est un "mystère" et qu'Il a des secrets ne pouvant être dévoilés. Par exemple, au sujet de la maladie, on peut lire ce qui suit dans le catéchisme catholique :

"Le peuple d’Israël fait l’expérience vécue que la maladie a un lien mystérieux avec le péché et le mal." (Nr. 1502) ou :

"Maladies et souffrances appartiennent depuis toujours aux épreuves les plus dures de la vie humaine." (Nr 1500) ou :

"Sur la croix, Jésus a pris toute la charge du mal sur Ses épaules. Il a ôté 'les péchés du monde', dont la maladie est une des conséquences. Par Sa souffrance et Sa mort sur la croix, le Christ a donné un nouveau sens à la souffrance : elle peut nous rendre semblables à Lui et nous unir à Sa souffrance rédemptrice." (Nr 1505) ou :

"Endurer des souffrances peut avoir le sens suivant : ‘pour le corps du Christ, l’Eglise, j’ajoute par ma vie terrestre ce qui manque encore aux souffrances du Christ.' (Kol 1,24)" (Nr 1508)

Ici, pour entretenir le mystère, on utilise une citation de Paul encore plus énigmatique. En utilisant ce genre de phrases incompréhensibles, on établit un fossé infranchissable pour les croyants et on crée parmi eux l’illusion que les choses doivent être comme elles sont. Alors, il ne leur reste plus qu'à s'orienter sur ceux qui donnent l’impression de saisir ses profondes correlations.

Voici d'autres exemples :

Voilà comment, selon le catéchisme de l’église catholique, Dieu a révelé Son nom à Moïse : "En révélant Son nom mystérieux JHWH - ‘Je Suis Celui qui Est’ ou ‘Je Suis Celui qui Suis’, Dieu dit qui Il est et de quel nom on devrait L'appeler. Ce nom de Dieu est mystérieux, comme Dieu Lui-Même est un mystère..." (Nr 206) ou :

"Bien que Dieu Se révèle, Il reste quand-même un mystère inexprimable : ‘Si tu Le comprenais, Il ne serait pas Dieu’ (Augustin)." (Nr 230) ou :

"En Marie le Saint Esprit applique la décision miséricordieuse du Père. Avec et par le Saint-Esprit la vierge Marie conçoit le Fils de Dieu et Lui donne naissance. Par la force de L’Esprit et de la foi, la virginité devient féconde d’une manière unique." (Nr 723) ou :

"Pour saisir le mystère de l’Eglise, nous devons tout d’abord songer au fait qu’elle tire son origine du décret de la plus sainte Trinité et de l’application progressive de celui-ci au cours de l’histoire." (Nr 758)

Ces passages et bien d’autres ont pour but de faire croire aux fidèles qu’ils ont besoin d’une Eglise ainsi que des curés et des pasteurs pour comprendre Dieu.

 

Le prophète :

Si on s'en tenait à cet argumentaire, cela voudrait donc dire que Dieu ne peut pas tout nous révéler, parce qu’étant Lui-même un mystère, Il aurait des secrets. Se pourrait-il qu'en parlant des soi-disant mystères de Dieu, l'Eglise veuille nous encourager de manière détournée à avoir nous aussi des secrets envers Dieu ? Le comportement caché de certains responsables de l’Eglise semblerait en attester.

La plupart du temps, quelqu'un qui parle de secrets a quelque chose à cacher, quelque chose qu’il ne faut pas dévoiler, parce que susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires. Cela témoigne des faiblesses de l’homme qui se protège derrière ses secrets pour ne pas être blamé ni accusé.

La caste des prêtres attribue donc à Dieu des faiblesses humaines. Les théologiens, tout comme les intellectuels qui leur ressemblent et les "élites" qui se croient au dessus du peuple, sont souvent très fiers de leur soi-disant logique. Cependant ils dénient toute logique à l’Eternel, car ils donnent toujours crédit à cette maxime attribuée à celui qu'on considère comme le père de l’Eglise, Augustin, ainsi qu'à l’enseignant de l’Eglise, Tertullien : "Credo quia absurdum" - "Je le crois parce que c’est absurde."

Selon mes connaissances historiques, en 542 les adversaires d’Origène - un enseignant spirituel s'inscrivant dans la tradition du christianisme des origines - déposèrent auprès du légat papal Pélagius une plainte contre lui adressée à l’empereur Justinien à Constantinople. Comme on le voit, à l'époque déjà on faisait appel à l’Etat pour réprimer les gens ayant une croyance différente. Peu de temps après, en 543, Justinien fit convoquer un synode par le patriarche de Constantinople en prescrivant à l’assemblée neuf anathèmes impériaux qui devaient servir de base à la condamnation d'Origène. Voici ce que disent deux de ces anathèmes :

"Que soit frappé d’anathème celui qui affirme ou croit à la préexistence des âmes sur les hommes - c’est-à-dire au fait qu’elles auraient jadis été des êtres spirituels et des entités saintes mais que, lassées de contempler Dieu, elles se seraient tournées vers le mal, ce qui aurait refroidit l’amour divin en elles, ce pourquoi elles auraient reçu le qualificatif d’"âmes" et auraient été punies en revêtant des corps matériels."

"Que soit frappé d’anathème celui qui affirme ou croit que la damnation des démons et des hommes impies est temporelle et aura un terme ou qu’il y aura une réintégration des démons ou des hommes impies."

Toujours selon mes connaissances, l’anathème a été réitéré et complété dix ans plus tard lors du concile général de Constantinople. C'est ainsi que l’institution ecclésiastique d'Etat a fait disparaître les enseignements centraux de Jésus de Nazareth : le message d’un Dieu-Père aimant, qui ne condamne ni n’exile personne, mais qui ramènera dans la patrie éternelle la totalité de la partie de la création ayant chuté, grace à l’acte de Rédemption de Jésus, c’est-à-dire par le chemin de la mise en pratique de Ses enseignements qui incluent notamment le fait qu'une âme existe avant de s'incarner sur la terre et la possibilité de réincarnations répétées. Ces aspects de la foi ont été frappés d’anathème à Constantinople.

Ainsi l’Eglise d'Etat possédait une arme des plus redoutables contre tous ceux qui ne voulaient pas se conformer à l'enseignement qu'elle professait : la menace de la damnation éternelle que l’église d'Etat a utilisé sans retenue au cours des mille cinq cents ans qui suivirent. Cette menace est également devenue le fondement spirituel de l’inquisition et des croisades qui ont coûté la vie à des millions de personnes. En niant la préexistence de l’âme sur l'homme, on fait résulter celle-ci de l’engendrement humain, grâce auquel elle serait alors, et seulement alors, créée. De plus, son destin matériel est ainsi totalement dissossié de la succession de ses nombreuses existences terrestres antérieures. Ainsi, la relation entre la cause et l’effet, entre les semailles et les récoltes est également supprimée. Les souffrances rencontrées au cours de l’existence humaine deviennent un fardeau inexplicable et c'est Dieu qu'on accuse de faire preuve d'arbitraire et de punir selon Son gré, particulièrement ceux qui L’aiment.

 

L’expert en théologie catholique :

Tout ce que tu dis me semble tellement important que j’aimerais y revenir.

Quand tu dis que Dieu est accusé d’arbitraire et de punir selon Son gré, particulièrement ceux qui L’aiment, cela me rappelle les nombreuses fois où j'ai éprouvé ce soupçon alors que j'aurais du le repousser en raison de ce que j’avais appris durant mes études de théologie, mais où je n’ai pas pu le faire parce que je n’étais pas assez sûr de moi. Que peut bien éprouver quelqu'un qui apprend soudain qu’il est atteint d’une maladie incurable, alors qu’on le considère généralement comme quelqu'un de bon ? Il doit forcément trouver que Dieu est injuste puisqu’il n’a encore jamais entendu un prêtre lui dire que les coups du sort, selon la loi des semailles et des récoltes dont Jésus de Nazareth a parlé, sont la conséquence du comportement qui fut le nôtre non seulement dans cette vie mais aussi dans des vies antérieures - ce qui bien entendu ne donne le droit à personne de juger son prochain, ou de lui refuser l’aide dont il a besoin.

On n’a jamais dit à un tel homme qu'une âme peut revenir plusieurs fois sur la terre, et encore moins qu'elle préexiste, c’est à dire que nous sommes, de par notre origine, des êtres parfaits qui se sont séparés intentionnellement de leur Père et Créateur. Les prêtres passent sous silence le fait qu'il nous est donné l'occasion sur cette terre de prendre conscience que nous avons fait fausse route et que nous pouvons rebrousser chemin. Enseigner cela serait considéré comme une hérésie.

 

Le prophète :

A toutes les époques, la parole prophétique a évoqué la préexistence de l’âme et sa réincarnation répétée qui, entre autres raisons, découle de la loi des semailles et des récoltes. L’enseignement de Jésus de Nazareth et de Ses disciples est également fondé sur ces connaissances. Au début du christianisme, Origène qui fut un grand enseignant spirituel, a clairement parlé de la préexistence de l’âme et des êtres purs que nous fûmes jadis. Le principe de la réincarnation était le point de départ logique de son enseignement sur la réintégration de toutes les âmes et de tous les hommes, disant que nous retournerons tous à notre origine en tant qu’êtres purs lorsque nous réparerons, avec l’aide du divin en nous, les péchés qui ont entraîné la chute, c’est-à-dire notre séparation d’avec Dieu et que nous ne commettrons plus ces péchés. Origène a dit aussi que chacune des âmes qui se sont séparées de Dieu, change de corps aussi souvent que d’habitation durant sa chute du ciel vers la terre. L’Eglise a condamné l'enseignement d’Origène concernant la préexistence de l’âme, afin de conserver sa position de berger du troupeau. Cependant, parce qu’il est la vérité, l’enseignement d’Origène a toujours survécu et réapparaît aujourd’hui par l’entremise de la Parole prophétique, à travers les révélations que le Christ de Dieu donne aujourd'hui.

Soutenue par l’Etat, une communauté religieuse parvenue au pouvoir et à la considération, a imposé à tous les contenus de sa foi qui, de l’aveu même d’un de ses principaux représentants, comporte des éléments "absurdes". Satan n’aurait pas agi de manière plus géniale s'il avait voulu détourner une fois de plus l’humanité du message apporté par Jésus.

 

Une autre question se pose concernant l’existence de l’âme : si l’âme est créée par Dieu au moment de l’engendrement de l’enfant, qui donc a créé l’âme de Dieu né soi-disant de Marie, Marie étant effectivement appelée "celle qui engendre Dieu" ou encore "mère de Dieu" ?

 

L’expert en théologie catholique :

Si l’on examine ces considérations avec logique, ce devrait être un Sur-Dieu. Ce qui est clair en tout cas c’est que Marie est la mère de Jésus de Nazareth, en qui s’était incarné le Fils du Père éternel.

 

Le prophète :

Comment l’expert en théologie catholique peut-il répondre à cette autre question :

L’Eglise catholique parle de trois personnes divines : le "Dieu Père", le "Dieu Fils" et le "Saint-Esprit".

En ce qui concerne l’engendrement de Jésus, il est dit que Marie fut "couverte par l’ombre" du Saint-Esprit. Est-ce que "couverte par son ombre" voudrait dire "illuminée", puisque l’ombre est reliée à ce monde alors que l’Esprit, comme on le sait, est lumière ? Marie a donc conçu de la personne du Saint-Esprit. Ainsi la personne l’aurait-elle fécondée. La question reste donc posée : qui a créé l’âme de Dieu si Marie est appelée, comme on vient de le mentionner : "celle qui engendre Dieu" et "mère de Dieu" ?

 

L’expert en théologie catholique :

L’Eglise parle de trois personnes divines formant u n Dieu. Maintenant, en ce qui concerne Marie, une seule de ces trois personnes devient active et on notera en même temps que Jésus appelle plus tard Dieu-Père, Son Père. Je dois avouer que tout cela me laisse perplexe.

 Pour répondre à l’autre question "Marie fut couverte par l’ombre du Saint Esprit", je ne peux que constater, en ce qui concerne le passage de la Bible sur l’annonciation par l’ange, qu’il est toujours question dans les traductions allemandes, de la puissance de Dieu qui "couvrira Marie de son ombre". En guise d’explication, on évoque le nuage qui resta 40 ans au dessus du sanctuaire et qui était pour les Israélites un signe de la présence de Dieu.

Cependant, comme toujours, les hommes se sont réfugiés à l’ombre pour se protéger de la chaleur plutôt que d'aller vers la lumière que Dieu voulait être pour eux. Quel que soit ce qu'enseignent les institutions, ta question relative à l’engendrement d’un enfant par la "personne du Saint-Esprit", ouvrira les yeux à bien des gens, notamment sur le fait que Jésus avait une âme avant Sa naissance bien qu’elle ne fût pas chargée de fautes personnelles et que c’est dans cette "vibration" qu’Il est venu à Ses parents qui étaient des êtres purs en large mesure et désintéressés vivant en Dieu.

De toute évidence, les conceptions de l’Eglise vont dans le sens d’une "fécondation", d’un "engendrement" par le Saint-Esprit ; cependant elle ne l'exprime pas de manière aussi claire. Elle dit : "Ce qui a été engendré en elle vient du Saint-Esprit." (Mt 1, 20)

 

Le prophète :

Jésus n’était pas Dieu, mais le Fils de Dieu. Il a dit Lui-même : "Mon Père est plus grand que Moi." Dieu, Dieu-Père, est donc plus grand que Jésus. Marie est appelée par l’Eglise "celle qui engendre Dieu" ; cela voudrait donc dire que Dieu, c’est-à-dire Dieu-Père, se serait incarné.

Si le Saint-Esprit est une personne, comment l’Eglise catholique peut-elle prétendre que le Saint-Esprit s’est répandu en apparaissant à la Pentecôte sous la forme d'une langue de feu au-dessus de la tête des croyants, des apôtres et des disciples qui s’étaient rassemblés ? La personne, le Saint-Esprit, aurait-elle pu soudain se transformer en se liquéfiant, ou en devenant flamme gazeuse ? A moins qu’il faille juger de cet évènement comme le fit un père de l’Eglise en disant comme lui : "credo quia absurdum", - "je le crois parce que c’est absurde" ?

Il est admis, en principe, que Dieu est immuable. Se pourrait-il qu'Il puisse tout de même se transformer, être créé en tant qu’âme peut-être par la "personne Saint-Esprit" avec "celle qui engendre Dieu". Cette explication appartient elle aussi aux mystères de Dieu ou tout simplement aux secrets de l’Eglise catholique ?

 

L’expert en théologie protestante :

Sur ce point, l’Eglise protestante est plus prudente et ses théologiens s’en tiennent pour la plupart, à ce qu’on peut lire dans la Bible. Dans le catéchisme protestant pour adultes il est écrit : "la vénération protestante à l’égard de Marie peut être plus modeste parce que la Bible est plus modeste." (4ème édition, p. 393)

Cependant ce que bien peu de gens savent, c’est que dans la confession protestante, on appelle également Marie : "Mère de Dieu" (Konkordienformel, Epitome VIII.7)

Martin Luther écrit à propos de Marie : il faut "aussi s’imaginer à partir du coeur ce que c’est qu’être la mère de Dieu." (Exégèse de Lc 1, 46 et suiv. 1521 ; cité d’après le catéchisme, p. 393)

Et Luther de continuer :

"les grandes choses ne sont pas différentes, car elle est devenue la mère de Dieu, et dans cette oeuvre tant de biens immenses lui ont été donnés que personne ne peut les saisir. Car il s’ensuit tout honneur, toute béatitude et elle est une personne unique dans la race humaine toute entière, au dessus de tous, en ce sens que personne ne l’égale, puisqu’elle a un enfant avec le Père céleste, et quel enfant..."

 

Le prophète :

Excuse-moi de t’interrompre. Tout cela est tellement confus. Si Dieu s’occupait de toutes ces théories ecclésiastiques, ne s’y perdrait-Il pas Lui aussi ?

Pour les Eglises institutionnelles, la trinité consiste en trois personnes. Là il est dit que l’Esprit-Saint a fécondé Marie. Selon Luther, c’est Dieu-Père qui la féconde. Selon l’enseignement luthérien Marie met donc au monde un enfant de Dieu-Père tout en étant appelée "Mère de Dieu". La seule chose que je puisse confirmer dans les explications de Luther, c’est que Marie était une femme unique et qu’elle devrait être respectée et estimée, car la pureté de sa foi et son abandon à l’Eternel ont rendu possible à travers elle la naissance de Jésus, en qui le Christ, notre Rédempteur, le Fils du Père éternel, est venu vers nous, les hommes.

 

L’expert en théologie protestante :

Au plus profond de son être, Marie était intimement reliée à Dieu et, autant que je sache, c’était une personne effacée, d’origine modeste. Même dans les moments de détresse extérieure, par exemple juste avant la naissance de Jésus, elle n’a jamais douté que Dieu la guidait. Mais le dogme de l’Immaculée Conception propagé par l’Eglise, a ridiculisé Marie aux yeux de bien des gens. En réalité, elle est devenue mère comme toutes les femmes qui ont des enfants. Mais en lui attribuant l’image de "l’immaculée conception", les Eglises l’ont transformée en l’une de leurs saintes.

 

L’expert en théologie catholique :

Ce qui est grave, c’est que tout cet édifice échafaudé autour de Marie a fait de l’engendrement un acte qui n’a rien de divin, ce qui bien sûr ne pouvait pas être le cas en ce qui concerne l’engendrement de Jésus. Tout ceci a eu pour conséquence de renforcer durant près de deux mille ans, un complexe de culpabilité de toute la chrétienté pour tout ce qui se rapporte à l’engendrement.

 

L’expert en théologie protestante :

J’aimerais en revenir à la question de l"immuabilité" de Dieu.

Les textes luthériens ne sont pas toujours clairs à ce sujet.

Cela provient des différences d'interprétation entre "Ancien" et "Nouveau" Testament. Ainsi, dans un manuel d’enseignement théologique, on peut lire :

"Dans l’Ancien Testament, Dieu ne veut se lier à aucune forme définitive d’apparence ; dans le Nouveau Testament, Il se lie une fois pour toutes à une forme sous l’apparence de Jésus de Nazareth. Dans l’Ancien Testament, Il est appréhendé comme celui qui par essence est libre ; dans le Nouveau Testament, comme celui qui est suffisamment libre pour se lier à Jésus, le Christ. Dans l’Ancien Testament, Il est considéré comme le Dieu Saint par essence, tandis que dans le Nouveau Testament, Il est vu essentiellement comme le Dieu aimant. Ici, Il est avant tout et totalement l’Autre, là Il est entièrement nôtre ; ici, Il est celui qui n’est pas un être humain, là, celui qui devient un être humain. Ici, Il est en premier lieu le Seigneur, là, Il est avant tout le Père ; ici l’accent est mis sur sa transcendance, là sur son immanence bien que les deux aspects ne soient pas vraiment dissociés dans aucun des deux Testaments. Car de même que l’Ancien Testament reconnaît Son immanence, on peut trouver dans le Nouveau Testament des passages évoquant Sa transcendance et celui-ci est imprégné du paradoxe que le Dieu Saint est justement devenu en Christ le Dieu miséricordieux, que le Dieu totalement autre est justement devenu en Christ le Dieu tout à fait nôtre, que le Dieu qui n’est pas un être humain est justement devenu Dieu-homme, que l’Adonai (en hébreux "Seigneur") est justement devenu dans Son fils notre Abba..." etc, etc... (Pöhlmann, extraits de la dogmatique, 3ème édition, p.99).

 

L’expert en théologie catholique :

Il se pose aussi une autre question : comment l’Esprit-Saint peut-Il être une personne de la trinité divine, comme le prétend l’enseignement ecclésiatique ?

Dans le livre des dogmes de l’Eglise catholique, la question de la trinité est traitée sous le titre "Dieu, l’Un et le Trois en Un" :

"La réalité de la vie tri-personnelle en Dieu est l e mystère de la foi de l’église. Le mystère de la vie tri-personnelle du Dieu unique ne peut être compris qu’à partir de la révélation que Dieu a donné de lui-même en Jésus, le Christ ; ...mais même ainsi, ce mystère ne peut pas être appréhendé dans toute sa profondeur par la raison humaine.

Dans Son originalité absolue, Dieu se fait connaître au monde en tant que mystère accessible sous le nom de Père ;

en tant que principe agissant dans l’histoire, il se nomme Fils ;

en tant que principe qui nous est offert et que nous acceptons, il se nomme Saint Esprit."

Le passage suivant extrait du livre des dogmes, montre l’épaisseur du mystère de la trinité divine.

"Le mystère de la trinité divine est le mystère des différences existant en Dieu. Ensemble, elles forment l'Unité dans sa totalité, sans qu'il y ait de différence du point de vue de leur nature divine. Trois personnes constituent cette nature divine : il s'agit du Père, du Fils et du Saint-Esprit. La nature divine toute entière avec ses qualités est leur propriété indivisible. L’unique raison de leur différence réside dans les relations qu'ils entre-tiennent mutuellement et dans lesquelles ils possèdent cette nature en raison de leur origine : le Père du Fils et du Saint-Esprit en tant qu’origine sans origine ; le Fils parce qu'Il a été engendré éternellement par le Père, origine du Saint Esprit ; le Saint-Esprit parce qu'il provient du Père et du Fils qui forment son origine commune." (Neuner-Roos, la foi de l’église, 12ème éd. p. 160 suiv.)

Brièvement résumé, allégé des références aux documents, aux décisions des conciles, et autres indications du même type ayant été insérées dans le livre des dogmes, l’enseignement du mystère du Dieu Un et Trois en Un se présente ainsi :

Il y a un Dieu personnel au-delà du monde, qui contient en Lui toute perfection, qui est omniscient.

En Dieu sont trois personnes : le Père, le Fils, et le Saint Esprit qui possèdent la nature divine une.

Dans chacune de ces personnes se trouve la divinité toute entière, indivisée.

Entre les trois personnes divines, il existe une véritable différence. La cause de ces différences réside dans les relations mutuelles existant entre ces personnes et résultant de leur origine.

La nature divine du Père réside en Lui-même.

Le Fils provient du Père par engendrement éternel ;

Le Saint Esprit provient du Père et du Fils comme origine commune.

Le Père, le Fils, et le Saint Esprit s’interpénètrent de la manière la plus parfaite et agissent vers l’extérieur, dans le monde, de la même et unique manière."

Neuner-Roos, réf. citée, p.161 et suiv.)

 

Le prophète :

Puis-je t’interrompre ? Toutes ces explications sur la trinité sont tellement compliquées que quelqu'un qui essaie d'y comprendre quelque chose doit, du même coup, y perdre l’envie d’entrer dans la trinité divine. Quand j'entends "Le Saint Esprit a comme origine unique le Père et le Fils", j'imagine qu’il s'agit d’engendrement sprituel, puisque tu as dit que le Fils provient du Père par engendrement éternel. Cela, je peux encore le comprendre dans la mesure où Dieu est le principe Père-Mère. Cependant, que deux personnes masculines, Père et Fils en engendrent une troisième, le Saint Esprit - comment cela est-il possible ?

 Cher frère, jamais aucun prophète n’a enseigné des choses tellement illogiques. Tous les prophètes, et particulèrement le plus grand d'entre eux, Jésus, le Christ - qui est désormais notre Rédempteur - nous ont présenté l’image du Dieu-Père dont nous sommes tous des fils et des filles, mais aucun d’eux n'a parlé de trois personnes formant une seule nature divine.

La vie est Dieu et Dieu est Esprit. Il est le souffle présent en tout et en tous. A partir du courant de l’Esprit, Dieu, s’est manifesté Dieu-Père, l’Etre suprême de l’infini. On peut également Le désigner en tant que personne. L’Esprit qui agit également en tant que tel dans l’Etre suprême, est le principe Père-Mère, d'où est issu le Fils, le Corégent des cieux. Tous les êtres divins sont issus de l’Esprit-Saint éternel s’écoulant universellement, du Souffle, Dieu qui, dans le Père est également le principe Mère.

 

L’expert en théologie catholique :

Voilà ce qui me mettait si mal à l’aise autrefois. Ce que tu viens de dire provient d’une vision intérieure et cela me rappelle les connaissances chères à Origène dans la première moitié du troisième siècle. Ainsi, pour parvenir à se faire une idée de Dieu, il fait appel à l'exemple de la lumière provenant de l’éclat du soleil : "L’éclat du soleil est infiniment supérieur à la lumière que tu perçois... Nos yeux ne peuvent pas voir d’emblée la nature même de la lumière, c’est-à-dire la substance du soleil ; cependant nous pouvons contempler son éclat ou ses rayons, par exemple lorsqu'ils s'infiltrent par une fenêtre ou par un petit interstice, et nous imaginer ainsi l’immensité de la masse en fusion, d'où rayonne la lumière physique. De même les paroles de la providence divine et la construction élaborée de cet univers sont comme les rayons de la nature de Dieu en comparaison avec Sa substance et Sa nature même." (Origène, princ. I 1, 5.6)

A propos du Christ, Origène a dit par exemple :

"Le Christ est à l’image parfaite de Dieu... Il est la sagesse de Dieu, le rayonnement de Sa perfection et de Sa magnificence, ‘créé’ en tant que commencement des oeuvres de Dieu. Et comme tout ce que fait le Père, le Fils le fait aussi, il s’ensuit, par le fait que le Fils fait tout comme le Père, que l’image du Père est reconstituée dans le Fils qui est né de Lui." (Origène, princ. I 1, 2.6)

Origène était lui-aussi un maillon de la chaîne à travers laquelle le message de Dieu aurait dû parvenir fidèlement aux hommes. Au lieu de cela, on a élaboré des principes ecclésiastiques sur lesquels doit s'orienter le théologien catholique.

