|
Nr. 13 Refermez
la Bible
!
Le Prophète : De nos jours, on assiste encore à des "miracles". Voyez plutôt : un expert en théologie catholique et un expert en théologie luthérienne ont accepté de répondre aux questions du prophète concernant les dogmes de léglise. Mais on doit à la vérité de dire que tous deux suivent le chemin de la succession de Jésus, le Christ, comme on pourra en juger par leurs propos. Les théologiens égoïstes qui aspirent au pouvoir au sein des deux Eglises institutionnelles et maintiennent sous leur coupe le peuple des fidèles, ont évité durant les dix années passées tous les colloques sur la foi auxquels les ont convié de manière répétée les chrétiens des origines. Peut-être ont-ils pressenti que sils y participaient, Jésus, le Christ, en sortirait vainqueur. Les théologiens confortablement installés sur leur "honorable" situation ainsi que sur le salaire que leur garantissent les institutions ecclésiastiques, cest-à-dire les Eglises dEtat (il en est ainsi en Allemagne et dans d'autres pays), font tout pour empêcher que Jésus, le Christ, soit victorieux aux yeux de tous. Ils agissent ainsi pour continuer à abuser de Son Nom pour servir leurs conceptions et leurs buts dogmatiques. Je voudrais te poser une question, à toi qui es "expert" en théologie catholique - mais tout dabord, acceptes-tu que je tappele ainsi ?
Lexpert en théologie catholique : Tu peux mappeler ainsi, car il y a déjà pas mal dannées que jai terminé mes études de théologie à l'issue desquelles j'ai essayé durant 30 ans dappliquer ce que javais appris. Quand je regarde en arrière, je me rends compte maintenant, surtout quand je lis des extraits de la Bible, queffectivement, cen est resté au stade de la tentative. Les mots que je lis sont pourtant bien les mêmes, mais langle sous lequel je les appréhende est totalement nouveau. Il a changé grâce à lEsprit de Dieu qui se révèle par la parole prophétique, lEsprit de Dieu que jai pu entendre à travers toi, ce qui ma conduit vers le Christ.
Le prophète : De tous temps, les prêtres ont formé une caste à part dans la mesure où ils ont toujours exercé la charge du culte quaucun laïque ne pouvait partager. Aujourd'hui encore, on fait croire aux fidèles des Eglises que les prêtres et les théologiens catholiques seraient des personnes à part, puisque les premiers sont sensés proclamer les Lois de Dieu et les appliquer, et que les seconds énoncent les dogmes auxquels on est tenu de croire sous peine d'encourir la damnation éternelle. Peu importe d'ailleurs que ces dogmes correspondent à la volonté de Dieu ou pas, puisqu'il suffit quils soient entérinés par le pape ou par un concile pour devenir la vérité. Selon mes connaissances, les cérémonies, les rites et les coutumes pratiqués à notre époque au sein des Eglises prétendument chrétiennes reposent en fait sur d'antiques cultes païens. A lépoque, on érigeait des autels pour y offrir aux dieux des animaux en sacrifice. Leur sang était versé sur lautel pendant qu'on brûlait de lencens. Aujourdhui, les Eglises qui se nomment chrétiennes disposent aussi d'autels et de maîtres de cérémonies appelés curés ou pasteurs. Comment les coutumes religieuses en vigueur à l'époque actuelle - lordination des prêtres, les autels, les rites, les cérémonies, les dogmes, lencens, leau bénite, la vénération des reliques, les professions de foi jamais suivies de la mise en pratique des Commandements de Dieu - pourraient-elles correspondre à lenseignement de Jésus ? La question vaut également concernant loffrande de cierges, les indulgences, labsolution donnée par les prêtres, lhostie, lextrême onction ainsi que pour le culte de Marie. Jésus na pourtant jamais parlé de tout cela. Jésus ne fut jamais un théologien, mais il resta sa vie durant, un homme du peuple qui ne chercha jamais à se valoriser à l'aide de titres, dargent, dune soutane ou dun talar. Il na jamais enseigné qu'il faudrait ériger des autels pour y célébrer des sacrifices ni quoi que ce soit qui ressemble à ce quon célèbre au sein de lEglise catholique. Il na pas davantage enseigné que certains hommes devraient étudier Dieu pour devenir curés ou pasteurs. En fait, Il na jamais dit qu'il fallait des curés ni des pasteurs. Au contraire, Jésus, le Christ, a enseigné lunité. Il a dit : Vous n'avez qu'un seul maître, le Christ ; cependant vous êtes tous frères. Ces paroles de Jésus sont sans ambiguité : Jésus a parlé dégalité et non de supérieurs et dinférieurs, de hiérarchie ecclésiastique, d'"émincences" et de subordonnés. Jésus na jamais indiqué qu'une autorité quelconque devait servir d'intermédiaire entre Dieu et les hommes. La caste des prêtres dhier et daujourdhui - cest-à-dire de ceux qui prétendent intercéder pour les hommes auprès de Dieu - sest toujours appuyé sur les autorités de ce monde. Bien souvent, elle a utilisé la calomnie contre des personnes aux convictions religieuses différentes et lEtat s'est fait l'exécuteur des basses oeuvres de l'Eglise. Autant que je sache, par le passé, ce sont les "juges" qui étaient dépositaires de lautorité politique. Aujourd'hui ce sont les autorités de l'Etat - président, ministres, députés, etc... qui incarnent celle-ci. Jadis, lorsque la caste des prêtres apparaissait au peuple en public, la plupart du temps les juges étaient présents à leurs côtés. A notre époque ce sont les autorités politiques qui se placent aux côtés du corps ecclésiastique et tous deux se tiennent au-dessus du peuple qui reste en retrait. Jésus s'est-Il comporté ainsi et a-t-Il enseigné de telles choses ? S'est-Il montré favorable aux différences sociales, aux hiérarchies entre les hommes ou aux principes d'égalité et d'unité ?
L'expert en théologie catholique : Jésus n'ignorait rien de ces inégalités et Il a également interpellé les autorités de l'époque à ce propos. Cependant, je constate qu'il se passe la même chose dans toutes les religions : les prêtres forment toujours une caste à part qui fait croire au peuple que Dieu est un "mystère" et qu'Il a des secrets ne pouvant être dévoilés. Par exemple, au sujet de la maladie, on peut lire ce qui suit dans le catéchisme catholique : "Le peuple dIsraël fait lexpérience vécue que la maladie a un lien mystérieux avec le péché et le mal." (Nr. 1502) ou : "Maladies et souffrances appartiennent depuis toujours aux épreuves les plus dures de la vie humaine." (Nr 1500) ou : "Sur la croix, Jésus a pris toute la charge du mal sur Ses épaules. Il a ôté 'les péchés du monde', dont la maladie est une des conséquences. Par Sa souffrance et Sa mort sur la croix, le Christ a donné un nouveau sens à la souffrance : elle peut nous rendre semblables à Lui et nous unir à Sa souffrance rédemptrice." (Nr 1505) ou : "Endurer des souffrances peut avoir le sens suivant : pour le corps du Christ, lEglise, jajoute par ma vie terrestre ce qui manque encore aux souffrances du Christ.' (Kol 1,24)" (Nr 1508) Ici, pour entretenir le mystère, on utilise une citation de Paul encore plus énigmatique. En utilisant ce genre de phrases incompréhensibles, on établit un fossé infranchissable pour les croyants et on crée parmi eux lillusion que les choses doivent être comme elles sont. Alors, il ne leur reste plus qu'à s'orienter sur ceux qui donnent limpression de saisir ses profondes correlations. Voici d'autres exemples : Voilà comment, selon le catéchisme de léglise catholique, Dieu a révelé Son nom à Moïse : "En révélant Son nom mystérieux JHWH - Je Suis Celui qui Est ou Je Suis Celui qui Suis, Dieu dit qui Il est et de quel nom on devrait L'appeler. Ce nom de Dieu est mystérieux, comme Dieu Lui-Même est un mystère..." (Nr 206) ou : "Bien que Dieu Se révèle, Il reste quand-même un mystère inexprimable : Si tu Le comprenais, Il ne serait pas Dieu (Augustin)." (Nr 230) ou : "En Marie le Saint Esprit applique la décision miséricordieuse du Père. Avec et par le Saint-Esprit la vierge Marie conçoit le Fils de Dieu et Lui donne naissance. Par la force de LEsprit et de la foi, la virginité devient féconde dune manière unique." (Nr 723) ou : "Pour saisir le mystère de lEglise, nous devons tout dabord songer au fait quelle tire son origine du décret de la plus sainte Trinité et de lapplication progressive de celui-ci au cours de lhistoire." (Nr 758) Ces passages et bien dautres ont pour but de faire croire aux fidèles quils ont besoin dune Eglise ainsi que des curés et des pasteurs pour comprendre Dieu.
Le prophète : Si on s'en tenait à cet argumentaire, cela voudrait donc dire que Dieu ne peut pas tout nous révéler, parce quétant Lui-même un mystère, Il aurait des secrets. Se pourrait-il qu'en parlant des soi-disant mystères de Dieu, l'Eglise veuille nous encourager de manière détournée à avoir nous aussi des secrets envers Dieu ? Le comportement caché de certains responsables de lEglise semblerait en attester. La plupart du temps, quelqu'un qui parle de secrets a quelque chose à cacher, quelque chose quil ne faut pas dévoiler, parce que susceptible d'entraîner des poursuites judiciaires. Cela témoigne des faiblesses de lhomme qui se protège derrière ses secrets pour ne pas être blamé ni accusé. La caste des prêtres attribue donc à Dieu des faiblesses humaines. Les théologiens, tout comme les intellectuels qui leur ressemblent et les "élites" qui se croient au dessus du peuple, sont souvent très fiers de leur soi-disant logique. Cependant ils dénient toute logique à lEternel, car ils donnent toujours crédit à cette maxime attribuée à celui qu'on considère comme le père de lEglise, Augustin, ainsi qu'à lenseignant de lEglise, Tertullien : "Credo quia absurdum" - "Je le crois parce que cest absurde." Selon mes connaissances historiques, en 542 les adversaires dOrigène - un enseignant spirituel s'inscrivant dans la tradition du christianisme des origines - déposèrent auprès du légat papal Pélagius une plainte contre lui adressée à lempereur Justinien à Constantinople. Comme on le voit, à l'époque déjà on faisait appel à lEtat pour réprimer les gens ayant une croyance différente. Peu de temps après, en 543, Justinien fit convoquer un synode par le patriarche de Constantinople en prescrivant à lassemblée neuf anathèmes impériaux qui devaient servir de base à la condamnation d'Origène. Voici ce que disent deux de ces anathèmes : "Que soit frappé danathème celui qui affirme ou croit à la préexistence des âmes sur les hommes - cest-à-dire au fait quelles auraient jadis été des êtres spirituels et des entités saintes mais que, lassées de contempler Dieu, elles se seraient tournées vers le mal, ce qui aurait refroidit lamour divin en elles, ce pourquoi elles auraient reçu le qualificatif d"âmes" et auraient été punies en revêtant des corps matériels." "Que soit frappé danathème celui qui affirme ou croit que la damnation des démons et des hommes impies est temporelle et aura un terme ou quil y aura une réintégration des démons ou des hommes impies." Toujours selon mes connaissances, lanathème a été réitéré et complété dix ans plus tard lors du concile général de Constantinople. C'est ainsi que linstitution ecclésiastique d'Etat a fait disparaître les enseignements centraux de Jésus de Nazareth : le message dun Dieu-Père aimant, qui ne condamne ni nexile personne, mais qui ramènera dans la patrie éternelle la totalité de la partie de la création ayant chuté, grace à lacte de Rédemption de Jésus, cest-à-dire par le chemin de la mise en pratique de Ses enseignements qui incluent notamment le fait qu'une âme existe avant de s'incarner sur la terre et la possibilité de réincarnations répétées. Ces aspects de la foi ont été frappés danathème à Constantinople. Ainsi lEglise d'Etat possédait une arme des plus redoutables contre tous ceux qui ne voulaient pas se conformer à l'enseignement qu'elle professait : la menace de la damnation éternelle que léglise d'Etat a utilisé sans retenue au cours des mille cinq cents ans qui suivirent. Cette menace est également devenue le fondement spirituel de linquisition et des croisades qui ont coûté la vie à des millions de personnes. En niant la préexistence de lâme sur l'homme, on fait résulter celle-ci de lengendrement humain, grâce auquel elle serait alors, et seulement alors, créée. De plus, son destin matériel est ainsi totalement dissossié de la succession de ses nombreuses existences terrestres antérieures. Ainsi, la relation entre la cause et leffet, entre les semailles et les récoltes est également supprimée. Les souffrances rencontrées au cours de lexistence humaine deviennent un fardeau inexplicable et c'est Dieu qu'on accuse de faire preuve d'arbitraire et de punir selon Son gré, particulièrement ceux qui Laiment.
Lexpert en théologie catholique : Tout ce que tu dis me semble tellement important que jaimerais y revenir. Quand tu dis que Dieu est accusé darbitraire et de punir selon Son gré, particulièrement ceux qui Laiment, cela me rappelle les nombreuses fois où j'ai éprouvé ce soupçon alors que j'aurais du le repousser en raison de ce que javais appris durant mes études de théologie, mais où je nai pas pu le faire parce que je nétais pas assez sûr de moi. Que peut bien éprouver quelqu'un qui apprend soudain quil est atteint dune maladie incurable, alors quon le considère généralement comme quelqu'un de bon ? Il doit forcément trouver que Dieu est injuste puisquil na encore jamais entendu un prêtre lui dire que les coups du sort, selon la loi des semailles et des récoltes dont Jésus de Nazareth a parlé, sont la conséquence du comportement qui fut le nôtre non seulement dans cette vie mais aussi dans des vies antérieures - ce qui bien entendu ne donne le droit à personne de juger son prochain, ou de lui refuser laide dont il a besoin. On na jamais dit à un tel homme qu'une âme peut revenir plusieurs fois sur la terre, et encore moins qu'elle préexiste, cest à dire que nous sommes, de par notre origine, des êtres parfaits qui se sont séparés intentionnellement de leur Père et Créateur. Les prêtres passent sous silence le fait qu'il nous est donné l'occasion sur cette terre de prendre conscience que nous avons fait fausse route et que nous pouvons rebrousser chemin. Enseigner cela serait considéré comme une hérésie.
Le prophète : A toutes les époques, la parole prophétique a évoqué la préexistence de lâme et sa réincarnation répétée qui, entre autres raisons, découle de la loi des semailles et des récoltes. Lenseignement de Jésus de Nazareth et de Ses disciples est également fondé sur ces connaissances. Au début du christianisme, Origène qui fut un grand enseignant spirituel, a clairement parlé de la préexistence de lâme et des êtres purs que nous fûmes jadis. Le principe de la réincarnation était le point de départ logique de son enseignement sur la réintégration de toutes les âmes et de tous les hommes, disant que nous retournerons tous à notre origine en tant quêtres purs lorsque nous réparerons, avec laide du divin en nous, les péchés qui ont entraîné la chute, cest-à-dire notre séparation davec Dieu et que nous ne commettrons plus ces péchés. Origène a dit aussi que chacune des âmes qui se sont séparées de Dieu, change de corps aussi souvent que dhabitation durant sa chute du ciel vers la terre. LEglise a condamné l'enseignement dOrigène concernant la préexistence de lâme, afin de conserver sa position de berger du troupeau. Cependant, parce quil est la vérité, lenseignement dOrigène a toujours survécu et réapparaît aujourdhui par lentremise de la Parole prophétique, à travers les révélations que le Christ de Dieu donne aujourd'hui. Soutenue par lEtat, une communauté religieuse parvenue au pouvoir et à la considération, a imposé à tous les contenus de sa foi qui, de laveu même dun de ses principaux représentants, comporte des éléments "absurdes". Satan naurait pas agi de manière plus géniale s'il avait voulu détourner une fois de plus lhumanité du message apporté par Jésus.
Une autre question se pose concernant lexistence de lâme : si lâme est créée par Dieu au moment de lengendrement de lenfant, qui donc a créé lâme de Dieu né soi-disant de Marie, Marie étant effectivement appelée "celle qui engendre Dieu" ou encore "mère de Dieu" ?
Lexpert en théologie catholique : Si lon examine ces considérations avec logique, ce devrait être un Sur-Dieu. Ce qui est clair en tout cas cest que Marie est la mère de Jésus de Nazareth, en qui sétait incarné le Fils du Père éternel.
Le prophète : Comment lexpert en théologie catholique peut-il répondre à cette autre question : LEglise catholique parle de trois personnes divines : le "Dieu Père", le "Dieu Fils" et le "Saint-Esprit". En ce qui concerne lengendrement de Jésus, il est dit que Marie fut "couverte par lombre" du Saint-Esprit. Est-ce que "couverte par son ombre" voudrait dire "illuminée", puisque lombre est reliée à ce monde alors que lEsprit, comme on le sait, est lumière ? Marie a donc conçu de la personne du Saint-Esprit. Ainsi la personne laurait-elle fécondée. La question reste donc posée : qui a créé lâme de Dieu si Marie est appelée, comme on vient de le mentionner : "celle qui engendre Dieu" et "mère de Dieu" ?
Lexpert en théologie catholique : LEglise parle de trois personnes divines formant u n Dieu. Maintenant, en ce qui concerne Marie, une seule de ces trois personnes devient active et on notera en même temps que Jésus appelle plus tard Dieu-Père, Son Père. Je dois avouer que tout cela me laisse perplexe. Pour répondre à lautre question "Marie fut couverte par lombre du Saint Esprit", je ne peux que constater, en ce qui concerne le passage de la Bible sur lannonciation par lange, quil est toujours question dans les traductions allemandes, de la puissance de Dieu qui "couvrira Marie de son ombre". En guise dexplication, on évoque le nuage qui resta 40 ans au dessus du sanctuaire et qui était pour les Israélites un signe de la présence de Dieu. Cependant, comme toujours, les hommes se sont réfugiés à lombre pour se protéger de la chaleur plutôt que d'aller vers la lumière que Dieu voulait être pour eux. Quel que soit ce qu'enseignent les institutions, ta question relative à lengendrement dun enfant par la "personne du Saint-Esprit", ouvrira les yeux à bien des gens, notamment sur le fait que Jésus avait une âme avant Sa naissance bien quelle ne fût pas chargée de fautes personnelles et que cest dans cette "vibration" quIl est venu à Ses parents qui étaient des êtres purs en large mesure et désintéressés vivant en Dieu. De toute évidence, les conceptions de lEglise vont dans le sens dune "fécondation", dun "engendrement" par le Saint-Esprit ; cependant elle ne l'exprime pas de manière aussi claire. Elle dit : "Ce qui a été engendré en elle vient du Saint-Esprit." (Mt 1, 20)
Le prophète : Jésus nétait pas Dieu, mais le Fils de Dieu. Il a dit Lui-même : "Mon Père est plus grand que Moi." Dieu, Dieu-Père, est donc plus grand que Jésus. Marie est appelée par lEglise "celle qui engendre Dieu" ; cela voudrait donc dire que Dieu, cest-à-dire Dieu-Père, se serait incarné. Si le Saint-Esprit est une personne, comment lEglise catholique peut-elle prétendre que le Saint-Esprit sest répandu en apparaissant à la Pentecôte sous la forme d'une langue de feu au-dessus de la tête des croyants, des apôtres et des disciples qui sétaient rassemblés ? La personne, le Saint-Esprit, aurait-elle pu soudain se transformer en se liquéfiant, ou en devenant flamme gazeuse ? A moins quil faille juger de cet évènement comme le fit un père de lEglise en disant comme lui : "credo quia absurdum", - "je le crois parce que cest absurde" ? Il est admis, en principe, que Dieu est immuable. Se pourrait-il qu'Il puisse tout de même se transformer, être créé en tant quâme peut-être par la "personne Saint-Esprit" avec "celle qui engendre Dieu". Cette explication appartient elle aussi aux mystères de Dieu ou tout simplement aux secrets de lEglise catholique ?
Lexpert en théologie protestante : Sur ce point, lEglise protestante est plus prudente et ses théologiens sen tiennent pour la plupart, à ce quon peut lire dans la Bible. Dans le catéchisme protestant pour adultes il est écrit : "la vénération protestante à légard de Marie peut être plus modeste parce que la Bible est plus modeste." (4ème édition, p. 393) Cependant ce que bien peu de gens savent, cest que dans la confession protestante, on appelle également Marie : "Mère de Dieu" (Konkordienformel, Epitome VIII.7) Martin Luther écrit à propos de Marie : il faut "aussi simaginer à partir du coeur ce que cest quêtre la mère de Dieu." (Exégèse de Lc 1, 46 et suiv. 1521 ; cité daprès le catéchisme, p. 393) Et Luther de continuer : "les grandes choses ne sont pas différentes, car elle est devenue la mère de Dieu, et dans cette oeuvre tant de biens immenses lui ont été donnés que personne ne peut les saisir. Car il sensuit tout honneur, toute béatitude et elle est une personne unique dans la race humaine toute entière, au dessus de tous, en ce sens que personne ne légale, puisquelle a un enfant avec le Père céleste, et quel enfant..."
Le prophète : Excuse-moi de tinterrompre. Tout cela est tellement confus. Si Dieu soccupait de toutes ces théories ecclésiastiques, ne sy perdrait-Il pas Lui aussi ? Pour les Eglises institutionnelles, la trinité consiste en trois personnes. Là il est dit que lEsprit-Saint a fécondé Marie. Selon Luther, cest Dieu-Père qui la féconde. Selon lenseignement luthérien Marie met donc au monde un enfant de Dieu-Père tout en étant appelée "Mère de Dieu". La seule chose que je puisse confirmer dans les explications de Luther, cest que Marie était une femme unique et quelle devrait être respectée et estimée, car la pureté de sa foi et son abandon à lEternel ont rendu possible à travers elle la naissance de Jésus, en qui le Christ, notre Rédempteur, le Fils du Père éternel, est venu vers nous, les hommes.
Lexpert en théologie protestante : Au plus profond de son être, Marie était intimement reliée à Dieu et, autant que je sache, cétait une personne effacée, dorigine modeste. Même dans les moments de détresse extérieure, par exemple juste avant la naissance de Jésus, elle na jamais douté que Dieu la guidait. Mais le dogme de lImmaculée Conception propagé par lEglise, a ridiculisé Marie aux yeux de bien des gens. En réalité, elle est devenue mère comme toutes les femmes qui ont des enfants. Mais en lui attribuant limage de "limmaculée conception", les Eglises lont transformée en lune de leurs saintes.
Lexpert en théologie catholique : Ce qui est grave, cest que tout cet édifice échafaudé autour de Marie a fait de lengendrement un acte qui na rien de divin, ce qui bien sûr ne pouvait pas être le cas en ce qui concerne lengendrement de Jésus. Tout ceci a eu pour conséquence de renforcer durant près de deux mille ans, un complexe de culpabilité de toute la chrétienté pour tout ce qui se rapporte à lengendrement.
Lexpert en théologie protestante : Jaimerais en revenir à la question de l"immuabilité" de Dieu. Les textes luthériens ne sont pas toujours clairs à ce sujet. Cela provient des différences d'interprétation entre "Ancien" et "Nouveau" Testament. Ainsi, dans un manuel denseignement théologique, on peut lire : "Dans lAncien Testament, Dieu ne veut se lier à aucune forme définitive dapparence ; dans le Nouveau Testament, Il se lie une fois pour toutes à une forme sous lapparence de Jésus de Nazareth. Dans lAncien Testament, Il est appréhendé comme celui qui par essence est libre ; dans le Nouveau Testament, comme celui qui est suffisamment libre pour se lier à Jésus, le Christ. Dans lAncien Testament, Il est considéré comme le Dieu Saint par essence, tandis que dans le Nouveau Testament, Il est vu essentiellement comme le Dieu aimant. Ici, Il est avant tout et totalement lAutre, là Il est entièrement nôtre ; ici, Il est celui qui nest pas un être humain, là, celui qui devient un être humain. Ici, Il est en premier lieu le Seigneur, là, Il est avant tout le Père ; ici laccent est mis sur sa transcendance, là sur son immanence bien que les deux aspects ne soient pas vraiment dissociés dans aucun des deux Testaments. Car de même que lAncien Testament reconnaît Son immanence, on peut trouver dans le Nouveau Testament des passages évoquant Sa transcendance et celui-ci est imprégné du paradoxe que le Dieu Saint est justement devenu en Christ le Dieu miséricordieux, que le Dieu totalement autre est justement devenu en Christ le Dieu tout à fait nôtre, que le Dieu qui nest pas un être humain est justement devenu Dieu-homme, que lAdonai (en hébreux "Seigneur") est justement devenu dans Son fils notre Abba..." etc, etc... (Pöhlmann, extraits de la dogmatique, 3ème édition, p.99).