Jésus n’a jamais parlé d’un "Dieu trinitaire" mais de Son Père et de l’unité avec Lui et

Il a dit qu’Il nous enverrait le consolateur. (Jean 16,7)

 Le dogme de la "trinité" a été institué au 4ème siècle. Comment en est-on arrivé là ?

Plus le message de Jésus a pris racine au sein de l'empire romain, plus il a été confronté à la vision polythéiste des Romains. Le message du Dieu unique était clair - mais qui donc était ce Jésus, que l’on appelait le Fils de Dieu ? De plus en plus de Romains parmi les nouveaux chrétiens, restés profondément romains dans leur orientation, découvrirent des parallèles avec leur foi de jadis qui s’exprimait surtout dans la vénération d’une triade de dieux (d’une trinité divine) formée par Jupiter (le père des dieux), par Junon (son épouse) et par Minerve (leur fille) ; ils furent considérés comme les dieux principaux et protecteurs de l’état romain.

 Les romains christianisés acceptèrent de bonne grâce tous les aspects de la nouvelle foi chrétienne qui leur semblaient familiers et ne les éloignaient pas trop de leur foi d'origine. Cependant, plus les Romains embrassaient le christianisme, moins les chrétiens des origines pouvaient se faire entendre.

Historiquement, le concept de la "trinité" a été institué au cours de la deuxième moitié du 4ème siècle mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il soit vrai. Bien au contraire, en tant que vérité religieuse, ce concept est absurde et incompréhensible. De plus il est dépourvu de tout fondement biblique.

 

Le prophète :

A mon avis, l’aveuglement des croyants a commencé avec les soi-disant "mystères de Dieu", dont on a fait un système. Dès lors, la caste des prêtres s’est placée au-dessus des croyants et au-dessus de l’enseignement logique et simple de Jésus de Nazareth donc au dessus de Dieu Lui-même. Lors de notre incarnation terrestre chacun de nous est doté de la raison. Nous devrions en faire usage, dans la mesure du possible, pour réfléchir de manière rationnelle et ne pas accepter systématiquement tout ce qu'on nous propose.

C’est pourquoi je prétends que les fidèles de l’Eglise ont eux-aussi leur part de responsabilité quand ils marchent dans le système païen et médiéval d’une caste de prêtres qui les tient sous sa férule avec son "credo quia absurdum".

 Jésus n’a instauré ni cultes ni coutumes et si l’humanité Le suivait, Lui, le Christ, elle n’aurait pas besoin de tout cela. Deux mille ans ont passé et l’on peut toujours voir des païens se ranger sous la bannière des serviteurs des dieux, observant leurs coutumes païennes à travers des rites qui maintiennent les fidèles dans un état de dépendance.

 

L’expert en théologie catholique :

Les cultes voués aux dieux se pratiquent toujours. Les hommes croient avoir besoin d’intermédiaires auprès de Dieu parce qu’ils imaginent ne pas pouvoir le regarder en face. Ainsi ont-ils attendu et attendent-ils toujours que d’autres s’en chargent ; ils ont délégué à d'autres la tâche d'entrer en communication avec Dieu. Ainsi, ces derniers ont-ils acquis aux yeux de la masse un certain pouvoir spirituel. Ils se sont fait "consacrer" ou "ordonner". Cela a provoqué au sein de l’église catholique, une séparation entre le "clergé" (les élus) et les "laïques" (ceux qui font partie du peuple) ; donc entre le clergé et le peuple. Prêtres et pasteurs sont devenus des personnes à part, à l’opposé de ce qu’avait enseigné Jésus : "Tu ne devrais pas te faire appeler Rabbi : Un Seul est votre Maître, le Christ ; cependant vous êtes tous frères". Ils sont devenus des "médiateurs" entre les hommes et Dieu.

En instaurant les "sacrements", ils ont acquis du point de vue théologique, un rôle particulièrement important dans la relation avec Dieu, en contradiction totale avec ces paroles de Jésus : "Nul ne vient au Père que par Moi".

 

Le prophète :

Au cours des dernières années la caste des prêtres a été éclaboussée à plusieurs reprises par des scandales publics. Pourtant, bien des secrets sont sans doute encore gardés par tel prêtre ou tel pasteur à qui il ne viendrait d'ailleurs jamais à l’idée d'agir autrement, formés qu'ils sont à l'idée que Dieu a Lui-aussi des secrets envers les hommes, ce qui est faux naturellement. Il est exeptionnel - et tout particulièrement chez les théologiens qui se considèrent comme des "sages" - que quelqu'un admette qu'en entretenant ses aspects pécheurs, c'est-à-dire en voulant les conserver, il s’éloigne de plus en plus de Dieu. Ainsi, quelqu'un qui pèche, crée un fossé entre Dieu et lui-même. Dans ces conditions, il ne lui est pas possible de se rapprocher de Dieu, notre Père éternel - en accomplissant ce que Jésus, le Christ a enseigné, c’est-à-dire les Commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne. C’est pourquoi il projette sur Dieu ses propres secrets, son propre mur de brouillard. De par sa position, en raison du vêtement qu'il porte et de la considération qu’il reçoit en tant que curé ou pasteur, le théologien peut garder ses secrets, étouffer ses scandales, sous le couvert hypocrite du nom de Jésus, le Christ. Le peuple n’ayant pas appris à se méfier des apparences, on continue ainsi à le duper.

Pourtant, les prêtres attendent de leurs fidèles qu’ils leur confessent leurs secrets. Cependant on ne peut pas tromper Dieu, ni même l'étudier. Dieu est la lumière. L’homme ne peut pas repousser cette lumière, ni l'étudier mais s'il accomplit les Commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne alors celle-ci vit dans son coeur. Nul besoin de confessionnal ni de l’oreille pécheresse d’un prêtre pour cela.

Pour moi, la théologie est une forme particulièrement élaborée de camouflage, un enseignement tellement compliqué qu'il dénature totalement le message de Jésus. Après avoir été ainsi déformé, il est redonné au peuple sous la forme de paroles douceureuses afin que les fidèles continuent d'ignorer que derrière tout cela se dissimule en fait un théologien appartenant la plupart du temps à la caste de prêtres.

 

L’expert en théologie catholique :

Malheureusement, il me faut admettre que tu as raison, car beaucoup d’hommes imaginent que, sans prêtre ou pasteur, la on ne peut pas ressentir la présence de Dieu. Il faut bien reconnaître que l'attitude des prêtres et des pasteurs consistant à s’identifier ainsi à la présence de Dieu a des conséquences catastrophiques. La plupart des fidèles pense que les prêtres ont foi dans ce qu’ils enseignent et qu’ils se tiennent aux Commandements de Dieu.

Quand des scandales éclatent, leurs réactions le prouvent. Beaucoup sont alors déçus d’avoir placés leur confiance en tel pasteur ou en tel évêque. S'il s'agit de malversations sexuelles ou financières, il apparaît alors clairement que prètres et pasteurs prèchent des vertus qu’ils ne possèdent pas eux-mêmes. C’est pourquoi les hommes finissent par douter de Dieu et par ne plus croire aux paroles que le prêtre prononce sans jamais les appliquer lui-même. Ils rejettent Dieu car ils ne connaissent bien souvent que le "Dieu de l’Eglise".

Depuis le début de notre entretien, tu as remis en question les dogmes, les sacrements et les rites de l’Eglise en leur opposant l’enseignement de Jésus, à juste titre. Je peux témoigner ici que toutes ces vétilles proposées par l’institution catholique, comme tu les nommes, résultent du polythéisme païen qui idolâtrait une multitude de dieux. L’éducation et les conseils prodigués par l'entourage d’un jeune attiré par la théologie, remettent rarement en cause ce qui est enseigné et vécu par la caste des prêtres. Les dogmes constituent un "édifice" vers lequel on dirige tout naturellement le futur prêtre ou théologien. C’est pourquoi on instruit et forme généralement les théologiens dans des internats et dans des séminaires, c'est-à-dire à l’écart du monde.

Pas une seule fois au cours de mes études de théologie, mes professeurs n’ont abordé le sujet des dogmes pour se demander s'ils correspondaient ou non à la volonté de Dieu.

 

L'expert en théologie protestante :

Durant mes études, je n’ai moi non plus pratiquement jamais entendu parler de la volonté de Dieu. Chaque professeur a enseigné des choses différentes et chacun a influencé les étudiants à sa manière.

Cependant, il y avait tout de même ce qu'on pourrait appeler un plus petit dénominateur commun, à savoir se référer à la Bible et aux exégèses de la Bible développés au sein de l'Eglise protestante.

Avant qu’un prêtre ne prononce ses voeux "à vie", on lui demande d'exprimer son point de vue sur "la Bible et la confession".

Là, le dénominateur commun devient encore plus petit, dans la mesure où les bases sont justement mal définies et que celui-ci peut trouver dans la Bible précisément le contraire de celui-là. Ainsi, une affirmation du style "Tel ou tel dogme n’est plus actuel", est très souvent admise.

Dès lors, le dénominateur commun se réduit souvent à une attitude de base positive envers cette confession et dans ce cadre chacun dispose jusqu’à un certain point, de la liberté de croire et d’enseigner ce qui lui semble juste. Au sein de l’Eglise protestante, cette "liberté" est d'ailleurs considérée comme un "label de qualité".

Dans un tel contexte, pourquoi chercher à faire l’unanimité dans l’interprétation de la volonté de Dieu ? Cela ne ferait que se traduire au contraire par davantage de divergences d’opinions pouvant même dégénérer en franche opposition.

 

Le prophète :

Avoir une "opinion", c'est avoir la certitude que les choses sont telles qu'on les pense sans jamais remettre en question cette certitude. Ainsi, quand deux personnes expriment des "opinions opposées", cela signifie que chacune d'elles fait part de ses idées personnelles sur un sujet et s'y tient quoi qu'il arrive. Comme tu viens de l’expliquer, ceci s’applique également aux prêtres. Pourquoi avons-nous donc besoin de curés et de pasteurs puisque chacun peut interpréter la Bible selon sa propre opinion et en faire ce que bon lui semble ? Pourtant, n’est-il pas écrit quelque part que la Bible est la parole de Dieu et que personne ne doit lui retrancher ni lui ajouter un seul mot, un seul iota ?

 

L’expert en théologie catholique :

Dans l’Apocalypse de Jean, il est écrit : "Et à qui oserait retrancher aux paroles de ce livre prophétique, Dieu retranchera son lot de l’arbre de vie..." (Apocalypse 22, 19)

Dans le Sermon sur la Montagne, on peut lire : "...pas un i (iota), pas un point sur le i, ne passera de la Loi..." (Mt 5, 18)

Dans le livre des dogmes de l’Eglise catholique, il est dit entre autre : "De plus, tous les livres que l’Eglise reconnaît comme saints et canoniques sont écrits dans leur intégralité sous l’inspiration du Saint-Esprit." (Neuner-Roos, la foi de l’église, 12. éd., 1986, Nr. 106)

 

Le prophète :

De nombreux théologiens font valoir que la Bible doit être prise au pied de la lettre. Alors comment s’y retrouver dans le dédale d’opinions souvent contradictoires que ces mêmes théologiens ont forgés autour de la Bible ? A quoi servent les théologiens si on ne peut pas leur faire confiance ? Quel rôle jouent les pasteurs et les curés si chacun d’eux peut interprétrer les écritures comme bon lui semble ?

 

L’expert en théologie protestante :

On pourrait aussi se demander pourquoi il existe tant de confessions et de courants ecclésiastiques différents, tant de groupes et de cercles religieux. En réalité, comme tu viens de le rappeler, c'est parce que chacun interprète la Bible et les enseignements ecclésiastiques comme il l'entend, autrement dit, selon ce qu’il croit avoir compris de la Parole de Dieu.

En utilisant ses connaissances, il est toujours possible à un théologien de "justifier" son point de vue. Il est vrai que bon nombre de connaissances historiques ou philologiques sont très peu controversées. Cependant, en dehors de ces connaissances, le plus important reste le "courant" auquel se rattache un théologien. Beaucoup de fidèles attachés à l’Eglise, optent pour un théologien en fonction du courant auquel il appartient, ou un directeur de conscience dont l’orientation correspond à ce qu’ils croient être la bonne. Si quelqu’un change de conviction religieuse parce que peut-être il aura rencontré un théologien d’un autre courant, cela inquiète bien souvent son entourage.

De manière générale, au lieu d’apporter la clarté, les théologiens ont créé au contraire la confusion dans les esprits. Pour trouver le chemin vers Dieu, il n’est nul besoin de théologiens ou de prêtres. Et celui qui est suffisamment libre pour croire en ce qu’il trouve juste, peut très bien se passer des théologiens. Au cours des études de théologie, il est rare qu'on se demande quelle est la volonté de Dieu.

 

L’expert en théologie catholique :

Je dois confirmer en effet que ces études n’amènent pas à s’interroger sur la volonté divine. Dans les universités de théologie, on apprend aux étudiants à citer les textes de la Bible et l’art de la rhétorique pour laquelle on travaille même l’intonation de la voix, afin de rendre plus convaincant aux yeux des fidèles, les rites, les sacrements et les dogmes que l’on a étudiés.

 

Le prophète :

Il est assez logique que les parents, la famille d’un étudiant en théologie ne cherchent pas à s’interroger sur l’origine des dogmes et des divers actes ou cérémonies cultuelles. Celui qui considère les paroles de Jésus : "Enseignez d’abord et baptisez ensuite" et qui voit comment la caste des prêtres les a sciemment inversées pour en faire : "Baptisez d’abord et enseignez ensuite", comprendra que Jésus a enseigné la liberté, tandis que la caste des prêtres a toujours pratiqué l’endoctrinement, y compris aujourd’hui, en inversant cette Loi énoncée par Jésus.

Par l’application de ce principe contraire à la liberté "Baptisez d’abord et enseignez ensuite", les Eglises ont instauré un système d’endoctrinement qui se pratique encore aujourd’hui dès l’enfance. L’on y parle bel et bien de Jésus, le Christ, mais l’on y fait rarement ce qu’Il a demandé. On peut ainsi dire que l’apparence sanctifie les moyens et le moyen, c’est le but : endoctriner. Les parents qui sont eux-mêmes endoctrinés ne se demanderont pas si leur fils, en l’occurence l’étudiant en théologie, peut être inspiré par des forces qui finalement vont à l’encontre de l’enseignement de Jésus, même si pour donner le change, leurs représentants ont fréquemment le nom de Jésus, le Christ, sur les lèvres - mais non dans le coeur car souvent le coeur s’est perdu sur le parcours des études de théologie.

 

L’expert en théologie catholique :

Endoctriné à l'époque de ma jeunesse, ce n’est que bien plus tard que le doute m’a saisi, alors que j'étais chargé d’une paroisse ou peut-être même déjà dans la mission, et je sais que d’autres prêtres ont vécu le même processus.

La plupart de ceux qui constituent la masse des fidèles ne connait pas les dogmes dans leur ensemble. Le fidèle moyen n’en connaît la plupart du temps que quelques-uns ainsi que quelques obligations religieuses. De plus il fait rarement la différence entre dogme et comman-dement de l’Eglise. Par exemple, les dogmes catholiques énoncent les points fondamentaux de la foi catholique, ses obligations, tandis que les commandements de l’Eglise sont des règles qui gèrent la vie paroissiale, comme par exemple le devoir d’assister à la messe dominicale.

 

Le prophète :

Tu parles d’obligation religieuse et de vie paroissiale qui impose entre autre d’assister à la messe du dimanche. Jésus, le Christ, n’a parlé ni d’obligations, ni de vie paroissiale. Je voudrais faire une différence entre obligation et devoir. L’obligation dit : je "dois" vivre selon certaines règles. Le devoir d’un chrétien - de quelqu'un qui se dit chrétien - est d’accomplir les Commandements de Dieu et de vivre selon le Sermon sur la Montagne. Mais il n’est nullement question d’imposer quoi que ce soit à l'aide de "tu dois...".

Quelqu'un qui se dit chrétien devrait pourtant se demander s'il est juste et honnête, d’un point de vue moral, de se dire chrétien et de vivre en contradiction avec ce que Jésus, le Christ, a enseigné ? C’est pourquoi, aux théologiens et à tous ceux qui les écoutent et les suivent, je conseille de fermer la Bible. C’est un conseil et non une obligation. Car ce que font et proclament bon nombre de prétendus chrétiens est à l'opposé de ce que Jésus, le Christ, a enseigné.

Jésus n’a jamais parlé de vie paroissiale ni d’obligation à fréquenter la messe dominicale. Dieu a enseigné le Sabbat qui devrait être sanctifié afin que l’homme puisse se reposer de ses journées de travail pour atteindre l’harmonie et avoir ainsi accès au plus profond de son être, de son temple intérieur, pour trouver Dieu en lui-même car Jésus a enseigné que chaque homme est le temple de Dieu et que l’Esprit habite au plus profond de chaque homme.

 

Cependant des aspects de la vérité sont encore perceptibles dans la Bible. Mais pour les trouver, il faut écouter son coeur. Chez beaucoup de prêtres, cette faculté a été enfouie en raison d’une vie entièrement consacrée à la théologie qui est un moyen d’atteindre un certain but qui s’appelle la profession. Les actes cultuels ont été transposés de l’époque païenne, c’est-à-dire du polythéisme, à aujourd’hui et attribués tout simplement de manière erronée aux prophètes de l’Ancienne Alliance, c’est-à-dire imputés à la Bible. L’Ancien Testament relate souvent des histoires sanglantes où Dieu aurait ordonné d’attaquer des peuples voisins, de les exterminer et de se venger ainsi du prochain. Le Dieu de l’Ancienne Alliance est un Dieu cruel qui aurait demandé par le canal des prophètes non seulement qu’on Lui sacrifie des animaux en offrande mais aussi des êtres humains par les guerres et autres actes de violence. Jésus, Lui, a parlé d’un Dieu différent, d’un Dieu d’amour, un Père Qui aime tous Ses enfants.

Quel est donc ce Dieu de l’Ancien Testament - nous ne faisons pas état ici de ce qui a été attribué de manière erronée aux prophètes - et qui S’exprime à travers Jésus dans la Nouveau Testament ? Dans l’Ancien Testament, la caste des prêtres a mélangé ses propres conceptions aux paroles des prophètes qui nous ont été retransmises, conceptions qui avaient leurs racines dans le polythéisme assoiffé de sang. De nos jours, la caste des prêtres en se référant au Nouveau Testament continue à mettre en scène les cultes païens.

Deux mille ans sont passés depuis la venue de Jésus. Son enseignement qui affirme un Père aimant, éternellement bon, a été sacrifié par la théologie.

 

L’expert en théologie catholique :

A l’époque de Jésus, cette image du Père aimant et éternellement bon, différait des conceptions que le peuple israélite aussi bien que les peuples polythéistes voisins avaient de Dieu. La manière dont Jésus parlait et vivait, était claire et sans équivoque. Cependant, la caste des prêtres réussit à perpétuer cette image cruelle ainsi que les aspects cultuels du Dieu de l’Ancien Testament pour les introduire dans le christianisme.

Les actes cultuels païens illustraient la croyance en plusieurs dieux, c’est-à-dire l’idôlatrie. L’autel de pierre, très répandu dans les écritures de l’Ancien Testament, montre bien non seulement l’importance que l’on attachait aux paroles et aux prières mais aussi celle donnée à tout ce qui touche au matériel et en particulier aux sens, par exemple avec l'holocauste, l’encens, l’eau, l’huile et les habits de cérémonie.

 

Le prophète :

Qu’y a-t-il de différent aujourd’hui ? Les actes de culte sont seulement un peu plus raffinés et coûteux. Les Eglises ont amassé des fortunes sur le dos de croyants prodigues.

 

L’expert en théologie catholique :

En ce qui concerne les pratiques cultuelles toujours plus raffinées, j’aimerais ajouter que depuis l’époque de Jésus, afin de faire respecter les dogmes, de nouvelles pratiques ont sans cesse été créées, comme cela se faisait dans le paganisme ; ainsi par exemple, l’invention du signe de croix pour donner plus de force au dogme de la trinité, le triple encensement (agiter l’encensoir), l’ornement de la salle de culte (le tabernacle, "la lumière éternelle", la colombe...) ou encore toutes les cérémonies rituelles de la semaine sainte, ainsi que les nombreuses processions et autres manifestations solennelles accompagnant la célébration des sacrements.

Les autels de l’antiquité ont été remis au goût du jour ; déjà les Israélites les utilisaient. Abraham, issu du peuple de la région de Ur avait bien sûr abandonné la croyance dans les dieux de ses ancêtres depuis qu’il avait perçu la voix de Dieu, de l’Un, qu’il suivait, au plus profond de lui-même. Cependant il maintenait le rite des sacrifices extérieurs en offrande à son Dieu. La reconnaissance du Dieu Unique fut le premier pas qu’il fit hors du polythéisme.

Quand Abraham crut que ce Dieu exigeait qu’il Lui sacrifiât son fils, l’ange lui expliqua qu’il ne s’agissait pas en réalité de sacrifier l’homme en faisant un holocauste humain, mais de lâcher ce qui le liait à son fils et qui le rendait ainsi dépendant de lui. Ainsi, Dieu lui enseigna-t-Il le premier Commandement : "Tu n’auras pas d’autres dieux que Moi...", des dieux qui pourraient être justement les liens qui nous font dépendre d’autres personnes. Ce qui est rapporté dans la Genèse, montre bien le niveau de conscience des hommes de jadis quand ils écrivaient : "L’ange du Seigneur du ciel dit : ne porte pas la main sur le garçon et ne lui fais aucun mal ; car maintenant, Je sais que tu crains Dieu et que pour Moi, tu n’aurais pas épargné ton fils unique." (Gn 22, 12)

 Ainsi, cette image du "maître de cérémonie", me fait penser au récit du repas de la Cène. Si l’on ne se reporte pas à l’époque des coutumes païennes et à l’influence qu’elles ont pu avoir, comment expliquer qu’il ait pu s’instaurer à partir de la Cène, un sacrifice reproduit par les gestes du prêtre quand il célèbre le sacrement de l’eucharistie. On se souvient que, lors du dernier repas qu’ils prirent ensemble, Jésus a dit aux Siens qu’Il donnerait Sa vie et en servant à Ses apôtres le pain et le vin, Il symbolisait le don de Son corps et de Son sang. Il leur a demandé de célébrer à l’avenir le repas de la Cène tous ensemble, en mémoire de Lui, et de recevoir le pain et le vin comme symboles de la force intérieure reçue de Lui. Jésus n’a pas voulu faire de ce repas commémoratif le rituel d’un sacrifice expiatoire, où le prêtre - au moyen de quelques formules magiques - transforme du pain et du vin en Son corps et en Son sang pour l’offrir à Dieu sur l’autel.

Si Jésus revenait sur terre aujourd’hui, il lui faudrait entreprendre un nouveau "nettoyage du temple" serait nécessaire.

 Si l'on reprend chacun des sacrements en vigueur au sein des institutions ecclésiastiques et si on les met en parallèle avec ce que Jésus a dit et fait, on contate que :

Jésus n’a jamais baptisé ;

Jésus n’a jamais confessé ;

Jésus n’a jamais donné la communion ;

Jésus n’a jamais confirmé ;

Jésus n’a jamais ordonné de prêtres ;

Jésus n’a jamais béni de mariages ;

Jésus n’a jamais administré l’onction aux malades.

Toutes les cérémonies et tous les cultes sont des manifestations issues du polythéisme.

 

L’expert en théologie protestante :

Parmi bien d’autres actes religieux, l’Eglise catholique privilégie ces sept sacrements, ou "signes (visibles) de la grâce (invisible)" : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, l’onction des malades, l’ordre et le mariage. L’Eglise protestante a réduit ce nombre à deux ou trois, le baptême et la Cène, et éventuellement la confession ou pénitence. Selon les Eglises catholique et protestante, les sacrements auraient été institués par Jésus. Pour se faire, chaque sacrement se serait vu attribuer un signe extérieur.

Cependant si l’on fait des recherches, il est clair que Jésus de Nazareth n’a institué aucun des sacrements.

Lorsqu'Il a prononcé ces paroles : "Enseignez d’abord et baptisez ensuite" (Mt 28,19), Jésus a voulu montrer que ce n’était pas l’acte extérieur du baptême qui était important, mais le baptême spirituel intérieur. Les hommes qui cheminent vers Dieu avec droiture et détermination et qui ont reçu le baptême spirituel seront accueillis parmi les baptisés spirituels.