Lexpert en théologie catholique : Il se pose aussi une autre question : comment lEsprit-Saint peut-Il être une personne de la trinité divine, comme le prétend lenseignement ecclésiatique ? Dans le livre des dogmes de lEglise catholique, la question de la trinité est traitée sous le titre "Dieu, lUn et le Trois en Un" : "La réalité de la vie tri-personnelle en Dieu est l e mystère de la foi de léglise. Le mystère de la vie tri-personnelle du Dieu unique ne peut être compris quà partir de la révélation que Dieu a donné de lui-même en Jésus, le Christ ; ...mais même ainsi, ce mystère ne peut pas être appréhendé dans toute sa profondeur par la raison humaine. Dans Son originalité absolue, Dieu se fait connaître au monde en tant que mystère accessible sous le nom de Père ; en tant que principe agissant dans lhistoire, il se nomme Fils ; en tant que principe qui nous est offert et que nous acceptons, il se nomme Saint Esprit." Le passage suivant extrait du livre des dogmes, montre lépaisseur du mystère de la trinité divine. "Le mystère de la trinité divine est le mystère des différences existant en Dieu. Ensemble, elles forment l'Unité dans sa totalité, sans qu'il y ait de différence du point de vue de leur nature divine. Trois personnes constituent cette nature divine : il s'agit du Père, du Fils et du Saint-Esprit. La nature divine toute entière avec ses qualités est leur propriété indivisible. Lunique raison de leur différence réside dans les relations qu'ils entre-tiennent mutuellement et dans lesquelles ils possèdent cette nature en raison de leur origine : le Père du Fils et du Saint-Esprit en tant quorigine sans origine ; le Fils parce qu'Il a été engendré éternellement par le Père, origine du Saint Esprit ; le Saint-Esprit parce qu'il provient du Père et du Fils qui forment son origine commune." (Neuner-Roos, la foi de léglise, 12ème éd. p. 160 suiv.) Brièvement résumé, allégé des références aux documents, aux décisions des conciles, et autres indications du même type ayant été insérées dans le livre des dogmes, lenseignement du mystère du Dieu Un et Trois en Un se présente ainsi : Il y a un Dieu personnel au-delà du monde, qui contient en Lui toute perfection, qui est omniscient. En Dieu sont trois personnes : le Père, le Fils, et le Saint Esprit qui possèdent la nature divine une. Dans chacune de ces personnes se trouve la divinité toute entière, indivisée. Entre les trois personnes divines, il existe une véritable différence. La cause de ces différences réside dans les relations mutuelles existant entre ces personnes et résultant de leur origine. La nature divine du Père réside en Lui-même. Le Fils provient du Père par engendrement éternel ; Le Saint Esprit provient du Père et du Fils comme origine commune. Le Père, le Fils, et le Saint Esprit sinterpénètrent de la manière la plus parfaite et agissent vers lextérieur, dans le monde, de la même et unique manière." Neuner-Roos, réf. citée, p.161 et suiv.)
Le prophète : Puis-je tinterrompre ? Toutes ces explications sur la trinité sont tellement compliquées que quelqu'un qui essaie d'y comprendre quelque chose doit, du même coup, y perdre lenvie dentrer dans la trinité divine. Quand j'entends "Le Saint Esprit a comme origine unique le Père et le Fils", j'imagine quil s'agit dengendrement sprituel, puisque tu as dit que le Fils provient du Père par engendrement éternel. Cela, je peux encore le comprendre dans la mesure où Dieu est le principe Père-Mère. Cependant, que deux personnes masculines, Père et Fils en engendrent une troisième, le Saint Esprit - comment cela est-il possible ? Cher frère, jamais aucun prophète na enseigné des choses tellement illogiques. Tous les prophètes, et particulèrement le plus grand d'entre eux, Jésus, le Christ - qui est désormais notre Rédempteur - nous ont présenté limage du Dieu-Père dont nous sommes tous des fils et des filles, mais aucun deux n'a parlé de trois personnes formant une seule nature divine. La vie est Dieu et Dieu est Esprit. Il est le souffle présent en tout et en tous. A partir du courant de lEsprit, Dieu, sest manifesté Dieu-Père, lEtre suprême de linfini. On peut également Le désigner en tant que personne. LEsprit qui agit également en tant que tel dans lEtre suprême, est le principe Père-Mère, d'où est issu le Fils, le Corégent des cieux. Tous les êtres divins sont issus de lEsprit-Saint éternel sécoulant universellement, du Souffle, Dieu qui, dans le Père est également le principe Mère.
Lexpert en théologie catholique : Voilà ce qui me mettait si mal à laise autrefois. Ce que tu viens de dire provient dune vision intérieure et cela me rappelle les connaissances chères à Origène dans la première moitié du troisième siècle. Ainsi, pour parvenir à se faire une idée de Dieu, il fait appel à l'exemple de la lumière provenant de léclat du soleil : "Léclat du soleil est infiniment supérieur à la lumière que tu perçois... Nos yeux ne peuvent pas voir demblée la nature même de la lumière, cest-à-dire la substance du soleil ; cependant nous pouvons contempler son éclat ou ses rayons, par exemple lorsqu'ils s'infiltrent par une fenêtre ou par un petit interstice, et nous imaginer ainsi limmensité de la masse en fusion, d'où rayonne la lumière physique. De même les paroles de la providence divine et la construction élaborée de cet univers sont comme les rayons de la nature de Dieu en comparaison avec Sa substance et Sa nature même." (Origène, princ. I 1, 5.6) A propos du Christ, Origène a dit par exemple : "Le Christ est à limage parfaite de Dieu... Il est la sagesse de Dieu, le rayonnement de Sa perfection et de Sa magnificence, créé en tant que commencement des oeuvres de Dieu. Et comme tout ce que fait le Père, le Fils le fait aussi, il sensuit, par le fait que le Fils fait tout comme le Père, que limage du Père est reconstituée dans le Fils qui est né de Lui." (Origène, princ. I 1, 2.6) Origène était lui-aussi un maillon de la chaîne à travers laquelle le message de Dieu aurait dû parvenir fidèlement aux hommes. Au lieu de cela, on a élaboré des principes ecclésiastiques sur lesquels doit s'orienter le théologien catholique. Jésus na jamais parlé dun "Dieu trinitaire" mais de Son Père et de lunité avec Lui et Il a dit quIl nous enverrait le consolateur. (Jean 16,7) Le dogme de la "trinité" a été institué au 4ème siècle. Comment en est-on arrivé là ? Plus le message de Jésus a pris racine au sein de l'empire romain, plus il a été confronté à la vision polythéiste des Romains. Le message du Dieu unique était clair - mais qui donc était ce Jésus, que lon appelait le Fils de Dieu ? De plus en plus de Romains parmi les nouveaux chrétiens, restés profondément romains dans leur orientation, découvrirent des parallèles avec leur foi de jadis qui sexprimait surtout dans la vénération dune triade de dieux (dune trinité divine) formée par Jupiter (le père des dieux), par Junon (son épouse) et par Minerve (leur fille) ; ils furent considérés comme les dieux principaux et protecteurs de létat romain. Les romains christianisés acceptèrent de bonne grâce tous les aspects de la nouvelle foi chrétienne qui leur semblaient familiers et ne les éloignaient pas trop de leur foi d'origine. Cependant, plus les Romains embrassaient le christianisme, moins les chrétiens des origines pouvaient se faire entendre. Historiquement, le concept de la "trinité" a été institué au cours de la deuxième moitié du 4ème siècle mais cela ne veut pas dire pour autant quil soit vrai. Bien au contraire, en tant que vérité religieuse, ce concept est absurde et incompréhensible. De plus il est dépourvu de tout fondement biblique.
Le prophète : A mon avis, laveuglement des croyants a commencé avec les soi-disant "mystères de Dieu", dont on a fait un système. Dès lors, la caste des prêtres sest placée au-dessus des croyants et au-dessus de lenseignement logique et simple de Jésus de Nazareth donc au dessus de Dieu Lui-même. Lors de notre incarnation terrestre chacun de nous est doté de la raison. Nous devrions en faire usage, dans la mesure du possible, pour réfléchir de manière rationnelle et ne pas accepter systématiquement tout ce qu'on nous propose. Cest pourquoi je prétends que les fidèles de lEglise ont eux-aussi leur part de responsabilité quand ils marchent dans le système païen et médiéval dune caste de prêtres qui les tient sous sa férule avec son "credo quia absurdum". Jésus na instauré ni cultes ni coutumes et si lhumanité Le suivait, Lui, le Christ, elle naurait pas besoin de tout cela. Deux mille ans ont passé et lon peut toujours voir des païens se ranger sous la bannière des serviteurs des dieux, observant leurs coutumes païennes à travers des rites qui maintiennent les fidèles dans un état de dépendance.
Lexpert en théologie catholique : Les cultes voués aux dieux se pratiquent toujours. Les hommes croient avoir besoin dintermédiaires auprès de Dieu parce quils imaginent ne pas pouvoir le regarder en face. Ainsi ont-ils attendu et attendent-ils toujours que dautres sen chargent ; ils ont délégué à d'autres la tâche d'entrer en communication avec Dieu. Ainsi, ces derniers ont-ils acquis aux yeux de la masse un certain pouvoir spirituel. Ils se sont fait "consacrer" ou "ordonner". Cela a provoqué au sein de léglise catholique, une séparation entre le "clergé" (les élus) et les "laïques" (ceux qui font partie du peuple) ; donc entre le clergé et le peuple. Prêtres et pasteurs sont devenus des personnes à part, à lopposé de ce quavait enseigné Jésus : "Tu ne devrais pas te faire appeler Rabbi : Un Seul est votre Maître, le Christ ; cependant vous êtes tous frères". Ils sont devenus des "médiateurs" entre les hommes et Dieu. En instaurant les "sacrements", ils ont acquis du point de vue théologique, un rôle particulièrement important dans la relation avec Dieu, en contradiction totale avec ces paroles de Jésus : "Nul ne vient au Père que par Moi".
Le prophète : Au cours des dernières années la caste des prêtres a été éclaboussée à plusieurs reprises par des scandales publics. Pourtant, bien des secrets sont sans doute encore gardés par tel prêtre ou tel pasteur à qui il ne viendrait d'ailleurs jamais à lidée d'agir autrement, formés qu'ils sont à l'idée que Dieu a Lui-aussi des secrets envers les hommes, ce qui est faux naturellement. Il est exeptionnel - et tout particulièrement chez les théologiens qui se considèrent comme des "sages" - que quelqu'un admette qu'en entretenant ses aspects pécheurs, c'est-à-dire en voulant les conserver, il séloigne de plus en plus de Dieu. Ainsi, quelqu'un qui pèche, crée un fossé entre Dieu et lui-même. Dans ces conditions, il ne lui est pas possible de se rapprocher de Dieu, notre Père éternel - en accomplissant ce que Jésus, le Christ a enseigné, cest-à-dire les Commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne. Cest pourquoi il projette sur Dieu ses propres secrets, son propre mur de brouillard. De par sa position, en raison du vêtement qu'il porte et de la considération quil reçoit en tant que curé ou pasteur, le théologien peut garder ses secrets, étouffer ses scandales, sous le couvert hypocrite du nom de Jésus, le Christ. Le peuple nayant pas appris à se méfier des apparences, on continue ainsi à le duper. Pourtant, les prêtres attendent de leurs fidèles quils leur confessent leurs secrets. Cependant on ne peut pas tromper Dieu, ni même l'étudier. Dieu est la lumière. Lhomme ne peut pas repousser cette lumière, ni l'étudier mais s'il accomplit les Commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne alors celle-ci vit dans son coeur. Nul besoin de confessionnal ni de loreille pécheresse dun prêtre pour cela. Pour moi, la théologie est une forme particulièrement élaborée de camouflage, un enseignement tellement compliqué qu'il dénature totalement le message de Jésus. Après avoir été ainsi déformé, il est redonné au peuple sous la forme de paroles douceureuses afin que les fidèles continuent d'ignorer que derrière tout cela se dissimule en fait un théologien appartenant la plupart du temps à la caste de prêtres.
Lexpert en théologie catholique : Malheureusement, il me faut admettre que tu as raison, car beaucoup dhommes imaginent que, sans prêtre ou pasteur, la on ne peut pas ressentir la présence de Dieu. Il faut bien reconnaître que l'attitude des prêtres et des pasteurs consistant à sidentifier ainsi à la présence de Dieu a des conséquences catastrophiques. La plupart des fidèles pense que les prêtres ont foi dans ce quils enseignent et quils se tiennent aux Commandements de Dieu. Quand des scandales éclatent, leurs réactions le prouvent. Beaucoup sont alors déçus davoir placés leur confiance en tel pasteur ou en tel évêque. S'il s'agit de malversations sexuelles ou financières, il apparaît alors clairement que prètres et pasteurs prèchent des vertus quils ne possèdent pas eux-mêmes. Cest pourquoi les hommes finissent par douter de Dieu et par ne plus croire aux paroles que le prêtre prononce sans jamais les appliquer lui-même. Ils rejettent Dieu car ils ne connaissent bien souvent que le "Dieu de lEglise". Depuis le début de notre entretien, tu as remis en question les dogmes, les sacrements et les rites de lEglise en leur opposant lenseignement de Jésus, à juste titre. Je peux témoigner ici que toutes ces vétilles proposées par linstitution catholique, comme tu les nommes, résultent du polythéisme païen qui idolâtrait une multitude de dieux. Léducation et les conseils prodigués par l'entourage dun jeune attiré par la théologie, remettent rarement en cause ce qui est enseigné et vécu par la caste des prêtres. Les dogmes constituent un "édifice" vers lequel on dirige tout naturellement le futur prêtre ou théologien. Cest pourquoi on instruit et forme généralement les théologiens dans des internats et dans des séminaires, c'est-à-dire à lécart du monde. Pas une seule fois au cours de mes études de théologie, mes professeurs nont abordé le sujet des dogmes pour se demander s'ils correspondaient ou non à la volonté de Dieu.
L'expert en théologie protestante : Durant mes études, je nai moi non plus pratiquement jamais entendu parler de la volonté de Dieu. Chaque professeur a enseigné des choses différentes et chacun a influencé les étudiants à sa manière. Cependant, il y avait tout de même ce qu'on pourrait appeler un plus petit dénominateur commun, à savoir se référer à la Bible et aux exégèses de la Bible développés au sein de l'Eglise protestante. Avant quun prêtre ne prononce ses voeux "à vie", on lui demande d'exprimer son point de vue sur "la Bible et la confession". Là, le dénominateur commun devient encore plus petit, dans la mesure où les bases sont justement mal définies et que celui-ci peut trouver dans la Bible précisément le contraire de celui-là. Ainsi, une affirmation du style "Tel ou tel dogme nest plus actuel", est très souvent admise. Dès lors, le dénominateur commun se réduit souvent à une attitude de base positive envers cette confession et dans ce cadre chacun dispose jusquà un certain point, de la liberté de croire et denseigner ce qui lui semble juste. Au sein de lEglise protestante, cette "liberté" est d'ailleurs considérée comme un "label de qualité". Dans un tel contexte, pourquoi chercher à faire lunanimité dans linterprétation de la volonté de Dieu ? Cela ne ferait que se traduire au contraire par davantage de divergences dopinions pouvant même dégénérer en franche opposition.
Le prophète : Avoir une "opinion", c'est avoir la certitude que les choses sont telles qu'on les pense sans jamais remettre en question cette certitude. Ainsi, quand deux personnes expriment des "opinions opposées", cela signifie que chacune d'elles fait part de ses idées personnelles sur un sujet et s'y tient quoi qu'il arrive. Comme tu viens de lexpliquer, ceci sapplique également aux prêtres. Pourquoi avons-nous donc besoin de curés et de pasteurs puisque chacun peut interpréter la Bible selon sa propre opinion et en faire ce que bon lui semble ? Pourtant, nest-il pas écrit quelque part que la Bible est la parole de Dieu et que personne ne doit lui retrancher ni lui ajouter un seul mot, un seul iota ?
Lexpert en théologie catholique : Dans lApocalypse de Jean, il est écrit : "Et à qui oserait retrancher aux paroles de ce livre prophétique, Dieu retranchera son lot de larbre de vie..." (Apocalypse 22, 19) Dans le Sermon sur la Montagne, on peut lire : "...pas un i (iota), pas un point sur le i, ne passera de la Loi..." (Mt 5, 18) Dans le livre des dogmes de lEglise catholique, il est dit entre autre : "De plus, tous les livres que lEglise reconnaît comme saints et canoniques sont écrits dans leur intégralité sous linspiration du Saint-Esprit." (Neuner-Roos, la foi de léglise, 12. éd., 1986, Nr. 106)
Le prophète : De nombreux théologiens font valoir que la Bible doit être prise au pied de la lettre. Alors comment sy retrouver dans le dédale dopinions souvent contradictoires que ces mêmes théologiens ont forgés autour de la Bible ? A quoi servent les théologiens si on ne peut pas leur faire confiance ? Quel rôle jouent les pasteurs et les curés si chacun deux peut interprétrer les écritures comme bon lui semble ?
Lexpert en théologie protestante : On pourrait aussi se demander pourquoi il existe tant de confessions et de courants ecclésiastiques différents, tant de groupes et de cercles religieux. En réalité, comme tu viens de le rappeler, c'est parce que chacun interprète la Bible et les enseignements ecclésiastiques comme il l'entend, autrement dit, selon ce quil croit avoir compris de la Parole de Dieu. En utilisant ses connaissances, il est toujours possible à un théologien de "justifier" son point de vue. Il est vrai que bon nombre de connaissances historiques ou philologiques sont très peu controversées. Cependant, en dehors de ces connaissances, le plus important reste le "courant" auquel se rattache un théologien. Beaucoup de fidèles attachés à lEglise, optent pour un théologien en fonction du courant auquel il appartient, ou un directeur de conscience dont lorientation correspond à ce quils croient être la bonne. Si quelquun change de conviction religieuse parce que peut-être il aura rencontré un théologien dun autre courant, cela inquiète bien souvent son entourage. De manière générale, au lieu dapporter la clarté, les théologiens ont créé au contraire la confusion dans les esprits. Pour trouver le chemin vers Dieu, il nest nul besoin de théologiens ou de prêtres. Et celui qui est suffisamment libre pour croire en ce quil trouve juste, peut très bien se passer des théologiens. Au cours des études de théologie, il est rare qu'on se demande quelle est la volonté de Dieu.
Lexpert en théologie catholique : Je dois confirmer en effet que ces études namènent pas à sinterroger sur la volonté divine. Dans les universités de théologie, on apprend aux étudiants à citer les textes de la Bible et lart de la rhétorique pour laquelle on travaille même lintonation de la voix, afin de rendre plus convaincant aux yeux des fidèles, les rites, les sacrements et les dogmes que lon a étudiés.
Le prophète : Il est assez logique que les parents, la famille dun étudiant en théologie ne cherchent pas à sinterroger sur lorigine des dogmes et des divers actes ou cérémonies cultuelles. Celui qui considère les paroles de Jésus : "Enseignez dabord et baptisez ensuite" et qui voit comment la caste des prêtres les a sciemment inversées pour en faire : "Baptisez dabord et enseignez ensuite", comprendra que Jésus a enseigné la liberté, tandis que la caste des prêtres a toujours pratiqué lendoctrinement, y compris aujourdhui, en inversant cette Loi énoncée par Jésus. Par lapplication de ce principe contraire à la liberté "Baptisez dabord et enseignez ensuite", les Eglises ont instauré un système dendoctrinement qui se pratique encore aujourdhui dès lenfance. Lon y parle bel et bien de Jésus, le Christ, mais lon y fait rarement ce quIl a demandé. On peut ainsi dire que lapparence sanctifie les moyens et le moyen, cest le but : endoctriner. Les parents qui sont eux-mêmes endoctrinés ne se demanderont pas si leur fils, en loccurence létudiant en théologie, peut être inspiré par des forces qui finalement vont à lencontre de lenseignement de Jésus, même si pour donner le change, leurs représentants ont fréquemment le nom de Jésus, le Christ, sur les lèvres - mais non dans le coeur car souvent le coeur sest perdu sur le parcours des études de théologie.
Lexpert en théologie catholique : Endoctriné à l'époque de ma jeunesse, ce nest que bien plus tard que le doute ma saisi, alors que j'étais chargé dune paroisse ou peut-être même déjà dans la mission, et je sais que dautres prêtres ont vécu le même processus. La plupart de ceux qui constituent la masse des fidèles ne connait pas les dogmes dans leur ensemble. Le fidèle moyen nen connaît la plupart du temps que quelques-uns ainsi que quelques obligations religieuses. De plus il fait rarement la différence entre dogme et comman-dement de lEglise. Par exemple, les dogmes catholiques énoncent les points fondamentaux de la foi catholique, ses obligations, tandis que les commandements de lEglise sont des règles qui gèrent la vie paroissiale, comme par exemple le devoir dassister à la messe dominicale.
Le prophète : Tu parles dobligation religieuse et de vie paroissiale qui impose entre autre dassister à la messe du dimanche. Jésus, le Christ, na parlé ni dobligations, ni de vie paroissiale. Je voudrais faire une différence entre obligation et devoir. Lobligation dit : je "dois" vivre selon certaines règles. Le devoir dun chrétien - de quelqu'un qui se dit chrétien - est daccomplir les Commandements de Dieu et de vivre selon le Sermon sur la Montagne. Mais il nest nullement question dimposer quoi que ce soit à l'aide de "tu dois...". Quelqu'un qui se dit chrétien devrait pourtant se demander s'il est juste et honnête, dun point de vue moral, de se dire chrétien et de vivre en contradiction avec ce que Jésus, le Christ, a enseigné ? Cest pourquoi, aux théologiens et à tous ceux qui les écoutent et les suivent, je conseille de fermer la Bible. Cest un conseil et non une obligation. Car ce que font et proclament bon nombre de prétendus chrétiens est à l'opposé de ce que Jésus, le Christ, a enseigné. Jésus na jamais parlé de vie paroissiale ni dobligation à fréquenter la messe dominicale. Dieu a enseigné le Sabbat qui devrait être sanctifié afin que lhomme puisse se reposer de ses journées de travail pour atteindre lharmonie et avoir ainsi accès au plus profond de son être, de son temple intérieur, pour trouver Dieu en lui-même car Jésus a enseigné que chaque homme est le temple de Dieu et que lEsprit habite au plus profond de chaque homme.
Cependant des aspects de la vérité sont encore perceptibles dans la Bible. Mais pour les trouver, il faut écouter son coeur. Chez beaucoup de prêtres, cette faculté a été enfouie en raison dune vie entièrement consacrée à la théologie qui est un moyen datteindre un certain but qui sappelle la profession. Les actes cultuels ont été transposés de lépoque païenne, cest-à-dire du polythéisme, à aujourdhui et attribués tout simplement de manière erronée aux prophètes de lAncienne Alliance, cest-à-dire imputés à la Bible. LAncien Testament relate souvent des histoires sanglantes où Dieu aurait ordonné dattaquer des peuples voisins, de les exterminer et de se venger ainsi du prochain. Le Dieu de lAncienne Alliance est un Dieu cruel qui aurait demandé par le canal des prophètes non seulement quon Lui sacrifie des animaux en offrande mais aussi des êtres humains par les guerres et autres actes de violence. Jésus, Lui, a parlé dun Dieu différent, dun Dieu damour, un Père Qui aime tous Ses enfants. Quel est donc ce Dieu de lAncien Testament - nous ne faisons pas état ici de ce qui a été attribué de manière erronée aux prophètes - et qui Sexprime à travers Jésus dans la Nouveau Testament ? Dans lAncien Testament, la caste des prêtres a mélangé ses propres conceptions aux paroles des prophètes qui nous ont été retransmises, conceptions qui avaient leurs racines dans le polythéisme assoiffé de sang. De nos jours, la caste des prêtres en se référant au Nouveau Testament continue à mettre en scène les cultes païens. Deux mille ans sont passés depuis la venue de Jésus. Son enseignement qui affirme un Père aimant, éternellement bon, a été sacrifié par la théologie.
Lexpert en théologie catholique : A lépoque de Jésus, cette image du Père aimant et éternellement bon, différait des conceptions que le peuple israélite aussi bien que les peuples polythéistes voisins avaient de Dieu. La manière dont Jésus parlait et vivait, était claire et sans équivoque. Cependant, la caste des prêtres réussit à perpétuer cette image cruelle ainsi que les aspects cultuels du Dieu de lAncien Testament pour les introduire dans le christianisme. Les actes cultuels païens illustraient la croyance en plusieurs dieux, cest-à-dire lidôlatrie. Lautel de pierre, très répandu dans les écritures de lAncien Testament, montre bien non seulement limportance que lon attachait aux paroles et aux prières mais aussi celle donnée à tout ce qui touche au matériel et en particulier aux sens, par exemple avec l'holocauste, lencens, leau, lhuile et les habits de cérémonie.
Le prophète : Quy a-t-il de différent aujourdhui ? Les actes de culte sont seulement un peu plus raffinés et coûteux. Les Eglises ont amassé des fortunes sur le dos de croyants prodigues.