Par ailleurs, l’Eglise prétend que Dieu agit à travers le sacrement du baptême afin de sceller une alliance avec les hommes. C’est ainsi que l’on transforme une pratique de l’Eglise destinée à recruter des ouailles en action divine. De ce fait, on abuse du nom même de Dieu car ce n’est pas Dieu qui agit alors mais bien le prêtre. Jamais Jésus n’a dit que Dieu agissait à travers un sacrement ou une cérémonie.

Le baptême des nouveaux-nés dont l’Eglise protestante a fait une pratique obligatoire, n’a jamais été demandé par Jésus. Chacun devrait pouvoir se décider librement. Comme il est dit dans la Bible, en premier lieu vient l’enseignement ; ensuite l’homme peut choisir s’il l’accepte ou non. S’il l’accepte et qu’il vit l’enseignement dans la pratique, alors viendra le temps où il recevra le baptême spirituel. C’est cela que Jésus voulait.

Cependant les Eglises protestantes n’ont jamais respecté cela. Par ailleurs, en 1956, elles ont modifié la Bible de Luther en traduisant le mot "enseigner" par "rassembler des disciples".

Dans les nouveaux catéchismes, par exemple, il est soudain question de faire du nouveau-né un "disciple, en le baptisant. Dans ce contexte, "l’enseignement" a été complètement laissé de côté. On a de ce fait falsifié les paroles de Jésus.

 

Le prophète :

Il est écrit qu'il ne faut changer ni un iota, ni un seul mot de la Bible. Mais peut-être Dieu fait-Il une exception en acceptant que, par le baptême, le nouveau-né se transforme en disciple et en successeur de l’Eglise luthérienne ? Jésus de Nazareth a-t-Il enseigné de telles choses ?

 

L’expert en théologie protestante :

Ici, la falisification du sens s’est opérée lors d’une nouvelle traduction.

Le baptême implique pour le nouveau-né qu’il devient membre de l’Eglise luthérienne, ce qui entraîne aussi pour lui par la suite, de payer les impôts pour l’Eglise. Le prêtre qui baptise un nouveau-né agit contre la volonté de Jésus, le Christ.

L’Eglise, pourtant, s’obstine dans ce sens. Quand, se référant à Jésus, un diacre luthérien de mes connaissances, refusa de faire baptiser son fils âgé de quelques mois pour qu’il ait la liberté de choisir à sa majorité, un doyen eut alors recours aux mesures officielles à son encontre. Le diacre, en raison de sa position vis-à-vis du baptême, fut privé du droit d’exercer ses activités parmi la jeunesse.

On peut donc dire que l’acte du baptême par l’eau du nouveau-né est un sacrement de l’Eglise qui n’a rien à voir avec ce qu’enseignait Jésus de Nazareth.

Le sacrement de la Cène (communion) n’a pas non plus été institué par Jésus. Lors du dernier repas avec Ses disciples, quand Jésus leur dit : "Faites cela en mémoire de Moi", Il n’imaginait pas alors des hommes vêtus de noir, devant l’autel d’une Eglise, invitant d’autres hommes à communier en leur distribuant des hosties pour symboliser extérieurement un sacrement.

Jésus pensait à un repas véritable, pris en commun dans Son Esprit, et sans prêtres.

 

L’expert en théologie catholique :

Le sacrement de l’ordre fait partie des sacrements catholiques. L’importance que l’on attribue au "maître de cérémonies" est particulièrement manifeste dans la mise en scène faite autour de la célébration de la première messe (= première messe que célèbre le "serviteur de Dieu", le prêtre nouvellement ordonné). Une grande fête se déroule pour la circonstance dans une ambiance populaire, où sont conviés les fidèles et les jeunes de la paroisse auxquels se joignent choristes et musiciens. La Cène, le dernier repas de notre Seigneur fut un des moments les plus difficiles de Sa vie cependant que la première messe célébrée par le jeune prêtre est devenue, elle, une fête populaire. Ce n’est que plus tard, après plusieurs années d’exercice de ma fonction de prêtre, que j’ai soudain pris conscience que lors d’une première messe, le centre d’intérêt était en fait un être humain qui reçoit vêtements et objets particuliers, ainsi que toute l’aide nécessaire pour faire de lui un "sacrificateur" fidèle.

 

Le prophète :

Et la victime du sacrifice, c’est celui qui verse de l’argent à l’Eglise, non seulement en réglant l‘impôt ecclésiastique comme c'est le cas en Allemagne, mais aussi à travers l‘impôts que lui prélève l’Etat, qu’il soit membre de l’Eglise ou pas. En outre, le croyant contribue de bien d’autres façons à l’enrichissement de l’institution ecclésiastique en déposant son obole dans le tronc de l’église, en participant à la quête dominicale ou en remmettant au prètre une enveloppe lors des mariages, enterrements ou baptêmes.

Le salaire d’un prêtre ou d’un pasteur est prélevé directement des caisses de l’église qui sont donc alimentées par de nombreuses sources que l’on peut récapituler brièvement : les subventions payées par l’état avec l’argent des contribuables, qu’ils soient ou non croyants, l’impôt ecclésiastique que paye le croyant, les dons, les héritages, l’argent des troncs et des quêtes versé par les fidèles depuis l’origine et qui au fil du temps ont contribué à la fortune de l’église.

On peut alors se demander s’il existe une profession aussi lucrative que celle du théologien en fonction ?

Le pouvoir de la caste des prêtres a grandi de plus en plus grâce aux richesses inimaginables mais gardées secrètes que les Eglises institutionnelles ont accumulées. Désormais celles-ci ne pourront certainement plus passer par le "chas de l’aiguille", pour reprendre l’image évoquée par Jésus : "Il est plus facile à un chameau de passer par le chas de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu." Cette caste, depuis que Constantin a fait de l’église romaine une église d’état, s’est toujours servi de l’Etat pour pouvoir exécuter sa volonté. On la nomme Eglise "chrétienne" mais en réalité, elle n’a pas grand chose à voir avec ce que Jésus enseignait, Lui qui a dit entre autre : "Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent...". Il est dit aussi, à la fin de l’Apocalypse de Jean, à propos de Babylone la prostituée, symbole d’une église devenue séculière : "Sortez de cette cité, ô mon peuple, de peur de participer à ses péchés et de partager les fléaux qui lui sont destinés."

Dans la presse allemande du 29-12-1997, le président du conseil de l’Eglise protestante en Allemagne déclarait : "...Il est vrai que nous sommes encore une église riche." On est en droit alors de se demander qui est à l’origine de cette richesse. La réponse, encore une fois est : le contribuable qui paie des impôts à l’Eglise et l’Etat qui lui verse des subventions.

Qu’aurait dit Jésus de tout cela ?

 

L’expert en théologie protestante :

Jésus de Nazareth disait : "Malheur à vous, les riches" (Lc 6, 24) et Il n’a pas enseigné à Ses disciples de lever un impôt ecclésiastique, impôt qui fut introduit au 19ème siècle. De nos jours, pour les années quatre-vingt-dix, la recette annuelle s’élève environ à 17 milliards de DM, nets d’impôt. De plus, comme tu l’as dit, l’Etat verse tous les ans sous forme de subventions, des milliards dont plus de quatre sont destinés à l’enseignement religieux des deux confessions dans les écoles publiques ou versés à titre de "dotations" annuelles aux deux Eglises depuis 1817 en dédommagement des pertes causées par l’étatisation qui eut lieu sous Napoléon.

Parmi les biens nationalisés à cette époque figurent, par exemple, des terres tombées aux mains de celle-ci à la suite de faits de guerre, ou des biens confisqués à des personnes que l’Eglise avait fait brûler comme sorcières ou hérétiques. Mais cela n’empêche pas les Eglises protes-tante et catholique de recevoir tous les ans depuis presque deux siècles une somme destinée à compenser la perte de ces biens.

Jésus de Nazareth n’a jamais demandé à Ses successeurs de fonder une Eglise sur l‘argent.

Grâce aux concordats ou aux traités passés entre les Eglises et l‘Etat, celles-ci ont acquis l’assurance de percevoir de nouveaux fonds publics dont le montant peut encore s’évaluer en milliards et destinés à couvrir l’ensemble des frais de la formation des théologiens dans les universités ou dans les hautes écoles religieuses ou à subventionner le soin des âmes dans les prisons ou les casernes.

Depuis la réunification des deux Allemagnes, les nouveaux états de l’est ont été contraints eux aussi à la suite de concordats, à participer au financement des Eglises institutionnelles bien que 80% de leur population n’y appartienne à aucune de ces deux confessions.

Voilà quelques-unes des multiples façons qu'ont les Eglises institutionnelles de percevoir des revenus substantiels qui viennent s’ajouter à leurs réserves financières déjà considérables .

On estime entre 80 et 100 milliards de DM les réserves financières de l’Eglise catholique et on avance un chiffre à peu près similaire pour l’Eglise protestante, auxquels s’ajoutent des biens fonciers et immobiliers que l’on peut évaluer à environ 400 milliards de DM pour la seule Eglise catholique. Aux dires des Eglises, une partie de ces biens est invendable, pourtant l’Eglise protestante a déjà transformé certain de ses bâtiments en restaurants, en centres sportifs ou en musées, et même en logements, source de nouveaux revenus. Précisons que le mobilier ornemental des églises ainsi que les objets du culte dont beaucoup sont de véritables joyaux (crucifix, calices en or sertis de pierreries, etc...), ne sont pas inventoriés dans ces réserves.

Telle est la situation en Allemagne. En Autriche et en Suisse, les Eglises reçoivent également des subventions qui peuvent être chiffrées en milliards ; en Suisse, même les entreprises sont astreintes à payer elles aussi des impôts pour l’église.

Tout cela est bien loin de ce que voulait Jésus de Nazareth qui n’a jamais demandé ni aide ni soutien financier à l’Etat pour Lui-même ou Ses disciples. Ils vivaient selon le Commandement "Prie et travaille" et non selon le principe : "Fais-toi payer pour dire des prières!"

Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus nous a mis en garde : "N‘amassez pas des trésors sur la terre..." a-t-Il dit (Mt 6, 19). Pourtant les Eglises amassent bel et bien des trésors sur la terre.

Jésus a dit encore : "Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a rien où poser sa tête." (Mt 8, 20)

C’est aussi un symbole pour Ses successeurs qui ne devraient considérer aucun endroit sur terre comme leur patrie ni se lier à de tels lieux.

Cependant, les Eglises se sont liés à tous ces endroits où elles ont amassé des fortunes dont le montant peut être chiffré parfois en milliards, faisant construire des palais, de somptueux édifices et devenant propriétaire de milliers de bâtiments dont l’état se fait même le devoir d’assurer l’entretien. En plus de ces charges immobilières que l’Etat endosse au profit des Eglises, celles-ci reçoivent chaque année plus de 270 millions de DM pour l’"entretien des monuments".

D’autres sommes qu’on peut évaluer en millions de DM s’ajoutent encore à ce bilan : ce sont les avantages "en nature" (c’est-à-dire des dons qui se faisaient sous forme de blé, de poissons, de bois, etc...) dont l’Etat avait pris l’obligation au cours des siècles précédents pour entretenir le clergé. Ils sont perçus aujourd’hui encore dans beaucoup de régions.

Que les frais de personnel soient aujourd’hui couverts par l’impôt ecclésiastique ou payé directement par l’état, n’a pas entraîné la suppression des "avantages en nature". Les Eglises les font convertir en Deutschmark qui sont virés sur leurs comptes bancaires par l’état, à moins que celui-ci ne se libère de cette contrainte en versant aux Eglises de fortes indemnités s’élevant à peu près à 25 fois le montant annuel de l’obligation.

Ce que tout cela représente pour le citoyen allemand peut être illustré à travers l’exemple de Karlstadt, ville de 14000 habitants, située dans la région du Main-Spessart : comme bien d’autres communes, la ville de Karlstadt est redevable chaque année des "avantages en nature" envers les Eglises. Pour se libérer de cette obligation, en 1997, la ville aurait dû verser une somme équivalant à plus de 500 000 DM au profit des Eglises institutionnelles - ce dont elle ne pouvait pas s’acquitter. Le conseil municipal fut donc obligé de reconduire le paiement des avantages en nature, qui, il faut le noter au passage, incluaient la part d’un prêtre catholique qui n’exerçait plus depuis 1984 ! Pourtant, l’Eglise revendiqua le paiement de cette part en faisant valoir le droit coutumier.

Le conseil municipal se limita donc à voter l’annulation d’une subvention volontaire versée par la commune depuis 1979 au profit des deux institutions ecclésiastiques.

Contrairement à Karlstadt, la bourgade de Triefenstein a pu quant à elle, en versant 6.250 DM, se libérer en 1996 d’une obligation remontant à plusieurs siècles et qui imposait la fourniture d’une certaine quantité de vin aux membres du clergé. En tenant compte de tout cela, que peut-on penser des sermons des pasteurs et des prêtres qui prêchent de ne pas s’inquiéter du lendemain, reprenant les paroles mêmes de Jésus ? Ceux qui entendent de tels sermons et qui doivent lutter pour assurer leur subsistance et celle de leur famille, peuvent-ils éprouver le même sentiment de sécurité que les ministres de l’Eglise ?

De nos jours, beaucoup de salariés ont peur du chômage. Un pasteur ou un curé, lui, ne perdra jamais son emploi à moins qu’il ne commette une faute grave. On peut toutefois citer le cas d’un pasteur luthérien coupable de pédophilie, condamné et licencié, qui parvint à se faire réintégrer dans son ministère en déposant une plainte auprès d’un tribunal ecclésiastique ; la seule sanction qu’il eut à subir fut l’interdiction de travailler avec des adolescents ou des jeunes enfants.

Signalons d’autre part que le salaire d’un ministre de l’Eglise ne dépend pas du rendement, contrairement à bien des professions.

 

Le prophète :

Jésus a dit : "Tout travailleur mérite son salaire." (Luc 10,7). A mon avis cela signifie que l’homme devrait percevoir un salaire proportionnel au travail qu’il fournit et à la qualité de celui-ci. Cependant, en ce qui concerne les ministres de l’Eglise, il semble qu’il en est autrement. Ils subissent généralement peu de contrôles dans l’exercice de leur profession et leur salaire est assuré quel que soit le travail fourni.

Jésus n’a certainement pas soumis Ses apôtres et disciples à une formation théologique avant de les envoyer enseigner la Parole de Dieu aux hommes. Il leur a d’abord enseigné la vérité éternelle, puis quelques-uns, parmi eux, ayant mis en pratique dans leur vie quotidienne la Parole que Dieu est, devinrent des hommes de l’amour désintéressé, au coeur empli de l’Esprit de la vérité. Ils pouvaient donc s’adresser à leurs semblables à partir du coeur, c’est pourquoi leurs paroles et leurs actes étaient imprégnés de la vérité, de Dieu. Tous les apôtres exerçaient un métier qui leur permettait de gagner leur vie et de subvenir aux besoins de leurs familles.

Jésus en aurait-Il appelé à l‘impôt ecclésiastique et aux subventions de l’Etat ? Aurait-Il prêché l’inégalité telle qu‘elle apparaît aujourd’hui dans le fait que pour toute profession, qu’il s’agisse des salariés qui travaillent dans les usines ou dans les entreprises, des artisans, des commerçants, des médecins, des agriculteurs, tous sont tributaires de leur clientèle ou de leurs patients, donc de ceux qui choisissent d’acheter leurs produits ou de faire appel à leurs services, tandis que les ministres de l’Eglise perçoivent salaire ou pension à vie sans que jamais ceux-ci ne soient remis en question ? Par ailleurs, celui qui travaille, c’est-à-dire celui qui est rémunéré pour ses services, ne peut compter que sur l’argent qu’il gagne pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, alors que le plus souvent, pasteurs et curés bénéficient d’un logement gratuit et reçoivent des prébendes. Evêques et cardinaux résident dans des palais, et tout cela au nom du Christ. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ; que celui qui a des yeux pour voir, voie et que celui qui a une conscience suive cette exhortation que l’on trouve dans l’Apocalypse de Jean à propos de Babylone, la prostituée : "Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés et que vous n’ayez point de part à ses fléaux..."

Même si celui qui "entend et voit", quitte le giron de l’institution ecclésiastique et laisse derrière lui l’édifice de pierre, nous savons bien qu’il participe toujours au financement de l’Eglise à travers les impôts qu’il verse à l’Etat. Cependant, si nous mettons tout cela sur la balance de la justice divine, il est peu probable que le fléau penche du côté de l’Eglise étatique et de ses fidèles. Il y a de fortes chances qu’il s’incline plutôt du côté de ceux qui ont pris conscience que, même s’ils doivent continuer à donner indirectement leur argent à l’Eglise en payant leurs impôts à l’état, il est grand temps de changer de cap.

 

L’expert en théologie catholique :

Celui qui voit comment le monde évolue aujourd’hui comprend ces paroles de Jésus prononcées il y a 2000 ans : "N'amassez pas des trésors sur la terre... amassez plutôt des trésors dans le ciel... " (Mt 6, 19-20) et : "Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre... " (Mt 6, 24). Le fait que le Christ nous parle aujourd’hui à travers la parole prophétique avec plus d’insistance encore, montre bien que les indications qu’Il donna à l’époque ou Il vécut sur terre en tant que Jésus, ne furent pas prises au sérieux.

On peut noter dans les Actes des apôtres : "Aussi parmi eux (les nouveaux chrétiens) nul n’était dans le besoin : car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres ; et l’on faisait des distributions à chacun suivant ses besoins." (Ac 4, 34-35)

Mais au bout de quelques décennies, ce n’était plus les apôtres de Jésus, les témoins oculaires, qui percevaient les recettes et les dons des autres chrétiens, mais des "fonctionnaires" avec une mentalité de Judas. A partir du troisième siècle déjà, les "episkopoi" (les évêques) collectaient l’ensemble des revenus de l’Eglise, ce qui leur conférait un pouvoir qui concurrençait de plus en plus le pouvoir temporel. Dans ce contexte, les propos de l’évêque Ignace d’Antioche prononcés dès le deuxième siècle prennent toute leur signification : "Ne faites absolument rien sans l’évêque... celui qui honore l’évêque est honoré par Dieu, celui qui agit sans l’évêque sert le diable."

Jésus a transmis à Ses disciples les principes communautaires : "Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations leur commandent en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être de même parmi vous ; au contraire, quiconque veut être grand parmi vous se fera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous se fera l’esclave de tous " (Marc 10, 42-44)

Ces principes sont très vite tombés dans l’oubli parce qu’ils ne correspondaient pas aux aspirations de la caste des prêtres avides de pouvoir et de richesses matérielles. Ce qui allait de soi aux premiers jours du christianisme des origines, c’est-à-dire le principe d’égalité et de bien commun, fut bientôt détourné en principe satanique pour engendrer : séparation, avidité, domination, oppression, mépris de la vie, meurtres et massacres sans limites. Les biens matériels privés de leurs propriétaires, tombèrent presque automatiquement entre les mains de l’institution ecclésiastique qui, si elle a gardé dans la Bible la partie relative au Sermon sur la Montagne, n’a de toute évidence jamais eu l’intention de le mettre en pratique.

Les changements apportés au quatrième siècle sous le règne de l’empereur Constantin, déterminèrent le cours de l’institution ecclésiastique.

On peut dire qu’à partir de cette époque, les véritables successeurs de Jésus n’avaient plus voix au chapitre ni suffisamment d’influence au sein de l’Eglise. Ils furent bientôt supplantés par ceux qui enseignaient le "sacrifice sanglant expiatoire de Jésus" et qui exigeaient le sang des chrétiens prenant Son enseignement au sérieux.

Au fil des siècles, le sang sillonne sans interruption l’histoire de l’Eglise ; Palais et églises somptueuses furent construits grâce à de l'argent taché de sang ; De toutes les fautes et atrocités dont s’est rendue coupable l’institution ecclésiastique, est né un fleuve de sang. Des centaines de livres relatent ce que des hommes ont dû subir de la sorte et qui les fit se distancier du message divin que Jésus transmit à tous les hommes il y a 2000 ans. Je ne vais pas reprendre ici en détail ce que bien des livres et publications ont révélé au grand jour et que personne d’ailleurs ne conteste.

Mon coeur se serre quand je pense que chacune des expressions telles que : combats pour le pouvoir, marchés usuraires, recels, abus de privilèges, falsifications, captations d’héritages, brutalités exercées lors du recouvrement de la dîme, esclavage, trafic d’indulgence, vente de charges, inquisition, croisades... recouvrent à elles seules des "montagnes" d’erreurs. Ce qui me fait le plus de peine, c’est que tout cela ait pu survenir après que Jésus ait donné Sa vie pour nous. Son sacrifice pour la rédemption des hommes n’était pas destiné à servir de passe-droit pour tous les crimes qui ont été commis depuis Sa mort jusqu’à nos jours. Ces erreurs, tant qu’elles ne seront pas réparées, constituent une dette de l’âme ; car "ce que l’homme sème, il le récoltera". La loi des semailles et des récoltes, la loi de cause à effet, accorde souvent à l’homme une longue période de grâce durant laquelle il a la possibilité de reconnaître ses erreurs et rebrousser chemin. Cependant "long" ne signifie pas "éternel".

Le constat que l’on peut faire à partir de tout cela, c’est celui de l’échec des institutions de l’ordre d’une société qui ne mérite pas de s’appeler "chrétienne".

 

Le prophète :

Tout ce qui se passe au nom de Jésus, le Christ, tout ce que les hommes font en Son nom n’a, à mon avis, pas d’autre but que de tourner l’enseignement de Jésus, le Christ, en dérision. A quoi sert la Bible, si le prêtre se contente de citer les évangiles - ne parlons pas ici de leur authenticité - sans mettre lui-même leur contenu en pratique ? Beaucoup de théologiens considèrent que les Dix Commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne de Jésus ne sont rien de plus que des enseignements et ils ne vivent pas selon ces enseignements. Ils prétendent même que le Sermon sur la Montagne de Jésus ne peut absolument pas s’appliquer à la vie quotidienne.

 

A quoi sert le Sermon sur la Montagne de Jésus et pourquoi figure-t-il dans la Bible, s’il n’est pas reconnu ? Pourquoi Jésus l’aurait-Il enseigné ? A quoi sert cet enseignement si personne ne le vit dans la pratique ? A quoi les prophètes de l’ancien testament ont-ils servi dès lors que la caste des prêtres a repris en grande partie les traductions, conservant certains textes, en supprimant d’autres, modifiant et inserrant ce que bon lui semblait ? On prétend ensuite que Dieu a révélé tout ce fatras par la bouche des prophètes. Je pense ici notamment aux cinq livres de Moïse, au Pentateuque.

La plupart de ce qui s’y trouve ne correspond en rien aux Lois de Dieu mais à des règles établies à des fins dominatrices par une caste de prêtres cruelle. Citons par exemple :

"Un homme qui insulte son père ou sa mère, sera mis à mort ; s'il a insulté père et mère, son sang retombera sur lui." (Lévitique 20, 9)

"Si un homme commet l’adultère avec la femme de son prochain, ils seront tous deux mis à mort, l’homme adultère aussi bien que la femme adultère." (Lévitique 20,10)

"Celui qui blasphème le nom du Seigneur sera mis à mort : toute la communauté le lapidera ; étranger ou indigène, il sera mis à mort pour avoir blasphémé le Nom" (Lévitique 24, 16)

"S’il se trouve au milieu de toi, dans l’une des villes que le Seigneur ton Dieu te donne, un homme ou une femme qui fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur ton Dieu en transgressant Son alliance et qui s’en va servir d’autres dieux et se prosterner devant eux, devant le soleil, la lune ou toute l’armée des cieux, ce que je n’ai pas ordonné : si l’on te communique cette information ou si tu l’entends dire, tu feras des recherches approfondies ; une fois établi le fait que cette abomination a été commise en Israël, tu amèneras aux portes de ta ville l’homme ou la femme qui ont commis ce méfait ; l’homme ou la femme, tu les lapideras et ils mourront." (Deutéronome 17, 2-5)

"Lorsqu’un homme a un fils rebelle et révolté, qui n’écoute ni son père ni sa mère, s’ils lui font la leçon et qu’il ne les écoute pas, alors son père et sa mère s’empareront de lui et l’amèneront aux anciens de sa ville, à la porte de sa localité. Ils diront aux anciens : ‘Voici notre fils, un rebelle et un révolté qui ne nous écoute pas ; il s’empiffre et il boit !’ Tous les hommes de sa ville le lapideront et il mourra." (Deutéronome 21, 18-21)

"Un voleur devra donner compensation. S’il n’a rien, il sera vendu pour payer son vol" (Exode 22, 2)

"Si l’on prend sur le fait un homme couchant avec une femme mariée, ils mourront tous les deux, l’homme qui a couché avec la femme et la femme elle-même."

(Deutéronome 22, 22)

Jésus pourtant a dit : "Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre..." Qui a dit la vérité ? Jésus ou "Dieu" à travers Moïse ? Deux affirmations contradictoires. Laquelle est la bonne ?

La caste des prêtres utilise aujourd’hui tout ce tissu d’inventions qu’elle a jadis introduit dans les livres de Moïse, en pensant pouvoir encore faire avaler ce qu’elle veut à la génération actuelle. A cela s’ajoute la fascination exercée par les rituels du culte issus du paganisme et qui renforce la dépendance des croyants vis à vis des institutions ecclésiastiques.