Lexpert en théologie catholique : En ce qui concerne les pratiques cultuelles toujours plus raffinées, jaimerais ajouter que depuis lépoque de Jésus, afin de faire respecter les dogmes, de nouvelles pratiques ont sans cesse été créées, comme cela se faisait dans le paganisme ; ainsi par exemple, linvention du signe de croix pour donner plus de force au dogme de la trinité, le triple encensement (agiter lencensoir), lornement de la salle de culte (le tabernacle, "la lumière éternelle", la colombe...) ou encore toutes les cérémonies rituelles de la semaine sainte, ainsi que les nombreuses processions et autres manifestations solennelles accompagnant la célébration des sacrements. Les autels de lantiquité ont été remis au goût du jour ; déjà les Israélites les utilisaient. Abraham, issu du peuple de la région de Ur avait bien sûr abandonné la croyance dans les dieux de ses ancêtres depuis quil avait perçu la voix de Dieu, de lUn, quil suivait, au plus profond de lui-même. Cependant il maintenait le rite des sacrifices extérieurs en offrande à son Dieu. La reconnaissance du Dieu Unique fut le premier pas quil fit hors du polythéisme. Quand Abraham crut que ce Dieu exigeait quil Lui sacrifiât son fils, lange lui expliqua quil ne sagissait pas en réalité de sacrifier lhomme en faisant un holocauste humain, mais de lâcher ce qui le liait à son fils et qui le rendait ainsi dépendant de lui. Ainsi, Dieu lui enseigna-t-Il le premier Commandement : "Tu nauras pas dautres dieux que Moi...", des dieux qui pourraient être justement les liens qui nous font dépendre dautres personnes. Ce qui est rapporté dans la Genèse, montre bien le niveau de conscience des hommes de jadis quand ils écrivaient : "Lange du Seigneur du ciel dit : ne porte pas la main sur le garçon et ne lui fais aucun mal ; car maintenant, Je sais que tu crains Dieu et que pour Moi, tu naurais pas épargné ton fils unique." (Gn 22, 12) Ainsi, cette image du "maître de cérémonie", me fait penser au récit du repas de la Cène. Si lon ne se reporte pas à lépoque des coutumes païennes et à linfluence quelles ont pu avoir, comment expliquer quil ait pu sinstaurer à partir de la Cène, un sacrifice reproduit par les gestes du prêtre quand il célèbre le sacrement de leucharistie. On se souvient que, lors du dernier repas quils prirent ensemble, Jésus a dit aux Siens quIl donnerait Sa vie et en servant à Ses apôtres le pain et le vin, Il symbolisait le don de Son corps et de Son sang. Il leur a demandé de célébrer à lavenir le repas de la Cène tous ensemble, en mémoire de Lui, et de recevoir le pain et le vin comme symboles de la force intérieure reçue de Lui. Jésus na pas voulu faire de ce repas commémoratif le rituel dun sacrifice expiatoire, où le prêtre - au moyen de quelques formules magiques - transforme du pain et du vin en Son corps et en Son sang pour loffrir à Dieu sur lautel. Si Jésus revenait sur terre aujourdhui, il lui faudrait entreprendre un nouveau "nettoyage du temple" serait nécessaire. Si l'on reprend chacun des sacrements en vigueur au sein des institutions ecclésiastiques et si on les met en parallèle avec ce que Jésus a dit et fait, on contate que : Jésus na jamais baptisé ; Jésus na jamais confessé ; Jésus na jamais donné la communion ; Jésus na jamais confirmé ; Jésus na jamais ordonné de prêtres ; Jésus na jamais béni de mariages ; Jésus na jamais administré lonction aux malades. Toutes les cérémonies et tous les cultes sont des manifestations issues du polythéisme.
Lexpert en théologie protestante : Parmi bien dautres actes religieux, lEglise catholique privilégie ces sept sacrements, ou "signes (visibles) de la grâce (invisible)" : le baptême, la confirmation, leucharistie, la pénitence, lonction des malades, lordre et le mariage. LEglise protestante a réduit ce nombre à deux ou trois, le baptême et la Cène, et éventuellement la confession ou pénitence. Selon les Eglises catholique et protestante, les sacrements auraient été institués par Jésus. Pour se faire, chaque sacrement se serait vu attribuer un signe extérieur. Cependant si lon fait des recherches, il est clair que Jésus de Nazareth na institué aucun des sacrements. Lorsqu'Il a prononcé ces paroles : "Enseignez dabord et baptisez ensuite" (Mt 28,19), Jésus a voulu montrer que ce nétait pas lacte extérieur du baptême qui était important, mais le baptême spirituel intérieur. Les hommes qui cheminent vers Dieu avec droiture et détermination et qui ont reçu le baptême spirituel seront accueillis parmi les baptisés spirituels. Par ailleurs, lEglise prétend que Dieu agit à travers le sacrement du baptême afin de sceller une alliance avec les hommes. Cest ainsi que lon transforme une pratique de lEglise destinée à recruter des ouailles en action divine. De ce fait, on abuse du nom même de Dieu car ce nest pas Dieu qui agit alors mais bien le prêtre. Jamais Jésus na dit que Dieu agissait à travers un sacrement ou une cérémonie. Le baptême des nouveaux-nés dont lEglise protestante a fait une pratique obligatoire, na jamais été demandé par Jésus. Chacun devrait pouvoir se décider librement. Comme il est dit dans la Bible, en premier lieu vient lenseignement ; ensuite lhomme peut choisir sil laccepte ou non. Sil laccepte et quil vit lenseignement dans la pratique, alors viendra le temps où il recevra le baptême spirituel. Cest cela que Jésus voulait. Cependant les Eglises protestantes nont jamais respecté cela. Par ailleurs, en 1956, elles ont modifié la Bible de Luther en traduisant le mot "enseigner" par "rassembler des disciples". Dans les nouveaux catéchismes, par exemple, il est soudain question de faire du nouveau-né un "disciple, en le baptisant. Dans ce contexte, "lenseignement" a été complètement laissé de côté. On a de ce fait falsifié les paroles de Jésus.
Le prophète : Il est écrit qu'il ne faut changer ni un iota, ni un seul mot de la Bible. Mais peut-être Dieu fait-Il une exception en acceptant que, par le baptême, le nouveau-né se transforme en disciple et en successeur de lEglise luthérienne ? Jésus de Nazareth a-t-Il enseigné de telles choses ?
Lexpert en théologie protestante : Ici, la falisification du sens sest opérée lors dune nouvelle traduction. Le baptême implique pour le nouveau-né quil devient membre de lEglise luthérienne, ce qui entraîne aussi pour lui par la suite, de payer les impôts pour lEglise. Le prêtre qui baptise un nouveau-né agit contre la volonté de Jésus, le Christ. LEglise, pourtant, sobstine dans ce sens. Quand, se référant à Jésus, un diacre luthérien de mes connaissances, refusa de faire baptiser son fils âgé de quelques mois pour quil ait la liberté de choisir à sa majorité, un doyen eut alors recours aux mesures officielles à son encontre. Le diacre, en raison de sa position vis-à-vis du baptême, fut privé du droit dexercer ses activités parmi la jeunesse. On peut donc dire que lacte du baptême par leau du nouveau-né est un sacrement de lEglise qui na rien à voir avec ce quenseignait Jésus de Nazareth. Le sacrement de la Cène (communion) na pas non plus été institué par Jésus. Lors du dernier repas avec Ses disciples, quand Jésus leur dit : "Faites cela en mémoire de Moi", Il nimaginait pas alors des hommes vêtus de noir, devant lautel dune Eglise, invitant dautres hommes à communier en leur distribuant des hosties pour symboliser extérieurement un sacrement. Jésus pensait à un repas véritable, pris en commun dans Son Esprit, et sans prêtres.
Lexpert en théologie catholique : Le sacrement de lordre fait partie des sacrements catholiques. Limportance que lon attribue au "maître de cérémonies" est particulièrement manifeste dans la mise en scène faite autour de la célébration de la première messe (= première messe que célèbre le "serviteur de Dieu", le prêtre nouvellement ordonné). Une grande fête se déroule pour la circonstance dans une ambiance populaire, où sont conviés les fidèles et les jeunes de la paroisse auxquels se joignent choristes et musiciens. La Cène, le dernier repas de notre Seigneur fut un des moments les plus difficiles de Sa vie cependant que la première messe célébrée par le jeune prêtre est devenue, elle, une fête populaire. Ce nest que plus tard, après plusieurs années dexercice de ma fonction de prêtre, que jai soudain pris conscience que lors dune première messe, le centre dintérêt était en fait un être humain qui reçoit vêtements et objets particuliers, ainsi que toute laide nécessaire pour faire de lui un "sacrificateur" fidèle.
Le prophète : Et la victime du sacrifice, cest celui qui verse de largent à lEglise, non seulement en réglant limpôt ecclésiastique comme c'est le cas en Allemagne, mais aussi à travers limpôts que lui prélève lEtat, quil soit membre de lEglise ou pas. En outre, le croyant contribue de bien dautres façons à lenrichissement de linstitution ecclésiastique en déposant son obole dans le tronc de léglise, en participant à la quête dominicale ou en remmettant au prètre une enveloppe lors des mariages, enterrements ou baptêmes. Le salaire dun prêtre ou dun pasteur est prélevé directement des caisses de léglise qui sont donc alimentées par de nombreuses sources que lon peut récapituler brièvement : les subventions payées par létat avec largent des contribuables, quils soient ou non croyants, limpôt ecclésiastique que paye le croyant, les dons, les héritages, largent des troncs et des quêtes versé par les fidèles depuis lorigine et qui au fil du temps ont contribué à la fortune de léglise. On peut alors se demander sil existe une profession aussi lucrative que celle du théologien en fonction ? Le pouvoir de la caste des prêtres a grandi de plus en plus grâce aux richesses inimaginables mais gardées secrètes que les Eglises institutionnelles ont accumulées. Désormais celles-ci ne pourront certainement plus passer par le "chas de laiguille", pour reprendre limage évoquée par Jésus : "Il est plus facile à un chameau de passer par le chas de laiguille quà un riche dentrer dans le Royaume de Dieu." Cette caste, depuis que Constantin a fait de léglise romaine une église détat, sest toujours servi de lEtat pour pouvoir exécuter sa volonté. On la nomme Eglise "chrétienne" mais en réalité, elle na pas grand chose à voir avec ce que Jésus enseignait, Lui qui a dit entre autre : "Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent...". Il est dit aussi, à la fin de lApocalypse de Jean, à propos de Babylone la prostituée, symbole dune église devenue séculière : "Sortez de cette cité, ô mon peuple, de peur de participer à ses péchés et de partager les fléaux qui lui sont destinés." Dans la presse allemande du 29-12-1997, le président du conseil de lEglise protestante en Allemagne déclarait : "...Il est vrai que nous sommes encore une église riche." On est en droit alors de se demander qui est à lorigine de cette richesse. La réponse, encore une fois est : le contribuable qui paie des impôts à lEglise et lEtat qui lui verse des subventions. Quaurait dit Jésus de tout cela ?
Lexpert en théologie protestante : Jésus de Nazareth disait : "Malheur à vous, les riches" (Lc 6, 24) et Il na pas enseigné à Ses disciples de lever un impôt ecclésiastique, impôt qui fut introduit au 19ème siècle. De nos jours, pour les années quatre-vingt-dix, la recette annuelle sélève environ à 17 milliards de DM, nets dimpôt. De plus, comme tu las dit, lEtat verse tous les ans sous forme de subventions, des milliards dont plus de quatre sont destinés à lenseignement religieux des deux confessions dans les écoles publiques ou versés à titre de "dotations" annuelles aux deux Eglises depuis 1817 en dédommagement des pertes causées par létatisation qui eut lieu sous Napoléon. Parmi les biens nationalisés à cette époque figurent, par exemple, des terres tombées aux mains de celle-ci à la suite de faits de guerre, ou des biens confisqués à des personnes que lEglise avait fait brûler comme sorcières ou hérétiques. Mais cela nempêche pas les Eglises protes-tante et catholique de recevoir tous les ans depuis presque deux siècles une somme destinée à compenser la perte de ces biens. Jésus de Nazareth na jamais demandé à Ses successeurs de fonder une Eglise sur largent. Grâce aux concordats ou aux traités passés entre les Eglises et lEtat, celles-ci ont acquis lassurance de percevoir de nouveaux fonds publics dont le montant peut encore sévaluer en milliards et destinés à couvrir lensemble des frais de la formation des théologiens dans les universités ou dans les hautes écoles religieuses ou à subventionner le soin des âmes dans les prisons ou les casernes. Depuis la réunification des deux Allemagnes, les nouveaux états de lest ont été contraints eux aussi à la suite de concordats, à participer au financement des Eglises institutionnelles bien que 80% de leur population ny appartienne à aucune de ces deux confessions. Voilà quelques-unes des multiples façons qu'ont les Eglises institutionnelles de percevoir des revenus substantiels qui viennent sajouter à leurs réserves financières déjà considérables . On estime entre 80 et 100 milliards de DM les réserves financières de lEglise catholique et on avance un chiffre à peu près similaire pour lEglise protestante, auxquels sajoutent des biens fonciers et immobiliers que lon peut évaluer à environ 400 milliards de DM pour la seule Eglise catholique. Aux dires des Eglises, une partie de ces biens est invendable, pourtant lEglise protestante a déjà transformé certain de ses bâtiments en restaurants, en centres sportifs ou en musées, et même en logements, source de nouveaux revenus. Précisons que le mobilier ornemental des églises ainsi que les objets du culte dont beaucoup sont de véritables joyaux (crucifix, calices en or sertis de pierreries, etc...), ne sont pas inventoriés dans ces réserves. Telle est la situation en Allemagne. En Autriche et en Suisse, les Eglises reçoivent également des subventions qui peuvent être chiffrées en milliards ; en Suisse, même les entreprises sont astreintes à payer elles aussi des impôts pour léglise. Tout cela est bien loin de ce que voulait Jésus de Nazareth qui na jamais demandé ni aide ni soutien financier à lEtat pour Lui-même ou Ses disciples. Ils vivaient selon le Commandement "Prie et travaille" et non selon le principe : "Fais-toi payer pour dire des prières!" Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus nous a mis en garde : "Namassez pas des trésors sur la terre..." a-t-Il dit (Mt 6, 19). Pourtant les Eglises amassent bel et bien des trésors sur la terre. Jésus a dit encore : "Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de lhomme na rien où poser sa tête." (Mt 8, 20) Cest aussi un symbole pour Ses successeurs qui ne devraient considérer aucun endroit sur terre comme leur patrie ni se lier à de tels lieux. Cependant, les Eglises se sont liés à tous ces endroits où elles ont amassé des fortunes dont le montant peut être chiffré parfois en milliards, faisant construire des palais, de somptueux édifices et devenant propriétaire de milliers de bâtiments dont létat se fait même le devoir dassurer lentretien. En plus de ces charges immobilières que lEtat endosse au profit des Eglises, celles-ci reçoivent chaque année plus de 270 millions de DM pour l"entretien des monuments". Dautres sommes quon peut évaluer en millions de DM sajoutent encore à ce bilan : ce sont les avantages "en nature" (cest-à-dire des dons qui se faisaient sous forme de blé, de poissons, de bois, etc...) dont lEtat avait pris lobligation au cours des siècles précédents pour entretenir le clergé. Ils sont perçus aujourdhui encore dans beaucoup de régions. Que les frais de personnel soient aujourdhui couverts par limpôt ecclésiastique ou payé directement par létat, na pas entraîné la suppression des "avantages en nature". Les Eglises les font convertir en Deutschmark qui sont virés sur leurs comptes bancaires par létat, à moins que celui-ci ne se libère de cette contrainte en versant aux Eglises de fortes indemnités sélevant à peu près à 25 fois le montant annuel de lobligation. Ce que tout cela représente pour le citoyen allemand peut être illustré à travers lexemple de Karlstadt, ville de 14000 habitants, située dans la région du Main-Spessart : comme bien dautres communes, la ville de Karlstadt est redevable chaque année des "avantages en nature" envers les Eglises. Pour se libérer de cette obligation, en 1997, la ville aurait dû verser une somme équivalant à plus de 500 000 DM au profit des Eglises institutionnelles - ce dont elle ne pouvait pas sacquitter. Le conseil municipal fut donc obligé de reconduire le paiement des avantages en nature, qui, il faut le noter au passage, incluaient la part dun prêtre catholique qui nexerçait plus depuis 1984 ! Pourtant, lEglise revendiqua le paiement de cette part en faisant valoir le droit coutumier. Le conseil municipal se limita donc à voter lannulation dune subvention volontaire versée par la commune depuis 1979 au profit des deux institutions ecclésiastiques. Contrairement à Karlstadt, la bourgade de Triefenstein a pu quant à elle, en versant 6.250 DM, se libérer en 1996 dune obligation remontant à plusieurs siècles et qui imposait la fourniture dune certaine quantité de vin aux membres du clergé. En tenant compte de tout cela, que peut-on penser des sermons des pasteurs et des prêtres qui prêchent de ne pas sinquiéter du lendemain, reprenant les paroles mêmes de Jésus ? Ceux qui entendent de tels sermons et qui doivent lutter pour assurer leur subsistance et celle de leur famille, peuvent-ils éprouver le même sentiment de sécurité que les ministres de lEglise ? De nos jours, beaucoup de salariés ont peur du chômage. Un pasteur ou un curé, lui, ne perdra jamais son emploi à moins quil ne commette une faute grave. On peut toutefois citer le cas dun pasteur luthérien coupable de pédophilie, condamné et licencié, qui parvint à se faire réintégrer dans son ministère en déposant une plainte auprès dun tribunal ecclésiastique ; la seule sanction quil eut à subir fut linterdiction de travailler avec des adolescents ou des jeunes enfants. Signalons dautre part que le salaire dun ministre de lEglise ne dépend pas du rendement, contrairement à bien des professions.
Le prophète : Jésus a dit : "Tout travailleur mérite son salaire." (Luc 10,7). A mon avis cela signifie que lhomme devrait percevoir un salaire proportionnel au travail quil fournit et à la qualité de celui-ci. Cependant, en ce qui concerne les ministres de lEglise, il semble quil en est autrement. Ils subissent généralement peu de contrôles dans lexercice de leur profession et leur salaire est assuré quel que soit le travail fourni. Jésus na certainement pas soumis Ses apôtres et disciples à une formation théologique avant de les envoyer enseigner la Parole de Dieu aux hommes. Il leur a dabord enseigné la vérité éternelle, puis quelques-uns, parmi eux, ayant mis en pratique dans leur vie quotidienne la Parole que Dieu est, devinrent des hommes de lamour désintéressé, au coeur empli de lEsprit de la vérité. Ils pouvaient donc sadresser à leurs semblables à partir du coeur, cest pourquoi leurs paroles et leurs actes étaient imprégnés de la vérité, de Dieu. Tous les apôtres exerçaient un métier qui leur permettait de gagner leur vie et de subvenir aux besoins de leurs familles. Jésus en aurait-Il appelé à limpôt ecclésiastique et aux subventions de lEtat ? Aurait-Il prêché linégalité telle quelle apparaît aujourdhui dans le fait que pour toute profession, quil sagisse des salariés qui travaillent dans les usines ou dans les entreprises, des artisans, des commerçants, des médecins, des agriculteurs, tous sont tributaires de leur clientèle ou de leurs patients, donc de ceux qui choisissent dacheter leurs produits ou de faire appel à leurs services, tandis que les ministres de lEglise perçoivent salaire ou pension à vie sans que jamais ceux-ci ne soient remis en question ? Par ailleurs, celui qui travaille, cest-à-dire celui qui est rémunéré pour ses services, ne peut compter que sur largent quil gagne pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, alors que le plus souvent, pasteurs et curés bénéficient dun logement gratuit et reçoivent des prébendes. Evêques et cardinaux résident dans des palais, et tout cela au nom du Christ. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ; que celui qui a des yeux pour voir, voie et que celui qui a une conscience suive cette exhortation que lon trouve dans lApocalypse de Jean à propos de Babylone, la prostituée : "Sortez du milieu delle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés et que vous nayez point de part à ses fléaux..." Même si celui qui "entend et voit", quitte le giron de linstitution ecclésiastique et laisse derrière lui lédifice de pierre, nous savons bien quil participe toujours au financement de lEglise à travers les impôts quil verse à lEtat. Cependant, si nous mettons tout cela sur la balance de la justice divine, il est peu probable que le fléau penche du côté de lEglise étatique et de ses fidèles. Il y a de fortes chances quil sincline plutôt du côté de ceux qui ont pris conscience que, même sils doivent continuer à donner indirectement leur argent à lEglise en payant leurs impôts à létat, il est grand temps de changer de cap.
Lexpert en théologie catholique : Celui qui voit comment le monde évolue aujourdhui comprend ces paroles de Jésus prononcées il y a 2000 ans : "N'amassez pas des trésors sur la terre... amassez plutôt des trésors dans le ciel... " (Mt 6, 19-20) et : "Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra lun et aimera lautre... " (Mt 6, 24). Le fait que le Christ nous parle aujourdhui à travers la parole prophétique avec plus dinsistance encore, montre bien que les indications quIl donna à lépoque ou Il vécut sur terre en tant que Jésus, ne furent pas prises au sérieux. On peut noter dans les Actes des apôtres : "Aussi parmi eux (les nouveaux chrétiens) nul nétait dans le besoin : car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres ; et lon faisait des distributions à chacun suivant ses besoins." (Ac 4, 34-35) Mais au bout de quelques décennies, ce nétait plus les apôtres de Jésus, les témoins oculaires, qui percevaient les recettes et les dons des autres chrétiens, mais des "fonctionnaires" avec une mentalité de Judas. A partir du troisième siècle déjà, les "episkopoi" (les évêques) collectaient lensemble des revenus de lEglise, ce qui leur conférait un pouvoir qui concurrençait de plus en plus le pouvoir temporel. Dans ce contexte, les propos de lévêque Ignace dAntioche prononcés dès le deuxième siècle prennent toute leur signification : "Ne faites absolument rien sans lévêque... celui qui honore lévêque est honoré par Dieu, celui qui agit sans lévêque sert le diable." Jésus a transmis à Ses disciples les principes communautaires : "Vous savez que ceux quon regarde comme les chefs des nations leur commandent en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être de même parmi vous ; au contraire, quiconque veut être grand parmi vous se fera votre serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous se fera lesclave de tous " (Marc 10, 42-44) Ces principes sont très vite tombés dans loubli parce quils ne correspondaient pas aux aspirations de la caste des prêtres avides de pouvoir et de richesses matérielles. Ce qui allait de soi aux premiers jours du christianisme des origines, cest-à-dire le principe dégalité et de bien commun, fut bientôt détourné en principe satanique pour engendrer : séparation, avidité, domination, oppression, mépris de la vie, meurtres et massacres sans limites. Les biens matériels privés de leurs propriétaires, tombèrent presque automatiquement entre les mains de linstitution ecclésiastique qui, si elle a gardé dans la Bible la partie relative au Sermon sur la Montagne, na de toute évidence jamais eu lintention de le mettre en pratique. Les changements apportés au quatrième siècle sous le règne de lempereur Constantin, déterminèrent le cours de linstitution ecclésiastique. On peut dire quà partir de cette époque, les véritables successeurs de Jésus navaient plus voix au chapitre ni suffisamment dinfluence au sein de lEglise. Ils furent bientôt supplantés par ceux qui enseignaient le "sacrifice sanglant expiatoire de Jésus" et qui exigeaient le sang des chrétiens prenant Son enseignement au sérieux. Au fil des siècles, le sang sillonne sans interruption lhistoire de lEglise ; Palais et églises somptueuses furent construits grâce à de l'argent taché de sang ; De toutes les fautes et atrocités dont sest rendue coupable linstitution ecclésiastique, est né un fleuve de sang. Des centaines de livres relatent ce que des hommes ont dû subir de la sorte et qui les fit se distancier du message divin que Jésus transmit à tous les hommes il y a 2000 ans. Je ne vais pas reprendre ici en détail ce que bien des livres et publications ont révélé au grand jour et que personne dailleurs ne conteste. Mon coeur se serre quand je pense que chacune des expressions telles que : combats pour le pouvoir, marchés usuraires, recels, abus de privilèges, falsifications, captations dhéritages, brutalités exercées lors du recouvrement de la dîme, esclavage, trafic dindulgence, vente de charges, inquisition, croisades... recouvrent à elles seules des "montagnes" derreurs. Ce qui me fait le plus de peine, cest que tout cela ait pu survenir après que Jésus ait donné Sa vie pour nous. Son sacrifice pour la rédemption des hommes nétait pas destiné à servir de passe-droit pour tous les crimes qui ont été commis depuis Sa mort jusquà nos jours. Ces erreurs, tant quelles ne seront pas réparées, constituent une dette de lâme ; car "ce que lhomme sème, il le récoltera". La loi des semailles et des récoltes, la loi de cause à effet, accorde souvent à lhomme une longue période de grâce durant laquelle il a la possibilité de reconnaître ses erreurs et rebrousser chemin. Cependant "long" ne signifie pas "éternel". Le constat que lon peut faire à partir de tout cela, cest celui de léchec des institutions de lordre dune société qui ne mérite pas de sappeler "chrétienne".
Le prophète : Tout ce qui se passe au nom de Jésus, le Christ, tout ce que les hommes font en Son nom na, à mon avis, pas dautre but que de tourner lenseignement de Jésus, le Christ, en dérision. A quoi sert la Bible, si le prêtre se contente de citer les évangiles - ne parlons pas ici de leur authenticité - sans mettre lui-même leur contenu en pratique ? Beaucoup de théologiens considèrent que les Dix Commandements de Dieu et le Sermon sur la Montagne de Jésus ne sont rien de plus que des enseignements et ils ne vivent pas selon ces enseignements. Ils prétendent même que le Sermon sur la Montagne de Jésus ne peut absolument pas sappliquer à la vie quotidienne.
A quoi sert le Sermon sur la Montagne de Jésus et pourquoi figure-t-il dans la Bible, sil nest pas reconnu ? Pourquoi Jésus laurait-Il enseigné ? A quoi sert cet enseignement si personne ne le vit dans la pratique ? A quoi les prophètes de lancien testament ont-ils servi dès lors que la caste des prêtres a repris en grande partie les traductions, conservant certains textes, en supprimant dautres, modifiant et inserrant ce que bon lui semblait ? On prétend ensuite que Dieu a révélé tout ce fatras par la bouche des prophètes. Je pense ici notamment aux cinq livres de Moïse, au Pentateuque. La plupart de ce qui sy trouve ne correspond en rien aux Lois de Dieu mais à des règles établies à des fins dominatrices par une caste de prêtres cruelle. Citons par exemple : "Un homme qui insulte son père ou sa mère, sera mis à mort ; s'il a insulté père et mère, son sang retombera sur lui." (Lévitique 20, 9) "Si un homme commet ladultère avec la femme de son prochain, ils seront tous deux mis à mort, lhomme adultère aussi bien que la femme adultère." (Lévitique 20,10) "Celui qui blasphème le nom du Seigneur sera mis à mort : toute la communauté le lapidera ; étranger ou indigène, il sera mis à mort pour avoir blasphémé le Nom" (Lévitique 24, 16) "Sil se trouve au milieu de toi, dans lune des villes que le Seigneur ton Dieu te donne, un homme ou une femme qui fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur ton Dieu en transgressant Son alliance et qui sen va servir dautres dieux et se prosterner devant eux, devant le soleil, la lune ou toute larmée des cieux, ce que je nai pas ordonné : si lon te communique cette information ou si tu lentends dire, tu feras des recherches approfondies ; une fois établi le fait que cette abomination a été commise en Israël, tu amèneras aux portes de ta ville lhomme ou la femme qui ont commis ce méfait ; lhomme ou la femme, tu les lapideras et ils mourront." (Deutéronome 17, 2-5) "Lorsquun homme a un fils rebelle et révolté, qui nécoute ni son père ni sa mère, sils lui font la leçon et quil ne les écoute pas, alors son père et sa mère sempareront de lui et lamèneront aux anciens de sa ville, à la porte de sa localité. Ils diront aux anciens : Voici notre fils, un rebelle et un révolté qui ne nous écoute pas ; il sempiffre et il boit ! Tous les hommes de sa ville le lapideront et il mourra." (Deutéronome 21, 18-21) "Un voleur devra donner compensation. Sil na rien, il sera vendu pour payer son vol" (Exode 22, 2) "Si lon prend sur le fait un homme couchant avec une femme mariée, ils mourront tous les deux, lhomme qui a couché avec la femme et la femme elle-même." (Deutéronome 22, 22) Jésus pourtant a dit : "Que celui dentre vous qui est sans péché lui jette la première pierre..." Qui a dit la vérité ? Jésus ou "Dieu" à travers Moïse ? Deux affirmations contradictoires. Laquelle est la bonne ? La caste des prêtres utilise aujourdhui tout ce tissu dinventions quelle a jadis introduit dans les livres de Moïse, en pensant pouvoir encore faire avaler ce quelle veut à la génération actuelle. A cela sajoute la fascination exercée par les rituels du culte issus du paganisme et qui renforce la dépendance des croyants vis à vis des institutions ecclésiastiques. Martin Luther sappuya beaucoup sur le Pentateuque qui, en raison des diverses transfor-mations quil subit, se compose de récits où se mêlent fiction et vérité. Le monde de ses pensées était largement empreint du mépris quil vouait à ceux qui avaient une autre croyance. C'est ainsi qu'il devint lun des plus ardents théoriciens de lantisémitisme et que ses calomnies contre les Juifs permirent aux nationaux-socialistes de justifier la haine quils vouaient aux Juifs et qui conduisit un si grand nombre d'entre eux dans les camps de la mort.
Les théologiens, catholiques aussi bien que protestants, se réclament des paroles de la Bible. Mais si le contenu de celle-ci était vérité toute entière, ils devraient appliquer aujourdhui de façon conséquente ce que Dieu a soi-disant révélé à travers Moïse et menacer le peuple non seulement de la damnation éternelle mais aussi, dans de nombreux cas, de la peine de mort. Dieu Est, et parce quIl Est, Il Est immuable. Si Dieu avait révélé à travers Moïse tout ce qui est contenu dans le Pentateuque, pourquoi Jésus, le Christ, nous aurait-Il enseigné un Dieu différent ? Dieu serait-Il donc un Dieu arbitraire ? De nos jours, la caste des prêtres extrait les passages de la Bible avec lesquels elle peut tromper le peuple des fidèles qui, dans son aveuglement, na pas appris à réfléchir par lui-même étant donné que dès sa naissance, lenfant se trouve intégré à travers lacte du baptême aux institutions ecclésiastiques puis endoctriné tout comme ses parents, eux-mêmes baptisés par lEglise et endoctrinés par léducation que leurs parents avaient choisi pour eux.
Lon peut donc dire : les racines de larbre de bien des familles, cest la sève de l"endoctrinement". La couronne de larbre, cest encore lendoctrinement et les fruits en sont aussi lendoctrinement. De tout cela résulte le mort spirituel qui acclame les morts spirituels. Ce nest pas ce que voulaient Moïse ni Jésus mais ce qua toujours voulu la caste des prêtres. Chaque homme possède le libre-arbitre et peut donc se décider librement. Ce nest pas Dieu qui intervient dans ce mélange dopinions et de conceptions mais le destin, qui trouve ses racines dans la loi des semailles et des récoltes. Elle sapplique également aux institutions ecclésiastiques qui sont en train de péricliter du fait que les fruits de larbre de lendoctrinement sont de moins en moins appréciés.
Lexpert en théologie catholique : En técoutant, jai pris conscience quà tout moment, chacun de nous influence lautre et cherche à le rallier à sa propre cause. De manière générale, les hommes sont si peu autonomes dans leurs choix, quils suivent sans réfléchir le chemin quemprunte la majorité. Il nest pas si facile de se détacher de la masse, avant tout parce quon ne se rend même plus compte quon est soi-même frappé du sceau de lendoctrinement. Le dictionnaire donne pour "endoctriner", la définition suivante : "influencer des individus ou des groupes entiers de la société, en utilisant des moyens psychologiques pour inspirer une certaine opinion ou inciter à agir dune certaine manière. [syn. de catéchiser...]" Il nest pas difficile dinfluencer des hommes qui sont dépendants de médiateurs ou dintercesseurs. A ce sujet nous pouvons dire ceci : Il est relativement facile de persuader les croyants que du fait que lon ne peut voir Dieu ni Lentendre, Il a choisi parmi les hommes des intercesseurs ou médiateurs. Cependant cela nest pas conciliable avec ce que Jésus disait : "Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi" (Mt 23, 8). Si lexistence de médiateurs a pu persister aussi longtemps, cest probablement parce que jusquau 16ème siècle, très peu de personnes avaient accès à la Bible. Les croyants dépendaient entièrement des "Rabbis" ou quel que soit le nom quon ait pu leur donner jusquà ce jour. Aux fruits recueillis, on peut donc voir si cest la doctrine - la foi dogmatique - qui a été transmise aux croyants, ou bien si lon se trouve dans la succession consciente de Jésus qui a enseigné les Lois éternelles.
Le prophète : Existait-il des prêtres avant Moïse au sein du peuple israélite ?
Lexpert en théologie catholique : Je nai pas connaissance de la façon dont le premier prêtre est apparu ni de quel cercle culturel il était issu. Nous savons seulement que les premiers groupements humains avaient déjà des dirigeants qui possédaient un pouvoir supérieur. Ce nest que dans les temps qui suivirent quon put savoir doù émanait cette force, lorsque les liens avec certains êtres ou certaines forces devinrent manifestes, comme cest par exemple le cas chez les voyants, les devins ou les magiciens. Munis de tels dons surnaturels, ils se virent donc de plus en plus confier le rôle deffectuer les rituels du culte, rôle qui, au cours de lévolution de certains peuples, finit par revenir à une catégorie de personnes bien définies : cest ainsi que sinstaura la caste des prêtres. Revenons de nouveau à lépoque antérieure à Moïse : Jusquà la venue de Moïse, il nest pas question de prêtres parmi le peuple d'Israël, sinon quAbraham, au cours de son périple au pays de Canaan, aurait rencontré un prêtre-roi nommé Melchisédech (Gen. 14, 18). Cependant on trouve des indications relatives au fait quà lépoque de Moïse, une caste de prêtre commençait à se développer et dont Aaron, le propre frère de Moïse, était lorigine. Il est toutefois peu probable que la fonction de prêtre ait été, déjà dès cette époque, aussi affirmée que nous le rapporte le troisième livre de Moïse. En effet, le culte des offrandes dans son ensemble sest développé peu à peu jusquau sixième siècle avant Jésus-Christ. Il fut par la suite attribué à une époque antérieure, cest à dire à lépoque de Moïse, ceci afin de donner un fondement convaincant à la "tradition" de la fonction de prêtre et permettre de présenter Moïse comme le fondateur des lois régissant toutes les actions entreprises par la caste des prêtres. Dans le dictionnaire de la Bible, il est écrit au sujet dAaron : "Il est le fondateur de la caste israélite des prêtres". Pour moi, cela nest pas une certitude. On peut cependant l'envisager. Au lieu de faire lui-même, comme son frère Moïse, lexpérience de Dieu et de la parole intérieure pour devenir au sein du peuple dIsraël, un combattant zélé au service de Yahvé, Aaron se fit élever par le peuple à la position de prêtre - de prêtre didoles - et cette fonction à laquelle il accéda, devint lhéritage de ses fils, donnant naissance à une tradition qui se perpétua durant toute la période des rois. La fonction de prêtre se transmit de génération en génération avec, de manière secrète, lensemble des rituels du culte : la fonction des objets, la manière de célébrer le culte, lattitude que devaient observer les fidèles vis à vis du prêtre ; tout cela fut transmis oralement et en partie seulement par écrit. Le peuple des fidèles ne sut jamais le pourquoi ni le comment de toutes ces choses et finit tout simplement par sy accoutumer ; en fin de compte elles lui ont été imposées. Cest comme cela que se sont développées les différentes traditions. Dieu (Yahvé), dans les récits de la Bible, sadresse toujours à des individus isolés comme par exemple Noé, Abraham, Isaac et Jacob... qui retransmettent ensuite Sa Parole à leur entourage. De ces récits se dégage une structure dans laquelle seuls quelques initiés reçoivent la connaissance de ce quil y a à faire ; les autres suivent ces "médiateurs". Cependant, nous avons vu à quel point la véracité des faits, tels que les récits que lon peut lire aujourdhui les rapportent, est douteuse. Aux yeux des fidèles, aujourdhui encore, la caste des prêtres donne, devant lautel, limpression quelle est véritablement proche de Dieu, en communion et en communication avec Lui. Ainsi, lhumanité qui sen est toujours remis à ses médiateurs et à ce quils disent, a finalement cessé de chercher laccès direct à Dieu et la protection en Lui. La caste des prêtres a profité de la misère spirituelle de la masse et en profite encore. Du temps dAaron, le peuple endoctriné subissait déjà linfluence des prêtres qui lui faisaient croire que sans eux, la communication avec Dieu était impossible. La masse des croyants dont la foi est aveugle prend toujours la défense des prêtres lorsque ceux-ci viennent à être remis en question. Survolons les 4000 ans passés depuis Abraham jusquà nos jours : Abraham fit lexpérience dun Dieu unique. Il obéit à la voix du Dieu unique et la suivit. Quand cette voix, Dieu, le guida, quelques hommes le suivirent. Autour de cette petite communauté, dautres peuples croyaient à des dieux multiples et leurs prêtres prétendaient pouvoir communiquer avec ces dieux. Là encore, la caste des prêtres fit croire aux hommes quelle était la seule possibilité pour eux dobtenir des dieux ce quils voulaient. Chaque fois que Dieu envoya un prophète parmi les hommes, il fut considéré comme un étranger par la caste des prêtres et ses fidèles. Déjà avant Jésus, elle entretenait ses fidèles dans la croyance que Dieu avait tout dit. Cest pourquoi ce que les envoyés de Dieu voulaient apporter, était considéré comme contraire à la vérité ; on prétendait alors que ce qui était révélé à travers les prophètes ne correspondait pas aux écritures anciennes - cest-à-dire à ce que la caste des prêtres avait elle-même arrêté. Les écritures anciennes, y compris ce quon a inventé et attribué à Moïse, ne correspondaient pas non plus à ce quenseignait Jésus et cela les pharisiens nont pas manqué de le reprocher au Nazaréen. Plusieurs passages du Nouveau Testament décrivent les scribes venant vers Jésus pour Lui dire : "Tu nagis pas comme nos pères nous lont dit !" Justement parce que la parole de Dieu ne correspond pas aux écritures de la caste des prêtres. Celui qui ouvre lAncien Testament devrait avoir à lesprit que, de tout ce qui a été transmis dans les époques passées, bien peu fut noté par écrit. Au fil des siècles, les traditions étaient le plus souvent redonnées telles que le narrateur les avait enregistrées dans sa mémoire, selon son niveau de conscience, et présentées comme étant la parole de Dieu pour tous les temps. Cest à cela que se tenait et se tient encore une institution prétendant que ses interprétations sont la parole de Dieu. En répandant lidée que le prophète ne transmet pas la parole de Dieu et que celle-ci est toute autre, les prêtres pouvaient ainsi éliminer facilement chaque messager et porte-parole de Dieu : ils avaient assez darguments pour détourner le peuple de fidèles des prophètes. Cest ce que tous les prophètes ont vécu jusquà Jésus, le Christ, et cest ce quils vivent aujourdhui encore. Jaimerais souligner que les prophètes transmettaient au peuple lexpérience quils avaient de Dieu et cela avec leur propre langage. Le prophète de Dieu était inspiré de lintérieur et, à partir de lEtre divin, exprimait en paroles ce que Dieu lui insufflait. Les prêtres, eux, navaient aucune expérience de Dieu ; ils administraient une loi à laquelle sajoutaient plus de 600 commandements et interdictions quils avaient eux-mêmes édictés. Jésus disait à ce sujet "Vous avez lié des fardeaux pesants et les avez mis sur les épaules des hommes mais vous ne voulez pas les porter vous-mêmes". (Mt 23, 4) Le courant puissant et unique de lexpérience de Dieu qui, autant que nous puissions nous le représenter rétrospectivement, coule depuis Abraham jusquà Jésus et de Jésus jusquà nos jours, nest pas lesprit de la caste des prêtres. Le courant de cette caste - son origine et sa tradition - se réfère toujours au polythéisme, au service de lautel et aux cultes païens ; il a empêché le peuple des croyants de reconnaître le Messie, Jésus, le Christ.
Le prophète : Il était et il est encore très présomptueux de la part des prêtres de mêler leurs idées, leur monde de fiction, à la Parole inspirée par Dieu. Moïse était un homme qui, pendant 40 ans, dialogua avec Dieu, lEternel, et il aspirait à mettre Sa Parole en pratique. Moïse resta fidèle à la Parole de Dieu, même lorsque les Israélites quil conduisait selon la volonté de Dieu, hors dEgypte, retombèrent dans le polythéisme et optèrent pour le prêtre. Moïse reçut certainement la Parole de Dieu telle que Jésus, le Christ nous la redonnée, bien que concernant le Nouveau Testament, la caste des prêtres ait toujours truqué les cartes. Pourtant on peut dire quil est bien question d u n Dieu unique et indivisible. La source vivante fut donc disséquée par la caste des prêtres comme sil sagissait dun document mort pour être soumise à une sorte dautopsie scientifique. Cest en se servant de tout ce qui fut imputé à Moïse que la caste des prêtres a dessiné limage dun Dieu terrifiant et vengeur, qui décidait des animaux quil voulait se voir offrir en sacrifice et de lusage du sang des victimes. Ce Dieu, bien souvent attribué à Moïse, représente vraiment le dieu de lenfer ; cest le dieu de ceux qui le servent. Dieu nest pas un esprit dont il faille avoir peur ; ce nest pas une force maléfique que lon doit amadouer, voire tromper, en usant de sacrifices, dencens et magies de toutes sortes. Dieu est le grand amour qui vit également dans les minéraux, les végétaux et les animaux. Le règne des animaux par exemple, est confié aux soins et à lamour des hommes. Pourtant, comment les hommes se comportent-ils envers le monde animal ? Faut-il sétonner que des animaux soient maltraités, battus, abattus et finalement consommés - quand, depuis toujours, la caste des prêtres se repêt des plus fins rôtis, notamment les jours de fêtes telles que Noël et Pâques. Jésus, le Christ, fut crucifié par Rome et Rome, la métropole de lEglise, et ses serviteurs, célèbrent ces journées en savourant dindes, oies, porcs, boeufs et bien dautres créatures de Dieu. Ceci ne donne-t-il pas à réfléchir ?
Lexpert en théologie catholique : Examinons ce qui sest passé depuis lépoque de Jésus jusquà nos jours : actuellement, la caste des prêtres utilise la même image que la caste des prêtres dantan et ce nest pas limage de Dieu que Jésus enseigna. Jésus a parlé dun Père aimant - la caste des prêtres, elle, a toujours évoqué limage dun Dieu vengeur, irascible et guerrier et cela aujourdhui encore, au seuil de lan 2000. Le prophète envoyé pour notre époque - et qui est une prophétesse - continue à vivre ce quont dû vivre, endurer et souffrir les prophètes avant Jésus. Jésus, le Christ, le plus grand prophète de tous les temps qui devint notre Rédempteur, est celui qui a le plus souffert en endurant ce quon peut infliger de plus avilissant à un être humain, jusquà lagonie et la mort sur la croix ; bien quIl soit ressuscité, Rome perpétue ce supplice et cette mort dans la représentation quelle donne aujourdhui encore du Crucifié sur le crucifix et aussi dans le fait quon inverse Sa Parole.
Le prophète : Peut-on encore différencier dans la Bible la vérité et la fiction ? Si on lit dans le Pentateuque les paroles que Dieu aurait prononcées à travers Moïse et si on les compare à celles de Jésus, il y a forcément un de ces deux porte-parole à mettre en doute : soit Moïse, soit Jésus, puisquils parlent chacun de deux Dieux radicalement différents. Moïse enseigne limage du Dieu vengeur et guerrier, du Dieu arbitraire, tandis que Jésus nous parle du Dieu de lamour, du Père qui aime tous Ses enfants et qui nous a révélé à travers Lui, Jésus, Son Fils, lamour de nos ennemis et la miséricorde. Si nous croyons à ce que dit Jésus, on peut aussi se demander si la caste des prêtres na pas poussé un peu loin la fiction sur Moïse ? Les prêtres vivent-ils aujourdhui selon la parole de la Bible et si oui selon laquelle ? Daprès les livres de Moïse ou daprès la Parole de Jésus ? Sils vivent selon la Parole de Jésus, lAncien Testament doit donc être annulé ; sils vivent selon ce que Moïse aurait dit, cest alors le Nouveau Testament quil faut tenir pour nul. Les deux ne sont pas compatibles. Depuis de nombreuses années, jobserve comment agissent les prêtres. Jen suis arrivée à la conviction que beaucoup dentre eux ne vivent ni selon les livres de Moïse ni daprès la Parole de Jésus. Ils parlent, bien sûr, de lévangile, de Moïse et des prophètes, cependant : où situent-ils la parole de la vérité ? On ignore encore aujourdhui sur quoi exactement sorientent les prêtres. En observant la superficialité à laquelle sen tiennent bien des théologiens, leur manière de penser, ce quils enseignent et comment ils vivent, on peut penser quils sorientent davantage sur les récits fictifs des cinq livres de Moïse. De nos jours, les prêtres ne sévissent plus contre les dissidents de manière aussi directe que le préconise le Pentateuque mais ils le font de manière détournée. Il suffit de voir ce que les journalistes rapportent des provocations et des agitations fomentées contre ceux qui ont dautres convictions religieuses. La plupart des théologiens et de leurs adeptes ne pensent ni ne vivent selon les enseignements de Jésus. Beaucoup ne font quen parler. Quant au Sermon sur la Montagne, on se refuse den assumer lobligation. On peut donc dire que depuis des milliers dannées, la caste des prêtres intrigue en se servant du nom de Dieu. Cest pourquoi il vaudrait mieux refermer la Bible, car durant tout ce temps, Dieu et Son Fils, Jésus, le Christ, le plus grand des prophètes, notre Rédempteur ainsi que tous les autres prophètes envoyés par Dieu, ont été trahis impitoyable-ment et cela continue toujours à notre époque. A propos de ce que nous venons de dire, le mot "juge" me revient à lesprit. Les tâches qu'exercent un juge à notre époque peuvent-elles nous renseigner sur les fonctions qui étaient celles d'un juge à l'époque de l'Ancien Testament ?
Lexpert en théologie catholique : Le terme de "juge", que l'on trouve dans la Bible au chapitre intitulé "Le livre des juges" (env. 1200-1050 avant J.C) est plutôt impropre au regard de la signification actuelle de ce mot, dans la mesure où la fonction exercée autrefois par ceux que l'on désignaient de ce terme, ne correspond absolument pas à celle des juges actuels. A cette époque, le juge navait pas seulement la tâche de la jurisprudence des affaires humaines de la vie quotidienne. Appartenant au grand plan de Dieu, il était chargé détablir Son ordre salvateur aussi bien parmi le peuple dIsraël que dans les territoires conquis, cest-à-dire faire respecter la justice de Dieu. Autrefois, les juges prenaient cette tâche très au sérieux, de sorte que les mesures salvatrices appliquées aux personnes défavorisées, pauvres, opprimées étaient vraiment considérées comme venant de Dieu. Ainsi, le fait que Dieu nait pas choisi les prêtres pour défendre Ses affaires mais ceux quon appelait les juges peut donner à réfléchir. Samuel est tenu pour le dernier "juge" dIsraël. Il exerçait également une fonction sacerdotale, si lon en croit le rapport de la caste des prêtres qui, en outre, lui attribuait bon nombre dactes violents. A travers Samuel, Dieu préparait quelque chose de nouveau. Cependant, selon la volonté de Satan, les anciens dIsraël voulaient un roi en chair et en os, bien que jusqualors, ainsi que le leur objecta Samuel, Yahvé (Dieu) fût le meilleur des rois. Cest ainsi que Samuel commença à oeuvrer comme instrument de Dieu, comme lun des prophètes qui, de ce jour, furent constamment avec le peuple dIsraël. Je note quaprès le prophète Moïse, Samuel fut le premier à sentretenir de tout avec Dieu avant dapporter une réponse au peuple. Ce relation intime, cette communication directe avec Dieu, est ce qui a toujours manqué à la caste des prêtres. De tous temps, sa fonction fut un service extérieur dont on peut dire quil relève du fonctionnariat. Je relève ici certains points communs entre autorités civiles et ecclésiastiques, entre lEtat et la caste des prêtres.
Au cours des siècles, on retrouve toujours cette partie de bras de fer entre les deux "camps", létatique et le religieux. Lorsquun danger est supposé les "menacer", par exemple un prophète, ils font alliance temporairement. Le sentiment dêtre menacé provient de ce quon na pas accompli la volonté de Dieu. Les hommes, sentant que laccès à Dieu au plus profond de leur être se fermait de plus en plus, choisirent des rois et des prêtres parmi eux comme palliatifs pour maintenir le contact avec Dieu. Cest ainsi que le peuple tomba de plus en plus dans la dépendance.
Le prophète : Du temps de Moïse et certainement aussi du temps de Jésus, les prêtres habitaient non loin du lieu de célébration du culte - on dirait aujourd'hui : près de leur église. Jadis, ils avaient pour serviteurs des esclaves ou des Lévites. Quen est-il aujourdhui ? Ils ont aujourdhui encore, des serviteurs venant du peuple. Je pense ici aux enfants de choeur ou au sacristain. Ne sont-ils pas les descendants des Lévites dautrefois ? Comment Jésus, Lui, Sest-Il comporté ? Jésus a-t-Il voulu cela ? Jésus avait-Il des esclaves, des serviteurs, des Lévites, des sacristains et des enfants de choeur ? Navait-Il pas plutôt des apôtres et des disciples, une communauté dans laquelle chacun aidait lautre et où Lui-Même, Jésus, servait les apôtres et les disciples bien plus que ceux-ci ne Le servaient. Quen pensent aujourdhui nos deux experts en théologies catholique et protestante ?