Martin Luther s’appuya beaucoup sur le Pentateuque qui, en raison des diverses transfor-mations qu’il subit, se compose de récits où se mêlent fiction et vérité. Le monde de ses pensées était largement empreint du mépris qu’il vouait à ceux qui avaient une autre croyance. C'est ainsi qu'il devint l’un des plus ardents théoriciens de l’antisémitisme et que ses calomnies contre les Juifs permirent aux nationaux-socialistes de justifier la haine qu’ils vouaient aux Juifs et qui conduisit un si grand nombre d'entre eux dans les camps de la mort.

 

Les théologiens, catholiques aussi bien que protestants, se réclament des paroles de la Bible. Mais si le contenu de celle-ci était vérité toute entière, ils devraient appliquer aujourd’hui de façon conséquente ce que Dieu a soi-disant révélé à travers Moïse et menacer le peuple non seulement de la damnation éternelle mais aussi, dans de nombreux cas, de la peine de mort. Dieu Est, et parce qu’Il Est, Il Est immuable. Si Dieu avait révélé à travers Moïse tout ce qui est contenu dans le Pentateuque, pourquoi Jésus, le Christ, nous aurait-Il enseigné un Dieu différent ? Dieu serait-Il donc un Dieu arbitraire ?

De nos jours, la caste des prêtres extrait les passages de la Bible avec lesquels elle peut tromper le peuple des fidèles qui, dans son aveuglement, n’a pas appris à réfléchir par lui-même étant donné que dès sa naissance, l’enfant se trouve intégré à travers l’acte du baptême aux institutions ecclésiastiques puis endoctriné tout comme ses parents, eux-mêmes baptisés par l’Eglise et endoctrinés par l’éducation que leurs parents avaient choisi pour eux.

 

L’on peut donc dire : les racines de l’arbre de bien des familles, c’est la sève de l’"endoctrinement". La couronne de l’arbre, c’est encore l’endoctrinement et les fruits en sont aussi l’endoctrinement. De tout cela résulte le mort spirituel qui acclame les morts spirituels. Ce n’est pas ce que voulaient Moïse ni Jésus mais ce qu’a toujours voulu la caste des prêtres. Chaque homme possède le libre-arbitre et peut donc se décider librement. Ce n’est pas Dieu qui intervient dans ce mélange d’opinions et de conceptions mais le destin, qui trouve ses racines dans la loi des semailles et des récoltes. Elle s’applique également aux institutions ecclésiastiques qui sont en train de péricliter du fait que les fruits de l’arbre de l’endoctrinement sont de moins en moins appréciés.

 

L’expert en théologie catholique :

En t’écoutant, j’ai pris conscience qu’à tout moment, chacun de nous influence l’autre et cherche à le rallier à sa propre cause.

De manière générale, les hommes sont si peu autonomes dans leurs choix, qu’ils suivent sans réfléchir le chemin qu’emprunte la majorité. Il n’est pas si facile de se détacher de la masse, avant tout parce qu’on ne se rend même plus compte qu’on est soi-même frappé du sceau de l’endoctrinement.

Le dictionnaire donne pour "endoctriner", la définition suivante : "influencer des individus ou des groupes entiers de la société, en utilisant des moyens psychologiques pour inspirer une certaine opinion ou inciter à agir d’une certaine manière. [syn. de catéchiser...]"

Il n’est pas difficile d’influencer des hommes qui sont dépendants de médiateurs ou d’intercesseurs. A ce sujet nous pouvons dire ceci :

Il est relativement facile de persuader les croyants que du fait que l’on ne peut voir Dieu ni L’entendre, Il a choisi parmi les hommes des intercesseurs ou médiateurs. Cependant cela n’est pas conciliable avec ce que Jésus disait : "Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi" (Mt 23, 8). Si l’existence de médiateurs a pu persister aussi longtemps, c’est probablement parce que jusqu’au 16ème siècle, très peu de personnes avaient accès à la Bible. Les croyants dépendaient entièrement des "Rabbis" ou quel que soit le nom qu’on ait pu leur donner jusqu’à ce jour. Aux fruits recueillis, on peut donc voir si c’est la doctrine - la foi dogmatique - qui a été transmise aux croyants, ou bien si l’on se trouve dans la succession consciente de Jésus qui a enseigné les Lois éternelles.

 

Le prophète :

Existait-il des prêtres avant Moïse au sein du peuple israélite ?

 

L’expert en théologie catholique :

Je n’ai pas connaissance de la façon dont le premier prêtre est apparu ni de quel cercle culturel il était issu. Nous savons seulement que les premiers groupements humains avaient déjà des dirigeants qui possédaient un pouvoir supérieur. Ce n’est que dans les temps qui suivirent qu’on put savoir d’où émanait cette force, lorsque les liens avec certains êtres ou certaines forces devinrent manifestes, comme c’est par exemple le cas chez les voyants, les devins ou les magiciens. Munis de tels dons surnaturels, ils se virent donc de plus en plus confier le rôle d’effectuer les rituels du culte, rôle qui, au cours de l’évolution de certains peuples, finit par revenir à une catégorie de personnes bien définies : c’est ainsi que s’instaura la caste des prêtres.

 Revenons de nouveau à l’époque antérieure à Moïse : Jusqu’à la venue de Moïse, il n’est pas question de prêtres parmi le peuple d'Israël, sinon qu’Abraham, au cours de son périple au pays de Canaan, aurait rencontré un prêtre-roi nommé Melchisédech (Gen. 14, 18).

Cependant on trouve des indications relatives au fait qu’à l’époque de Moïse, une caste de prêtre commençait à se développer et dont Aaron, le propre frère de Moïse, était l’origine. Il est toutefois peu probable que la fonction de prêtre ait été, déjà dès cette époque, aussi affirmée que nous le rapporte le troisième livre de Moïse. En effet, le culte des offrandes dans son ensemble s’est développé peu à peu jusqu’au sixième siècle avant Jésus-Christ. Il fut par la suite attribué à une époque antérieure, c’est à dire à l’époque de Moïse, ceci afin de donner un fondement convaincant à la "tradition" de la fonction de prêtre et permettre de présenter Moïse comme le fondateur des lois régissant toutes les actions entreprises par la caste des prêtres.

Dans le dictionnaire de la Bible, il est écrit au sujet d’Aaron : "Il est le fondateur de la caste israélite des prêtres". Pour moi, cela n’est pas une certitude. On peut cependant l'envisager. Au lieu de faire lui-même, comme son frère Moïse, l’expérience de Dieu et de la parole intérieure pour devenir au sein du peuple d’Israël, un combattant zélé au service de Yahvé, Aaron se fit élever par le peuple à la position de prêtre - de prêtre d’idoles - et cette fonction à laquelle il accéda, devint l’héritage de ses fils, donnant naissance à une tradition qui se perpétua durant toute la période des rois. La fonction de prêtre se transmit de génération en génération avec, de manière secrète, l’ensemble des rituels du culte : la fonction des objets, la manière de célébrer le culte, l’attitude que devaient observer les fidèles vis à vis du prêtre ; tout cela fut transmis oralement et en partie seulement par écrit. Le peuple des fidèles ne sut jamais le pourquoi ni le comment de toutes ces choses et finit tout simplement par s’y accoutumer ; en fin de compte elles lui ont été imposées. C’est comme cela que se sont développées les différentes traditions.

Dieu (Yahvé), dans les récits de la Bible, s’adresse toujours à des individus isolés comme par exemple Noé, Abraham, Isaac et Jacob... qui retransmettent ensuite Sa Parole à leur entourage. De ces récits se dégage une structure dans laquelle seuls quelques initiés reçoivent la connaissance de ce qu’il y a à faire ; les autres suivent ces "médiateurs". Cependant, nous avons vu à quel point la véracité des faits, tels que les récits que l’on peut lire aujourd’hui les rapportent, est douteuse.

Aux yeux des fidèles, aujourd’hui encore, la caste des prêtres donne, devant l’autel, l’impression qu’elle est véritablement proche de Dieu, en communion et en communication avec Lui. Ainsi, l’humanité qui s’en est toujours remis à ses médiateurs et à ce qu’ils disent, a finalement cessé de chercher l’accès direct à Dieu et la protection en Lui. La caste des prêtres a profité de la misère spirituelle de la masse et en profite encore. Du temps d’Aaron, le peuple endoctriné subissait déjà l’influence des prêtres qui lui faisaient croire que sans eux, la communication avec Dieu était impossible. La masse des croyants dont la foi est aveugle prend toujours la défense des prêtres lorsque ceux-ci viennent à être remis en question.

Survolons les 4000 ans passés depuis Abraham jusqu’à nos jours : Abraham fit l’expérience d’un Dieu unique. Il obéit à la voix du Dieu unique et la suivit. Quand cette voix, Dieu, le guida, quelques hommes le suivirent. Autour de cette petite communauté, d’autres peuples croyaient à des dieux multiples et leurs prêtres prétendaient pouvoir communiquer avec ces dieux. Là encore, la caste des prêtres fit croire aux hommes qu’elle était la seule possibilité pour eux d’obtenir des dieux ce qu’ils voulaient.

Chaque fois que Dieu envoya un prophète parmi les hommes, il fut considéré comme un étranger par la caste des prêtres et ses fidèles. Déjà avant Jésus, elle entretenait ses fidèles dans la croyance que Dieu avait tout dit. C’est pourquoi ce que les envoyés de Dieu voulaient apporter, était considéré comme contraire à la vérité ; on prétendait alors que ce qui était révélé à travers les prophètes ne correspondait pas aux écritures anciennes - c’est-à-dire à ce que la caste des prêtres avait elle-même arrêté. Les écritures anciennes, y compris ce qu’on a inventé et attribué à Moïse, ne correspondaient pas non plus à ce qu’enseignait Jésus et cela les pharisiens n’ont pas manqué de le reprocher au Nazaréen.

Plusieurs passages du Nouveau Testament décrivent les scribes venant vers Jésus pour Lui dire : "Tu n’agis pas comme nos pères nous l’ont dit !" Justement parce que la parole de Dieu ne correspond pas aux écritures de la caste des prêtres. Celui qui ouvre l’Ancien Testament devrait avoir à l’esprit que, de tout ce qui a été transmis dans les époques passées, bien peu fut noté par écrit. Au fil des siècles, les traditions étaient le plus souvent redonnées telles que le narrateur les avait enregistrées dans sa mémoire, selon son niveau de conscience, et présentées comme étant la parole de Dieu pour tous les temps. C’est à cela que se tenait et se tient encore une institution prétendant que ses interprétations sont la parole de Dieu. En répandant l’idée que le prophète ne transmet pas la parole de Dieu et que celle-ci est toute autre, les prêtres pouvaient ainsi éliminer facilement chaque messager et porte-parole de Dieu : ils avaient assez d’arguments pour détourner le peuple de fidèles des prophètes. C’est ce que tous les prophètes ont vécu jusqu’à Jésus, le Christ, et c’est ce qu’ils vivent aujourd’hui encore.

J’aimerais souligner que les prophètes transmettaient au peuple l’expérience qu’ils avaient de Dieu et cela avec leur propre langage. Le prophète de Dieu était inspiré de l’intérieur et, à partir de l’Etre divin, exprimait en paroles ce que Dieu lui insufflait. Les prêtres, eux, n’avaient aucune expérience de Dieu ; ils administraient une loi à laquelle s’ajoutaient plus de 600 commandements et interdictions qu’ils avaient eux-mêmes édictés. Jésus disait à ce sujet "Vous avez lié des fardeaux pesants et les avez mis sur les épaules des hommes mais vous ne voulez pas les porter vous-mêmes". (Mt 23, 4)

Le courant puissant et unique de l’expérience de Dieu qui, autant que nous puissions nous le représenter rétrospectivement, coule depuis Abraham jusqu’à Jésus et de Jésus jusqu’à nos jours, n’est pas l’esprit de la caste des prêtres. Le courant de cette caste - son origine et sa tradition - se réfère toujours au polythéisme, au service de l’autel et aux cultes païens ; il a empêché le peuple des croyants de reconnaître le Messie, Jésus, le Christ.

 

Le prophète :

Il était et il est encore très présomptueux de la part des prêtres de mêler leurs idées, leur monde de fiction, à la Parole inspirée par Dieu. Moïse était un homme qui, pendant 40 ans, dialogua avec Dieu, l’Eternel, et il aspirait à mettre Sa Parole en pratique. Moïse resta fidèle à la Parole de Dieu, même lorsque les Israélites qu’il conduisait selon la volonté de Dieu, hors d’Egypte, retombèrent dans le polythéisme et optèrent pour le prêtre. Moïse reçut certainement la Parole de Dieu telle que Jésus, le Christ nous l’a redonnée, bien que concernant le Nouveau Testament, la caste des prêtres ait toujours truqué les cartes. Pourtant on peut dire qu’il est bien question d’ u n Dieu unique et indivisible.

La source vivante fut donc disséquée par la caste des prêtres comme s’il s’agissait d’un document mort pour être soumise à une sorte d’autopsie scientifique. C’est en se servant de tout ce qui fut imputé à Moïse que la caste des prêtres a dessiné l’image d’un Dieu terrifiant et vengeur, qui décidait des animaux qu’il voulait se voir offrir en sacrifice et de l’usage du sang des victimes. Ce Dieu, bien souvent attribué à Moïse, représente vraiment le dieu de l’enfer ; c’est le dieu de ceux qui le servent.

Dieu n’est pas un esprit dont il faille avoir peur ; ce n’est pas une force maléfique que l’on doit amadouer, voire tromper, en usant de sacrifices, d’encens et magies de toutes sortes. Dieu est le grand amour qui vit également dans les minéraux, les végétaux et les animaux.

Le règne des animaux par exemple, est confié aux soins et à l’amour des hommes. Pourtant, comment les hommes se comportent-ils envers le monde animal ? Faut-il s’étonner que des animaux soient maltraités, battus, abattus et finalement consommés - quand, depuis toujours, la caste des prêtres se repêt des plus fins rôtis, notamment les jours de fêtes telles que Noël et Pâques. Jésus, le Christ, fut crucifié par Rome et Rome, la métropole de l’Eglise, et ses serviteurs, célèbrent ces journées en savourant dindes, oies, porcs, boeufs et bien d’autres créatures de Dieu. Ceci ne donne-t-il pas à réfléchir ?

 

L’expert en théologie catholique :

Examinons ce qui s’est passé depuis l’époque de Jésus jusqu’à nos jours : actuellement, la caste des prêtres utilise la même image que la caste des prêtres d’antan et ce n’est pas l’image de Dieu que Jésus enseigna. Jésus a parlé d’un Père aimant - la caste des prêtres, elle, a toujours évoqué l’image d’un Dieu vengeur, irascible et guerrier et cela aujourd’hui encore, au seuil de l’an 2000. Le prophète envoyé pour notre époque - et qui est une prophétesse - continue à vivre ce qu’ont dû vivre, endurer et souffrir les prophètes avant Jésus. Jésus, le Christ, le plus grand prophète de tous les temps qui devint notre Rédempteur, est celui qui a le plus souffert en endurant ce qu’on peut infliger de plus avilissant à un être humain, jusqu’à l’agonie et la mort sur la croix ; bien qu’Il soit ressuscité, Rome perpétue ce supplice et cette mort dans la représentation qu’elle donne aujourd’hui encore du Crucifié sur le crucifix et aussi dans le fait qu’on inverse Sa Parole.

 

Le prophète :

Peut-on encore différencier dans la Bible la vérité et la fiction ? Si on lit dans le Pentateuque les paroles que Dieu aurait prononcées à travers Moïse et si on les compare à celles de Jésus, il y a forcément un de ces deux porte-parole à mettre en doute : soit Moïse, soit Jésus, puisqu’ils parlent chacun de deux Dieux radicalement différents. Moïse enseigne l’image du Dieu vengeur et guerrier, du Dieu arbitraire, tandis que Jésus nous parle du Dieu de l’amour, du Père qui aime tous Ses enfants et qui nous a révélé à travers Lui, Jésus, Son Fils, l’amour de nos ennemis et la miséricorde.

Si nous croyons à ce que dit Jésus, on peut aussi se demander si la caste des prêtres n’a pas poussé un peu loin la fiction sur Moïse ? Les prêtres vivent-ils aujourd’hui selon la parole de la Bible et si oui selon laquelle ? D’après les livres de Moïse ou d’après la Parole de Jésus ? S’ils vivent selon la Parole de Jésus, l’Ancien Testament doit donc être annulé ; s’ils vivent selon ce que Moïse aurait dit, c’est alors le Nouveau Testament qu’il faut tenir pour nul. Les deux ne sont pas compatibles.

Depuis de nombreuses années, j’observe comment agissent les prêtres. J’en suis arrivée à la conviction que beaucoup d’entre eux ne vivent ni selon les livres de Moïse ni d’après la Parole de Jésus. Ils parlent, bien sûr, de l’évangile, de Moïse et des prophètes, cependant : où situent-ils la parole de la vérité ? On ignore encore aujourd’hui sur quoi exactement s’orientent les prêtres. En observant la superficialité à laquelle s’en tiennent bien des théologiens, leur manière de penser, ce qu’ils enseignent et comment ils vivent, on peut penser qu’ils s’orientent davantage sur les récits fictifs des cinq livres de Moïse.

De nos jours, les prêtres ne sévissent plus contre les dissidents de manière aussi directe que le préconise le Pentateuque mais ils le font de manière détournée. Il suffit de voir ce que les journalistes rapportent des provocations et des agitations fomentées contre ceux qui ont d’autres convictions religieuses.

La plupart des théologiens et de leurs adeptes ne pensent ni ne vivent selon les enseignements de Jésus. Beaucoup ne font qu’en parler. Quant au Sermon sur la Montagne, on se refuse d’en assumer l’obligation. On peut donc dire que depuis des milliers d’années, la caste des prêtres intrigue en se servant du nom de Dieu. C’est pourquoi il vaudrait mieux refermer la Bible, car durant tout ce temps, Dieu et Son Fils, Jésus, le Christ, le plus grand des prophètes, notre Rédempteur ainsi que tous les autres prophètes envoyés par Dieu, ont été trahis impitoyable-ment et cela continue toujours à notre époque.

A propos de ce que nous venons de dire, le mot "juge" me revient à l’esprit. Les tâches qu'exercent un juge à notre époque peuvent-elles nous renseigner sur les fonctions qui étaient celles d'un juge à l'époque de l'Ancien Testament ?

 

L’expert en théologie catholique :

Le terme de "juge", que l'on trouve dans la Bible au chapitre intitulé "Le livre des juges" (env. 1200-1050 avant J.C) est plutôt impropre au regard de la signification actuelle de ce mot, dans la mesure où la fonction exercée autrefois par ceux que l'on désignaient de ce terme, ne correspond absolument pas à celle des juges actuels. A cette époque, le juge n’avait pas seulement la tâche de la jurisprudence des affaires humaines de la vie quotidienne. Appartenant au grand plan de Dieu, il était chargé d’établir Son ordre salvateur aussi bien parmi le peuple d’Israël que dans les territoires conquis, c’est-à-dire faire respecter la justice de Dieu. Autrefois, les juges prenaient cette tâche très au sérieux, de sorte que les mesures salvatrices appliquées aux personnes défavorisées, pauvres, opprimées étaient vraiment considérées comme venant de Dieu. Ainsi, le fait que Dieu n’ait pas choisi les prêtres pour défendre Ses affaires mais ceux qu’on appelait les juges peut donner à réfléchir.

Samuel est tenu pour le dernier "juge" d’Israël. Il exerçait également une fonction sacerdotale, si l’on en croit le rapport de la caste des prêtres qui, en outre, lui attribuait bon nombre d’actes violents. A travers Samuel, Dieu préparait quelque chose de nouveau. Cependant, selon la volonté de Satan, les anciens d’Israël voulaient un roi en chair et en os, bien que jusqu’alors, ainsi que le leur objecta Samuel, Yahvé (Dieu) fût le meilleur des rois. C’est ainsi que Samuel commença à oeuvrer comme instrument de Dieu, comme l’un des prophètes qui, de ce jour, furent constamment avec le peuple d’Israël.

Je note qu’après le prophète Moïse, Samuel fut le premier à s’entretenir de tout avec Dieu avant d’apporter une réponse au peuple. Ce relation intime, cette communication directe avec Dieu, est ce qui a toujours manqué à la caste des prêtres. De tous temps, sa fonction fut un service extérieur dont on peut dire qu’il relève du fonctionnariat. Je relève ici certains points communs entre autorités civiles et ecclésiastiques, entre l’Etat et la caste des prêtres.

 

Au cours des siècles, on retrouve toujours cette partie de bras de fer entre les deux "camps", l’étatique et le religieux. Lorsqu’un danger est supposé les "menacer", par exemple un prophète, ils font alliance temporairement. Le sentiment d’être menacé provient de ce qu’on n’a pas accompli la volonté de Dieu. Les hommes, sentant que l’accès à Dieu au plus profond de leur être se fermait de plus en plus, choisirent des rois et des prêtres parmi eux comme palliatifs pour maintenir le contact avec Dieu. C’est ainsi que le peuple tomba de plus en plus dans la dépendance.

 

Le prophète :

Du temps de Moïse et certainement aussi du temps de Jésus, les prêtres habitaient non loin du lieu de célébration du culte - on dirait aujourd'hui : près de leur église. Jadis, ils avaient pour serviteurs des esclaves ou des Lévites. Qu’en est-il aujourd’hui ? Ils ont aujourd’hui encore, des serviteurs venant du peuple. Je pense ici aux enfants de choeur ou au sacristain. Ne sont-ils pas les descendants des Lévites d’autrefois ?

Comment Jésus, Lui, S’est-Il comporté ? Jésus a-t-Il voulu cela ? Jésus avait-Il des esclaves, des serviteurs, des Lévites, des sacristains et des enfants de choeur ? N’avait-Il pas plutôt des apôtres et des disciples, une communauté dans laquelle chacun aidait l’autre et où Lui-Même, Jésus, servait les apôtres et les disciples bien plus que ceux-ci ne Le servaient. Qu’en pensent aujourd’hui nos deux experts en théologies catholique et protestante ?

 

L’expert en théologie protestante :

Jésus n’avait pas besoin de Lévites pour L’assister, et Il n’a pas investi de sacristains ni d’enfants de choeur pour Le servir. Car Jésus n’était pas un maître de cérémonie. Ce qu’Il pouvait faire Lui-même, Il le faisait. Là où Il avait besoin d’aide, par exemple pour nourrir des milliers de personnes, Il la demandait. Sans cesse, Il aidait les uns, que ce soit en donnant un conseil spirituel ou Son avis de charpentier pour la construction d’une maison et Il se donnait Lui-même pour servir les autres. Il le montra notamment le jour où, ayant lavé les pieds de Ses disciples, Il leur dit : "car Je vous ai donné l’exemple afin que vous agissiez comme J’ai agi envers vous." (Jean 13, 15)

Cependant l’Eglise a détourné cet acte pour en faire un cérémonial spectaculaire. C’est ainsi que l’on peut voir le Pape, pendant la cérémonie liturgique commémorant le repas de la Cène de Jésus avec Ses disciples, laver les pieds d’autres personnes. La cérémonie terminée, le Pape redevient celui que les fidèles vénèrent.

Au 16ème siècle, dans la nouvelle Eglise protestante naissante, est apparue l’expression "sacerdoce de tous les croyants", ce qui aurait pu être un signe prometteur de changement. Mais ceci en resta au stade symbolique et on s’accrocha plus que jamais au concept de prêtre que l’on désigna alors sous le nom de "pasteur" ; ceux qui voulaient suivre le chemin qui conduit à Dieu, sans prêtres ni pasteurs, furent persécutés et assassinés.

Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, il y a eu dans l’Eglise protestante outre le pasteur : le sacristain, l’adjoint de l’aumônier aux armées, l’adjoint pour la Cène, le lecteur, le prédicant, les petits sonneurs de cloches, les collecteurs de la quête, les porteurs de la croix, etc... ainsi que nombre de personnes à la disposition du pasteur.

 

L’expert en théologie catholique :

J’aimerais d’abord évoquer brièvement un aspect : au temps où les Israélites étaient un peuple itinérant, ils transportaient avec eux "la tente de l’Alliance", la demeure de Dieu. Plus tard elle fut remplacée par le "temple".

Contrairement aux peuples polythéistes, il n’était pas permis aux Israélites d’appuyer leur foi en Dieu sur des images, des statues et ou autres formes de représentation (premier commande-ment). Cependant, la conception de l’existence de plusieurs dieux était encore si fortement ancrée en eux qu’ils ne pouvaient se passer des cérémonies du culte pour célébrer leurs fêtes. C’est au cours des quarante années que dura leur marche dans le désert que se forgea peu à peu en eux l’idée d’un prêtre investi du rôle d’offrir des sacrifices aux dieux pour attirer leur complaisance. Lors des conquêtes de territoires, les Israélites firent des concessions aux populations locales. Ils les laissèrent par exemple célébrer leurs offrandes sur l'autel car eux-mêmes penchaient encore fortement en faveur de ce genre de pratiques. Au lieu de faire prévaloir l’Absolu, les Israélites firent des compromis. Cette faiblesse causa leur perte. Les autels cananéens, symboles du polythéisme qu’ils portaient encore bien vivant en eux, réacti-vèrent la flamme de l’idôlatrie dans leur coeur, si bien que le Dieu Unique ne fut plus désormais en mesure de s’adresser à Son peuple.

Les années passées en Egypte les avaient prédisposés dans ce sens ; leur conscience était imprégnée par le polythéisme. Dès qu’ils édifièrent des temples, ils recrutèrent des prêtres dont le rôle fut de satisfaire à leurs requêtes. Dès lors, ils perdirent progressivement le contact direct avec Dieu, leur Père.

Face à tout cela, Moïse ressentit une profonde douleur car son voeu le plus cher avait été de rendre le Dieu Unique proche du peuple israélite qu’il conduisait hors d’Egypte - le Dieu qui parle à chacun de ceux qui respectent les Commandements éternels. On peut dire que Moïse respectait le libre-arbitre des hommes. Il fit l’impossible pour rendre le Dieu unique proche du peuple israélite, c’est-à-dire pour L’implanter dans le coeur de l’homme mais celui qui ne voulait pas adorer le Dieu unique, c’est à dire faire Sa volonté, se tournait - et c’est encore le cas aujourd’hui - vers les dieux cultuels. C’est ainsi que Aaron, de la tribu de Lévi, le premier prêtre choisi par les Israélites, dut satisfaire à la demande du peuple durant sa marche à travers le désert et fabriquer un dieu bien visible, ce qui occasiona le fameux épisode de la danse autour du veau d’or. Aaron transmit sa fonction à ses descendants : eux seuls héritèrent du plein pouvoir d’exercer le service du sanctuaire (et plus tard du temple).

Les autres Lévites (= de la tribu de Lévi) furent adjoints aux prêtres et avaient des tâches subordonnées. D’où se justifie ta question précédante : peut-on comparer les enfants de choeur et les sacristains actuels aux Lévites d’autrefois ? Lorsque David réorganisa le service du temple, les Lévites reçurent de nouvelles tâches : celles de gardiens, de musiciens et de chanteurs, l’entretien du temple, la préparation des offrandes, la gestion du trésor du temple, etc... Après l’exode (env 550 avant J.C.), ils eurent également comme fonction d’enseigner au peuple la Loi de Moïse.

 

Le prophète :

Tu viens de dire que le peuple était instruit dans la Loi de Moïse. N’est-ce pas un peu vite dit ? S’agissait-il bien de la Loi de Moïse ou plutôt des lois édictées par la caste des prêtres de jadis ?

 

L’expert en théologie catholique :

Si l’on compare ce que Dieu est sensé avoir dit à travers Moïse, à ce qu’Il a dit à travers Jésus, on ne peut que douter de l’authenticité des paroles redonnées par l’intermédiaire de Moïse. Malheureusement, des milliers d’années après, on s’en tient toujours aux rituels du culte d’au-trefois et ce sont les diacres, les cérémoniaires, les enfants de choeur et les sacristains d’aujour-d’hui qui reprennent une partie des rôles. Ne dit-on pas d’ailleurs "le service de l’autel" ?

A ce propos, il me vient à l’esprit que plus la position hiérarchique de l’officiant est "élevée", plus la position de ses serviteurs lors de la cérémonie l’est également. Ainsi, lors d’une cérémonie célébrée par le pape, ce sont des cardinaux qui le servent ; les cardinaux eux-mêmes sont servis par des évêques et les évêques par des prêtres et des vicaires. Ce n’est que lors d’événements "ordinaires" telle que la messe dominicale, que les enfants de choeur reçoivent le droit de servir.

 

Le prophète :

Il serait intéressant de se demander d’où provient la hiérarchie ecclésiastique ? Cette notion de supérieur-inférieur ? Cette différence ? On avait déjà attribué à Moïse la subdivision : grand-prêtre, prêtre et Lévite.

 

L’expert en théologie catholique :

Imaginons quelqu’un qui veut devenir roi. Il décrira ce que le roi doit faire selon la conception qu’il en a. C’est ce qui s’est passé avec les prêtres du peuple d’Israël de 1250 à 500 avant J.C., qui, à l’instar des prêtres païens de peuples voisins, établirent au fil du temps un service sacerdotal dont ils attribuèrent par la suite la paternité à Moïse. Bien que Jésus n’ait jamais fait allusion à la fondation d’une hiérarchie, on a édifié un système correspondant à l’esprit du monde. Jésus n’a rien dit des titres ni des dignités si importantes aux yeux des hommes.

 

L’expert en théologie protestante :

La hiérarchie de l’Eglise luthérienne n’est certainement pas aussi imposante que celle de l’Eglise catholique ; les décisions sont prises de manière plus démocratique. Cependant un système égalitaire n’y a pas non plus trouvé sa place. Il y a donc comme dans l’Eglise catholique, différents "grades". A la tête du gouvernement des Eglises protestantes par exemple, on trouve le président de l’eglise ou l’évêque de la province. D’ailleurs la fonction épiscopale dans bien des Eglises protestantes, ne fut introduite qu’au 20ème siècle parallèlement à la dictature d’Adolf Hitler, par exemple pour la Bavière en mai 1933.

L’évêque dirige l’église avec les membres du consistoire. En outre, le titre de "consistorial" est honorifique. D’autres grades sont celui de doyen, de pasteur ainsi que celui de vicaire qui suit encore sa formation. Dans bon nombre d’Eglises, on trouve parmi les fonctions dirigeantes supérieures, le président à la place de l’évêque, le surintendant régional à la place du consistorial et le surintendant ou inspecteur ecclésiastique à la place du doyen.

Même si tous les théologiens en fonction sont considérés comme des "pasteurs" d’après le règlement de service pastoral, un grade supérieur signifie aussi un salaire plus élevé.

 

Le prophète :

Tout cela est financé avec l’argent des fidèles de l’Eglise et celui de tout citoyen à travers les impôts qu’il verse à l’état, qu’il soit membre de l’Eglise ou non.

 

L’expert en théologie catholique :

En Allemagne, les plus hauts salaires des dignitaires sont souvent versés directement par l’état. Ainsi l’Etat libre de Bavière par exemple, a payé jusqu’à aujourd’hui pour l’Eglise catholique, en vertu de l’article 10 du "concordat entre Sa Sainteté le Pape Pie XI et l’Etat de Bavière" du 29.3.1924, les salaires des archevêques, des évêques, des prévôts du chapitre et des doyens du chapitre, des chanoines, des vicaires généraux, des secrétaires épiscopaux ainsi que des directeurs de séminaires. Tous ces représentants ecclésiastiques sont payés au même titre que les plus hauts fonctionnaires de l’Etat.

 

L'expert en théologie protestante :

Le contribuable "sacrifie" donc beaucoup d’argent à l’Etat qui verse des salaires plus que confortables sur le compte en banque de bien des fonctionnaires ecclésiastiques. En Allemagne, par exemple, un évêque reçoit un salaire de 13.000 à 20.000 DM (de 40.000 à 70.000 FF) par mois, auxquels s’ajoutent bien des avantages. Certains dirigeants d’organisations charisma-tiques ecclésiastiques gagnent même encore plus. Pendant ce temps des enfants et des bénévoles sillonnent les rues pour collecter de nouvelles "offrandes".

 

En entendant le mot "sacrifier", je ne peux m’empêcher de penser à ce qui est enseigné dans les Eglises. "Le Christ s’est sacrifié pour toi" entend-on dans les sermons - "Que fais-tu pour le Christ ?" Cela vient en grande partie du fait que l’Eglise perpétue la croyance en un sacrifice expiatoire de Jésus de Nazareth qui Se serait offert, en tant que Fils de Dieu, pour que Dieu Se réconcilie avec les hommes. Du point de vue protestant, le seul fait de croire en cet acte qualifié de salvateur, suffirait au pardon des péchés et par conséquent au salut éternel. La foi catholique aussi bien que la confession protestante tiennent cet enseignement du sacrifice expiatoire pour la bonne nouvelle de l’Evangile.

Ceci ne fut pas pour aider à dépasser les notions païennes de sacrifice, mais contribua bien au contraire à les renforcer et les fixer de manière subliminale. En effet, selon l’enseignement ecclésiastique, Dieu aurait eu besoin d’un "Christ" pour procéder, tout comme le "prêtre", à un sacrifice expiatoire, condition sine qua non à la réconciliation entre Dieu et les hommes. Ainsi, toujours d’après la foi des Eglises, Dieu en Christ Se serait offert Lui-même en sacrifice sur le Golgotha pour expier une fois pour toutes les péchés de l’humanité. Cet acte devrait apporter le salut à l’homme, pourvu qu’il croit, c’est-à-dire qu’il vive selon l’enseignement catholique ou protestant.

C’est ainsi que la conception païenne d’un Dieu cruel a été renforcée. Il n’y avait plus qu’à y adapter les suites cruelles qui en découleraient pour les hommes. On a donc fait croire aux hommes que la damnation éternelle attendait celui qui rejette ce soi-disant "sacrifice expiatoire", même si par ailleurs il aime son prochain.

Comment se confier alors à un tel Dieu ? L’enseignement protestant évoque encore le "mystère" d’un Dieu "absent", et les deux Eglises enseignent que ni le repentir ni le sacrifice ne sont d’une aide quelconque pour échapper à la damnation éternelle.

 

Même si bien des protestants prennent des "libertés" avec leur propre religion et contournent certaines parties de son enseignement ou n’en considèrent plus d’autres comme "actuelles" - comment réagiront-ils dans la souffrance profonde ou dans des situations apparemment sans issue ? Ne verra-t-on pas apparaître le danger de taxer Dieu de cruauté du fait qu’Il laisse le malheur nous frapper ?

Ce fut le cas récemment d’un pasteur protestant accusé d’avoir tué sa femme.

Sans l’évolution qui ne peut se produire que dans l’amour omniprésent de Dieu, les conceptions sur le sacrifice ne seront pas dépassées et risquent au contraire de redevenir actives au sein de l’Eglise.

 

Le prophète :

Jésus n’a pas enseigné ni fait Lui-même de telles choses. On ne trouvera aucun récit relatant qu’Il ait procédé au rituel traditionnel du sacrifice ou même qu’Il ait investi d’autres personnes pour le faire. Il a offert Sa propre vie pour nous, ses frères et soeurs pécheurs, mais pas sous forme de sacrifice expiatoire destiné à amadouer un Dieu vengeur. En redonnant la Parole de Dieu, Moïse et tous les autres prophètes se sont opposés à la caste des prêtres et à ses fidèles pour rendre vivante aux yeux des hommes l’image de Yahvé, le Dieu unique. En raison des accusations lancées par la caste des prêtres et de l’inertie du peuple, ils durent endurer des souffrances indicibles et plus d’un paya de sa vie son engagement pour le Dieu Unique.

En comparant le Sermon sur la Montagne de Jésus ainsi que les Dix Commandements donnés à travers Moïse, aux textes de la Bible que Dieu a soi-disant révélé par la bouche des prophètes de l’Ancien Testament, il est facile de voir ce qui leur a été attribué de manière erronée.

 

L’expert en théologie catholique :

Il est évident que pas un seul des innombrables sacrifices que les prêtres de l’Ancien Testament ont pu effectuer lors des rituels du cultes ne les a exempté - pas plus que leur commanditaires - de leurs péchés. Si les hommes de ces temps là croyaient, par des fêtes de propitiation par exemple, pouvoir décharger sur le dos d’un "bouc émissaire" l’ensemble des péchés commis par le peuple israélien, c’est qu’ils n’avaient pas compris le véritable message de Dieu : à plusieurs reprises, les prophètes les ont mis en garde contre de telles erreurs.

Dans le Sermon sur la Montagne et lors de Ses paroles d’adieux, Jésus a demandé à l’homme de sacrifier son propre égo pour parvenir à la véritable fraternité, dans laquelle chacun sert l’autre. Il n’a jamais dit que l’homme pouvait se décharger de ses fautes sur un autre être humain ou sur un animal. Il n’a pas non plus enseigné qu’il devait le faire sur Lui, le Christ. Sa mort ne nous a pas délivrés de tout péché de telle sorte que nous n’ayons plus rien à faire pour nous purifier.

Jésus n’a jamais souhaité non plus de temples de pierre : les anciens Israélites ne connaissaient qu’un seul temple à Jérusalem. Jésus, Lui, ne s’adressait pas aux hommes dans une enceinte. Il est vrai qu’Il a parfois enseigné dans le temple et dans certaines synagogues mais la plupart du temps, c’est dans la nature qu’Il instruisait les hommes.

Après la crucifixion de Jésus, le Christ, Ses disciples se cachèrent d’abord dans une puis dans plusieurs maisons. Quelques unes de ces cachettes devinrent ensuite des lieux où se rassem-blaient les premiers chrétiens. Dans ces lieux secrets, les apôtres et les disciples parlaient de Jésus. En raison des persécutions organisées par les scribes et les pharisiens, en particulier par Saül, les premiers chrétiens furent dispersés depuis l’Egypte jusqu’en Asie mineure, en Grèce, à Rome ; là, les chrétiens juifs commencèrent les premiers à se rassembler en petits groupes dans des maisons. Parmi eux se trouvaient des Lévites qui se remémorèrent bien vite leurs "tâches d’autrefois".

Sans même se demander si Jésus l’avait enseigné ou voulu ainsi, la jeune communauté se laissa peu à peu gagner par les pratiques rituelles de l’ancien service du temple, particulièrement dans les groupes qui n’avaient pas de témoins oculaires de Jésus. Les communautés qui se regroupèrent au nom de Jésus se composaient de juifs christianisés qui, au début, allaient encore au temple ou à la synagogue. Pour celui qui lit avec attention les récits de l’histoire des apôtres, il est clair que c’est au moment des persécutions menées par la caste des prêtres avec l’aide du pouvoir étatique que les premiers signes de séparation entre Juifs et juifs christianisés apparurent. Ce qui s’ensuivit montre bien que plus l’on s’éloignait de l’époque de Jésus de Nazareth, moins les choses évoluaient selon ce que Jésus voulait.

Jésus n'établit jamais aucune différence dans le choix de Ses apôtres et de Ses disciples ; Il appela simplement ceux qui le voulait à Le suivre. Ni la position sociale ni la profession n’avait d’importance. De même qu’Il ne se mettait pas au dessus des autres ou ne considérait pas qu’Il remplissait une fonction officielle, Il amena ses disciples au service mutuel. Jésus n’était pas un prêtre et Ses disciples ne l’étaient pas non plus. Nous connaissons l’attitude claire pour laquelle Il opta face aux grands-prêtres Annas et Caïphe : celle du silence (voir Mt 26,63 ou Mc 14, 61). Comme on continuait à L’interroger, Jésus répondit en citant ces mots prophétiques (Dan 7, 13 - Psaumes 110-1) : "Désormais vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite de Dieu..." Il Lui fut alors reproché de blasphémer contre Dieu et ce fut l’argument de Sa condamnation à mort.

Jésus était l e prophète, Il était la Parole du Père éternel. Cependant aucun de ceux qui aurait dû préparer le peuple à Sa venue ne Le reconnut. Dans la nouvelle communauté qui suivait les traces de Jésus, on n’avait plus besoin des prêtres. Les apôtres avancèrent les premiers dans cette nouvelle direction ; ils parlèrent alors des services, entre autre de la prophétie, de l’enseignement, de la diaconie, de la guérison, du discernement des esprits etc... Dans la pratique de ces services, rien ne les distinguait du reste de ceux qui avaient trouvé la foi en Jésus, cependant ils étaient des guides à la manière des prophètes de l’Ancien Testament, donc des hommes et des femmes emplis de l’Esprit de Dieu. Ce fut grâce à eux que vint "l’Esprit de vérité" (Jean 16, 12) que Jésus avait promis à Ses apôtres pour les temps à venir.

Dans les assemblées qui se tenaient dans l’esprit de Jésus, on était réuni en souvenir de Lui et dans la certitude qu’Il conduisait chacun des participants, les éclairant tous de la lumière dans laquelle Il les avait précédés. Sur ce chemin absolument nouveau, il n’y avait nul besoin de prêtres : c’était à chacun de décider quand et comment il voulait suivre Jésus.

Ce chemin était clair. Ce n’était pas celui des prêtres et des docteurs de la loi. Cependant l’esprit et la mentalité qui les caractérisaient imprégnaient encore bien des consciences. Peu à peu s’infiltrèrent, dans les communautés chrétiennes naissantes, des éléments qui firent prévaloir les côtés extérieurs et l’organisation. Les représentants de l’Esprit - les apôtres, les prophètes et les enseignants spirituels - furent de plus en plus écartés, de sorte que le christianisme encore naissant s’appauvrit spirituellement ; les croyants, pour la plupart, ne se rendaient même pas compte qu’ils tombaient sous la coupe du pouvoir grandissant des évêques.

Ils pensaient même que la "protection" de ces derniers leur était nécessaire dans la crainte de représailles de la part des Romains. En effet, comment ceux-ci allaient-ils réagir devant l’ampleur que prenait ce mouvement de chrétiens qui ne servaient plus les dieux de Rome et refusaient de vénérer l’empereur ? Pourquoi en effet, ne pas rejeter la responsabilité des épidémies, des famines, des inondations, des défaites sur ces chrétiens qui avaient "provoqué la colère des dieux" ? C’est ainsi que les persécutions les plus cruelles connurent leur paroxisme durant les règnes des empereurs Néron (64 ap. J.C.), Marc Aurèle (env. 180 ap. J.C.), Decius (env. 250 ap. J.C.), Valérien (env. 260 ap. J.C.) et Dioclétien (303 ap. J.C.).

A ces menaces extérieures - aux conséquences funestes - s’ajoutèrent encore les points de désaccord qui surgirent entre les nouveaux chrétiens composés de Juifs et de Grecs. Tandis que le peuple israélite était conduit vers le Messie par les prophètes, de leur côté les philosophes grecs, en particulier Socrate et Platon, sensibilisaient leur peuple à voir en Jésus de Nazareth le Christ de Dieu, le Logos du monde, la Parole de Dieu incarnée, tel que l’évoque l’évangile de Jean.

Etrangement, il n’était pas facile pour le peuple israélite de croire en un Fils de Dieu avec lequel il pouvait communiquer. Ses conceptions le rendaient dépendant de l’opinion des prêtres qui représentaient pour lui les garants de la tradition de Moïse.

Cette tradition maintenait le culte des offrandes du temple tel que les prêtres l’avaient pratiqué durant des siècles depuis l’époque de Moïse. Les Romains retrouvaient là quelque chose de familier, ils y voyaient même l’opportunité de s’allier avec ce peuple. Les nouveaux chrétiens grecs par contre, n’adoptèrent pas les règles de "pureté" des Juifs, de sorte qu’il s’établit une scission entre chrétiens qui, les siècles suivants, fut lourde de conséquences.

D’un côté, Paul par ses enseignements et ses épîtres et Jean par son évangile, apportaient le message de Jésus avant tout aux grecs ; de l’autre côté, les chrétiens juifs se repliaient de plus en plus sur eux-mêmes et perdaient leurs guides, c’est-à-dire les apôtres-témoins oculaires de l’oeuvre de Jésus, en raison des persécutions provoquées par les prêtres et les docteurs de la loi. Le message de Jésus fut donc transmis au cours des siècles qui suivirent selon deux courants différents.

Nous nous intéresserons surtout au courant des chrétiens juifs qui se trouva de plus en plus absorbé par le monde romain, bien que leur foi fût différente. A l’origine de ce processus, on touve d’une part la notion de sacrifice qui prenait toujours plus d’ampleur avec le culte des offrandes et d’autre part les querelles à propos du Père, du Fils et du Saint Esprit. Pour les Romains, cette trinité représentait une véritable aubaine. C’est sous le règne de l’empereur Constantin que tout cela se concrétisa. Celui-ci, en effet, comprit que les chrétiens représen-taient une chance pour lui d’affermir son empire. C’est ainsi qu’en 313 après J.C.,au cours de son règne, il fit du christianisme une religion d’Etat. Celle-ci, toutefois, n’avait plus rien de commun avec le christianisme des origines car c’était devenu un christianisme extérieur, un christianisme d’apparence. Il émergea donc une Eglise constantine d’Etat, à la tête de laquelle se trouvait l’empereur et les évêques qu’il avait nommés, avides d’argent, de pouvoir et de considération. Cette nouvelle religion d’Etat fit alliance avec l’Etat lui-même afin d’entraîner les peuples dans de nouveaux conflits, de nouvelles guerres et toujours plus d’injustices.

Après la courte période des apôtres, le christianisme élevé par Constantin au rang d’Eglise d’Etat fut très vite contaminé par l’institutionalisation et le pouvoir : il s’éloigna de plus en plus de la source vivifiante du Christ de Dieu vivant.

Lorsque les apôtres eurent quitté ce monde, la pensée théologique prit peu à peu le dessus au sein de cette prétendue "Eglise du Christ" - pensée qui était encore fortement enracinée chez les prêtres juifs mais qui émergea aussi de la souche romaine-païenne. Ainsi se constitua une classe de théologiens, pour la plupart évêques ou prêtres. Un fait important et lourd de conséquences, fut que des théologiens issus de la souche romaine-païenne et convertis au christianisme, se laissèrent influencer par les idées antisémites qui se propageaient alors dans l’empire romain. Au lieu de se libérer de ces influences, ce qui eût été logique après leur conversion à Jésus, ils s’efforcèrent au contraire de justifier ces idées et de les propager à travers les interprétations qu’ils faisaient des évangiles.

Au cours des siècles, la patristique (science des pères de l’Eglise), la dogmatique, les décisions conciliaires et la politique de l’Eglise étouffèrent définitivement les paroles de la Bible et le message de l'évangile véritable. Au lieu de propager l’enseignement clair et simple de Jésus de Nazareth, on présenta des documents ecclésiastiques. Bien des sacrements, tout comme les dogmes fondamentaux, sont eux aussi le reflet de la pensée païenne. Le mot "sacrement" ne provient pas de la Bible ; c’est une "vérité" que la caste des prêtres inculque aux croyants chrétiens.

 

Le prophète :

Nous voyons bien que dans la plupart des cas, ce à quoi on assiste dans l’Eglise romaine provient de cultes païens et n’a plus rien à voir avec l’enseignement de Jésus, le Christ. Quelle valeur donne-t-on encore à la Bible ? Quelle valeur ont de nos jours les enseignements directs de Jésus, le Christ et Son Sermon sur la Montagne ? Comment savoir si ce qu’on lit dans l’Ancien Testament concernant Moïse et les prophètes est vérité ou fiction ? Qu’est-ce qui est véritablement paroles de Dieu à travers les prophètes ? Qu’est-ce qui est fiction écrite par la caste des prêtres ? Ainsi, peut-on conseiller à juste titre : refermez la Bible, car le message de Jésus, le Christ et des prophètes a été trahi !

 

L’expert en théologie catholique :

On peut citer un exemple de la façon dont l’enseignement de Jésus, le Christ, a été déformé et de ce qui a été faussement attribué à Jésus, à Moïse et à tous les autres prophètes, avec la trinité qui fut imposée par Constantin et ses évêques en l’an 325 après J.C.

Un autre exemple montrant comment Jésus, le Christ, a été trahi, est l’apparition un peu plus tard des images saintes, des reliques, du crucifix, du culte des morts et de la mort ainsi que la vénération de Marie. C’est en Alexandrie qu’apparaît pour la première fois dans un document provenant de la main de l’évêque Pierre, l’expression erronée de "mère de Dieu".

Ces exemples prouvent bien qu’il y a eu, depuis la fin de la période des apôtres, maintes interprétations - c’est-à-dire altérations - de la Parole de Dieu donnée à travers Moïse et tous les prophètes qui lui succédèrent, et avant tout de la Parole donnée à travers Jésus, le Christ. Le "peuple des chrétiens" et sa foi furent livrés dès lors à une politique d’intérêts sans scrupules.

Dès le moment où le christianisme devint une religion d’Etat, la Parole directe de Dieu fut abandonnée. Depuis lors, règne l’esclavage spirituel sous forme de dépendance aux Eglises ; jusqu’à notre époque des guerres furent menées au nom du Christ ; l’immoralité, la duplicité, le mensonge et le profit ne cesse de croitre parmi ceux qui se disent "chrétiens". La superstition comme la magie sont des ramifications du christianisme d’Eglise et de ses composants païens. La religion officielle dite "chrétienne" a conduit ses fidèles à penser, vivre et agir comme si le Christ n’était jamais venu sur terre.

Depuis la dégradation de la religion intérieure, avec la perte de la liberté de croire et de vivre l’enseignement du Christ de Dieu, la religion officelle n’a jamais cessé de renforcer son autorité et d’accroître ses richesses, s’élevant même orgueilleusement au-dessus des rois et empereurs et il n’est pas rare aujourd’hui encore qu’elle veuille faire de l’état son sbire.