Lexpert en théologie protestante : Jésus navait pas besoin de Lévites pour Lassister, et Il na pas investi de sacristains ni denfants de choeur pour Le servir. Car Jésus nétait pas un maître de cérémonie. Ce quIl pouvait faire Lui-même, Il le faisait. Là où Il avait besoin daide, par exemple pour nourrir des milliers de personnes, Il la demandait. Sans cesse, Il aidait les uns, que ce soit en donnant un conseil spirituel ou Son avis de charpentier pour la construction dune maison et Il se donnait Lui-même pour servir les autres. Il le montra notamment le jour où, ayant lavé les pieds de Ses disciples, Il leur dit : "car Je vous ai donné lexemple afin que vous agissiez comme Jai agi envers vous." (Jean 13, 15) Cependant lEglise a détourné cet acte pour en faire un cérémonial spectaculaire. Cest ainsi que lon peut voir le Pape, pendant la cérémonie liturgique commémorant le repas de la Cène de Jésus avec Ses disciples, laver les pieds dautres personnes. La cérémonie terminée, le Pape redevient celui que les fidèles vénèrent. Au 16ème siècle, dans la nouvelle Eglise protestante naissante, est apparue lexpression "sacerdoce de tous les croyants", ce qui aurait pu être un signe prometteur de changement. Mais ceci en resta au stade symbolique et on saccrocha plus que jamais au concept de prêtre que lon désigna alors sous le nom de "pasteur" ; ceux qui voulaient suivre le chemin qui conduit à Dieu, sans prêtres ni pasteurs, furent persécutés et assassinés. Ainsi, jusquà aujourdhui, il y a eu dans lEglise protestante outre le pasteur : le sacristain, ladjoint de laumônier aux armées, ladjoint pour la Cène, le lecteur, le prédicant, les petits sonneurs de cloches, les collecteurs de la quête, les porteurs de la croix, etc... ainsi que nombre de personnes à la disposition du pasteur.
Lexpert en théologie catholique : Jaimerais dabord évoquer brièvement un aspect : au temps où les Israélites étaient un peuple itinérant, ils transportaient avec eux "la tente de lAlliance", la demeure de Dieu. Plus tard elle fut remplacée par le "temple". Contrairement aux peuples polythéistes, il nétait pas permis aux Israélites dappuyer leur foi en Dieu sur des images, des statues et ou autres formes de représentation (premier commande-ment). Cependant, la conception de lexistence de plusieurs dieux était encore si fortement ancrée en eux quils ne pouvaient se passer des cérémonies du culte pour célébrer leurs fêtes. Cest au cours des quarante années que dura leur marche dans le désert que se forgea peu à peu en eux lidée dun prêtre investi du rôle doffrir des sacrifices aux dieux pour attirer leur complaisance. Lors des conquêtes de territoires, les Israélites firent des concessions aux populations locales. Ils les laissèrent par exemple célébrer leurs offrandes sur l'autel car eux-mêmes penchaient encore fortement en faveur de ce genre de pratiques. Au lieu de faire prévaloir lAbsolu, les Israélites firent des compromis. Cette faiblesse causa leur perte. Les autels cananéens, symboles du polythéisme quils portaient encore bien vivant en eux, réacti-vèrent la flamme de lidôlatrie dans leur coeur, si bien que le Dieu Unique ne fut plus désormais en mesure de sadresser à Son peuple. Les années passées en Egypte les avaient prédisposés dans ce sens ; leur conscience était imprégnée par le polythéisme. Dès quils édifièrent des temples, ils recrutèrent des prêtres dont le rôle fut de satisfaire à leurs requêtes. Dès lors, ils perdirent progressivement le contact direct avec Dieu, leur Père. Face à tout cela, Moïse ressentit une profonde douleur car son voeu le plus cher avait été de rendre le Dieu Unique proche du peuple israélite quil conduisait hors dEgypte - le Dieu qui parle à chacun de ceux qui respectent les Commandements éternels. On peut dire que Moïse respectait le libre-arbitre des hommes. Il fit limpossible pour rendre le Dieu unique proche du peuple israélite, cest-à-dire pour Limplanter dans le coeur de lhomme mais celui qui ne voulait pas adorer le Dieu unique, cest à dire faire Sa volonté, se tournait - et cest encore le cas aujourdhui - vers les dieux cultuels. Cest ainsi que Aaron, de la tribu de Lévi, le premier prêtre choisi par les Israélites, dut satisfaire à la demande du peuple durant sa marche à travers le désert et fabriquer un dieu bien visible, ce qui occasiona le fameux épisode de la danse autour du veau dor. Aaron transmit sa fonction à ses descendants : eux seuls héritèrent du plein pouvoir dexercer le service du sanctuaire (et plus tard du temple). Les autres Lévites (= de la tribu de Lévi) furent adjoints aux prêtres et avaient des tâches subordonnées. Doù se justifie ta question précédante : peut-on comparer les enfants de choeur et les sacristains actuels aux Lévites dautrefois ? Lorsque David réorganisa le service du temple, les Lévites reçurent de nouvelles tâches : celles de gardiens, de musiciens et de chanteurs, lentretien du temple, la préparation des offrandes, la gestion du trésor du temple, etc... Après lexode (env 550 avant J.C.), ils eurent également comme fonction denseigner au peuple la Loi de Moïse.
Le prophète : Tu viens de dire que le peuple était instruit dans la Loi de Moïse. Nest-ce pas un peu vite dit ? Sagissait-il bien de la Loi de Moïse ou plutôt des lois édictées par la caste des prêtres de jadis ?
Lexpert en théologie catholique : Si lon compare ce que Dieu est sensé avoir dit à travers Moïse, à ce quIl a dit à travers Jésus, on ne peut que douter de lauthenticité des paroles redonnées par lintermédiaire de Moïse. Malheureusement, des milliers dannées après, on sen tient toujours aux rituels du culte dau-trefois et ce sont les diacres, les cérémoniaires, les enfants de choeur et les sacristains daujour-dhui qui reprennent une partie des rôles. Ne dit-on pas dailleurs "le service de lautel" ? A ce propos, il me vient à lesprit que plus la position hiérarchique de lofficiant est "élevée", plus la position de ses serviteurs lors de la cérémonie lest également. Ainsi, lors dune cérémonie célébrée par le pape, ce sont des cardinaux qui le servent ; les cardinaux eux-mêmes sont servis par des évêques et les évêques par des prêtres et des vicaires. Ce nest que lors dévénements "ordinaires" telle que la messe dominicale, que les enfants de choeur reçoivent le droit de servir.
Le prophète : Il serait intéressant de se demander doù provient la hiérarchie ecclésiastique ? Cette notion de supérieur-inférieur ? Cette différence ? On avait déjà attribué à Moïse la subdivision : grand-prêtre, prêtre et Lévite.
Lexpert en théologie catholique : Imaginons quelquun qui veut devenir roi. Il décrira ce que le roi doit faire selon la conception quil en a. Cest ce qui sest passé avec les prêtres du peuple dIsraël de 1250 à 500 avant J.C., qui, à linstar des prêtres païens de peuples voisins, établirent au fil du temps un service sacerdotal dont ils attribuèrent par la suite la paternité à Moïse. Bien que Jésus nait jamais fait allusion à la fondation dune hiérarchie, on a édifié un système correspondant à lesprit du monde. Jésus na rien dit des titres ni des dignités si importantes aux yeux des hommes.
Lexpert en théologie protestante : La hiérarchie de lEglise luthérienne nest certainement pas aussi imposante que celle de lEglise catholique ; les décisions sont prises de manière plus démocratique. Cependant un système égalitaire ny a pas non plus trouvé sa place. Il y a donc comme dans lEglise catholique, différents "grades". A la tête du gouvernement des Eglises protestantes par exemple, on trouve le président de leglise ou lévêque de la province. Dailleurs la fonction épiscopale dans bien des Eglises protestantes, ne fut introduite quau 20ème siècle parallèlement à la dictature dAdolf Hitler, par exemple pour la Bavière en mai 1933. Lévêque dirige léglise avec les membres du consistoire. En outre, le titre de "consistorial" est honorifique. Dautres grades sont celui de doyen, de pasteur ainsi que celui de vicaire qui suit encore sa formation. Dans bon nombre dEglises, on trouve parmi les fonctions dirigeantes supérieures, le président à la place de lévêque, le surintendant régional à la place du consistorial et le surintendant ou inspecteur ecclésiastique à la place du doyen. Même si tous les théologiens en fonction sont considérés comme des "pasteurs" daprès le règlement de service pastoral, un grade supérieur signifie aussi un salaire plus élevé.
Le prophète : Tout cela est financé avec largent des fidèles de lEglise et celui de tout citoyen à travers les impôts quil verse à létat, quil soit membre de lEglise ou non.
Lexpert en théologie catholique : En Allemagne, les plus hauts salaires des dignitaires sont souvent versés directement par létat. Ainsi lEtat libre de Bavière par exemple, a payé jusquà aujourdhui pour lEglise catholique, en vertu de larticle 10 du "concordat entre Sa Sainteté le Pape Pie XI et lEtat de Bavière" du 29.3.1924, les salaires des archevêques, des évêques, des prévôts du chapitre et des doyens du chapitre, des chanoines, des vicaires généraux, des secrétaires épiscopaux ainsi que des directeurs de séminaires. Tous ces représentants ecclésiastiques sont payés au même titre que les plus hauts fonctionnaires de lEtat.
L'expert en théologie protestante : Le contribuable "sacrifie" donc beaucoup dargent à lEtat qui verse des salaires plus que confortables sur le compte en banque de bien des fonctionnaires ecclésiastiques. En Allemagne, par exemple, un évêque reçoit un salaire de 13.000 à 20.000 DM (de 40.000 à 70.000 FF) par mois, auxquels sajoutent bien des avantages. Certains dirigeants dorganisations charisma-tiques ecclésiastiques gagnent même encore plus. Pendant ce temps des enfants et des bénévoles sillonnent les rues pour collecter de nouvelles "offrandes".
En entendant le mot "sacrifier", je ne peux mempêcher de penser à ce qui est enseigné dans les Eglises. "Le Christ sest sacrifié pour toi" entend-on dans les sermons - "Que fais-tu pour le Christ ?" Cela vient en grande partie du fait que lEglise perpétue la croyance en un sacrifice expiatoire de Jésus de Nazareth qui Se serait offert, en tant que Fils de Dieu, pour que Dieu Se réconcilie avec les hommes. Du point de vue protestant, le seul fait de croire en cet acte qualifié de salvateur, suffirait au pardon des péchés et par conséquent au salut éternel. La foi catholique aussi bien que la confession protestante tiennent cet enseignement du sacrifice expiatoire pour la bonne nouvelle de lEvangile. Ceci ne fut pas pour aider à dépasser les notions païennes de sacrifice, mais contribua bien au contraire à les renforcer et les fixer de manière subliminale. En effet, selon lenseignement ecclésiastique, Dieu aurait eu besoin dun "Christ" pour procéder, tout comme le "prêtre", à un sacrifice expiatoire, condition sine qua non à la réconciliation entre Dieu et les hommes. Ainsi, toujours daprès la foi des Eglises, Dieu en Christ Se serait offert Lui-même en sacrifice sur le Golgotha pour expier une fois pour toutes les péchés de lhumanité. Cet acte devrait apporter le salut à lhomme, pourvu quil croit, cest-à-dire quil vive selon lenseignement catholique ou protestant. Cest ainsi que la conception païenne dun Dieu cruel a été renforcée. Il ny avait plus quà y adapter les suites cruelles qui en découleraient pour les hommes. On a donc fait croire aux hommes que la damnation éternelle attendait celui qui rejette ce soi-disant "sacrifice expiatoire", même si par ailleurs il aime son prochain. Comment se confier alors à un tel Dieu ? Lenseignement protestant évoque encore le "mystère" dun Dieu "absent", et les deux Eglises enseignent que ni le repentir ni le sacrifice ne sont dune aide quelconque pour échapper à la damnation éternelle.
Même si bien des protestants prennent des "libertés" avec leur propre religion et contournent certaines parties de son enseignement ou nen considèrent plus dautres comme "actuelles" - comment réagiront-ils dans la souffrance profonde ou dans des situations apparemment sans issue ? Ne verra-t-on pas apparaître le danger de taxer Dieu de cruauté du fait quIl laisse le malheur nous frapper ? Ce fut le cas récemment dun pasteur protestant accusé davoir tué sa femme. Sans lévolution qui ne peut se produire que dans lamour omniprésent de Dieu, les conceptions sur le sacrifice ne seront pas dépassées et risquent au contraire de redevenir actives au sein de lEglise.
Le prophète : Jésus na pas enseigné ni fait Lui-même de telles choses. On ne trouvera aucun récit relatant quIl ait procédé au rituel traditionnel du sacrifice ou même quIl ait investi dautres personnes pour le faire. Il a offert Sa propre vie pour nous, ses frères et soeurs pécheurs, mais pas sous forme de sacrifice expiatoire destiné à amadouer un Dieu vengeur. En redonnant la Parole de Dieu, Moïse et tous les autres prophètes se sont opposés à la caste des prêtres et à ses fidèles pour rendre vivante aux yeux des hommes limage de Yahvé, le Dieu unique. En raison des accusations lancées par la caste des prêtres et de linertie du peuple, ils durent endurer des souffrances indicibles et plus dun paya de sa vie son engagement pour le Dieu Unique. En comparant le Sermon sur la Montagne de Jésus ainsi que les Dix Commandements donnés à travers Moïse, aux textes de la Bible que Dieu a soi-disant révélé par la bouche des prophètes de lAncien Testament, il est facile de voir ce qui leur a été attribué de manière erronée.
Lexpert en théologie catholique : Il est évident que pas un seul des innombrables sacrifices que les prêtres de lAncien Testament ont pu effectuer lors des rituels du cultes ne les a exempté - pas plus que leur commanditaires - de leurs péchés. Si les hommes de ces temps là croyaient, par des fêtes de propitiation par exemple, pouvoir décharger sur le dos dun "bouc émissaire" lensemble des péchés commis par le peuple israélien, cest quils navaient pas compris le véritable message de Dieu : à plusieurs reprises, les prophètes les ont mis en garde contre de telles erreurs. Dans le Sermon sur la Montagne et lors de Ses paroles dadieux, Jésus a demandé à lhomme de sacrifier son propre égo pour parvenir à la véritable fraternité, dans laquelle chacun sert lautre. Il na jamais dit que lhomme pouvait se décharger de ses fautes sur un autre être humain ou sur un animal. Il na pas non plus enseigné quil devait le faire sur Lui, le Christ. Sa mort ne nous a pas délivrés de tout péché de telle sorte que nous nayons plus rien à faire pour nous purifier. Jésus na jamais souhaité non plus de temples de pierre : les anciens Israélites ne connaissaient quun seul temple à Jérusalem. Jésus, Lui, ne sadressait pas aux hommes dans une enceinte. Il est vrai quIl a parfois enseigné dans le temple et dans certaines synagogues mais la plupart du temps, cest dans la nature quIl instruisait les hommes. Après la crucifixion de Jésus, le Christ, Ses disciples se cachèrent dabord dans une puis dans plusieurs maisons. Quelques unes de ces cachettes devinrent ensuite des lieux où se rassem-blaient les premiers chrétiens. Dans ces lieux secrets, les apôtres et les disciples parlaient de Jésus. En raison des persécutions organisées par les scribes et les pharisiens, en particulier par Saül, les premiers chrétiens furent dispersés depuis lEgypte jusquen Asie mineure, en Grèce, à Rome ; là, les chrétiens juifs commencèrent les premiers à se rassembler en petits groupes dans des maisons. Parmi eux se trouvaient des Lévites qui se remémorèrent bien vite leurs "tâches dautrefois". Sans même se demander si Jésus lavait enseigné ou voulu ainsi, la jeune communauté se laissa peu à peu gagner par les pratiques rituelles de lancien service du temple, particulièrement dans les groupes qui navaient pas de témoins oculaires de Jésus. Les communautés qui se regroupèrent au nom de Jésus se composaient de juifs christianisés qui, au début, allaient encore au temple ou à la synagogue. Pour celui qui lit avec attention les récits de lhistoire des apôtres, il est clair que cest au moment des persécutions menées par la caste des prêtres avec laide du pouvoir étatique que les premiers signes de séparation entre Juifs et juifs christianisés apparurent. Ce qui sensuivit montre bien que plus lon séloignait de lépoque de Jésus de Nazareth, moins les choses évoluaient selon ce que Jésus voulait. Jésus n'établit jamais aucune différence dans le choix de Ses apôtres et de Ses disciples ; Il appela simplement ceux qui le voulait à Le suivre. Ni la position sociale ni la profession navait dimportance. De même quIl ne se mettait pas au dessus des autres ou ne considérait pas quIl remplissait une fonction officielle, Il amena ses disciples au service mutuel. Jésus nétait pas un prêtre et Ses disciples ne létaient pas non plus. Nous connaissons lattitude claire pour laquelle Il opta face aux grands-prêtres Annas et Caïphe : celle du silence (voir Mt 26,63 ou Mc 14, 61). Comme on continuait à Linterroger, Jésus répondit en citant ces mots prophétiques (Dan 7, 13 - Psaumes 110-1) : "Désormais vous verrez le Fils de lhomme siéger à la droite de Dieu..." Il Lui fut alors reproché de blasphémer contre Dieu et ce fut largument de Sa condamnation à mort. Jésus était l e prophète, Il était la Parole du Père éternel. Cependant aucun de ceux qui aurait dû préparer le peuple à Sa venue ne Le reconnut. Dans la nouvelle communauté qui suivait les traces de Jésus, on navait plus besoin des prêtres. Les apôtres avancèrent les premiers dans cette nouvelle direction ; ils parlèrent alors des services, entre autre de la prophétie, de lenseignement, de la diaconie, de la guérison, du discernement des esprits etc... Dans la pratique de ces services, rien ne les distinguait du reste de ceux qui avaient trouvé la foi en Jésus, cependant ils étaient des guides à la manière des prophètes de lAncien Testament, donc des hommes et des femmes emplis de lEsprit de Dieu. Ce fut grâce à eux que vint "lEsprit de vérité" (Jean 16, 12) que Jésus avait promis à Ses apôtres pour les temps à venir. Dans les assemblées qui se tenaient dans lesprit de Jésus, on était réuni en souvenir de Lui et dans la certitude quIl conduisait chacun des participants, les éclairant tous de la lumière dans laquelle Il les avait précédés. Sur ce chemin absolument nouveau, il ny avait nul besoin de prêtres : cétait à chacun de décider quand et comment il voulait suivre Jésus. Ce chemin était clair. Ce nétait pas celui des prêtres et des docteurs de la loi. Cependant lesprit et la mentalité qui les caractérisaient imprégnaient encore bien des consciences. Peu à peu sinfiltrèrent, dans les communautés chrétiennes naissantes, des éléments qui firent prévaloir les côtés extérieurs et lorganisation. Les représentants de lEsprit - les apôtres, les prophètes et les enseignants spirituels - furent de plus en plus écartés, de sorte que le christianisme encore naissant sappauvrit spirituellement ; les croyants, pour la plupart, ne se rendaient même pas compte quils tombaient sous la coupe du pouvoir grandissant des évêques. Ils pensaient même que la "protection" de ces derniers leur était nécessaire dans la crainte de représailles de la part des Romains. En effet, comment ceux-ci allaient-ils réagir devant lampleur que prenait ce mouvement de chrétiens qui ne servaient plus les dieux de Rome et refusaient de vénérer lempereur ? Pourquoi en effet, ne pas rejeter la responsabilité des épidémies, des famines, des inondations, des défaites sur ces chrétiens qui avaient "provoqué la colère des dieux" ? Cest ainsi que les persécutions les plus cruelles connurent leur paroxisme durant les règnes des empereurs Néron (64 ap. J.C.), Marc Aurèle (env. 180 ap. J.C.), Decius (env. 250 ap. J.C.), Valérien (env. 260 ap. J.C.) et Dioclétien (303 ap. J.C.). A ces menaces extérieures - aux conséquences funestes - sajoutèrent encore les points de désaccord qui surgirent entre les nouveaux chrétiens composés de Juifs et de Grecs. Tandis que le peuple israélite était conduit vers le Messie par les prophètes, de leur côté les philosophes grecs, en particulier Socrate et Platon, sensibilisaient leur peuple à voir en Jésus de Nazareth le Christ de Dieu, le Logos du monde, la Parole de Dieu incarnée, tel que lévoque lévangile de Jean. Etrangement, il nétait pas facile pour le peuple israélite de croire en un Fils de Dieu avec lequel il pouvait communiquer. Ses conceptions le rendaient dépendant de lopinion des prêtres qui représentaient pour lui les garants de la tradition de Moïse. Cette tradition maintenait le culte des offrandes du temple tel que les prêtres lavaient pratiqué durant des siècles depuis lépoque de Moïse. Les Romains retrouvaient là quelque chose de familier, ils y voyaient même lopportunité de sallier avec ce peuple. Les nouveaux chrétiens grecs par contre, nadoptèrent pas les règles de "pureté" des Juifs, de sorte quil sétablit une scission entre chrétiens qui, les siècles suivants, fut lourde de conséquences. Dun côté, Paul par ses enseignements et ses épîtres et Jean par son évangile, apportaient le message de Jésus avant tout aux grecs ; de lautre côté, les chrétiens juifs se repliaient de plus en plus sur eux-mêmes et perdaient leurs guides, cest-à-dire les apôtres-témoins oculaires de loeuvre de Jésus, en raison des persécutions provoquées par les prêtres et les docteurs de la loi. Le message de Jésus fut donc transmis au cours des siècles qui suivirent selon deux courants différents. Nous nous intéresserons surtout au courant des chrétiens juifs qui se trouva de plus en plus absorbé par le monde romain, bien que leur foi fût différente. A lorigine de ce processus, on touve dune part la notion de sacrifice qui prenait toujours plus dampleur avec le culte des offrandes et dautre part les querelles à propos du Père, du Fils et du Saint Esprit. Pour les Romains, cette trinité représentait une véritable aubaine. Cest sous le règne de lempereur Constantin que tout cela se concrétisa. Celui-ci, en effet, comprit que les chrétiens représen-taient une chance pour lui daffermir son empire. Cest ainsi quen 313 après J.C.,au cours de son règne, il fit du christianisme une religion dEtat. Celle-ci, toutefois, navait plus rien de commun avec le christianisme des origines car cétait devenu un christianisme extérieur, un christianisme dapparence. Il émergea donc une Eglise constantine dEtat, à la tête de laquelle se trouvait lempereur et les évêques quil avait nommés, avides dargent, de pouvoir et de considération. Cette nouvelle religion dEtat fit alliance avec lEtat lui-même afin dentraîner les peuples dans de nouveaux conflits, de nouvelles guerres et toujours plus dinjustices. Après la courte période des apôtres, le christianisme élevé par Constantin au rang dEglise dEtat fut très vite contaminé par linstitutionalisation et le pouvoir : il séloigna de plus en plus de la source vivifiante du Christ de Dieu vivant. Lorsque les apôtres eurent quitté ce monde, la pensée théologique prit peu à peu le dessus au sein de cette prétendue "Eglise du Christ" - pensée qui était encore fortement enracinée chez les prêtres juifs mais qui émergea aussi de la souche romaine-païenne. Ainsi se constitua une classe de théologiens, pour la plupart évêques ou prêtres. Un fait important et lourd de conséquences, fut que des théologiens issus de la souche romaine-païenne et convertis au christianisme, se laissèrent influencer par les idées antisémites qui se propageaient alors dans lempire romain. Au lieu de se libérer de ces influences, ce qui eût été logique après leur conversion à Jésus, ils sefforcèrent au contraire de justifier ces idées et de les propager à travers les interprétations quils faisaient des évangiles. Au cours des siècles, la patristique (science des pères de lEglise), la dogmatique, les décisions conciliaires et la politique de lEglise étouffèrent définitivement les paroles de la Bible et le message de l'évangile véritable. Au lieu de propager lenseignement clair et simple de Jésus de Nazareth, on présenta des documents ecclésiastiques. Bien des sacrements, tout comme les dogmes fondamentaux, sont eux aussi le reflet de la pensée païenne. Le mot "sacrement" ne provient pas de la Bible ; cest une "vérité" que la caste des prêtres inculque aux croyants chrétiens.
Le prophète : Nous voyons bien que dans la plupart des cas, ce à quoi on assiste dans lEglise romaine provient de cultes païens et na plus rien à voir avec lenseignement de Jésus, le Christ. Quelle valeur donne-t-on encore à la Bible ? Quelle valeur ont de nos jours les enseignements directs de Jésus, le Christ et Son Sermon sur la Montagne ? Comment savoir si ce quon lit dans lAncien Testament concernant Moïse et les prophètes est vérité ou fiction ? Quest-ce qui est véritablement paroles de Dieu à travers les prophètes ? Quest-ce qui est fiction écrite par la caste des prêtres ? Ainsi, peut-on conseiller à juste titre : refermez la Bible, car le message de Jésus, le Christ et des prophètes a été trahi !