 

Le prophète :

Une société soi-disant chrétienne qui jusqu’à aujourd’hui n’a utilisé le nom de Jésus, le Christ et les prophètes qu’à ses propres fins, qui soutient les guerres et bien que Jésus ait dit que Dieu n’habite pas dans les églises de pierre, continue à édifier des basiliques et des cathédrales, une telle société qui maintient l’esclavage spirituel en faisant des croyants des fidèles, des êtres dépendants, par le baptême des nouveaux-nés et qui tolère encore des guerres de religions - ne devrait pas avoir le droit de s’appeler "chrétienne".

Depuis la fin de la première période du christianisme des origines, la caste des prêtres a causé de véritables ravages en faisant du christianisme une religion d’Etat et en se comportant comme si Jésus, le Christ, n’avait jamais existé.

Combien de temps encore le peuple des fidèles se laissera-t-il ainsi aveugler au nom de Jésus, le Christ ? Combien de temps encore les dignitaires ecclésiastiques, ceux que l’on appelle cardinaux, évêques, curés et pasteurs pourront-ils prétendre représenter le nom de Jésus, le Christ ? A mon avis, cela durera aussi longtemps que le peuple des Eglises restera dans cette léthargie. Je connais notamment un jeune étudiant en théologie, qui avait une image vraie de la vie intérieure, une image du Christ dans la succession du Nazaréen mais qui fut totalement déformé par ses études de théologie. Ce jeune croyant aux idéaux chrétiens élevés est devenu une machine à penser ce que ses professeurs de théologie lui ont inculqué.

 

L’expert en théologie catholique :

De nos jours, pour devenir curé ou pasteur, il faut passer par les études de théologie. C’est donc un métier qu’on apprend pour gagner sa vie. Par conséquent, le prêtre ne peut pas dire qu’il est appelé par Dieu. Pour être honnête, je dois malheureusement avouer que si les prophètes sont appelés par Dieu, ayant une communication intérieure avec Lui et une connaissance de Dieu fondée sur l’expérience, ce n’est pas le cas du théologien qui, au terme de ses études, peut s’élever à une "position" qui lui permet de parler de Dieu au peuple.

 

L’expert en théologie protestante :

Etant jeune, j’ai choisi les études de théologie parce que j’étais enthousiasmé par Jésus et par Son message. Lors de discussions concernant mon orientation professionnelle, on m’a demandé si cet enthousiasme ne serait pas le signe d’une prédisposition pour les études de théologie et le métier de prêtre.

Personnellement, je n’en étais pas absolument persuadé mais bon nombre de personnes avec qui je m'entretenais et parmi lesquelles se trouvaient des prêtres en fonction, voyaient les choses différemment. Selon eux, la profession de prêtre était la vocation des hommes désireux de suivre Jésus de tout leur coeur et pour toute leur vie.

Durant mes études, mes premiers doutes revinrent sans cesse. Car Jésus n’a jamais dit que Ses successeurs devaient faire des études pour devenir pasteurs ou curés. Jésus a gagné Sa vie comme charpentier et aucun de ses disciples n’exerçait la profession de théologien ou de prêtre.

Pourtant je m’habituai à cette prétention que les institutions ecclésiastiques et leurs prêtres ont d’être une communauté de successeurs de Jésus et je décidai de tenter d’améliorer un certain nombre de choses au sein de cette communauté. Ainsi mon enthousiasme d’adolescent pour la succession de Jésus, se transforma en volonté d’améliorer l’Eglise.

Cependant après quelques temps, mon énergie et mon enthousiasme de départ s’émoussèrent, tandis qu’au sein de l’Eglise les choses restaient pour la plupart comme avant.

Je m’habituai à bien des aspects que je ne remettais même plus en question pour devenir un pasteur qui apprend aux enfants à se familiariser avec les actes religieux. Je me rangeais alors dans les rangs du personnel enseignant des écoles d’état et en ma qualité d’"expert", j’étais appelé à répondre à toutes questions d’ordre religieux. Etais-je vraiment apte à aider mon prochain dans des questions concernant la foi chrétienne ? Bien entendu, j’avais beaucoup de savoir théologique mais ces connaissances spécifiques n’étaient pas fondées sur l’expérience de Dieu.

Pour moi néanmoins, il allait de soi de revêtir un talar noir, de distribuer des hosties, d’offrir le calice en or rempli de vin et de relier tous ces actes à la présence du Christ parmi les hommes. Désormais c’était mon métier et il me semblait évident que j’avais été "appelé" pour cela. Cependant je ne me sentais pas en paix malgré ces actes religieux "éprouvés" depuis des siècles car je ressentais bien que tout ceci n’avait rien à voir avec Jésus de Nazareth.

 

Le prophète :

Le théologien offre donc ses services dans l’exercice de sa profession. Il devrait alors recevoir son salaire de ceux à qui ils s’adressent. Malheureusement les choses ne se passent pas ainsi. Le salaire d’un théologien ou d’un prêtre ne dépend pas du nombre de services offerts. Il est versé comme celui d’un fonctionnaire, par la caisse de l’Eglise qui est elle-même en partie alimentée par les subventions de l’Etat.

Le prophète, lui, sert son prochain pour l’amour de Dieu, parce qu’il est appelé. Parallèlement, il exerce une activité qui lui permet de gagner sa vie. Jésus n’a-t-Il pas dit que ceux qui se font payer par les hommes pour enseigner la Parole de Dieu ont déjà reçu leur salaire :"Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement." (Mt 10, 8) et "Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement vous n’aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux." (Mt 6,1)

 

L’expert en théologie catholique :

On devient pasteur ou curé grâce aux études de théologie qui permettent d’assumer des tâches telles que le sermon ou le prêche, la direction de conscience, les actes cultuels, de même que des responsabilités au sein d’associations etc... Le prêtre est payé pour être prêtre, indépen-demment du nombre de services rendus. On peut dire qu’il exerce un métier tout comme un juriste ou un instituteur fonctionnaires : c’est un métier qui permet de gagner sa vie.

Il y a autant de différences dans les motivations qui poussent un homme vers les études de théologie, qu’il y a d’hommes différents. Si l’argent est la motivation principale alors le Mammon sera le dieu qui nourrira le subconscient et qui apparaîtra dans le travail sous forme de domination, pouvoir, pompe, influence etc...

Pour le peuple des Eglises - dont l’esprit a été déformé par les théologiens, curés ou pasteurs - les mystiques et les personnes ayant reçu le don prophétique n’ont pas plus de valeur que Jésus n’en avait aux yeux du peuple influencé en ce temps-là par les pharisiens et les scribes.

Pour ma part, quand j’avais vingt ans, j’ai voulu mettre "ma vocation" à l’épreuve en me lançant le défi suivant : partir pour le tiers monde avec ce que Jésus nous a dit, afin d’aider les défavorisés ! Je ressentais que je devais aller dans une communauté de missionnaires tout en sachant que je ne disposerai d’aucun salaire personnel et que je vivrai dans un pays étranger pendant de longues années, loin de mes amis et de ma famille. C’est à ce moment que j’ai pu faire ce pas : Seigneur, je suis Ton appel.

Aujourd’hui, avec le recul des années, je vois par ton exemple, Gabriele, ce que cela signifie vraiment : suivre l’appel que le Seigneur adresse aux âmes éveillées. Ta vie me montre l’absence de compromis dans la véritable succession prête à abandonner tout ce qui nous lie à ce monde et nous sépare de Dieu - pas seulement à l’extérieur, mais également dans nos sentiments, sensations, désirs et surtout dans notre attitude envers notre prochain.

Le prophète est appelé par Dieu d’une manière extraordinaire parce qu’il doit accomplir une tâche extraordinaire que Dieu lui rappelle sans cesse. Je savais cela des prophètes de l’Ancien Testament mais maintenant que je t’ai rencontrée, toi une prophétesse en chair et en os, cela est devenu pour moi une réalité. Ton exemple, ton intimité avec Dieu, m’a donc aidé à me distancier du théologien ordinaire.

 

Le prophète :

A toutes les époques, le prophète s’est opposé aux autorités en place et il l’a fait avec la fermeté nécessaire. Ici il faudrait donc dire que Dieu, l’Eternel, n’a jamais institué de théologien professionnel pour transmettre Sa Parole au peuple.

 

L’expert en théologie catholique :

C’est un trait caractéristique du prophète d’être contre toute forme d’autoritarisme, contre toute sorte de domination, contre les "tu dois" qui ne laissent pas aux hommes la liberté que Dieu enseigne dans le "tu devrais". Le prophète sait à qui revient toute autorité : à Dieu seul. Puisqu’il est contre toute forme de hiérarchie, le prophète fait une distinction entre autoritarisme et autorité. Cette dernière se rapporte au premier Commandement -"Tu n’auras pas d’autres dieux que Moi"- pour lequel, de tous temps, les prophètes ont lutté de toutes leurs forces.

Jésus, le Christ de Dieu, n’a pas institué de théologiens professionnels pour transmettre Sa Parole aux hommes. Abraham, Moïse, Elie, Elisée, Amos, Osée, Isaïe, Jérémie et les autres étaient issus du peuple. Contrairement au prophète, le théologien ne sait pas à qui revient toute autorité car en s’attribuant trop souvent l’autorité à lui-même - tout comme les scribes d’autrefois qui persécutèrent Jésus de Nazareth et Le firent crucifier - il s’est opposé à Dieu, la seule autorité véritable. C’est ainsi que les théologiens se servent, quand cela les arrange, de l’"autorité" de ce monde représentée en fait par la société autoritariste.

Il y a plusieurs hommes au cours de l’Histoire qui, ayant fait des études de théologie, ont lutté ensuite de toutes leurs forces, de tout leur coeur et de tout leur amour pour notre Seigneur Jésus, le Christ. Je pense à des hommes comme Arius, Montanus, Origène et bien d’autres encore, notamment Savonarole, qui furent jugés comme hérétiques par l’Eglise.

 

Le prophète :

Au nom de la sainte justice de Dieu, les prophètes, hommes et femmes, étaient contre la caste des prêtres, contre les temples de pierre et les traditions. Pour beaucoup de prophètes, cette révolte contre les "templiers" et les traditions marqua la fin de leur existence de prophète et plus d’un fut livré au bourreau qui, au nom du pouvoir étatique, exécutait les sentences prononcées par la caste des prêtres. Comment cela se passe-t-il aujourd’hui ?

 

L’expert en théologie catholique :

Très longtemps, les choses se passèrent comme Jésus l’avait annoncé aux pharisiens et aux scribes : "Voyez, Je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues et vous les persécuterez de ville en ville."(Mt 23, 34)

Aujourd’hui les pharisiens et les scribes ne peuvent plus tuer personne, c’est pourquoi ils essaient d’anéantir ceux qui ont une autre foi en les muselant. La citation garde cependant toute sa signification : abstraction faite de savoir qui a introduit le mot "scribes" dans ce texte, il est évident que Jésus continuera à oeuvrer en tant que Christ ressuscité, notamment à travers les prophètes. L’Esprit de Dieu n’a pas d’autre alternative que d’interpeller et de dénoncer à travers Ses instruments ceux qui éloignent le peuple du véritable Berger. C’est le seul moyen pour que les brebis se détachent des faux bergers. S’il était imaginable pour les prêtres de s’offrir eux-mêmes comme agneau en sacrifice, peut-être se rendraient-ils compte combien il est ignoble de disposer jour après jour de l’agneau Jésus car L’ayant sacrifié des millions de fois, ayant fait de l’heure la plus difficile que vécut notre Rédempteur une cérémonie quotidienne, ils l’ont rendue quasiment éternelle.

 

Le prophète :

Qui a introduit le sacrifice de l’autel dans les Eglises institutionnelles dites chrétiennes ? Ce n’est certainement pas Jésus, le Christ car Son sacrifice, ce fut - et c’est toujours - la force des cieux, la lumière rédemptrice qui montre à l’âme le chemin vers la vérité éternelle. Si Jésus fut sacrifié, on peut dire même exécuté, c’est parce que la caste des prêtres, dévoilée, voulut en finir avec Lui. Le peuple stupide les y a aidés. D’abord il cria "Hosanna" et plus tard, excité par la caste des prêtres : "Crucifiez-Le!"

 Aujourd’hui les procédés sont un peu plus subtils. Les hommes et les femmes qui veulent suivre Jésus, le Christ, de manière directe et qui, sur la base de leur propre expérience spirituelle et de leur mise en pratique enseignent le chemin vers le coeur de Dieu, sont jetés en pâture au peuple. Pour cela, les représentants de la caste des prêtres d’aujourd’hui utilisent la calomnie et la discrimination de telle sorte que le peuple les imitent.

L’attitude qui serait louable et vraiment exemplaire, serait pour la caste des prêtres - qu’ils s’agissent des curés, pasteurs, évêques ou cardinaux - de sacrifier son "image de marque", c’est-à-dire ses signes extérieurs de dignité pour faire ce que Jésus voulait. Alors seulement, pourraient-ils devenir des successeurs de Jésus, le Christ ; et plus d’un serait certainement prêt à abandonner les cultes païens afin que l’enseignement simple de Jésus, le Christ, retrouve sa vraie place.

Dieu parle à travers le prophète dans la langue maternelle de celui-ci. La Parole divine s’écoulant à travers Ses prophètes ne correspond souvent pas à ce qui est écrit dans la Bible. Nous en avons déjà expliqué les raisons en détail ; la caste des prêtres s’est appropriée la Parole de Dieu et dans bien des cas elle l’a déformée, lui apportant les changements qui servaient ses propres intérêts. On peut dire que la Bible relève plus d’un champ de bataille au temps des croisades, où périssaient au nom de la croix ceux qui s’opposaient à la christianisation forcée. Nombre de ceux qui périrent de cette façon avaient fait vivre la lumière de la vérité à travers leurs paroles et leurs actes et beaucoup se firent tuer à cause de la véracité de ce qu’ils disaient. La Parole de Dieu à travers les prophètes et notamment le plus grand de tous, Jésus, le Christ, fut, symboliquement parlant, tuée elle aussi et la vérité déformée. Pourtant la lumière, la vérité, brille encore ici et là.

La caste des prêtres ne fait preuve d’aucun discernement en la matière puisqu’elle défend surtout les dogmes de l’Eglise. C’est ainsi que le Sermon sur la Montagne de Jésus - qui de toute évidence figure dans la Bible - se trouve relégué au rang des utopies. Quand je vois le peu de scrupules qu’ont les théologiens à déformer les indications claires de Jésus dans le Sermon sur la Montagne, je dois revenir à la question suivante : comment peut-on concilier cette façon de faire avec ce que déclarent les théologiens eux-mêmes, à savoir qu’il faut prendre la Parole de Dieu au pied de la lettre et qu’on ne doit pas y ajouter ou en retrancher un iota ? Comment se fait-il alors qu’il existe autant d’interprétations différentes des évangiles ?

 

L’expert en théologie catholique :

Bien entendu, l’Eglise souhaite une uniformité dans l’interprétation de la Bible et dans son enseignement. C’est pourquoi c’est tout d’abord le pape seul qui en décide, puis dans un second temps, les cardinaux et les évêques réunis, à travers les décisions concilaires. Ce qui est transmis ensuite individuellement par les évêques, les prêtres et les théologiens qui ont pour fonction de dispenser cet enseignement, dépend souvent de l’interprétation que chacun d’eux en donne.

L’Eglise prétend faire autorité dans l’interprétation de la Bible et son enseignement. Ce qui entre également en jeu dans les explications de la Bible provenant de l’Eglise, c’est la tradition, à savoir l’interprétation que les pères de l’Eglise ont transmise entre le deuxième et le dixième siècles .

Il faut toutefois tenir compte du fait que ces textes eux-mêmes ont été falsifiés, c’est-à-dire reformulés par l’Eglise de manière à servir ses propres intérêts tant et si bien qu’il est très difficile aujourd’hui d’y voir clair dans tout ce méli-mélo. Enfin, il est important de souligner que la version composée par saint Jérôme (Vulgate) sert de Bible de référence. Il est bien connu que celui-ci avait exprimé de sérieux doutes quant à son travail de traduction en raison de l’authenticité des textes dont il disposait. De plus cette traduction fut reprise des dizaines de fois ! Cependant l’institution catholique reste ferme sur ce point : "L’Eglise est l’interprète des écritures saintes." (Neuner-Roos, la foi de l’église, 12ème édition, Nr.93) Ce que ses ministres en font dépend étroitement de la motivation de chacun d’entre eux.

 

L’expert en théologie protestante :

Quand les théologiens affirment qu’il faut prendre la Bible au pied de la lettre, on peut se demander ce que cela veut dire exactement et si l’on ne tolère pas parfois des exceptions ?

Ainsi, un exégète affirmera, selon une interprétation "au pied de la lettre", que Dieu a créé la terre en sept jours, tandis qu’un autre interprétera les sept jours comme sept époques. Le mot "jour" serait alors à prendre au sens symbolique, alors que d’autres mots, par exemple "sept", devrait être pris au pied de la lettre. Un troisième prendra lui-aussi la Bible "au pied de la lettre" ; il n’ajoutera ni ne retranchera un iota. Cependant, il verra la Genèse comme un mythe de Création, une sorte de saga qui ne se veut en aucun cas être une description historique exacte. Pour celui-ci, qu’il s’agisse de sept jours, de sept époques ou de tout autre chose n’est pas essentiel. La seule chose qui importe est par exemple que Dieu soit le Créateur.

Un autre problème se pose pour l’interprétation "au pied de la lettre". C’est celui du texte.

Au cours des siècles passés, nombre de théologiens ont travaillé à la création d’un lexique de base afin qu’il y ait une unité entre tous les "textes originaux" de la Bible. Il existe en effet une infinité de variantes dans son vocabulaire. Après plusieurs centaines d’années d’efforts, on a abouti à la création d’un "texte original" unique, ce qui, bien entendu ne résout pas la question de la falsification du texte de départ au cours du temps. Si l’on demande ce qu’il en était auparavant, on se heurte à bien des avis différents. Le "texte original" rapportant les paroles de Jésus date en grande partie du quatrième siècle, donc d’une époque déjà éloignée de celle où Jésus de Nazareth vécut sur la terre.

L’un des théologiens luthériens les plus renommés du XXème siècle, Herbert Braun, estime que seulement 20% des paroles attribuées à Jésus sont authentiques, c’est-à-dire qu’elles furent prononcées de la bouche même de Jésus de Nazareth. D’autres théologiens avancent un pourcentage bien plus élevé. La question essentielle reste donc la suivante : Jésus est-Il réellement l’auteur de ces paroles telles qu’elles sont rapportées ou bien ont-elles été déformées 70 ans, 100 ans après et même plus. D’autres encore ne se livrent pas à ce genre de polémique mais se contentent d’affirmer que toutes les paroles de Jésus furent retransmises de mémoire ou selon le niveau de conscience de celui qui les rapportait et éventuellement plusieurs générations après. Cependant la Bible, telle qu’elle nous est redonnée, serait malgré tout considérée comme la Parole de Dieu, c’est-à-dire la base de la religion. En effet, il n’existerait pas de témoignage plus authentique ni plus digne de confiance que celui-ci.

Si l’on adopte ces écrits comme textes de base, c’est maintenant le problème de la traduction qui va se poser dans l’interprétation "au pied de la lettre". Pour illustrer à quel point cela peut poser problème et ouvrir la porte à la manipulation, on peut prendre comme exemple la traduction de Luther concernant le passage bien connu de la Bible : "Celui qui prend l’épée périra par l’épée" traduit par lui : "...d e v r a périr par l’épée". A travers cette version, Luther engageait les autorités à se servir de la peine de mort.

Bien souvent, les théologiens ont eu des difficultés à se mettre d’accord sur la traduction de base. Dans les cas où ils y ont réussi, il faut encore examiner si les mots du "texte original" traduisent bien ce que l’auteur de ces paroles a voulu exprimer dans sa langue maternelle. Ainsi, les paroles de Jésus sont retransmises en grec. Cependant Jésus ne s’exprimait pas en grec, mais en araméen, qui est une langue appartenant à une culture tout-à-fait différente. Les mots de la langue maternelle de celui qui s’est exprimé en araméen, avaient-ils la même signification que ceux qui ont été choisis dans le prétendu "texte original" qui n’est en fait qu’une traduction ?

Enfin, pour celui qui tient à prendre la Bible "au pied de la lettre", la question du sens reste posée. N’attribuera-t-on pas aujourd’hui aux paroles lu dans le texte une toute autre signification que celle qu’elles avaient pour celui qui les écrivit autrefois ? Ce qui est écrit dans un passage correspond-il à la même chose se trouvant dans un autre passage ? Ainsi, même à celui qui veut prendre la Bible au "pied de la lettre", il reste une grande marge d’interprétations possible.

 

En réalité, c’est une minorité qui enseigne que la Bible doit être prise "au pied de la lettre". La plupart des théologiens se sont accordés depuis longtemps de nombreux espace de liberté dans leurs exégèses, "espaces" qu'ils ont bien vite remplis de leurs conceptions. Leurs argument sont les suivants :

Quand par exemple l’Eglise luthérienne enseigne que la Bible est la Parole de Dieu, elle fait allusion au "Témoignage d’ensemble des écritures". Elle enseigne par cela que les différents passages de la Bible s’interprètent mutuellement. Le critère principal en est l’évaluation prenant comme point de référence le Christ, d’après "ce que le Christ faisait", comme disait Luther.

Cependant Luther disait "le Christ", bien qu’en réalité il fît allusion à "Paul". Car "ce que le Christ faisait" se trouve, selon Luther, principalement dans l’épître aux Romains de Paul, dans laquelle il est écrit que les hommes "sont gratuitement justifiés par Sa grâce (de Dieu) en vertu de la délivrance accomplie en Jésus Christ" (3, 24).

Le Christ Lui-même a expliqué l’importance des actes et qu’il ne suffit pas d’avoir foi en la grâce. "Celui qui entend Mes paroles et qui les accomplit, est comparable à un homme sage qui a construit sa maison sur le roc" sont des paroles attribuées à Jésus.

Ou : "Il ne suffit pas de Me dire : Seigneur, Seigneur ! , pour entrer dans le royaume des cieux ; il faut faire la volonté de Mon Père Qui est aux cieux." (Mt 7, 21)

On pourrait citer encore bien des passages allant dans le même sens. Celui-ci peut être modifié par l’Eglise luthérienne en fonction de ce que dit son propre enseignement, à savoir que "faire la volonté du Père" signifie surtout croire de manière juste, ou encore que les actes, certes, sont importants et nécessaires, mais pas pour le salut de l’âme.

On pourrait alors demander ce que veut dire "nécessaire". La réponse à cette question découlera le cas échéant d’une nouvelle "subtilité" des théologiens.

Dans le livre d’enseignement dont j’ai déjà parlé, l’auteur, un professeur de théologie luthérienne bien connu, conclut une réflexion détaillée sur la Bible de la façon suivante : "Malgré la multiplicité de ses formes, la Bible a, dans son kerygme de base ( = son dogme de base) de l’acte salvateur de Dieu en Christ, un point central qui l’unifie. Du point de vue de son canon dans le canon, la Bible a une autorité graduée et non pas une autorité dans l’étendue. Ainsi la Bible n’est pas seulement norma normans (norme normalisante) envers la norma normata (norme définie à partir de la Bible) des confessions [protestantes], mais au sein de la Bible elle-même, le Nouveau Testament est à l’Ancien Testament d’une part et le kerygme de base du Nouveau Testament de l’Acte salvateur de Dieu en Christ est au Nouveau Testament d’autre part, ce que la norma normans est à la norma normata. Une critique de la Bible n’est en fin de compte possible que sous forme d’autocritique de la Bible à partir de son canon dans le canon. Les critères de canonicité (correspondant à la ligne de conduite) sont : le christocentrisme (l’orientation sur le Christ au centre), l’apostolicité (écrit ou garanti par les apôtres), et l’autopistie" (raisonnement théologique selon lequel reconnaître que la Bible est la Parole de Dieu est en soi un don de cette Parole de Dieu). (Pöhlmann, extrait de la dogmatique, p.75)

 

Le prophète :

Emplie de gratitude et de vénération, je m’incline devant le grand, le puissant Tout-Un qui est le Dieu simple, et le Christ, notre Rédempteur, en Lui disant : auprès de Toi, ô bien-aimé Un éternel, je me sens élevée, protégée, et je suis chez moi. En Toi tous les hommes et toutes les âmes, tous les êtres, tout Etre, sont protégés, parce que Ta Parole est la Parole de l’amour qui vit en chacun de nous - claire, simple, qui dit avec peu de mots : Mon enfant, Je t’aime.

Toi, ô Dieu grand, Tu n’as rien d’un faiseur de discours. Tu n’as rien d’un falsificateur de la vérité. Tu es le Dieu éternel et puissant qui continue à parler à travers Ses prophètes, et qui a parlé à travers Son Fils Jésus, le Christ avec des mots simples, de telle manière que les gens du peuple de toutes les époques puissent Le comprendre.

O Dieu grand, unique et bon, que beaucoup d’hommes puissent encore Te trouver dans leur coeur afin que ces mensonges hypocrites qui sont dits et faits en Ton nom prennent fin.

 

L’expert en théologie catholique :

Il est vrai qu’on ne peut que prier et demander pardon au Seigneur.

 

L’expert en théologie protestante :

Jésus S’exprimait en paraboles à l’aide d’images simples ; Il parlait des animaux, des arbres, du sel et du levain, du grain de moutarde, des semailles et des récoltes. Tout le monde pouvait Le comprendre et Le trouver dans son coeur. Mais plus tard, des "érudits" se sont appropriés Son message et en ont fait de la théologie, catholique, orthodoxe et luthérienne.

Je ne connais en théologie aucun thème religieux qui n’ait donné lieu à autant de polémiques, subtilités et imbrications, à toujours plus de "si et de mais" ainsi qu’à d’interminables "non seulement... mais encore".

Dans un débat avec des non-théologiens, les théologiens mentionnent souvent qu’il faut aborder le thème d’une manière plus "nuancée", ne pas simplifier et prendre en considération encore tel ou tel point.

Dans cet univers théologique, j’ai vu que plus je m’investissais dans les études avec l’espoir d’être récompensé de mes efforts, plus je perdais le contact avec la réalité.

Même celui qui n’adopte pas ce point de vue devrait avoir conscience qu’en Allemagne, c’est l’Etat qui finance les études et la carrière des théologiens. Grâce aux impôts, des milliards de Deutsche Marks sont ainsi dépensés pour leur offrir une sécurité matérielle. Qu’arriverait-il si l’Etat consacrait cet argent à d’autres fins. Plus d’un quitterait rapidement le chemin de la théo-logie s’il devait payer lui-même ses études et ses recherches ou travailler pour gagner sa vie.

 

Le prophète :

J’aimerais poser cette question à l’expert en théologie luthérienne : si Jésus avait pris sur Lui tous les péchés du monde, celui-ci devrait par conséquent être plus paisible du fait que les hommes, libérés du péché, seraient lumière issue de la Lumière de Dieu. Si, comme le prétend l’Eglise, Jésus a pris sur Lui tous les péchés du monde, la confession ne devrait pas être nécessaire. Pourquoi les prêtres donnent-ils l’absolution puisqu’il est dit selon la foi des Eglises institutionnelles que Jésus a pris sur Lui tous les péchés ? Je sais très bien qu’en déployant leur rhétorique, les théologiens savent présenter les choses de telle manière que celui qui accepte tout sans réfléchir ne perçoit pas de contradictions dans leurs éloquents discours. La déforma-tion de la Parole de Dieu avait déjà cours au temps de Moïse et concerne tous les prophètes : à toutes les époques la caste des prêtres s’est montrée experte dans la déformation de la Parole divine. Ceci est toujours valable aujourd’hui.

 

L’expert en théologie protestante :

Ce que tu dis est logique : si Jésus avait pris sur Lui tous les péchés du monde, les hommes devraient être libres de tout péché et ne pas avoir de ce fait besoin de se confesser. Les théologiens des Eglises avancent cependant d’autres arguments :

Si, comme le veut la croyance des Eglises, Jésus a pris sur Lui tous les péchés du monde, comment ce don de la grâce peut-il agir ? A cela, les Eglises répondent : par le fait que les hommes se confessent et fassent pénitence et qu’ils soient absous de leurs péchés par le prêtre.

Ainsi, d’après l’enseignement ecclésiastique, croire que Jésus a pris sur Lui tous les péchés donne le droit aux ministres de l’église d’agir. Les deux Eglises ont donc des chargés de fonctions pour pardonner les péchés et ceux-ci prétendent pouvoir absoudre, au Nom de Dieu, le croyant de ses péchés en vertu de l’acte de Rédemption du Christ.

Selon l’enseignement catholique, il "faudrait" même "sanctionner comme il convient" celui qui s’approprie le droit d’administrer un sacrement alors qu’il n’est pas prêtre (CIC, Can. 1379).

Dans l’Eglise protestante, le pasteur donne l’absolution mais il est toléré qu’une autre personne le fasse à sa place dans un cadre privé. Il n’en reste pas moins que prêtre ou non, personne ne peut absoudre quelqu’un d’autre de ses péchés. Jésus n’a pas enseigné qu’on pouvait le faire.

Dans l’Eglise catholique, on utilise la formule "Que Dieu pardonne à travers moi, un pécheur" : il est question ici du prêtre. Que se cache-t-il derrière des paroles apparemment si "humbles" ?

Dans l’Eglise protestante, on pratique dans la plupart des cas la "confession en commun". Les choses se passent ainsi : tout d’abord, le pasteur prononce quelques paroles de prière qu’il a préparées et qu’il conclut de la manière suivante : "Devant le Dieu Saint, je demande à chacun d’entre vous : reconnais-tu que tu es coupable et te repens-tu de tes fautes ? Demandes-tu le pardon de tes fautes au nom de Jésus Christ ? Si tu crois que le pardon que je t’adresse est le pardon de Dieu, réponds : oui."

Les participants répondent "Oui" à haute voix et le pasteur continue : "Selon votre foi, il vous sera donné. En vertu de ce que le Seigneur a ordonné à Son Eglise, je vous absous : votre faute vous est pardonnée. Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit."

Les participants répondent "Amen", puis le pasteur dit : "Allez en paix !"

A propos de ce que le "Seigneur a [soi-disant] ordonné", il est fait allusion au passage de la Bible dans lequel Jésus compare Pierre au "rocher" en lui déclarant :"Je te donnerai les clés du Royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux." (Mt. 16, 19). Ce qu’Il déclara alors à Pierre seul, Il le répéta plus tard pour tous : "Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié au ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié au ciel." (Mt 18, 18)

 

Le prophète :

La signification de ce que Jésus de Nazareth a exprimé à cette occasion se trouve dans la révélation du Christ «Ceci est Ma Parole, Alpha et Omega, l’Evangile de Jésus.» Là, il est dit : "Aucun lien, que ce soit avec des hommes ou avec des choses, n’a sa place au ciel. Le mot terrestre `lien’ signifie que l’homme se lie à ce qu’il aime et apprécie dans le monde, à ce qu’il place au-dessus des dons de Dieu.

Le lien est l’opposé de la liberté. Celui qui se libère de ce qui est terrestre en ne le considérant pas comme sa propriété et sa possession, entrera dans le Royaume des cieux en tant qu’être spirituel et vivra dans la plénitude issue de Dieu." (Chap.57, 11)

Comment l’Eglise catholique en est-elle arrivée à faire passer pour un ordre accordant le plein pouvoir à ses ministres, ces paroles de Jésus qui rappellent la loi des semailles et des récoltes ? Jésus n’a nullement fait état de prêtres et d’institution pour servir de médiateurs entre Dieu et les hommes.

 

L’expert en théologie protestante :

Cette question est tout à fait justifiée. En effet, l’Eglise dit bien que c’est le Christ le "médiateur" et non le prêtre. Pourquoi alors les ministres ecclésiastiques laissent-ils croire que les actes officiels qu’ils accomplissent, tels que le baptême ou l’absolution sont des actes de Dieu ?

 

L’expert en théologie catholique :

Dans le catéchisme catholique, on peut lire à ce sujet :

"Le Christ Lui-même est présent dans le service sacerdotal du prêtre ordonné par son Eglise... L’Eglise exprime cela en disant que le prêtre, par la vertu du sacrement de l’ordre, agit par `la personne du Christ [qui demeure] la Tête´" (Nr 1548)

Ou : "Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel peut représenter l’église puisqu’il représente le Christ." (Nr. 1553)

Les évêques, quant à eux, reçoivent la "plénitude du sacrement de l’ordre", raison pour laquelle ils sont appelés "vicaires du Christ" (Nr 1560)

 

L’expert en théologie protestante :

Dans le catéchisme protestant, on lit : "Par le fait que le ministre du culte gère la Parole et le sacrement, le Christ agit à travers lui. L’Apologie, un écrit confessionnel luthérien datant de 1531, spécifie que les prêtres, 'en raison de la mission de l’Eglise, ne représentent pas leur propre personne mais celle du Christ, comme en témoignent les paroles-mêmes du Christ : ‘celui qui vous écoute, M’écoute.’

Lorsqu’ils donnent la parole du Christ, lorsqu’ils administrent les sacrements, ils le font en tant que vicaires du Christ´". (Catéchisme protestant pour adultes, Hanovre 1975, 4ème édition, p.1164)

En utilisant cette citation de la Bible, l’enseignement de Jésus de Nazareth se trouve une fois de plus déformé. Jésus n’a jamais parlé ni de curés ni de pasteurs, mais S’adressait à tous Ses successeurs.

 

L’expert en théologie catholique :

Pour ne pas avoir à faire ce que le Seigneur a exprimé dans un langage très clair, une armée de théologiens s’est constituée au fil des siècles pour inventer un sacrement qui, au bout du compte, est de moins en moins pris au sérieux par les hommes. La personne qui aimerait connaître le point de vue de l’église catholique à ce sujet doit se plonger dans d’interminables lectures de documents ecclésiastiques et de non moins nombreux livres pour en comprendre les commentaires.

Dans la prière que les successeurs du Christ adressent au Père - prière que le Seigneur nous a Lui-même enseignée - nous disons : "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés" (Mt 6, 12) ; et dans le Sermon sur la Montagne, Jésus nous montre un chemin qui est simple : "Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si à ce moment tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens présenter ton offrande" (Mt 5, 23-24). "Réconcilie-toi vite avec ton adversaire, tant que tu es encore en chemin avec lui sur la route du tribunal." (Mt 5, 25)

Ces indications sont tout à fait claires et à la portée de tous. Jésus explique plus loin : "En effet, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera également les vôtres ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes" (Mt 6, 14-15)

Dans ces paroles, il n’est nullement question d’acquittement accordé sous forme d’absolution par un prêtre habilité. Quand l’Eglise dit que le sacrement de pénitence a pour effet de nous réconcilier avec Dieu et qu’Il nous accorde la rémission des péchés et des peines éternelles, cela voudrait donc dire qu’il ne tient qu’à Lui que je reste un pécheur ; dans ce cas, pourquoi Jésus a-t-Il précisé dans le Sermon sur la Montagne : "mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes" (Mt 6, 15) ? Cela ne tient donc qu’à nous-mêmes.

Et quand il est dit que le sacrement de pénitence permet la réconciliation du pécheur avec l’Eglise, c’est bien-sûr parce qu’en se confessant à un prêtre, le pécheur accomplit le comman-dement de l’Eglise.

Croire qu’abuser de la grâce de Dieu reste sans conséquences est une erreur. Dieu est Celui qui ramène ceux qui se sont perdus ; Jésus est venu pour ramener ceux qui se sont perdus ; Il laisse 99 brebis dans la montagne pour partir à la recherche de celle qui s’est égarée (Mt 18, 12). Il Se réjouit de la retrouver et la brebis égarée peut ressentir à ce moment tout l’amour du Berger ; elle comprend qu’elle a été tirée de la gueule du loup. Que se passera-t-il maintenant si la brebis n’en tire aucune leçon - tout comme l’homme qui recommence à pécher de plus belle sitôt après s’être confessé - se mettant de nouveau en danger sans se demander si Dieu viendra cette fois encore le tirer de la gueule du loup ? Peu à peu, il accusera Dieu de ne pas le sortir des tourments de ce monde. Dans certaines situations, si nous ne recevons pas l’aide que nous attendions, nous nous imaginons alors souvent que Dieu nous a abandonné.

 

Le prophète :

Pourquoi s’en remettre à un confesseur si, comme l’affirme l’Eglise, l’existence de l’âme com-mence au moment de la conception de l’enfant et que, comme l’enseigne Luther, tout est déjà prédéterminé pour elle, qu’il s’agisse de la damnation éternelle ou de la vie dans les cieux ? Selon Luther, l’homme ne possède pas le libre arbitre. Il n’est qu’une marionnette entre les mains de Dieu, que ce soit dans ses moments de haine et de jalousie ou même dans la cruauté et dans le meurtre.

Dans ces conditions pourquoi le prêtre prendrait-il soin d’une âme pour laquelle tout est déjà établi d’avance ? Pourquoi le croyant doit-il se confesser et se faire pardonner ses péchés si son sort est déjà établi par Dieu ? Il est évident que la confession ne peut rien résoudre si, comme l’enseignent Luther et Calvin, une âme est déjà prévue pour le ciel tandis qu’une autre l’est pour la damnation éternelle. Dieu serait-Il arbitraire ? Ou bien la notion de prédestination ne serait-elle plus valable depuis la venue de Jésus ? L’église enseigne en effet que Jésus a pris sur Lui tous les péchés des hommes. Ici, on se trouve devant un paradoxe plutôt énorme.

Si c’était Dieu qui décidait du sort de chaque âme, comme l’enseignent Luther et l’Eglise réformée, quelle serait l’utilité du baptême d’un enfant pour son salut puisque tout est déjà prévu pour son âme ? L’église enseigne que si l’enfant meurt après avoir reçu le baptême, son âme est sauvée. Le curé ou le pasteur auraient-ils donc un pouvoir supérieur à celui de Dieu : en effet, le ministre de l’Eglise aurait-il le pouvoir de sauver une âme du feu de l’enfer quand bien même celle-ci ne serait pas prédestinée par Dieu au salut éternel ?

 

L’expert en théologie protestante :

Au XVIème siècle, l’Eglise luthérienne naissante a voulu édulcorer les enseignements radicaux des réformateurs Luther et Calvin, selon lesquels Dieu aurait destiné une partie des hommes au salut éternel et l’autre à la damnation éternelle. Le salut serait maintenant proposé à tous les hommes. Dieu ne pré-déterminerait pas qui obtiendrait le salut éternel, mais en vertu de Son omnipotence, Il prévoirait cependant qui serait condamné, de même qu’Il prévoit toute chose. Ainsi l’enseignement des écritures confessionnelles luthériennes en vigueur est-il en totale contradiction avec celui de Luther même.

 

Le prophète :

Que ne faudrait-il pas revoir chez Luther pour adoucir son enseignement ? Et qu’en resterait-il ensuite ? Sans doute pas même les théologiens protestants.

Quel a été le destin des âmes et des hommes qui, suivant l’enseignement de Luther, ont cru à la prédestination ? Plus d’un est-il peut-être devenu un criminel en se disant : "Quelle importance maintenant puisque de toute façon, je suis damné pour l’éternité." Tel autre éventuellement a-t-il été l’instigateur d’une guerre en pensant que cela ne pèserait plus dans la balance puisqu’il était déjà voué aux flammes de l’enfer.

Qui est alors tenu pour responsable de telles actions : est-ce Dieu ou bien Luther ? Que doit penser l’humanité du fondateur d’une religion dont la clé de voûte, que représente l’ensei-gnement de la prédestination, a dû être modifié par ses successeurs quelques années plus tard parce qu’il était erroné ? En réfléchissant plus loin, on peut même se demander s’il n’y aurait pas d’autres erreurs de ce type dans l’enseignement de Luther.

 Et que doit-on penser de l’instauration, dans certains pays comme l’Allemagne, d’impôts ecclésiastiques destinés à entretenir une Eglise qui propage un enseignement constamment remis en question et à travers lequel son fondateur offrit à l'humanité l’image d’un Dieu cruel ? L’enseignement de Luther ne provient certainement pas de Dieu. On peut même dire qu’il est radicalement opposé à l’enseignement de Jésus, le Christ.

 

L’expert en théologie protestante :

Au sein des Eglises, tout ce qui vient d’être dit se rattache à ce qu’il est convenu d’appeler les "mystères de Dieu" car même si Dieu propose le salut à tous les hommes, l’individu, lui, ne sachant pas s’il sera choisi ou non pour profiter de cette offre, n’a pas besoin de s’en préoccuper davantage.

Dans la confession luthérienne il est dit : "nous ne devrions pas juger de tout cela d’après notre bon sens" ou encore "nous ne devrions pas nous aviser d’explorer le gouffre insondable et mystérieux de la providence divine, mais tenir compte de la volonté révélée de Dieu" (Konkordienformel, SD XI).

Ainsi, il est donc préférable pour chacun de croire qu’il fait partie des élus et de s’en tenir là. Dans ces conditions, il lui suffit de se rassurer à l’idée qu’il a reçu le baptême à sa naissance en faisant comme Luther qui, lorsque son âme traversait des moments de détresse, se disait parfois : "je suis baptisé!"

 

Le prophète :

Tout devient ici de plus en plus nébuleux et "...quia absurdum". Pour gagner le ciel, il suffirait donc de croire et d’espérer sans se demander si on est élu mais en payant des impôts ecclésiastiques. Pour les ministres de l’Eglise la chose est simple : il leur suffit de classer ce qui ne cadre pas avec leur "credo quia absurdum" dans la catégorie "mystères de Dieu" en faisant croire aux fidèles que Dieu est impénétrable dans Sa Création et dans Son Oeuvre.

Il est vrai que l’homme ne peut pas comprendre entièrement Dieu. Mais Jésus nous a appris une chose : Dieu notre Père nous aime et en Christ, Il laissera 99 brebis dans la montagne pour aller chercher celle qui s’est égarée. Cela c’est un fait, c’est logique et n’a pas besoin d’être cru "quia absurdum".

 

L’expert en théologie protestante :

Comme il y a beaucoup de choses illogiques dans les enseignements religieux, il est également question de "mystères" dans les exégèses plus modernes. En 1973, dans les concordats de Leuenberg, en Suisse, qui aboutirent à une entente formelle entre les églises protestantes luthériennes et les églises protestantes réformées (lesquelles se réfèrent aux "réformateurs" suisses Zwingli et Calvin), on rejette l’idée d’une éternelle "décision de Dieu concernant l’exclusion de certaines personnes ou d’un peuple". Il est dit : "Dans l’évangile, est promise l’acceptation sans conditions de l’homme pécheur par Dieu. Celui qui croit en cela peut être sûr de son salut et peut louer le fait d’être élu par Dieu. On peut donc parler d’élection seulement dans la perspective de l’appel pour le salut en Christ. Si la foi fait l’expérience que le message du salut n’est pas accepté par tous, elle respecte cependant le mystère de l’oeuvre de Dieu..."

Donc, élection uniquement "dans la perspective de l’appel pour le salut" !

Il serait logique de se demander maintenant ce qu’il advient des autres. La damnation éternelle qui, selon l’enseignement protestant, est prévue pour ceux qui ne sont pas élus pour accueillir le message du salut, n’est plus mentionnée dans cet accord ; on ne parle plus que de "mystère de Dieu".

 

L’expert en théologie catholique :

Dans l’enseignement catholique, on affirme qu’aucun homme, au cours de sa vie, ne peut avoir la certitude absolue du salut éternel ni celle de la damnation éternelle, si ce n’est par une "révélation particulière" (Neuner-Roos, la foi de l’Eglise, 12ème édition, 1986, Nr.809).

Ce thème a connu d’autres variations dans l’enseignement catholique aussi bien que protestant, cependant, on insiste plutôt moins sur le sujet ces derniers temps. Ainsi dans le catéchisme catholique il est dit : "Personne n’est prédestiné par Dieu à l’enfer." (Nr 1037). Par contre, dans une édition datant des années 30, on peut lire : "En Dieu, il existe une réprobation éternelle (= prédérmination à la damnation éternelle) de certains hommes. Cette phrase procède de la damnation effective de nombreux anges et de nombreux hommes. Car celle-ci, en raison de l’immuabilité de la conscience et de la volonté divines, doit être fondée sur une décision éternelle de Dieu. Vg. can.3 du synode de Valence, p.241." (Diekamp, Katholische Dogmatik, 1er vol, 6ème édition, 1930, p.249)

Ceci n’arriverait toutefois que "post et propter praevisa peccata" - "après et à cause du péché prévu", c’est -à-dire plutôt dans le sens d’une prévision que d’une prédétermination. C’est à cela que s’en tient le catéchisme actuel. Les différences sont infimes. Cependant les documents plus anciens ne montrent-ils pas plus nettement l’esprit de l’enseignement religieux ? Parfois il est dit que la prédestination existerait uniquement pour le salut éternel. Mais qu’en est-il de ceux qui ne font pas partie des privilégiés ?

Si la prédétermination pour le salut n’existe que pour une partie des hommes, n’est-ce pas jouer sur les mots que d’introduire - en ce qui concerne la non-prédétermination de l’autre partie de l’humanité - des nuances de langage telles que : Dieu ne le fait pas, Il le permet ? La prétention de la pensée humaine ne se manifeste-t-elle pas ici, pensée qui cherche à inclure Dieu dans les conceptions théologiques ?

 

L’expert en théologie protestante :

La plupart des fidèles de l’Eglise, qu’ils soient catholiques ou protestants, préfèrent ignorer l’enseignement sur la pré-détermination et laisser ce genre de débat aux théologiens. Puisque de toute façon, Dieu se situe au-delà du temporel, il est plus facile de parler de "mystères de Dieu" et de s’en tenir là. Moi-même, lorsque j’étais "protestant", je ne me préoccupais guère de ce sujet. J’aimerais toutefois revenir à l’enseignement de Luther et notamment à l’un de ses écrits les plus connus : "De la volonté asservie".

"De la volonté asservie" a figuré jusqu’à présent dans l’Eglise protestante, parmi les principales oeuvres de la réforme et l'auteur y développe l'un des thèmes-clés de l’enseignement protestant, valable encore aujourd’hui, à savoir que personne ne peut se décider de par son libre arbitre pour la foi juste, ce qui rejoint la question de l’élection, c’est-à-dire de la prédétermination.

Selon Luther, ou bien Dieu fait naître en nous la foi juste pour le salut, ou bien Satan y provoque le mal. Citons à ce propos un théologien luthérien du 20ème siècle, Hans Joachim Iwand : "Celui qui repose cet ouvrage à la fin de sa lecture sans en avoir tiré la conclusion que cet enseignement de la volonté asservie est la clé de voûte de la théologie protestante, l’a parcouru en vain." (Münchner Ausgabe der Lutherschriften, p.253)

Dans cet ouvrage, Luther enseigne la chose suivante :

"Afin de donner plus de place à la foi, il est nécessaire que l'objet de notre foi soit caché à nos yeux. Et cela ne peut être mieux caché que sous le contraire de l’objet matériel, de la sensation et de l’expérience. Si Dieu permet la vie, c’est en tuant ; s’Il innocente, c’est en condamnant ; s’Il conduit au ciel, c’est en faisant passer par l’enfer, comme le disent les écritures : ‘Le Seigneur envoie la mort et permet la vie, nous plonge dans les abîmes de l’enfer et nous en fait remonter’, (1. Samuel 2, 6). Notre propos n’est pas d’en parler plus en détails ; celui qui a lu nos écrits sait très bien de quoi il s’agit. Ainsi Dieu cache-t-Il Sa bonté éternelle et Sa miséricorde sous la colère éternelle et Sa justice sous l’injustice. Quel degré de foi plus élevée que de croire en la bonté de ce Dieu qui sauve si peu d’âmes mais qui en damne tant ; que de croire en Sa justice, Lui, dont la volonté est la damnation sans appel de ces âmes en détresse desquelles, comme le dit Erasme de Rotterdam, Il semble prendre plaisir aux souffrances, méritant ainsi d’être haï plutôt qu’aimé ? Si je pouvais comprendre d’une manière ou d’une autre comment ce Dieu qui fait preuve d’autant d’injustice dans Sa colère, puisse être miséricordieux et juste, la foi ne serait pas nécessaire. Mais du fait même de cette incompréhension, chacun peut trouver l’occasion d’éprouver sa foi puisque ces choses sont enseignées pour tous et largement répandues ; ainsi, dans le fait que Dieu tue, chacun peut mettre à l’épreuve sa foi en la vie dans la mort."

(Martin Luther, De la volonté asservie, 1525 in : Weimarer Ausgabe der Lutherschriften, Tome 18, p.632 et suiv.)

 

Le prophète :

L’enseignement de Jésus, le Christ, et celui des prophètes est pourtant si simple ! Ce que l’intellect fait de Dieu ressemble certainement à de la haute voltige intellectuelle, mais n’a rien à voir avec l’intelligence, Dieu. Ce n’est pas pour rien qu’à la fin de la révélation de Jean, il est écrit : "Sortez de cette cité, ô mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés et ne partagiez pas ses plaies." (Apocalypse 18, 4)

 

L’expert en théologie protestante :

Le livre d’enseignement protestant de Hans Georg Pöhlmann (Extrait de la dogmatique, 3ème édition, 1980) reprend la pensée de Luther et poursuit les acrobaties intellectuelles. A plusieurs reprises, on y explique que Dieu se cache dans le monde "sub specie contraria" (=sous l’apparence du contraire). (voir par ex. p.128)

"En tant qu’unité qui reste victima (victime) aussi bien que victor (vainqueur), il [Dieu] s’identifie à cette église qui se manifeste souvent d’une manière aussi pitoyable, il ne s’estime pas trop bon pour rester solidaire d’elle, malgré ses pécheurs, ses hypocrites, ses bigots... En tant qu’endroit où il [Dieu] apparaît sub specie contraria (=sous l’appa-rence du contraire)." (p.292). De cette manière l’Eglise protestante fait preuve "d’humilité" et s’attire les sympathies en se montrant critique envers elle-même.

 

Le prophète :

Jésus n’a jamais prononcé de tels non-sens. Ce que tu viens de nous dire est sans doute luthérien, mais certainement pas chrétien car Jésus ne nous a pas enseigné de telles choses. Et c’est pour pouvoir entendre de telles inepties que tant de gens paient des impôts ecclésiastiques !