Lexpert en théologie catholique : On peut citer un exemple de la façon dont lenseignement de Jésus, le Christ, a été déformé et de ce qui a été faussement attribué à Jésus, à Moïse et à tous les autres prophètes, avec la trinité qui fut imposée par Constantin et ses évêques en lan 325 après J.C. Un autre exemple montrant comment Jésus, le Christ, a été trahi, est lapparition un peu plus tard des images saintes, des reliques, du crucifix, du culte des morts et de la mort ainsi que la vénération de Marie. Cest en Alexandrie quapparaît pour la première fois dans un document provenant de la main de lévêque Pierre, lexpression erronée de "mère de Dieu". Ces exemples prouvent bien quil y a eu, depuis la fin de la période des apôtres, maintes interprétations - cest-à-dire altérations - de la Parole de Dieu donnée à travers Moïse et tous les prophètes qui lui succédèrent, et avant tout de la Parole donnée à travers Jésus, le Christ. Le "peuple des chrétiens" et sa foi furent livrés dès lors à une politique dintérêts sans scrupules. Dès le moment où le christianisme devint une religion dEtat, la Parole directe de Dieu fut abandonnée. Depuis lors, règne lesclavage spirituel sous forme de dépendance aux Eglises ; jusquà notre époque des guerres furent menées au nom du Christ ; limmoralité, la duplicité, le mensonge et le profit ne cesse de croitre parmi ceux qui se disent "chrétiens". La superstition comme la magie sont des ramifications du christianisme dEglise et de ses composants païens. La religion officielle dite "chrétienne" a conduit ses fidèles à penser, vivre et agir comme si le Christ nétait jamais venu sur terre. Depuis la dégradation de la religion intérieure, avec la perte de la liberté de croire et de vivre lenseignement du Christ de Dieu, la religion officelle na jamais cessé de renforcer son autorité et daccroître ses richesses, sélevant même orgueilleusement au-dessus des rois et empereurs et il nest pas rare aujourdhui encore quelle veuille faire de létat son sbire.
Le prophète : Une société soi-disant chrétienne qui jusquà aujourdhui na utilisé le nom de Jésus, le Christ et les prophètes quà ses propres fins, qui soutient les guerres et bien que Jésus ait dit que Dieu nhabite pas dans les églises de pierre, continue à édifier des basiliques et des cathédrales, une telle société qui maintient lesclavage spirituel en faisant des croyants des fidèles, des êtres dépendants, par le baptême des nouveaux-nés et qui tolère encore des guerres de religions - ne devrait pas avoir le droit de sappeler "chrétienne". Depuis la fin de la première période du christianisme des origines, la caste des prêtres a causé de véritables ravages en faisant du christianisme une religion dEtat et en se comportant comme si Jésus, le Christ, navait jamais existé. Combien de temps encore le peuple des fidèles se laissera-t-il ainsi aveugler au nom de Jésus, le Christ ? Combien de temps encore les dignitaires ecclésiastiques, ceux que lon appelle cardinaux, évêques, curés et pasteurs pourront-ils prétendre représenter le nom de Jésus, le Christ ? A mon avis, cela durera aussi longtemps que le peuple des Eglises restera dans cette léthargie. Je connais notamment un jeune étudiant en théologie, qui avait une image vraie de la vie intérieure, une image du Christ dans la succession du Nazaréen mais qui fut totalement déformé par ses études de théologie. Ce jeune croyant aux idéaux chrétiens élevés est devenu une machine à penser ce que ses professeurs de théologie lui ont inculqué.
Lexpert en théologie catholique : De nos jours, pour devenir curé ou pasteur, il faut passer par les études de théologie. Cest donc un métier quon apprend pour gagner sa vie. Par conséquent, le prêtre ne peut pas dire quil est appelé par Dieu. Pour être honnête, je dois malheureusement avouer que si les prophètes sont appelés par Dieu, ayant une communication intérieure avec Lui et une connaissance de Dieu fondée sur lexpérience, ce nest pas le cas du théologien qui, au terme de ses études, peut sélever à une "position" qui lui permet de parler de Dieu au peuple.
Lexpert en théologie protestante : Etant jeune, jai choisi les études de théologie parce que jétais enthousiasmé par Jésus et par Son message. Lors de discussions concernant mon orientation professionnelle, on ma demandé si cet enthousiasme ne serait pas le signe dune prédisposition pour les études de théologie et le métier de prêtre. Personnellement, je nen étais pas absolument persuadé mais bon nombre de personnes avec qui je m'entretenais et parmi lesquelles se trouvaient des prêtres en fonction, voyaient les choses différemment. Selon eux, la profession de prêtre était la vocation des hommes désireux de suivre Jésus de tout leur coeur et pour toute leur vie. Durant mes études, mes premiers doutes revinrent sans cesse. Car Jésus na jamais dit que Ses successeurs devaient faire des études pour devenir pasteurs ou curés. Jésus a gagné Sa vie comme charpentier et aucun de ses disciples nexerçait la profession de théologien ou de prêtre. Pourtant je mhabituai à cette prétention que les institutions ecclésiastiques et leurs prêtres ont dêtre une communauté de successeurs de Jésus et je décidai de tenter daméliorer un certain nombre de choses au sein de cette communauté. Ainsi mon enthousiasme dadolescent pour la succession de Jésus, se transforma en volonté daméliorer lEglise. Cependant après quelques temps, mon énergie et mon enthousiasme de départ sémoussèrent, tandis quau sein de lEglise les choses restaient pour la plupart comme avant. Je mhabituai à bien des aspects que je ne remettais même plus en question pour devenir un pasteur qui apprend aux enfants à se familiariser avec les actes religieux. Je me rangeais alors dans les rangs du personnel enseignant des écoles détat et en ma qualité d"expert", jétais appelé à répondre à toutes questions dordre religieux. Etais-je vraiment apte à aider mon prochain dans des questions concernant la foi chrétienne ? Bien entendu, javais beaucoup de savoir théologique mais ces connaissances spécifiques nétaient pas fondées sur lexpérience de Dieu. Pour moi néanmoins, il allait de soi de revêtir un talar noir, de distribuer des hosties, doffrir le calice en or rempli de vin et de relier tous ces actes à la présence du Christ parmi les hommes. Désormais cétait mon métier et il me semblait évident que javais été "appelé" pour cela. Cependant je ne me sentais pas en paix malgré ces actes religieux "éprouvés" depuis des siècles car je ressentais bien que tout ceci navait rien à voir avec Jésus de Nazareth.
Le prophète : Le théologien offre donc ses services dans lexercice de sa profession. Il devrait alors recevoir son salaire de ceux à qui ils sadressent. Malheureusement les choses ne se passent pas ainsi. Le salaire dun théologien ou dun prêtre ne dépend pas du nombre de services offerts. Il est versé comme celui dun fonctionnaire, par la caisse de lEglise qui est elle-même en partie alimentée par les subventions de lEtat. Le prophète, lui, sert son prochain pour lamour de Dieu, parce quil est appelé. Parallèlement, il exerce une activité qui lui permet de gagner sa vie. Jésus na-t-Il pas dit que ceux qui se font payer par les hommes pour enseigner la Parole de Dieu ont déjà reçu leur salaire :"Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement." (Mt 10, 8) et "Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour en être vus ; autrement vous naurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux." (Mt 6,1)
Lexpert en théologie catholique : On devient pasteur ou curé grâce aux études de théologie qui permettent dassumer des tâches telles que le sermon ou le prêche, la direction de conscience, les actes cultuels, de même que des responsabilités au sein dassociations etc... Le prêtre est payé pour être prêtre, indépen-demment du nombre de services rendus. On peut dire quil exerce un métier tout comme un juriste ou un instituteur fonctionnaires : cest un métier qui permet de gagner sa vie. Il y a autant de différences dans les motivations qui poussent un homme vers les études de théologie, quil y a dhommes différents. Si largent est la motivation principale alors le Mammon sera le dieu qui nourrira le subconscient et qui apparaîtra dans le travail sous forme de domination, pouvoir, pompe, influence etc... Pour le peuple des Eglises - dont lesprit a été déformé par les théologiens, curés ou pasteurs - les mystiques et les personnes ayant reçu le don prophétique nont pas plus de valeur que Jésus nen avait aux yeux du peuple influencé en ce temps-là par les pharisiens et les scribes. Pour ma part, quand javais vingt ans, jai voulu mettre "ma vocation" à lépreuve en me lançant le défi suivant : partir pour le tiers monde avec ce que Jésus nous a dit, afin daider les défavorisés ! Je ressentais que je devais aller dans une communauté de missionnaires tout en sachant que je ne disposerai daucun salaire personnel et que je vivrai dans un pays étranger pendant de longues années, loin de mes amis et de ma famille. Cest à ce moment que jai pu faire ce pas : Seigneur, je suis Ton appel. Aujourdhui, avec le recul des années, je vois par ton exemple, Gabriele, ce que cela signifie vraiment : suivre lappel que le Seigneur adresse aux âmes éveillées. Ta vie me montre labsence de compromis dans la véritable succession prête à abandonner tout ce qui nous lie à ce monde et nous sépare de Dieu - pas seulement à lextérieur, mais également dans nos sentiments, sensations, désirs et surtout dans notre attitude envers notre prochain. Le prophète est appelé par Dieu dune manière extraordinaire parce quil doit accomplir une tâche extraordinaire que Dieu lui rappelle sans cesse. Je savais cela des prophètes de lAncien Testament mais maintenant que je tai rencontrée, toi une prophétesse en chair et en os, cela est devenu pour moi une réalité. Ton exemple, ton intimité avec Dieu, ma donc aidé à me distancier du théologien ordinaire.
Le prophète : A toutes les époques, le prophète sest opposé aux autorités en place et il la fait avec la fermeté nécessaire. Ici il faudrait donc dire que Dieu, lEternel, na jamais institué de théologien professionnel pour transmettre Sa Parole au peuple.
Lexpert en théologie catholique : Cest un trait caractéristique du prophète dêtre contre toute forme dautoritarisme, contre toute sorte de domination, contre les "tu dois" qui ne laissent pas aux hommes la liberté que Dieu enseigne dans le "tu devrais". Le prophète sait à qui revient toute autorité : à Dieu seul. Puisquil est contre toute forme de hiérarchie, le prophète fait une distinction entre autoritarisme et autorité. Cette dernière se rapporte au premier Commandement -"Tu nauras pas dautres dieux que Moi"- pour lequel, de tous temps, les prophètes ont lutté de toutes leurs forces. Jésus, le Christ de Dieu, na pas institué de théologiens professionnels pour transmettre Sa Parole aux hommes. Abraham, Moïse, Elie, Elisée, Amos, Osée, Isaïe, Jérémie et les autres étaient issus du peuple. Contrairement au prophète, le théologien ne sait pas à qui revient toute autorité car en sattribuant trop souvent lautorité à lui-même - tout comme les scribes dautrefois qui persécutèrent Jésus de Nazareth et Le firent crucifier - il sest opposé à Dieu, la seule autorité véritable. Cest ainsi que les théologiens se servent, quand cela les arrange, de l"autorité" de ce monde représentée en fait par la société autoritariste. Il y a plusieurs hommes au cours de lHistoire qui, ayant fait des études de théologie, ont lutté ensuite de toutes leurs forces, de tout leur coeur et de tout leur amour pour notre Seigneur Jésus, le Christ. Je pense à des hommes comme Arius, Montanus, Origène et bien dautres encore, notamment Savonarole, qui furent jugés comme hérétiques par lEglise.
Le prophète : Au nom de la sainte justice de Dieu, les prophètes, hommes et femmes, étaient contre la caste des prêtres, contre les temples de pierre et les traditions. Pour beaucoup de prophètes, cette révolte contre les "templiers" et les traditions marqua la fin de leur existence de prophète et plus dun fut livré au bourreau qui, au nom du pouvoir étatique, exécutait les sentences prononcées par la caste des prêtres. Comment cela se passe-t-il aujourdhui ?
Lexpert en théologie catholique : Très longtemps, les choses se passèrent comme Jésus lavait annoncé aux pharisiens et aux scribes : "Voyez, Je vous envoie des prophètes, des sages et des scribes. Vous tuerez et crucifierez les uns, vous battrez de verges les autres dans vos synagogues et vous les persécuterez de ville en ville."(Mt 23, 34) Aujourdhui les pharisiens et les scribes ne peuvent plus tuer personne, cest pourquoi ils essaient danéantir ceux qui ont une autre foi en les muselant. La citation garde cependant toute sa signification : abstraction faite de savoir qui a introduit le mot "scribes" dans ce texte, il est évident que Jésus continuera à oeuvrer en tant que Christ ressuscité, notamment à travers les prophètes. LEsprit de Dieu na pas dautre alternative que dinterpeller et de dénoncer à travers Ses instruments ceux qui éloignent le peuple du véritable Berger. Cest le seul moyen pour que les brebis se détachent des faux bergers. Sil était imaginable pour les prêtres de soffrir eux-mêmes comme agneau en sacrifice, peut-être se rendraient-ils compte combien il est ignoble de disposer jour après jour de lagneau Jésus car Layant sacrifié des millions de fois, ayant fait de lheure la plus difficile que vécut notre Rédempteur une cérémonie quotidienne, ils lont rendue quasiment éternelle.
Le prophète : Qui a introduit le sacrifice de lautel dans les Eglises institutionnelles dites chrétiennes ? Ce nest certainement pas Jésus, le Christ car Son sacrifice, ce fut - et cest toujours - la force des cieux, la lumière rédemptrice qui montre à lâme le chemin vers la vérité éternelle. Si Jésus fut sacrifié, on peut dire même exécuté, cest parce que la caste des prêtres, dévoilée, voulut en finir avec Lui. Le peuple stupide les y a aidés. Dabord il cria "Hosanna" et plus tard, excité par la caste des prêtres : "Crucifiez-Le!" Aujourdhui les procédés sont un peu plus subtils. Les hommes et les femmes qui veulent suivre Jésus, le Christ, de manière directe et qui, sur la base de leur propre expérience spirituelle et de leur mise en pratique enseignent le chemin vers le coeur de Dieu, sont jetés en pâture au peuple. Pour cela, les représentants de la caste des prêtres daujourdhui utilisent la calomnie et la discrimination de telle sorte que le peuple les imitent. Lattitude qui serait louable et vraiment exemplaire, serait pour la caste des prêtres - quils sagissent des curés, pasteurs, évêques ou cardinaux - de sacrifier son "image de marque", cest-à-dire ses signes extérieurs de dignité pour faire ce que Jésus voulait. Alors seulement, pourraient-ils devenir des successeurs de Jésus, le Christ ; et plus dun serait certainement prêt à abandonner les cultes païens afin que lenseignement simple de Jésus, le Christ, retrouve sa vraie place. Dieu parle à travers le prophète dans la langue maternelle de celui-ci. La Parole divine sécoulant à travers Ses prophètes ne correspond souvent pas à ce qui est écrit dans la Bible. Nous en avons déjà expliqué les raisons en détail ; la caste des prêtres sest appropriée la Parole de Dieu et dans bien des cas elle la déformée, lui apportant les changements qui servaient ses propres intérêts. On peut dire que la Bible relève plus dun champ de bataille au temps des croisades, où périssaient au nom de la croix ceux qui sopposaient à la christianisation forcée. Nombre de ceux qui périrent de cette façon avaient fait vivre la lumière de la vérité à travers leurs paroles et leurs actes et beaucoup se firent tuer à cause de la véracité de ce quils disaient. La Parole de Dieu à travers les prophètes et notamment le plus grand de tous, Jésus, le Christ, fut, symboliquement parlant, tuée elle aussi et la vérité déformée. Pourtant la lumière, la vérité, brille encore ici et là. La caste des prêtres ne fait preuve daucun discernement en la matière puisquelle défend surtout les dogmes de lEglise. Cest ainsi que le Sermon sur la Montagne de Jésus - qui de toute évidence figure dans la Bible - se trouve relégué au rang des utopies. Quand je vois le peu de scrupules quont les théologiens à déformer les indications claires de Jésus dans le Sermon sur la Montagne, je dois revenir à la question suivante : comment peut-on concilier cette façon de faire avec ce que déclarent les théologiens eux-mêmes, à savoir quil faut prendre la Parole de Dieu au pied de la lettre et quon ne doit pas y ajouter ou en retrancher un iota ? Comment se fait-il alors quil existe autant dinterprétations différentes des évangiles ?
Lexpert en théologie catholique : Bien entendu, lEglise souhaite une uniformité dans linterprétation de la Bible et dans son enseignement. Cest pourquoi cest tout dabord le pape seul qui en décide, puis dans un second temps, les cardinaux et les évêques réunis, à travers les décisions concilaires. Ce qui est transmis ensuite individuellement par les évêques, les prêtres et les théologiens qui ont pour fonction de dispenser cet enseignement, dépend souvent de linterprétation que chacun deux en donne. LEglise prétend faire autorité dans linterprétation de la Bible et son enseignement. Ce qui entre également en jeu dans les explications de la Bible provenant de lEglise, cest la tradition, à savoir linterprétation que les pères de lEglise ont transmise entre le deuxième et le dixième siècles . Il faut toutefois tenir compte du fait que ces textes eux-mêmes ont été falsifiés, cest-à-dire reformulés par lEglise de manière à servir ses propres intérêts tant et si bien quil est très difficile aujourdhui dy voir clair dans tout ce méli-mélo. Enfin, il est important de souligner que la version composée par saint Jérôme (Vulgate) sert de Bible de référence. Il est bien connu que celui-ci avait exprimé de sérieux doutes quant à son travail de traduction en raison de lauthenticité des textes dont il disposait. De plus cette traduction fut reprise des dizaines de fois ! Cependant linstitution catholique reste ferme sur ce point : "LEglise est linterprète des écritures saintes." (Neuner-Roos, la foi de léglise, 12ème édition, Nr.93) Ce que ses ministres en font dépend étroitement de la motivation de chacun dentre eux.
Lexpert en théologie protestante : Quand les théologiens affirment quil faut prendre la Bible au pied de la lettre, on peut se demander ce que cela veut dire exactement et si lon ne tolère pas parfois des exceptions ? Ainsi, un exégète affirmera, selon une interprétation "au pied de la lettre", que Dieu a créé la terre en sept jours, tandis quun autre interprétera les sept jours comme sept époques. Le mot "jour" serait alors à prendre au sens symbolique, alors que dautres mots, par exemple "sept", devrait être pris au pied de la lettre. Un troisième prendra lui-aussi la Bible "au pied de la lettre" ; il najoutera ni ne retranchera un iota. Cependant, il verra la Genèse comme un mythe de Création, une sorte de saga qui ne se veut en aucun cas être une description historique exacte. Pour celui-ci, quil sagisse de sept jours, de sept époques ou de tout autre chose nest pas essentiel. La seule chose qui importe est par exemple que Dieu soit le Créateur. Un autre problème se pose pour linterprétation "au pied de la lettre". Cest celui du texte. Au cours des siècles passés, nombre de théologiens ont travaillé à la création dun lexique de base afin quil y ait une unité entre tous les "textes originaux" de la Bible. Il existe en effet une infinité de variantes dans son vocabulaire. Après plusieurs centaines dannées defforts, on a abouti à la création dun "texte original" unique, ce qui, bien entendu ne résout pas la question de la falsification du texte de départ au cours du temps. Si lon demande ce quil en était auparavant, on se heurte à bien des avis différents. Le "texte original" rapportant les paroles de Jésus date en grande partie du quatrième siècle, donc dune époque déjà éloignée de celle où Jésus de Nazareth vécut sur la terre. Lun des théologiens luthériens les plus renommés du XXème siècle, Herbert Braun, estime que seulement 20% des paroles attribuées à Jésus sont authentiques, cest-à-dire quelles furent prononcées de la bouche même de Jésus de Nazareth. Dautres théologiens avancent un pourcentage bien plus élevé. La question essentielle reste donc la suivante : Jésus est-Il réellement lauteur de ces paroles telles quelles sont rapportées ou bien ont-elles été déformées 70 ans, 100 ans après et même plus. Dautres encore ne se livrent pas à ce genre de polémique mais se contentent daffirmer que toutes les paroles de Jésus furent retransmises de mémoire ou selon le niveau de conscience de celui qui les rapportait et éventuellement plusieurs générations après. Cependant la Bible, telle quelle nous est redonnée, serait malgré tout considérée comme la Parole de Dieu, cest-à-dire la base de la religion. En effet, il nexisterait pas de témoignage plus authentique ni plus digne de confiance que celui-ci. Si lon adopte ces écrits comme textes de base, cest maintenant le problème de la traduction qui va se poser dans linterprétation "au pied de la lettre". Pour illustrer à quel point cela peut poser problème et ouvrir la porte à la manipulation, on peut prendre comme exemple la traduction de Luther concernant le passage bien connu de la Bible : "Celui qui prend lépée périra par lépée" traduit par lui : "...d e v r a périr par lépée". A travers cette version, Luther engageait les autorités à se servir de la peine de mort. Bien souvent, les théologiens ont eu des difficultés à se mettre daccord sur la traduction de base. Dans les cas où ils y ont réussi, il faut encore examiner si les mots du "texte original" traduisent bien ce que lauteur de ces paroles a voulu exprimer dans sa langue maternelle. Ainsi, les paroles de Jésus sont retransmises en grec. Cependant Jésus ne sexprimait pas en grec, mais en araméen, qui est une langue appartenant à une culture tout-à-fait différente. Les mots de la langue maternelle de celui qui sest exprimé en araméen, avaient-ils la même signification que ceux qui ont été choisis dans le prétendu "texte original" qui nest en fait quune traduction ? Enfin, pour celui qui tient à prendre la Bible "au pied de la lettre", la question du sens reste posée. Nattribuera-t-on pas aujourdhui aux paroles lu dans le texte une toute autre signification que celle quelles avaient pour celui qui les écrivit autrefois ? Ce qui est écrit dans un passage correspond-il à la même chose se trouvant dans un autre passage ? Ainsi, même à celui qui veut prendre la Bible au "pied de la lettre", il reste une grande marge dinterprétations possible.
En réalité, cest une minorité qui enseigne que la Bible doit être prise "au pied de la lettre". La plupart des théologiens se sont accordés depuis longtemps de nombreux espace de liberté dans leurs exégèses, "espaces" qu'ils ont bien vite remplis de leurs conceptions. Leurs argument sont les suivants : Quand par exemple lEglise luthérienne enseigne que la Bible est la Parole de Dieu, elle fait allusion au "Témoignage densemble des écritures". Elle enseigne par cela que les différents passages de la Bible sinterprètent mutuellement. Le critère principal en est lévaluation prenant comme point de référence le Christ, daprès "ce que le Christ faisait", comme disait Luther. Cependant Luther disait "le Christ", bien quen réalité il fît allusion à "Paul". Car "ce que le Christ faisait" se trouve, selon Luther, principalement dans lépître aux Romains de Paul, dans laquelle il est écrit que les hommes "sont gratuitement justifiés par Sa grâce (de Dieu) en vertu de la délivrance accomplie en Jésus Christ" (3, 24). Le Christ Lui-même a expliqué limportance des actes et quil ne suffit pas davoir foi en la grâce. "Celui qui entend Mes paroles et qui les accomplit, est comparable à un homme sage qui a construit sa maison sur le roc" sont des paroles attribuées à Jésus. Ou : "Il ne suffit pas de Me dire : Seigneur, Seigneur ! , pour entrer dans le royaume des cieux ; il faut faire la volonté de Mon Père Qui est aux cieux." (Mt 7, 21) On pourrait citer encore bien des passages allant dans le même sens. Celui-ci peut être modifié par lEglise luthérienne en fonction de ce que dit son propre enseignement, à savoir que "faire la volonté du Père" signifie surtout croire de manière juste, ou encore que les actes, certes, sont importants et nécessaires, mais pas pour le salut de lâme. On pourrait alors demander ce que veut dire "nécessaire". La réponse à cette question découlera le cas échéant dune nouvelle "subtilité" des théologiens. Dans le livre denseignement dont jai déjà parlé, lauteur, un professeur de théologie luthérienne bien connu, conclut une réflexion détaillée sur la Bible de la façon suivante : "Malgré la multiplicité de ses formes, la Bible a, dans son kerygme de base ( = son dogme de base) de lacte salvateur de Dieu en Christ, un point central qui lunifie. Du point de vue de son canon dans le canon, la Bible a une autorité graduée et non pas une autorité dans létendue. Ainsi la Bible nest pas seulement norma normans (norme normalisante) envers la norma normata (norme définie à partir de la Bible) des confessions [protestantes], mais au sein de la Bible elle-même, le Nouveau Testament est à lAncien Testament dune part et le kerygme de base du Nouveau Testament de lActe salvateur de Dieu en Christ est au Nouveau Testament dautre part, ce que la norma normans est à la norma normata. Une critique de la Bible nest en fin de compte possible que sous forme dautocritique de la Bible à partir de son canon dans le canon. Les critères de canonicité (correspondant à la ligne de conduite) sont : le christocentrisme (lorientation sur le Christ au centre), lapostolicité (écrit ou garanti par les apôtres), et lautopistie" (raisonnement théologique selon lequel reconnaître que la Bible est la Parole de Dieu est en soi un don de cette Parole de Dieu). (Pöhlmann, extrait de la dogmatique, p.75)
Le prophète : Emplie de gratitude et de vénération, je mincline devant le grand, le puissant Tout-Un qui est le Dieu simple, et le Christ, notre Rédempteur, en Lui disant : auprès de Toi, ô bien-aimé Un éternel, je me sens élevée, protégée, et je suis chez moi. En Toi tous les hommes et toutes les âmes, tous les êtres, tout Etre, sont protégés, parce que Ta Parole est la Parole de lamour qui vit en chacun de nous - claire, simple, qui dit avec peu de mots : Mon enfant, Je taime. Toi, ô Dieu grand, Tu nas rien dun faiseur de discours. Tu nas rien dun falsificateur de la vérité. Tu es le Dieu éternel et puissant qui continue à parler à travers Ses prophètes, et qui a parlé à travers Son Fils Jésus, le Christ avec des mots simples, de telle manière que les gens du peuple de toutes les époques puissent Le comprendre. O Dieu grand, unique et bon, que beaucoup dhommes puissent encore Te trouver dans leur coeur afin que ces mensonges hypocrites qui sont dits et faits en Ton nom prennent fin.