 

L’expert en théologie protestante :

Les victimes de bon nombre de ces "pécheurs, hypocrites et bigots" qui constituent l’Eglise, ont bien souvent payé de leur vie. Luther exigea la peine de mort à l’encontre des prostituées, des marchands négociant des prix trop élevés, des prédicateurs qui n’étaient pas missionnés par les Eglises institutionnelles ou simplement contre des gens qui avaient une autre foi et qui, par exemple, ne croyaient pas au baptême des nouveaux-nés. Il incita à persécuter les Juifs et à brûler leurs synagogues. Il justifia le métier de soldat, en l’occurence avec ces mots : "Dieu pend, roue, décapite, tue et fait la guerre. Tout cela fait partie de Ses oeuvres et de Son jugement." (réponse sur le thème : le métier de soldat est-il un état qui plaît à Dieu ? 1526 ; WA 19, 623 ff.)

Pendant la guerre des paysans, il encouragea le massacre de ceux qui luttaient pour défendre leurs droits (env. 70 000 morts) et attribua tout cela à Dieu en disant : "... c’est Lui qui m’a demandé de parler ainsi." (W A, Tischreden 3,75)

 

Le prophète :

Jésus, Lui, nous a enseigné ceci : "Aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous haïssent." Le lecteur n’a plus qu’à choisir : Jésus ou Luther ?

 

L’expert en théologie protestante :

Jésus est venu nous apporter l’amour infini de Dieu.

A l’opposé, Luther laisse entendre que Dieu Se réserve le droit de disposer de l’homme à Sa guise et sans restriction aucune - à savoir également dans la haine, le meurtre et la damnation. Il est vrai que l’Eglise luthérienne dans sa constitution ecclésiastique professe le "service pour l’évangile de Jésus Christ" (article 1), mais il semble, selon les enseignements protestants se trouvant dans les livres cités plus haut, que cela doive également se faire "sub specie con-traria", sous l’apparence du contraire.

 

Le prophète :

Selon Luther, Dieu serait lumière et ombre. Il étendrait Sa lumière sur les uns, tandis que les autres seraient recouverts de Son ombre. Ainsi Dieu aurait Lui aussi en Lui le vil, l’ombre. Jésus a dit : Dieu est lumière. Il n’a pas parlé d’ombre. La Bible est donc constituée de fiction et de vérité, de lumière et d’ombre. Dieu, la Lumière, c’est la vérité ; l’ombre, c’est la fiction que la caste des prêtres a inventée et attribuée à l’Un éternel et aux prophètes.

L’essence même de l’enseignement de Jésus est le Sermon sur la Montagne dans lequel Il approfondit les Commandements que Dieu donna à travers Moïse. Les ministres de l’église considèrent que le Sermon sur la Montagne est une utopie et qu’il est quasiment impossible de le mettre en pratique. Celui qui regarde de plus près le "... quia absurdum" imposé au monde par les théologiens, se rendra bien vite compte qu’une telle théorie n’a rien à faire avec l’enseignement simple, clair et précis de Jésus, le Christ. Nombreux sont les croyants faisant encore confiance à ces hommes qui enseignent une foi qu’ils considèrent eux-mêmes comme "absurde" et qui prétendent que Dieu a des mystères. Mais s’ils doivent répondre de leur "quia absurdum", alors il ne reste plus au croyant pour son salut qu’à s’en remettre à Jésus, le Christ, qui le sauvera certainement. Celui qui ouvre les yeux aujourd’hui, devrait réagir face à de telles contradictions et suivre ce qui est écrit à la fin de l'Apocalypse de Jean.

Le Sermon sur la Montagne est la vérité car il nous vient de Jésus, le Christ. Si chacun le vivait consciemment, un monde meilleur pourrait advenir. Il n’est nul besoin pour cela de théologiens : il suffit de suivre Jésus. Depuis déjà 2000 ans, il est écrit à la fin du Sermon sur la Montagne : "Celui qui écoute Mes paroles et les accomplit est comparable à un homme sage qui a construit sa maison sur le roc." La caste des prêtres prétend que le Sermon sur la Montagne n’est pas prévu pour notre monde et ne peut donc pas être vécu maintenant.

 

Deux mille ans se sont écoulés sans que la caste des prêtres ait fait ce que Jésus demandait. Ainsi, elle n’a pas non plus enseigné à ses fidèles ce que Jésus, le Christ, avait pourtant rendu accessible à l’humanité, à savoir vivre et agir dans l’esprit de Son enseignement : Suivez-Moi. Le Sermon sur la Montagne n’a pu générer de monde meilleur parce que les théologiens en fonction, les "bergers" des brebis, n’ont pas changé depuis 2000 ans et, par conséquent, le peuple des fidèles des Eglises non plus. Les théologiens sont restés les ministres des cultes païens. Ils ne sont pas les représentants de l’enseignement de Jésus, le Christ, car ils ne le mettent pas en pratique.

Ceux qui se prétendent les bergers du troupeau se repaissent. Mais le troupeau, lui, s'est dispersé parce que les théologiens lui donnent à paître leur bouillie intellectuelle et païenne. Il peut bien encore s’écouler 2000 ans, si la caste des prêtres reste telle qu’elle est et si son troupeau continue à avaler la même bouillie, le monde ne sera toujours pas meilleur à l’issue des deux prochains millénaires et l’enseignement de Jésus de Nazareth ne sera toujours pas mis en pratique.

Les ministres des Eglises ont construit leur maison sur le sable et non sur le roc, sur le Christ. L’Eglise catholique, elle, l’a construite sur le rocher Rome, qui ne survivra certainement pas à la venue du Seigneur. Quant à l’Eglise luthérienne, elle l’a construite sur le cruel Martin Luther. D’où ce conseil : fermez la Bible, car chez beaucoup de prêtres, ni l’Ancien Testament ni l’enseignement de Jésus ne sont mis en pratique dans la vie quotidienne.

Les quelques aspects que nos deux théologiens nous ont rapportés des enseignements de leur Eglise, me forcent à répéter : "Sortez de cette cité, ô mon peuple, de peur de participer à ses péchés et de partager ses plaies." (Apocalypse 18, 4)

 

L’expert en théologie catholique :

Les ministres de l’Eglise catholique se sont à tel point éloignés du Christ - la plupart d’entre eux n’en a d’ailleurs pas conscience et ne l’admettrait pas si on le lui disait - qu’ils ne savent plus que le Christ fait partie intégrante de notre vie quotidienne. Dans bien des cas, leurs cellules cérébrales sont saturées de théologie de manière à ne plus rien pouvoir absorber et nécessiteraient d’être vidées radicalement.

Les études de théologie dans leur ensemble sont une mémorisation de traditions et d’actes cultuels. On oublie alors l’humble charpentier que fut Jésus, le Christ incarné, et dont l’ensei-gnement, s’il était vécu, changerait la face du monde.

Ceux que la théologie a rendus aveugles ne peuvent plus discerner le sens du message prophétique de Jésus : "Je prierai le Père, et Il vous enverra un autre consolateur afin qu’il demeure éternellement avec vous : l’Esprit de vérité que le monde ne peut pas accueillir parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas." (Jean 14, 16-17) ou : "Mais le consolateur, l’Esprit saint que le Père enverra en Mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que Je vous ai dit." (Jean 14, 26). En ce qui me concerne, il a fallu un certain temps pour que Jésus ouvre en moi une brèche par laquelle je sois catapulté hors des rails de la théologie. J’ai été longtemps, moi aussi, prisonnier de cette toile sans savoir que je ne vivais pas dans la liberté du Christ. Maintenant, je me sens délivré de la prison de la théologie et je fais l’expérience que le Christ m’aide.

Des millions d’hommes dans le monde peuvent lire la Bible puisque celle-ci est divulguée dans la plupart des langues ; cela signifie que beaucoup d’hommes connaissent le Sermon sur la Montagne. Mais les lueurs de vérité qui transparaissent encore parfois dans la Bible, ne sont pratiquement plus visibles aux yeux des croyants institutionnels qui, englués dans les traditions cultuelles, ne sont plus des fervents de la vérité. La majorité d’entre eux, devenue apathique, se laisse mener par les prêtres et s’en remet aveuglément à leurs explications. Peu d’hommes se demandent en fait si ce que la théologie propose correspond à l’enseignement chrétien authentique.

La Bible a enfermé la parole de Dieu en la fixant définitivement dans l’erreur ; c’est pourquoi elle ne peut plus être le livre du Dieu vivant.

 

Le prophète :

Si les hommes avaient accompli l’enseignement de Jésus, celui-ci aurait forgé une civilisation véritablement chrétienne. Qui peut aujourd’hui parler de civilisation chrétienne ? Pour les Eglises institutionnelles qui ont encore l’état sous leur coupe, il vaudrait mieux parler de Moyen-Age et de paganisme.

 

L’expert en théologie catholique :

Que l’on puisse donner au monde actuel le nom de "civilisation", ne tient qu’aux prétentions de ceux qui définissent ce mot. Si je pense à la violence qui règne dans le monde, à la cruauté des hommes envers les animaux et au vandalisme perpétré contre la création dans son ensemble, le mot civilisation perd pour moi tout son sens - à plus forte raison quand on la qualifie de chrétienne.

 

Le prophète :

Pour moi, l’institution catholique est comme un navire voué au culte qui vogue en pleine mer, cherchant vainement une terre ferme et des hommes pour embarquer à son bord. Elle cherche désespérément à atteindre la terre ferme - même si ce n’est qu’un mirage - afin que les endoctrinés qui se trouvent à bord se raccrochent au moins à l’espoir qu’une amarre pourrait encore être jetée sur un rivage imaginaire.

La mère de Jésus dont la "mère Eglise" a déjà fait "celle qui donne naissance à Dieu" devrait même, selon le magazine "Focus" 52/97 être déifiée pour devenir la "déesse Marie". Selon le souhait exprimé par écrit de 42 cardinaux, de 500 évêques et de presque 5 millions de catholiques de 157 pays, ce nouveau dogme devrait être introduit au sein de l’Eglise catholique. Toujours d’après "Focus", la trinité Dieu-Père, Fils et Saint Esprit deviendrait ainsi avec Marie, la mère du Fils de Dieu, une quaternité. De médiatrice, Marie serait promue au rang de divinité à part entière. Par l’intermédiaire du culte de Marie, les origines les plus lointaines de la divinité féminine (la mère terre) entreraient, selon "Focus", dans le ciel chrétien par la porte de service.

 

L’expert en théologie catholique :

Deux mille ans plus tard, il s’agit donc d’une véritable "bombe à retardement". Le rôle de la femme au sein de l’Eglise catholique a longtemps été limité, suivant ces paroles de Paul : "Comme cela se fait dans toutes les Eglises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées : elles n’ont pas la permission de parler ; elles doivent rester soumises, comme le dit aussi la loi. Si elles désirent s’instruire sur quelque détail, qu’elles interrogent leur mari à la maison ; car il n’est pas convenable qu’une femme parle dans les assemblées." (1 Corinthiens 14, 34-35). Après avoir pu lire pendant plus de 1500 ans ces paroles de Paul dans la Bible, on se souvient tout à coup aujourd’hui de ce que Jésus a fait pour les femmes en tombant cette fois dans l’excès contraire afin que tout cela serve au mieux la plénitude des cieux des dieux païens. Les paroles de Jésus n’offrent cependant aucun élément qui permette de donner à Sa mère terrestre le "titre" de "déesse".

 

Le prophète :

Ceci nous montre de manière fort intéressante comment les dogmes peuvent être crées dans certaines circonstances - et peut-être même comment ils le furent autrefois ? Cardinaux, évêques et fidèles instaurent un nouveau dogme ; celui-ci est présenté au Pape et soumis à son approbation afin qu’il le projette dans le ciel soi-disant "chrétien".

Ce ciel dit "chrétien" n’est en réalité que le mirage du Vatican, et n’a rien à voir avec l’édifice et la structure du Royaume céleste. Il est évident que l’Eternel ne Se laisse impressionner ni par le navire des cultes, ni par ce qui s’y trouve à bord, à savoir les dogmes, les cérémonies, les saints, les sacrements et les fidèles.

Dieu ne Se laisse pas davantage impressionner par la formule de la trinité de l’institution ecclésiastique. Selon l’enseignement catholique, il existerait aux cieux un patriarcat, similaire au "ciel" masculin-hiérarchique de l’Eglise catholique. Selon la conception catholique, la trinité consiste en trois personnes, "Dieu-Père", "Dieu Fils" et le "Saint Esprit". Et maintenant on veut y ajouter une femme, la "déesse Marie", d’où résulterait une quaternité. Il y aurait donc trois hommes et une femme.

Si l’on fait de la "déesse Marie" un dogme, le premier Commandement "Je Suis ton Seigneur, ton Dieu, et Je t’ai conduit hors d’Egypte, hors de l’esclavage. Tu n’auras pas d’autres dieux que Moi" devrait donc être modifié. Ce n’est certainement pas un problème pour les cardinaux et les évêques puisque l’Eglise, au fil des siècles, a pris l’habitude de modifier les écritures saintes. C’est ainsi que, depuis peu, le cinquième Commandement "Tu ne tueras pas" est devenu "Tu ne commettras pas de meurtre".

On devra donc modifier aussi le "Je vous salue Marie" de même que beaucoup d’autres choses.

Pour le moment, il faut attendre la décision de la tête de l’Eglise catholique. Si le dogme de la "déesse Marie" tel que l’ont conçu des hommes, est projeté dans le ciel catholique, il faudra également changer le "Notre-Père". Alors on priera : "Notre-Père, déesse Marie, qui êtes au cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne vienne" etc. A moins que le rafistolage du nouveau dogme produisant son maximum d’effet, on ne prie : "Notre Père qui es à Rome, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, au ciel comme sur la terre" etc...

L’Etre éternel, le Royaume de Dieu, c’est l’Origine, l’Esprit, DIEU, qui est saint. L’institution catholique désigne l’Esprit éternel comme une personne. Cependant l’Esprit Saint, Dieu, est l’Etre qui s’écoule éternellement, le souffle, la vie. Dieu-Père est Esprit manifesté qui est donc devenu forme. Dieu-Père est donc un être divin ; en utilisant les mots humains, on pourrait Le désigner en tant que "personne" puisqu’Il s’est manifesté à partir de la vie qui s’écoule éternellement, de l’Esprit. Le Fils de Dieu est également un être manifesté, le Corégent des cieux ; en langage humain, Il est également une "personne". Devant le trône de Dieu se trouvent les sept chérubins et les sept séraphins ainsi que les 12 et 24 anciens.

Le Royaume céleste tout entier consiste en principes donateurs et en principes récepteurs, en êtres, c’est-à-dire en "personnes" qui sont - pour utiliser le langage des hommes - masculins et féminins. Puisque ni les principes "masculins", ni les principes "féminins" ne sont sexués, le principe donateur et le principe récepteur sont appelés duels. Tous les êtres purs sont la Loi éternelle manifestée, Dieu, que l’Esprit, la vie, est et que chaque être manifeste. Les êtres divins, vus dans leur ensemble, forment une grande famille qui habite les sept cieux fonda-mentaux de l’Etre éternel. Chaque être divin a, selon sa mentalité, certaines tâches spirituelles qu’il accomplit en communication absolue avec tous les êtres divins.

Marie, la mère de Jésus est dans l’Etre éternel, le séraphin de la miséricorde devant le trône de Dieu et est ainsi intégrée dans la Loi de l’amour, de la bonté, de la douceur et de l’ordre, de la volonté, de la sagesse et de la rectitude divine, qui s’écoule éternellement. Voilà en peu de mots ce qu’est le Royaume de Dieu. Tout le reste n’est qu’absurdité.

C’est une monstruosité sortie du cerveau humain, pour ne pas dire un blasphème, que de salir l’ordre céleste avec de telles absurdités.

L’Eglise catholique se démasque de plus en plus - d’autant plus si elle fait de Marie, la mère de Jésus, une "déesse" - tout comme l’église protestante se démasque de plus en plus avec son Martin Luther.

Le fondement de l’Eglise catholique, c’est Rome. C’est par le gouverneur de Rome que Jésus fut crucifié, ainsi que Pierre dont on dit qu’il est le rocher de l’église catholique. Pierre fut crucifié la tête en bas. C’est encore Rome qui, de nos jours, a créé la "déesse Marie", fait sans précédant dans l’histoire de l’Eglise de Rome puisque de cette façon celle-ci se démasque entièrement et montre qui elle est en réalité.

La chute s'est produisite parce qu’un être féminin des cieux, évoluant aux côtés de Dieu-Père, voulut être l’égale de Dieu en créant puis en édifiant son propre royaume. Les personnes ayant des connaissances spirituelles appellent Satana cet être qui est à l'origine de la chute puis de l’éloignement de Dieu, Satana. Plus tard, Satana se donna elle-même le nom masculin de Lucifer. Ces personnes savent également que cet ange féminin, appelé Satana, a capitulé devant la croix de Jésus et se trouve maintenant sur le chemin de retour vers le Père éternel. De ce fait, l’Etat des démons qui siège dans une région des plans de purification et qui depuis 2000 ans, est désormais privé de son guide originel, de sa "déesse". Dans ces conditions on peut imaginer que l’Etat des démons ne verrait pas d'un mauvais oeil le fait de pouvoir tourner en ridicule la femme spirituellement élevée, Marie, qui a donné naissance au Corégent des cieux, en en faisant l’épouse de Dieu-Père ou de la "personne" du Saint Esprit ?

 Pour le 2000ème anniversaire du puissant évènement que fut la naissance du Fils de Dieu dans le temporel, fera-t-on de Marie, du séraphin de la miséricorde - qui en tant qu’être humain a accompli un acte extraordinaire de foi, de confiance et d’abandon à Dieu en donnant naissance à Jésus, le Christ, dans l’étable de Béthléem - fera-t-on de Marie une "déesse", et qui le fera ? Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ; que celui qui a des yeux pour voir voie ; et que celui dont le coeur bat pour Dieu, notre Père et pour le Christ, notre Rédempteur mette en pratique ce qui est écrit dans l’évangile de Jean : "Sortez de cette cité, ô mon peuple, de peur de participer à ses péchés et de partager ses plaies."

 

L’expert en théologie protestante :

Celui qui croit trouver une issue en se tournant vers l’Eglise protestante devrait lire les ouvrages sur Luther que l’Eglise luthérienne se garde bien d’indiquer à ses fidèles. Parmi ces ouvrages, relatant des faits qui montrent les ravages que Luther a causé au nom de l’Esprit de Dieu, on peut citer le livre de Hans-Jürgen Böhm "L’enseignement de Martin Luther - un mythe se brise" ("Die Lehre M.Luthers - ein Mythos zerbricht" à obtenir gratuitement chez l’auteur : Badstr. 28a, D-91287 Plech).

 

Le prophète :

Dans le passé, Luther, Calvin et d’autres, n’étaient pas des réformateurs venus du christianisme intérieur, mais les réalisateurs de leurs propres conceptions. Les réformateurs de la religion intérieure, celle de la vérité et de la vie, sont des personnes qui ont apporté et qui apportent aujourd’hui encore dans ce monde, la parole directe de Dieu, parole non falsifiée qu’elles ont elles-mêmes vécue, dont elles ont fait l’expérience et qu’elles vivent encore car la parole de la vérité s’écoule éternellement. C’étaient et ce sont les prophètes de l’Ancien Testament, ce fut le plus grand des prophètes, Jésus, qui est notre Rédempteur, ce sont les prophètes et les prophétesses du Nouveau Testament ainsi que les hommes et les femmes qui ont purifié leur âme et leur corps pour pouvoir recevoir le salut, la parole de la vérité.

Jusqu’à aujourd’hui, le peuple s’est tourné vers les réformateurs extérieurs, comme Luther et Calvin. Mais qu’ont apporté ces rénovateurs extérieurs ? Si, par contre, le peuple accom-plissait la réforme intérieure en mettant en pratique l’enseignement de Jésus, le Christ, il n’y aurait plus de "ministres des Eglises". Il n’y aurait que des frères placés sur le même pied d’égalité que le peuple, tel que Dieu place les prophètes au milieu des hommes, à égalité avec eux. Dieu n’a pas élevé Son Fils à un rang supérieur de la société : Il L’a placé parmi le peuple. Jésus n’était pas un docteur de la loi, mais un charpentier. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.

De tout temps, la masse a été aveuglée. Elle s’accroche aujourd’hui encore à des guides d’aveugles, eux-mêmes aveugles spirituellement, qui l’ont toujours conduit dans la fosse, c’est-à-dire dans la dépendance, la misère et l’esclavage, et qui l’y conduiront encore.

 

L’expert en théologie catholique :

Le vrai prophète est imprégné de manière si active par la Loi - Dieu - qu’il ne peut pas cautionner les actes humains. Par conséquent, si des "réformateurs" apparaissent parmi les hommes, leurs actes peuvent être mesurés au moyen des Dix Commandements et du Sermon sur la Montagne ; on peut voir alors à qui l’on a affaire.

La véritable réforme aurait été de sortir les hommes de la "dépendance" des prêtres. Si les réformateurs extérieurs sont arrivés à leurs fins, c’est justement parce que les hommes, ne connaissant pas leur être véritable, ne vivent pas en fonction de leur être intérieur et éprouvent la nécessité de s’appuyer sur autrui. Celui qui ne trouve pas l’appui en lui-même, devient dépendant des autres. Il ne peut pas prévoir où les autres vont le conduire. C’est seulement quand le filet se resserre autour de lui qu’il commence à sentir la pression des liens et le poids de la dépendance. Alors surgissent les pensées de liberté et l’envie de briser les chaînes. C’est là que les paroles des prophètes deviennent réalité.

Beaucoup de prophètes, et avant tout Jésus, montrent cette direction. Dans la synagogue de Nazareth, Jésus a cité ces paroles d’Ésaïe :

"L’Esprit du Seigneur est sur Moi

parce qu’il M’a consacré par l’onction.

Il M’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres,

annoncer aux captifs la libération

et aux aveugles le retour à la vue,

rendre la liberté aux opprimés,

proclamer une année de grâce du Seigneur."

 

Et Il ajouta avec force : "...Aujourd’hui cette écriture est accomplie pour vous qui l’entendez." (Lc 4, 18-19-21)

 

Bien des prophètes ont mis le peuple en garde contre les prêtres et les souverains. On peut en citer quelques exemples :

"Les princes de cette ville jugent pour des pots de vin, ses prêtres enseignent pour un salaire." (Michée 3, 11)

 

"Nos gardiens sont tous aveugles,

ils ne comprennent rien !

Ce sont tous des chiens muets,

incapables d’aboyer.

Ils rêvent, restent couchés,

ils aiment dormir.

Mais ce sont aussi des chiens voraces et insatiables.

Et ce sont eux les bergers !

Ils ne savent rien discerner.

Ils suivent tous leur propre chemin,

chacun cherchant son intérêt." (Ésaïe 56, 10-11)

 

"Le Seigneur Yahvé traduit en jugement les anciens et les princes de son peuple :

C’est vous qui dévastez la vigne

et recélez ce que vous avez volé aux pauvres." (Ésaïe 3, 14)

 

"Malheur aux pasteurs qui laissent dépérir et se disperser le troupeau de mon pâturage ! Oracle de Yahvé. C’est pourquoi - ainsi parle Yahvé, le Dieu d’Israël, au sujet des pasteurs qui font paître mon peuple : vous avez laissé s’égailler et s’égarer mes brebis et vous ne vous en êtes pas occupées. Maintenant je vous demande de rendre compte de vos méfaits ! Oracle de Yahvé. Mais je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis de tous les pays où je les aurai dispersées et je les ramènerai dans leurs prairies ; elles seront fécondes et se multiplieront. Je susciterai sur elles des pasteurs qui s’emploieront à les faire paître ; elles n’auront plus crainte ni terreur ; aucune ne se perdra ! Oracle de Yavhé." (Jérémie 23, 1-4)

Sans hésitation, l’Eglise tourne à son avantage ces paroles des prophètes. Elle serait, au nom du Seigneur, "le nouveau berger" qui rassemble les brebis pour le Christ. Cependant les fruits de 1700 ans d’histoire montrent au contraire qu’elle a éloigné les brebis du véritable Berger, le Christ. Une grande partie de l’humanité se trouve à bord du navire qui va sombrer.

 

Le prophète :

La condition de fidèle de l’Eglise mérite réflexion. On peut alors mesurer à quel point la soumission à l’Eglise fait injure à l’évangile véritable.

 

L’expert en théologie catholique :

Dénoncer cette dépendance et cette soumission est certainement l’une des tâches les plus difficiles du prophète.Si celui qui est dépendant ne prend pas tout d'abord conscience qu’il l’est - comment pourra-t-il jamais s’en sortir ?

La dépendance, la soumission, l’esclavage, l’indifférence et l’apathie - sont des états assez éloignés du divin. Tant que les prêtres resteront des théologiens, ils s’éloigneront du divin. Qu’en est-il de ceux qui les suivent ? Ils font comme eux et les aveugles sont conduits par des aveugles.

Si nous nous aidions les uns les autres à trouver notre force en suivant l’exemple de Jésus de Nazareth, ni la théologie ni les théologiens n’auraient de raison d’être.

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