Lexpert en théologie catholique : Il est vrai quon ne peut que prier et demander pardon au Seigneur.
Lexpert en théologie protestante : Jésus Sexprimait en paraboles à laide dimages simples ; Il parlait des animaux, des arbres, du sel et du levain, du grain de moutarde, des semailles et des récoltes. Tout le monde pouvait Le comprendre et Le trouver dans son coeur. Mais plus tard, des "érudits" se sont appropriés Son message et en ont fait de la théologie, catholique, orthodoxe et luthérienne. Je ne connais en théologie aucun thème religieux qui nait donné lieu à autant de polémiques, subtilités et imbrications, à toujours plus de "si et de mais" ainsi quà dinterminables "non seulement... mais encore". Dans un débat avec des non-théologiens, les théologiens mentionnent souvent quil faut aborder le thème dune manière plus "nuancée", ne pas simplifier et prendre en considération encore tel ou tel point. Dans cet univers théologique, jai vu que plus je minvestissais dans les études avec lespoir dêtre récompensé de mes efforts, plus je perdais le contact avec la réalité. Même celui qui nadopte pas ce point de vue devrait avoir conscience quen Allemagne, cest lEtat qui finance les études et la carrière des théologiens. Grâce aux impôts, des milliards de Deutsche Marks sont ainsi dépensés pour leur offrir une sécurité matérielle. Quarriverait-il si lEtat consacrait cet argent à dautres fins. Plus dun quitterait rapidement le chemin de la théo-logie sil devait payer lui-même ses études et ses recherches ou travailler pour gagner sa vie.
Le prophète : Jaimerais poser cette question à lexpert en théologie luthérienne : si Jésus avait pris sur Lui tous les péchés du monde, celui-ci devrait par conséquent être plus paisible du fait que les hommes, libérés du péché, seraient lumière issue de la Lumière de Dieu. Si, comme le prétend lEglise, Jésus a pris sur Lui tous les péchés du monde, la confession ne devrait pas être nécessaire. Pourquoi les prêtres donnent-ils labsolution puisquil est dit selon la foi des Eglises institutionnelles que Jésus a pris sur Lui tous les péchés ? Je sais très bien quen déployant leur rhétorique, les théologiens savent présenter les choses de telle manière que celui qui accepte tout sans réfléchir ne perçoit pas de contradictions dans leurs éloquents discours. La déforma-tion de la Parole de Dieu avait déjà cours au temps de Moïse et concerne tous les prophètes : à toutes les époques la caste des prêtres sest montrée experte dans la déformation de la Parole divine. Ceci est toujours valable aujourdhui.
Lexpert en théologie protestante : Ce que tu dis est logique : si Jésus avait pris sur Lui tous les péchés du monde, les hommes devraient être libres de tout péché et ne pas avoir de ce fait besoin de se confesser. Les théologiens des Eglises avancent cependant dautres arguments : Si, comme le veut la croyance des Eglises, Jésus a pris sur Lui tous les péchés du monde, comment ce don de la grâce peut-il agir ? A cela, les Eglises répondent : par le fait que les hommes se confessent et fassent pénitence et quils soient absous de leurs péchés par le prêtre. Ainsi, daprès lenseignement ecclésiastique, croire que Jésus a pris sur Lui tous les péchés donne le droit aux ministres de léglise dagir. Les deux Eglises ont donc des chargés de fonctions pour pardonner les péchés et ceux-ci prétendent pouvoir absoudre, au Nom de Dieu, le croyant de ses péchés en vertu de lacte de Rédemption du Christ. Selon lenseignement catholique, il "faudrait" même "sanctionner comme il convient" celui qui sapproprie le droit dadministrer un sacrement alors quil nest pas prêtre (CIC, Can. 1379). Dans lEglise protestante, le pasteur donne labsolution mais il est toléré quune autre personne le fasse à sa place dans un cadre privé. Il nen reste pas moins que prêtre ou non, personne ne peut absoudre quelquun dautre de ses péchés. Jésus na pas enseigné quon pouvait le faire. Dans lEglise catholique, on utilise la formule "Que Dieu pardonne à travers moi, un pécheur" : il est question ici du prêtre. Que se cache-t-il derrière des paroles apparemment si "humbles" ? Dans lEglise protestante, on pratique dans la plupart des cas la "confession en commun". Les choses se passent ainsi : tout dabord, le pasteur prononce quelques paroles de prière quil a préparées et quil conclut de la manière suivante : "Devant le Dieu Saint, je demande à chacun dentre vous : reconnais-tu que tu es coupable et te repens-tu de tes fautes ? Demandes-tu le pardon de tes fautes au nom de Jésus Christ ? Si tu crois que le pardon que je tadresse est le pardon de Dieu, réponds : oui." Les participants répondent "Oui" à haute voix et le pasteur continue : "Selon votre foi, il vous sera donné. En vertu de ce que le Seigneur a ordonné à Son Eglise, je vous absous : votre faute vous est pardonnée. Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit." Les participants répondent "Amen", puis le pasteur dit : "Allez en paix !" A propos de ce que le "Seigneur a [soi-disant] ordonné", il est fait allusion au passage de la Bible dans lequel Jésus compare Pierre au "rocher" en lui déclarant :"Je te donnerai les clés du Royaume des cieux : tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aux cieux et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aux cieux." (Mt. 16, 19). Ce quIl déclara alors à Pierre seul, Il le répéta plus tard pour tous : "Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié au ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié au ciel." (Mt 18, 18)
Le prophète : La signification de ce que Jésus de Nazareth a exprimé à cette occasion se trouve dans la révélation du Christ «Ceci est Ma Parole, Alpha et Omega, lEvangile de Jésus.» Là, il est dit : "Aucun lien, que ce soit avec des hommes ou avec des choses, na sa place au ciel. Le mot terrestre `lien signifie que lhomme se lie à ce quil aime et apprécie dans le monde, à ce quil place au-dessus des dons de Dieu. Le lien est lopposé de la liberté. Celui qui se libère de ce qui est terrestre en ne le considérant pas comme sa propriété et sa possession, entrera dans le Royaume des cieux en tant quêtre spirituel et vivra dans la plénitude issue de Dieu." (Chap.57, 11) Comment lEglise catholique en est-elle arrivée à faire passer pour un ordre accordant le plein pouvoir à ses ministres, ces paroles de Jésus qui rappellent la loi des semailles et des récoltes ? Jésus na nullement fait état de prêtres et dinstitution pour servir de médiateurs entre Dieu et les hommes.
Lexpert en théologie protestante : Cette question est tout à fait justifiée. En effet, lEglise dit bien que cest le Christ le "médiateur" et non le prêtre. Pourquoi alors les ministres ecclésiastiques laissent-ils croire que les actes officiels quils accomplissent, tels que le baptême ou labsolution sont des actes de Dieu ?
Lexpert en théologie catholique : Dans le catéchisme catholique, on peut lire à ce sujet : "Le Christ Lui-même est présent dans le service sacerdotal du prêtre ordonné par son Eglise... LEglise exprime cela en disant que le prêtre, par la vertu du sacrement de lordre, agit par `la personne du Christ [qui demeure] la Tête´" (Nr 1548) Ou : "Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel peut représenter léglise puisquil représente le Christ." (Nr. 1553) Les évêques, quant à eux, reçoivent la "plénitude du sacrement de lordre", raison pour laquelle ils sont appelés "vicaires du Christ" (Nr 1560)
Lexpert en théologie protestante : Dans le catéchisme protestant, on lit : "Par le fait que le ministre du culte gère la Parole et le sacrement, le Christ agit à travers lui. LApologie, un écrit confessionnel luthérien datant de 1531, spécifie que les prêtres, 'en raison de la mission de lEglise, ne représentent pas leur propre personne mais celle du Christ, comme en témoignent les paroles-mêmes du Christ : celui qui vous écoute, Mécoute. Lorsquils donnent la parole du Christ, lorsquils administrent les sacrements, ils le font en tant que vicaires du Christ´". (Catéchisme protestant pour adultes, Hanovre 1975, 4ème édition, p.1164) En utilisant cette citation de la Bible, lenseignement de Jésus de Nazareth se trouve une fois de plus déformé. Jésus na jamais parlé ni de curés ni de pasteurs, mais Sadressait à tous Ses successeurs.
Lexpert en théologie catholique : Pour ne pas avoir à faire ce que le Seigneur a exprimé dans un langage très clair, une armée de théologiens sest constituée au fil des siècles pour inventer un sacrement qui, au bout du compte, est de moins en moins pris au sérieux par les hommes. La personne qui aimerait connaître le point de vue de léglise catholique à ce sujet doit se plonger dans dinterminables lectures de documents ecclésiastiques et de non moins nombreux livres pour en comprendre les commentaires. Dans la prière que les successeurs du Christ adressent au Père - prière que le Seigneur nous a Lui-même enseignée - nous disons : "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés" (Mt 6, 12) ; et dans le Sermon sur la Montagne, Jésus nous montre un chemin qui est simple : "Quand donc tu vas présenter ton offrande à lautel, si à ce moment tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là devant lautel et va dabord te réconcilier avec ton frère ; puis reviens présenter ton offrande" (Mt 5, 23-24). "Réconcilie-toi vite avec ton adversaire, tant que tu es encore en chemin avec lui sur la route du tribunal." (Mt 5, 25) Ces indications sont tout à fait claires et à la portée de tous. Jésus explique plus loin : "En effet, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera également les vôtres ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes" (Mt 6, 14-15) Dans ces paroles, il nest nullement question dacquittement accordé sous forme dabsolution par un prêtre habilité. Quand lEglise dit que le sacrement de pénitence a pour effet de nous réconcilier avec Dieu et quIl nous accorde la rémission des péchés et des peines éternelles, cela voudrait donc dire quil ne tient quà Lui que je reste un pécheur ; dans ce cas, pourquoi Jésus a-t-Il précisé dans le Sermon sur la Montagne : "mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos fautes" (Mt 6, 15) ? Cela ne tient donc quà nous-mêmes. Et quand il est dit que le sacrement de pénitence permet la réconciliation du pécheur avec lEglise, cest bien-sûr parce quen se confessant à un prêtre, le pécheur accomplit le comman-dement de lEglise. Croire quabuser de la grâce de Dieu reste sans conséquences est une erreur. Dieu est Celui qui ramène ceux qui se sont perdus ; Jésus est venu pour ramener ceux qui se sont perdus ; Il laisse 99 brebis dans la montagne pour partir à la recherche de celle qui sest égarée (Mt 18, 12). Il Se réjouit de la retrouver et la brebis égarée peut ressentir à ce moment tout lamour du Berger ; elle comprend quelle a été tirée de la gueule du loup. Que se passera-t-il maintenant si la brebis nen tire aucune leçon - tout comme lhomme qui recommence à pécher de plus belle sitôt après sêtre confessé - se mettant de nouveau en danger sans se demander si Dieu viendra cette fois encore le tirer de la gueule du loup ? Peu à peu, il accusera Dieu de ne pas le sortir des tourments de ce monde. Dans certaines situations, si nous ne recevons pas laide que nous attendions, nous nous imaginons alors souvent que Dieu nous a abandonné.
Le prophète : Pourquoi sen remettre à un confesseur si, comme laffirme lEglise, lexistence de lâme com-mence au moment de la conception de lenfant et que, comme lenseigne Luther, tout est déjà prédéterminé pour elle, quil sagisse de la damnation éternelle ou de la vie dans les cieux ? Selon Luther, lhomme ne possède pas le libre arbitre. Il nest quune marionnette entre les mains de Dieu, que ce soit dans ses moments de haine et de jalousie ou même dans la cruauté et dans le meurtre. Dans ces conditions pourquoi le prêtre prendrait-il soin dune âme pour laquelle tout est déjà établi davance ? Pourquoi le croyant doit-il se confesser et se faire pardonner ses péchés si son sort est déjà établi par Dieu ? Il est évident que la confession ne peut rien résoudre si, comme lenseignent Luther et Calvin, une âme est déjà prévue pour le ciel tandis quune autre lest pour la damnation éternelle. Dieu serait-Il arbitraire ? Ou bien la notion de prédestination ne serait-elle plus valable depuis la venue de Jésus ? Léglise enseigne en effet que Jésus a pris sur Lui tous les péchés des hommes. Ici, on se trouve devant un paradoxe plutôt énorme. Si cétait Dieu qui décidait du sort de chaque âme, comme lenseignent Luther et lEglise réformée, quelle serait lutilité du baptême dun enfant pour son salut puisque tout est déjà prévu pour son âme ? Léglise enseigne que si lenfant meurt après avoir reçu le baptême, son âme est sauvée. Le curé ou le pasteur auraient-ils donc un pouvoir supérieur à celui de Dieu : en effet, le ministre de lEglise aurait-il le pouvoir de sauver une âme du feu de lenfer quand bien même celle-ci ne serait pas prédestinée par Dieu au salut éternel ?
Lexpert en théologie protestante : Au XVIème siècle, lEglise luthérienne naissante a voulu édulcorer les enseignements radicaux des réformateurs Luther et Calvin, selon lesquels Dieu aurait destiné une partie des hommes au salut éternel et lautre à la damnation éternelle. Le salut serait maintenant proposé à tous les hommes. Dieu ne pré-déterminerait pas qui obtiendrait le salut éternel, mais en vertu de Son omnipotence, Il prévoirait cependant qui serait condamné, de même quIl prévoit toute chose. Ainsi lenseignement des écritures confessionnelles luthériennes en vigueur est-il en totale contradiction avec celui de Luther même.
Le prophète : Que ne faudrait-il pas revoir chez Luther pour adoucir son enseignement ? Et quen resterait-il ensuite ? Sans doute pas même les théologiens protestants. Quel a été le destin des âmes et des hommes qui, suivant lenseignement de Luther, ont cru à la prédestination ? Plus dun est-il peut-être devenu un criminel en se disant : "Quelle importance maintenant puisque de toute façon, je suis damné pour léternité." Tel autre éventuellement a-t-il été linstigateur dune guerre en pensant que cela ne pèserait plus dans la balance puisquil était déjà voué aux flammes de lenfer. Qui est alors tenu pour responsable de telles actions : est-ce Dieu ou bien Luther ? Que doit penser lhumanité du fondateur dune religion dont la clé de voûte, que représente lensei-gnement de la prédestination, a dû être modifié par ses successeurs quelques années plus tard parce quil était erroné ? En réfléchissant plus loin, on peut même se demander sil ny aurait pas dautres erreurs de ce type dans lenseignement de Luther. Et que doit-on penser de linstauration, dans certains pays comme lAllemagne, dimpôts ecclésiastiques destinés à entretenir une Eglise qui propage un enseignement constamment remis en question et à travers lequel son fondateur offrit à l'humanité limage dun Dieu cruel ? Lenseignement de Luther ne provient certainement pas de Dieu. On peut même dire quil est radicalement opposé à lenseignement de Jésus, le Christ.
Lexpert en théologie protestante : Au sein des Eglises, tout ce qui vient dêtre dit se rattache à ce quil est convenu dappeler les "mystères de Dieu" car même si Dieu propose le salut à tous les hommes, lindividu, lui, ne sachant pas sil sera choisi ou non pour profiter de cette offre, na pas besoin de sen préoccuper davantage. Dans la confession luthérienne il est dit : "nous ne devrions pas juger de tout cela daprès notre bon sens" ou encore "nous ne devrions pas nous aviser dexplorer le gouffre insondable et mystérieux de la providence divine, mais tenir compte de la volonté révélée de Dieu" (Konkordienformel, SD XI). Ainsi, il est donc préférable pour chacun de croire quil fait partie des élus et de sen tenir là. Dans ces conditions, il lui suffit de se rassurer à lidée quil a reçu le baptême à sa naissance en faisant comme Luther qui, lorsque son âme traversait des moments de détresse, se disait parfois : "je suis baptisé!"
Le prophète : Tout devient ici de plus en plus nébuleux et "...quia absurdum". Pour gagner le ciel, il suffirait donc de croire et despérer sans se demander si on est élu mais en payant des impôts ecclésiastiques. Pour les ministres de lEglise la chose est simple : il leur suffit de classer ce qui ne cadre pas avec leur "credo quia absurdum" dans la catégorie "mystères de Dieu" en faisant croire aux fidèles que Dieu est impénétrable dans Sa Création et dans Son Oeuvre. Il est vrai que lhomme ne peut pas comprendre entièrement Dieu. Mais Jésus nous a appris une chose : Dieu notre Père nous aime et en Christ, Il laissera 99 brebis dans la montagne pour aller chercher celle qui sest égarée. Cela cest un fait, cest logique et na pas besoin dêtre cru "quia absurdum".
Lexpert en théologie protestante : Comme il y a beaucoup de choses illogiques dans les enseignements religieux, il est également question de "mystères" dans les exégèses plus modernes. En 1973, dans les concordats de Leuenberg, en Suisse, qui aboutirent à une entente formelle entre les églises protestantes luthériennes et les églises protestantes réformées (lesquelles se réfèrent aux "réformateurs" suisses Zwingli et Calvin), on rejette lidée dune éternelle "décision de Dieu concernant lexclusion de certaines personnes ou dun peuple". Il est dit : "Dans lévangile, est promise lacceptation sans conditions de lhomme pécheur par Dieu. Celui qui croit en cela peut être sûr de son salut et peut louer le fait dêtre élu par Dieu. On peut donc parler délection seulement dans la perspective de lappel pour le salut en Christ. Si la foi fait lexpérience que le message du salut nest pas accepté par tous, elle respecte cependant le mystère de loeuvre de Dieu..." Donc, élection uniquement "dans la perspective de lappel pour le salut" ! Il serait logique de se demander maintenant ce quil advient des autres. La damnation éternelle qui, selon lenseignement protestant, est prévue pour ceux qui ne sont pas élus pour accueillir le message du salut, nest plus mentionnée dans cet accord ; on ne parle plus que de "mystère de Dieu".
Lexpert en théologie catholique : Dans lenseignement catholique, on affirme quaucun homme, au cours de sa vie, ne peut avoir la certitude absolue du salut éternel ni celle de la damnation éternelle, si ce nest par une "révélation particulière" (Neuner-Roos, la foi de lEglise, 12ème édition, 1986, Nr.809). Ce thème a connu dautres variations dans lenseignement catholique aussi bien que protestant, cependant, on insiste plutôt moins sur le sujet ces derniers temps. Ainsi dans le catéchisme catholique il est dit : "Personne nest prédestiné par Dieu à lenfer." (Nr 1037). Par contre, dans une édition datant des années 30, on peut lire : "En Dieu, il existe une réprobation éternelle (= prédérmination à la damnation éternelle) de certains hommes. Cette phrase procède de la damnation effective de nombreux anges et de nombreux hommes. Car celle-ci, en raison de limmuabilité de la conscience et de la volonté divines, doit être fondée sur une décision éternelle de Dieu. Vg. can.3 du synode de Valence, p.241." (Diekamp, Katholische Dogmatik, 1er vol, 6ème édition, 1930, p.249) Ceci narriverait toutefois que "post et propter praevisa peccata" - "après et à cause du péché prévu", cest -à-dire plutôt dans le sens dune prévision que dune prédétermination. Cest à cela que sen tient le catéchisme actuel. Les différences sont infimes. Cependant les documents plus anciens ne montrent-ils pas plus nettement lesprit de lenseignement religieux ? Parfois il est dit que la prédestination existerait uniquement pour le salut éternel. Mais quen est-il de ceux qui ne font pas partie des privilégiés ? Si la prédétermination pour le salut nexiste que pour une partie des hommes, nest-ce pas jouer sur les mots que dintroduire - en ce qui concerne la non-prédétermination de lautre partie de lhumanité - des nuances de langage telles que : Dieu ne le fait pas, Il le permet ? La prétention de la pensée humaine ne se manifeste-t-elle pas ici, pensée qui cherche à inclure Dieu dans les conceptions théologiques ?
Lexpert en théologie protestante : La plupart des fidèles de lEglise, quils soient catholiques ou protestants, préfèrent ignorer lenseignement sur la pré-détermination et laisser ce genre de débat aux théologiens. Puisque de toute façon, Dieu se situe au-delà du temporel, il est plus facile de parler de "mystères de Dieu" et de sen tenir là. Moi-même, lorsque jétais "protestant", je ne me préoccupais guère de ce sujet. Jaimerais toutefois revenir à lenseignement de Luther et notamment à lun de ses écrits les plus connus : "De la volonté asservie". "De la volonté asservie" a figuré jusquà présent dans lEglise protestante, parmi les principales oeuvres de la réforme et l'auteur y développe l'un des thèmes-clés de lenseignement protestant, valable encore aujourdhui, à savoir que personne ne peut se décider de par son libre arbitre pour la foi juste, ce qui rejoint la question de lélection, cest-à-dire de la prédétermination. Selon Luther, ou bien Dieu fait naître en nous la foi juste pour le salut, ou bien Satan y provoque le mal. Citons à ce propos un théologien luthérien du 20ème siècle, Hans Joachim Iwand : "Celui qui repose cet ouvrage à la fin de sa lecture sans en avoir tiré la conclusion que cet enseignement de la volonté asservie est la clé de voûte de la théologie protestante, la parcouru en vain." (Münchner Ausgabe der Lutherschriften, p.253) Dans cet ouvrage, Luther enseigne la chose suivante : "Afin de donner plus de place à la foi, il est nécessaire que l'objet de notre foi soit caché à nos yeux. Et cela ne peut être mieux caché que sous le contraire de lobjet matériel, de la sensation et de lexpérience. Si Dieu permet la vie, cest en tuant ; sIl innocente, cest en condamnant ; sIl conduit au ciel, cest en faisant passer par lenfer, comme le disent les écritures : Le Seigneur envoie la mort et permet la vie, nous plonge dans les abîmes de lenfer et nous en fait remonter, (1. Samuel 2, 6). Notre propos nest pas den parler plus en détails ; celui qui a lu nos écrits sait très bien de quoi il sagit. Ainsi Dieu cache-t-Il Sa bonté éternelle et Sa miséricorde sous la colère éternelle et Sa justice sous linjustice. Quel degré de foi plus élevée que de croire en la bonté de ce Dieu qui sauve si peu dâmes mais qui en damne tant ; que de croire en Sa justice, Lui, dont la volonté est la damnation sans appel de ces âmes en détresse desquelles, comme le dit Erasme de Rotterdam, Il semble prendre plaisir aux souffrances, méritant ainsi dêtre haï plutôt quaimé ? Si je pouvais comprendre dune manière ou dune autre comment ce Dieu qui fait preuve dautant dinjustice dans Sa colère, puisse être miséricordieux et juste, la foi ne serait pas nécessaire. Mais du fait même de cette incompréhension, chacun peut trouver loccasion déprouver sa foi puisque ces choses sont enseignées pour tous et largement répandues ; ainsi, dans le fait que Dieu tue, chacun peut mettre à lépreuve sa foi en la vie dans la mort." (Martin Luther, De la volonté asservie, 1525 in : Weimarer Ausgabe der Lutherschriften, Tome 18, p.632 et suiv.)
Le prophète : Lenseignement de Jésus, le Christ, et celui des prophètes est pourtant si simple ! Ce que lintellect fait de Dieu ressemble certainement à de la haute voltige intellectuelle, mais na rien à voir avec lintelligence, Dieu. Ce nest pas pour rien quà la fin de la révélation de Jean, il est écrit : "Sortez de cette cité, ô mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés et ne partagiez pas ses plaies." (Apocalypse 18, 4)
Lexpert en théologie protestante : Le livre denseignement protestant de Hans Georg Pöhlmann (Extrait de la dogmatique, 3ème édition, 1980) reprend la pensée de Luther et poursuit les acrobaties intellectuelles. A plusieurs reprises, on y explique que Dieu se cache dans le monde "sub specie contraria" (=sous lapparence du contraire). (voir par ex. p.128) "En tant quunité qui reste victima (victime) aussi bien que victor (vainqueur), il [Dieu] sidentifie à cette église qui se manifeste souvent dune manière aussi pitoyable, il ne sestime pas trop bon pour rester solidaire delle, malgré ses pécheurs, ses hypocrites, ses bigots... En tant quendroit où il [Dieu] apparaît sub specie contraria (=sous lappa-rence du contraire)." (p.292). De cette manière lEglise protestante fait preuve "dhumilité" et sattire les sympathies en se montrant critique envers elle-même.
Le prophète : Jésus na jamais prononcé de tels non-sens. Ce que tu viens de nous dire est sans doute luthérien, mais certainement pas chrétien car Jésus ne nous a pas enseigné de telles choses. Et cest pour pouvoir entendre de telles inepties que tant de gens paient des impôts ecclésiastiques !
Lexpert en théologie protestante : Les victimes de bon nombre de ces "pécheurs, hypocrites et bigots" qui constituent lEglise, ont bien souvent payé de leur vie. Luther exigea la peine de mort à lencontre des prostituées, des marchands négociant des prix trop élevés, des prédicateurs qui nétaient pas missionnés par les Eglises institutionnelles ou simplement contre des gens qui avaient une autre foi et qui, par exemple, ne croyaient pas au baptême des nouveaux-nés. Il incita à persécuter les Juifs et à brûler leurs synagogues. Il justifia le métier de soldat, en loccurence avec ces mots : "Dieu pend, roue, décapite, tue et fait la guerre. Tout cela fait partie de Ses oeuvres et de Son jugement." (réponse sur le thème : le métier de soldat est-il un état qui plaît à Dieu ? 1526 ; WA 19, 623 ff.) Pendant la guerre des paysans, il encouragea le massacre de ceux qui luttaient pour défendre leurs droits (env. 70 000 morts) et attribua tout cela à Dieu en disant : "... cest Lui qui ma demandé de parler ainsi." (W A, Tischreden 3,75)
Le prophète : Jésus, Lui, nous a enseigné ceci : "Aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous haïssent." Le lecteur na plus quà choisir : Jésus ou Luther ?
Lexpert en théologie protestante : Jésus est venu nous apporter lamour infini de Dieu. A lopposé, Luther laisse entendre que Dieu Se réserve le droit de disposer de lhomme à Sa guise et sans restriction aucune - à savoir également dans la haine, le meurtre et la damnation. Il est vrai que lEglise luthérienne dans sa constitution ecclésiastique professe le "service pour lévangile de Jésus Christ" (article 1), mais il semble, selon les enseignements protestants se trouvant dans les livres cités plus haut, que cela doive également se faire "sub specie con-traria", sous lapparence du contraire.
Le prophète : Selon Luther, Dieu serait lumière et ombre. Il étendrait Sa lumière sur les uns, tandis que les autres seraient recouverts de Son ombre. Ainsi Dieu aurait Lui aussi en Lui le vil, lombre. Jésus a dit : Dieu est lumière. Il na pas parlé dombre. La Bible est donc constituée de fiction et de vérité, de lumière et dombre. Dieu, la Lumière, cest la vérité ; lombre, cest la fiction que la caste des prêtres a inventée et attribuée à lUn éternel et aux prophètes. Lessence même de lenseignement de Jésus est le Sermon sur la Montagne dans lequel Il approfondit les Commandements que Dieu donna à travers Moïse. Les ministres de léglise considèrent que le Sermon sur la Montagne est une utopie et quil est quasiment impossible de le mettre en pratique. Celui qui regarde de plus près le "... quia absurdum" imposé au monde par les théologiens, se rendra bien vite compte quune telle théorie na rien à faire avec lenseignement simple, clair et précis de Jésus, le Christ. Nombreux sont les croyants faisant encore confiance à ces hommes qui enseignent une foi quils considèrent eux-mêmes comme "absurde" et qui prétendent que Dieu a des mystères. Mais sils doivent répondre de leur "quia absurdum", alors il ne reste plus au croyant pour son salut quà sen remettre à Jésus, le Christ, qui le sauvera certainement. Celui qui ouvre les yeux aujourdhui, devrait réagir face à de telles contradictions et suivre ce qui est écrit à la fin de l'Apocalypse de Jean. Le Sermon sur la Montagne est la vérité car il nous vient de Jésus, le Christ. Si chacun le vivait consciemment, un monde meilleur pourrait advenir. Il nest nul besoin pour cela de théologiens : il suffit de suivre Jésus. Depuis déjà 2000 ans, il est écrit à la fin du Sermon sur la Montagne : "Celui qui écoute Mes paroles et les accomplit est comparable à un homme sage qui a construit sa maison sur le roc." La caste des prêtres prétend que le Sermon sur la Montagne nest pas prévu pour notre monde et ne peut donc pas être vécu maintenant.
Deux mille ans se sont écoulés sans que la caste des prêtres ait fait ce que Jésus demandait. Ainsi, elle na pas non plus enseigné à ses fidèles ce que Jésus, le Christ, avait pourtant rendu accessible à lhumanité, à savoir vivre et agir dans lesprit de Son enseignement : Suivez-Moi. Le Sermon sur la Montagne na pu générer de monde meilleur parce que les théologiens en fonction, les "bergers" des brebis, nont pas changé depuis 2000 ans et, par conséquent, le peuple des fidèles des Eglises non plus. Les théologiens sont restés les ministres des cultes païens. Ils ne sont pas les représentants de lenseignement de Jésus, le Christ, car ils ne le mettent pas en pratique. Ceux qui se prétendent les bergers du troupeau se repaissent. Mais le troupeau, lui, s'est dispersé parce que les théologiens lui donnent à paître leur bouillie intellectuelle et païenne. Il peut bien encore sécouler 2000 ans, si la caste des prêtres reste telle quelle est et si son troupeau continue à avaler la même bouillie, le monde ne sera toujours pas meilleur à lissue des deux prochains millénaires et lenseignement de Jésus de Nazareth ne sera toujours pas mis en pratique. Les ministres des Eglises ont construit leur maison sur le sable et non sur le roc, sur le Christ. LEglise catholique, elle, la construite sur le rocher Rome, qui ne survivra certainement pas à la venue du Seigneur. Quant à lEglise luthérienne, elle la construite sur le cruel Martin Luther. Doù ce conseil : fermez la Bible, car chez beaucoup de prêtres, ni lAncien Testament ni lenseignement de Jésus ne sont mis en pratique dans la vie quotidienne. Les quelques aspects que nos deux théologiens nous ont rapportés des enseignements de leur Eglise, me forcent à répéter : "Sortez de cette cité, ô mon peuple, de peur de participer à ses péchés et de partager ses plaies." (Apocalypse 18, 4)
Lexpert en théologie catholique : Les ministres de lEglise catholique se sont à tel point éloignés du Christ - la plupart dentre eux nen a dailleurs pas conscience et ne ladmettrait pas si on le lui disait - quils ne savent plus que le Christ fait partie intégrante de notre vie quotidienne. Dans bien des cas, leurs cellules cérébrales sont saturées de théologie de manière à ne plus rien pouvoir absorber et nécessiteraient dêtre vidées radicalement. Les études de théologie dans leur ensemble sont une mémorisation de traditions et dactes cultuels. On oublie alors lhumble charpentier que fut Jésus, le Christ incarné, et dont lensei-gnement, sil était vécu, changerait la face du monde. Ceux que la théologie a rendus aveugles ne peuvent plus discerner le sens du message prophétique de Jésus : "Je prierai le Père, et Il vous enverra un autre consolateur afin quil demeure éternellement avec vous : lEsprit de vérité que le monde ne peut pas accueillir parce quil ne le voit pas et ne le connaît pas." (Jean 14, 16-17) ou : "Mais le consolateur, lEsprit saint que le Père enverra en Mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que Je vous ai dit." (Jean 14, 26). En ce qui me concerne, il a fallu un certain temps pour que Jésus ouvre en moi une brèche par laquelle je sois catapulté hors des rails de la théologie. Jai été longtemps, moi aussi, prisonnier de cette toile sans savoir que je ne vivais pas dans la liberté du Christ. Maintenant, je me sens délivré de la prison de la théologie et je fais lexpérience que le Christ maide. Des millions dhommes dans le monde peuvent lire la Bible puisque celle-ci est divulguée dans la plupart des langues ; cela signifie que beaucoup dhommes connaissent le Sermon sur la Montagne. Mais les lueurs de vérité qui transparaissent encore parfois dans la Bible, ne sont pratiquement plus visibles aux yeux des croyants institutionnels qui, englués dans les traditions cultuelles, ne sont plus des fervents de la vérité. La majorité dentre eux, devenue apathique, se laisse mener par les prêtres et sen remet aveuglément à leurs explications. Peu dhommes se demandent en fait si ce que la théologie propose correspond à lenseignement chrétien authentique. La Bible a enfermé la parole de Dieu en la fixant définitivement dans lerreur ; cest pourquoi elle ne peut plus être le livre du Dieu vivant.
Le prophète : Si les hommes avaient accompli lenseignement de Jésus, celui-ci aurait forgé une civilisation véritablement chrétienne. Qui peut aujourdhui parler de civilisation chrétienne ? Pour les Eglises institutionnelles qui ont encore létat sous leur coupe, il vaudrait mieux parler de Moyen-Age et de paganisme.
Lexpert en théologie catholique : Que lon puisse donner au monde actuel le nom de "civilisation", ne tient quaux prétentions de ceux qui définissent ce mot. Si je pense à la violence qui règne dans le monde, à la cruauté des hommes envers les animaux et au vandalisme perpétré contre la création dans son ensemble, le mot civilisation perd pour moi tout son sens - à plus forte raison quand on la qualifie de chrétienne.
Le prophète : Pour moi, linstitution catholique est comme un navire voué au culte qui vogue en pleine mer, cherchant vainement une terre ferme et des hommes pour embarquer à son bord. Elle cherche désespérément à atteindre la terre ferme - même si ce nest quun mirage - afin que les endoctrinés qui se trouvent à bord se raccrochent au moins à lespoir quune amarre pourrait encore être jetée sur un rivage imaginaire. La mère de Jésus dont la "mère Eglise" a déjà fait "celle qui donne naissance à Dieu" devrait même, selon le magazine "Focus" 52/97 être déifiée pour devenir la "déesse Marie". Selon le souhait exprimé par écrit de 42 cardinaux, de 500 évêques et de presque 5 millions de catholiques de 157 pays, ce nouveau dogme devrait être introduit au sein de lEglise catholique. Toujours daprès "Focus", la trinité Dieu-Père, Fils et Saint Esprit deviendrait ainsi avec Marie, la mère du Fils de Dieu, une quaternité. De médiatrice, Marie serait promue au rang de divinité à part entière. Par lintermédiaire du culte de Marie, les origines les plus lointaines de la divinité féminine (la mère terre) entreraient, selon "Focus", dans le ciel chrétien par la porte de service.
Lexpert en théologie catholique : Deux mille ans plus tard, il sagit donc dune véritable "bombe à retardement". Le rôle de la femme au sein de lEglise catholique a longtemps été limité, suivant ces paroles de Paul : "Comme cela se fait dans toutes les Eglises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées : elles nont pas la permission de parler ; elles doivent rester soumises, comme le dit aussi la loi. Si elles désirent sinstruire sur quelque détail, quelles interrogent leur mari à la maison ; car il nest pas convenable quune femme parle dans les assemblées." (1 Corinthiens 14, 34-35). Après avoir pu lire pendant plus de 1500 ans ces paroles de Paul dans la Bible, on se souvient tout à coup aujourdhui de ce que Jésus a fait pour les femmes en tombant cette fois dans lexcès contraire afin que tout cela serve au mieux la plénitude des cieux des dieux païens. Les paroles de Jésus noffrent cependant aucun élément qui permette de donner à Sa mère terrestre le "titre" de "déesse".
Le prophète : Ceci nous montre de manière fort intéressante comment les dogmes peuvent être crées dans certaines circonstances - et peut-être même comment ils le furent autrefois ? Cardinaux, évêques et fidèles instaurent un nouveau dogme ; celui-ci est présenté au Pape et soumis à son approbation afin quil le projette dans le ciel soi-disant "chrétien". Ce ciel dit "chrétien" nest en réalité que le mirage du Vatican, et na rien à voir avec lédifice et la structure du Royaume céleste. Il est évident que lEternel ne Se laisse impressionner ni par le navire des cultes, ni par ce qui sy trouve à bord, à savoir les dogmes, les cérémonies, les saints, les sacrements et les fidèles. Dieu ne Se laisse pas davantage impressionner par la formule de la trinité de linstitution ecclésiastique. Selon lenseignement catholique, il existerait aux cieux un patriarcat, similaire au "ciel" masculin-hiérarchique de lEglise catholique. Selon la conception catholique, la trinité consiste en trois personnes, "Dieu-Père", "Dieu Fils" et le "Saint Esprit". Et maintenant on veut y ajouter une femme, la "déesse Marie", doù résulterait une quaternité. Il y aurait donc trois hommes et une femme. Si lon fait de la "déesse Marie" un dogme, le premier Commandement "Je Suis ton Seigneur, ton Dieu, et Je tai conduit hors dEgypte, hors de lesclavage. Tu nauras pas dautres dieux que Moi" devrait donc être modifié. Ce nest certainement pas un problème pour les cardinaux et les évêques puisque lEglise, au fil des siècles, a pris lhabitude de modifier les écritures saintes. Cest ainsi que, depuis peu, le cinquième Commandement "Tu ne tueras pas" est devenu "Tu ne commettras pas de meurtre". On devra donc modifier aussi le "Je vous salue Marie" de même que beaucoup dautres choses. Pour le moment, il faut attendre la décision de la tête de lEglise catholique. Si le dogme de la "déesse Marie" tel que lont conçu des hommes, est projeté dans le ciel catholique, il faudra également changer le "Notre-Père". Alors on priera : "Notre-Père, déesse Marie, qui êtes au cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne vienne" etc. A moins que le rafistolage du nouveau dogme produisant son maximum deffet, on ne prie : "Notre Père qui es à Rome, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, au ciel comme sur la terre" etc... LEtre éternel, le Royaume de Dieu, cest lOrigine, lEsprit, DIEU, qui est saint. Linstitution catholique désigne lEsprit éternel comme une personne. Cependant lEsprit Saint, Dieu, est lEtre qui sécoule éternellement, le souffle, la vie. Dieu-Père est Esprit manifesté qui est donc devenu forme. Dieu-Père est donc un être divin ; en utilisant les mots humains, on pourrait Le désigner en tant que "personne" puisquIl sest manifesté à partir de la vie qui sécoule éternellement, de lEsprit. Le Fils de Dieu est également un être manifesté, le Corégent des cieux ; en langage humain, Il est également une "personne". Devant le trône de Dieu se trouvent les sept chérubins et les sept séraphins ainsi que les 12 et 24 anciens. Le Royaume céleste tout entier consiste en principes donateurs et en principes récepteurs, en êtres, cest-à-dire en "personnes" qui sont - pour utiliser le langage des hommes - masculins et féminins. Puisque ni les principes "masculins", ni les principes "féminins" ne sont sexués, le principe donateur et le principe récepteur sont appelés duels. Tous les êtres purs sont la Loi éternelle manifestée, Dieu, que lEsprit, la vie, est et que chaque être manifeste. Les êtres divins, vus dans leur ensemble, forment une grande famille qui habite les sept cieux fonda-mentaux de lEtre éternel. Chaque être divin a, selon sa mentalité, certaines tâches spirituelles quil accomplit en communication absolue avec tous les êtres divins. Marie, la mère de Jésus est dans lEtre éternel, le séraphin de la miséricorde devant le trône de Dieu et est ainsi intégrée dans la Loi de lamour, de la bonté, de la douceur et de lordre, de la volonté, de la sagesse et de la rectitude divine, qui sécoule éternellement. Voilà en peu de mots ce quest le Royaume de Dieu. Tout le reste nest quabsurdité. Cest une monstruosité sortie du cerveau humain, pour ne pas dire un blasphème, que de salir lordre céleste avec de telles absurdités. LEglise catholique se démasque de plus en plus - dautant plus si elle fait de Marie, la mère de Jésus, une "déesse" - tout comme léglise protestante se démasque de plus en plus avec son Martin Luther. Le fondement de lEglise catholique, cest Rome. Cest par le gouverneur de Rome que Jésus fut crucifié, ainsi que Pierre dont on dit quil est le rocher de léglise catholique. Pierre fut crucifié la tête en bas. Cest encore Rome qui, de nos jours, a créé la "déesse Marie", fait sans précédant dans lhistoire de lEglise de Rome puisque de cette façon celle-ci se démasque entièrement et montre qui elle est en réalité. La chute s'est produisite parce quun être féminin des cieux, évoluant aux côtés de Dieu-Père, voulut être légale de Dieu en créant puis en édifiant son propre royaume. Les personnes ayant des connaissances spirituelles appellent Satana cet être qui est à l'origine de la chute puis de léloignement de Dieu, Satana. Plus tard, Satana se donna elle-même le nom masculin de Lucifer. Ces personnes savent également que cet ange féminin, appelé Satana, a capitulé devant la croix de Jésus et se trouve maintenant sur le chemin de retour vers le Père éternel. De ce fait, lEtat des démons qui siège dans une région des plans de purification et qui depuis 2000 ans, est désormais privé de son guide originel, de sa "déesse". Dans ces conditions on peut imaginer que lEtat des démons ne verrait pas d'un mauvais oeil le fait de pouvoir tourner en ridicule la femme spirituellement élevée, Marie, qui a donné naissance au Corégent des cieux, en en faisant lépouse de Dieu-Père ou de la "personne" du Saint Esprit ? Pour le 2000ème anniversaire du puissant évènement que fut la naissance du Fils de Dieu dans le temporel, fera-t-on de Marie, du séraphin de la miséricorde - qui en tant quêtre humain a accompli un acte extraordinaire de foi, de confiance et dabandon à Dieu en donnant naissance à Jésus, le Christ, dans létable de Béthléem - fera-t-on de Marie une "déesse", et qui le fera ? Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ; que celui qui a des yeux pour voir voie ; et que celui dont le coeur bat pour Dieu, notre Père et pour le Christ, notre Rédempteur mette en pratique ce qui est écrit dans lévangile de Jean : "Sortez de cette cité, ô mon peuple, de peur de participer à ses péchés et de partager ses plaies."
Lexpert en théologie protestante : Celui qui croit trouver une issue en se tournant vers lEglise protestante devrait lire les ouvrages sur Luther que lEglise luthérienne se garde bien dindiquer à ses fidèles. Parmi ces ouvrages, relatant des faits qui montrent les ravages que Luther a causé au nom de lEsprit de Dieu, on peut citer le livre de Hans-Jürgen Böhm "Lenseignement de Martin Luther - un mythe se brise" ("Die Lehre M.Luthers - ein Mythos zerbricht" à obtenir gratuitement chez lauteur : Badstr. 28a, D-91287 Plech).
Le prophète : Dans le passé, Luther, Calvin et dautres, nétaient pas des réformateurs venus du christianisme intérieur, mais les réalisateurs de leurs propres conceptions. Les réformateurs de la religion intérieure, celle de la vérité et de la vie, sont des personnes qui ont apporté et qui apportent aujourdhui encore dans ce monde, la parole directe de Dieu, parole non falsifiée quelles ont elles-mêmes vécue, dont elles ont fait lexpérience et quelles vivent encore car la parole de la vérité sécoule éternellement. Cétaient et ce sont les prophètes de lAncien Testament, ce fut le plus grand des prophètes, Jésus, qui est notre Rédempteur, ce sont les prophètes et les prophétesses du Nouveau Testament ainsi que les hommes et les femmes qui ont purifié leur âme et leur corps pour pouvoir recevoir le salut, la parole de la vérité. Jusquà aujourdhui, le peuple sest tourné vers les réformateurs extérieurs, comme Luther et Calvin. Mais quont apporté ces rénovateurs extérieurs ? Si, par contre, le peuple accom-plissait la réforme intérieure en mettant en pratique lenseignement de Jésus, le Christ, il ny aurait plus de "ministres des Eglises". Il ny aurait que des frères placés sur le même pied dégalité que le peuple, tel que Dieu place les prophètes au milieu des hommes, à égalité avec eux. Dieu na pas élevé Son Fils à un rang supérieur de la société : Il La placé parmi le peuple. Jésus nétait pas un docteur de la loi, mais un charpentier. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. De tout temps, la masse a été aveuglée. Elle saccroche aujourdhui encore à des guides daveugles, eux-mêmes aveugles spirituellement, qui lont toujours conduit dans la fosse, cest-à-dire dans la dépendance, la misère et lesclavage, et qui ly conduiront encore.
Lexpert en théologie catholique : Le vrai prophète est imprégné de manière si active par la Loi - Dieu - quil ne peut pas cautionner les actes humains. Par conséquent, si des "réformateurs" apparaissent parmi les hommes, leurs actes peuvent être mesurés au moyen des Dix Commandements et du Sermon sur la Montagne ; on peut voir alors à qui lon a affaire. La véritable réforme aurait été de sortir les hommes de la "dépendance" des prêtres. Si les réformateurs extérieurs sont arrivés à leurs fins, cest justement parce que les hommes, ne connaissant pas leur être véritable, ne vivent pas en fonction de leur être intérieur et éprouvent la nécessité de sappuyer sur autrui. Celui qui ne trouve pas lappui en lui-même, devient dépendant des autres. Il ne peut pas prévoir où les autres vont le conduire. Cest seulement quand le filet se resserre autour de lui quil commence à sentir la pression des liens et le poids de la dépendance. Alors surgissent les pensées de liberté et lenvie de briser les chaînes. Cest là que les paroles des prophètes deviennent réalité. Beaucoup de prophètes, et avant tout Jésus, montrent cette direction. Dans la synagogue de Nazareth, Jésus a cité ces paroles dÉsaïe : "LEsprit du Seigneur est sur Moi parce quil Ma consacré par lonction. Il Ma envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, rendre la liberté aux opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur."
Et Il ajouta avec force : "...Aujourdhui cette écriture est accomplie pour vous qui lentendez." (Lc 4, 18-19-21)
Bien des prophètes ont mis le peuple en garde contre les prêtres et les souverains. On peut en citer quelques exemples : "Les princes de cette ville jugent pour des pots de vin, ses prêtres enseignent pour un salaire." (Michée 3, 11)
"Nos gardiens sont tous aveugles, ils ne comprennent rien ! Ce sont tous des chiens muets, incapables daboyer. Ils rêvent, restent couchés, ils aiment dormir. Mais ce sont aussi des chiens voraces et insatiables. Et ce sont eux les bergers ! Ils ne savent rien discerner. Ils suivent tous leur propre chemin, chacun cherchant son intérêt." (Ésaïe 56, 10-11)
"Le Seigneur Yahvé traduit en jugement les anciens et les princes de son peuple : Cest vous qui dévastez la vigne et recélez ce que vous avez volé aux pauvres." (Ésaïe 3, 14)
"Malheur aux pasteurs qui laissent dépérir et se disperser le troupeau de mon pâturage ! Oracle de Yahvé. Cest pourquoi - ainsi parle Yahvé, le Dieu dIsraël, au sujet des pasteurs qui font paître mon peuple : vous avez laissé ségailler et ségarer mes brebis et vous ne vous en êtes pas occupées. Maintenant je vous demande de rendre compte de vos méfaits ! Oracle de Yahvé. Mais je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis de tous les pays où je les aurai dispersées et je les ramènerai dans leurs prairies ; elles seront fécondes et se multiplieront. Je susciterai sur elles des pasteurs qui semploieront à les faire paître ; elles nauront plus crainte ni terreur ; aucune ne se perdra ! Oracle de Yavhé." (Jérémie 23, 1-4) Sans hésitation, lEglise tourne à son avantage ces paroles des prophètes. Elle serait, au nom du Seigneur, "le nouveau berger" qui rassemble les brebis pour le Christ. Cependant les fruits de 1700 ans dhistoire montrent au contraire quelle a éloigné les brebis du véritable Berger, le Christ. Une grande partie de lhumanité se trouve à bord du navire qui va sombrer.
Le prophète : La condition de fidèle de lEglise mérite réflexion. On peut alors mesurer à quel point la soumission à lEglise fait injure à lévangile véritable.
Lexpert en théologie catholique : Dénoncer cette dépendance et cette soumission est certainement lune des tâches les plus difficiles du prophète.Si celui qui est dépendant ne prend pas tout d'abord conscience quil lest - comment pourra-t-il jamais sen sortir ? La dépendance, la soumission, lesclavage, lindifférence et lapathie - sont des états assez éloignés du divin. Tant que les prêtres resteront des théologiens, ils séloigneront du divin. Quen est-il de ceux qui les suivent ? Ils font comme eux et les aveugles sont conduits par des aveugles. Si nous nous aidions les uns les autres à trouver notre force en suivant lexemple de Jésus de Nazareth, ni la théologie ni les théologiens nauraient de raison dêtre. La version complète de ce journal ainsi que d'autres numéros peuvent être obtenus gratuitement auprès de : Universelles Leben e.V., Haugerring 7, 97070 Würzburg, Tél. : indicatif pour l'étranger + 49 931 39030, Fax : indicatif pour l'étranger + 49 931 3903 233[../../fr/fuss2.html] |