Le Prophète - La voix du coeur - la vérité éternelle, la Loi éternelle de Dieu, donnée par la prophétesse de Dieu pour notre époque

La voix du coeur,
la vérité éternelle, la Loi éternelle de Dieu
donnée par la prophétesse de Dieu pour notre époque

Une réflexion fondamentale sur notre temps, 
conduisant à l'auto-reconnaissance


Traduit de l’allemand. 
Titre original "Der Prophet"
La version originale fait référence

 


Nr. 10

Le jeune et le prophète

Le jeune :

Bonjour... Salut .... Excuse-moi, mais … l'idée que notre entretien soit enregistré pour en faire une brochure, je ne sais plus de quelle manière je dois m'adresser à toi. Quand nous les jeunes nous parlons de toi ou avec toi, nous t'appelons tout simplement "Gabriele" ou "Gabi".

Tu répètes toujours que tu es simplement notre soeur et c'est de cette manière que tu nous parles. En fait tu pourrais être notre mère. Nous savons à travers ce que dit le Christ et ce que toi-même tu dis que spirituellement nous sommes tous frères et soeurs. Cela nous l'avons déjà compris. Dans nos familles, lors de nos rencontres entre jeunes ainsi que dans les entreprises christiques où nous travaillons, nous nous tutoyons tous. Dans le cadre du travail ou lors d'un entretien téléphonique avec quelqu'un, nous n'accordons pas beaucoup d'importance à l'âge de nos interlocuteurs. Quels qu'ils soient, nous savons que nous sommes réunis pour nous entraider de manière tout à fait naturelle. Mais en public comment nous comporter ? Dois-je t'appeler "honorable prophétesse", "chère prophétesse", "Gabriele" ou simplement "Gabi" ?

Le Prophète :

Pourquoi tout cela est-il si compliqué ? Tu sais bien d'après nos nombreuses conversations que le mot "prophète" ne fait pas référence à un titre mais que cela désigne seulement une personne qui "exhorte" les autres hommes. Le prophète qui est un instrument de Dieu doit exprimer ce que Dieu veut dire aux hommes et ceci leur est rarement agréable.

Jusqu'à présent je n'ai jamais eu l'impression que vous les jeunes m'ayez considérée comme quelqu'un qui vous "exhorte" et d'après moi nos relations ont toujours évolué sur une base fraternelle bien que, comme tu viens de le dire, la différence d'âge, de 18 et 64 ans, soit assez importante entre nous. Si le coeur reste jeune parce que l'âme est devenue lumineuse, c'est-à-dire imprégnée par la lumière de Dieu, alors l'âge ne joue pratiquement plus aucun rôle. La conscience spirituelle reste active car le corps spirituel, l'âme lumineuse, ne peut pas vieillir du fait que l'Esprit de Dieu est vie éternelle donc jeunesse éternelle.

Dieu, le Père céleste étant le Père de tous les hommes, nous sommes tous frères et soeurs. Alors restons simples comme l'est aussi l'Esprit de Dieu : appelez-moi tout simplement "Gabriele" ou "Gabi"

Le jeune :

Cela me va. Merci.

Les questions que j'aimerais te poser sont peut-être un peu spéciales et délicates. Est-ce que c'est possible ?

Le Prophète :

Vas-y ! Je suis tout à fait d'accord. Ne soyez pas timides ou complexés. On verra bien ce qui peut sortir de tout cela.

Le jeune :

Le monde dans lequel nous vivons offre difficilement aux jeunes la possibilité de s'y retrouver. Ceux d'entre nous qui sont à la recherche des valeurs éthiques et morales ont fini par admettre que celles-ci sont presque impossibles à trouver. Où se trouve le vrai, où se trouve la vérité ? Dans ce monde, tout, vraiment tout est uniformisé et sans qu'on s'en aperçoive, on devient vite un imitateur, si on ne l'est déjà, quelqu'un dont la vie évolue déjà largement dans le cadre des normes en vigueur et qui contribue lui-même à "conventionnaliser" ses semblables.

Si un jeune essaie de vivre selon ses propres valeurs et idéaux, il se retrouve très vite marginalisé et n'a bientôt plus d'amis. Cependant on a besoin d'amis et on aimerait aussi trouver des modèles. Moi j'ai de la chance car j'ai des amis, mais je connais beaucoup de jeunes qui disent qu'il est difficile de trouver de véritables amis.

Gabi, tu nous as souvent donné ce conseil : "Essayez de ne pas vous orienter sur des personnes, mais laissez plutôt monter de votre intérieur le plus profond, l'image de Jésus de Nazareth, ce qu'Il a enseigné et comment Il a vécu. Projetez Son enseignement et Sa vie dans le présent, car ces idéaux sont valables pour toutes les époques et pour l'éternité."

Cependant, tu es toi aussi un être humain et tu sais que c'est rarement facile de faire de Jésus de Nazareth le modèle à suivre dans le cadre de notre vie moderne. Parfois j'essaie de m'imaginer quelles pourraient être la vie et la manière de se comporter de Jésus de Nazareth s'Il vivait aujourd'hui parmi nous, en tant que jeune par exemple. Gabriele, j'aimerais bien te poser maintenant cette question : si tu avais notre âge comment serait ta vie ?

Le Prophète :

Avant tout, je dois ouvrir une petite parenthèse pour indiquer dans quel contexte j'ai vécu moi-même ma jeunesse. Lorsque j'avais de 16 à 20 ans, notre pays, l'Allemagne vivait encore très fortement les effets de la deuxième guerre mondiale. Presque tout avait été bombardé et détruit. Dans les villes régnait le chaos sous toutes ses formes, cependant ici où là, la reconstruction commençait. La plupart des gens disposait de très peu d'argent et la plupart des familles ne possédait que ce qui était vraiment indispensable pour la vie quotidienne. A cette époque les places d'apprentissage étaient rares. Bien peu parmi ceux qui avaient fait de bonnes études secondaires pouvaient entrer dans les grandes écoles, d'une part il y avait des problèmes de transport, d'autre part des problèmes d'argent. La radio diffusait très peu de programmes et toutes les familles ne disposaient pas de la radio. Naturellement, la télévision et l'ordinateur n'existaient pas. Il n'y avait ni discothèque, ni concert en plein air, ni tout ce qui plaît à la jeunesse d'aujourd'hui. On ne se posait pas de questions sur ce qui était à la mode ; on s'habillait avec ce qu'on avait ou avec ce qu'on nous donnait. Bien sûr les jeunes avaient également des idéaux et des conceptions, mais ils n'étaient pas aussi exigeants et ambitieux qu'ils le sont aujourd'hui, comme c'est généralement le cas.

A quoi ressemblait ma vie à 18, 20 ans ?

J'étais très spontanée, joyeuse, gaie et sportive. A 10, 12 ans il n'y avait pas d'arbre trop haut pour moi, pas d'eau assez profonde dans laquelle je n'ai envie de plonger. Je pratiquais à peu près tous les sports qui existaient à l'époque, le handball, la course de fond ou de vitesse, la gymnastique aux agrès. Ma vitalité et ma joie de vivre, de même que ma force corporelle et mon dynamisme y trouvaient un bon moyen de s'exprimer. J'avais beaucoup d'amies et je nourrissais également de nombreux désirs ; par exemple celui de fonder une famille et d'avoir une maison. Que tu le croies ou non, pour les jeunes de cette époque, il n'était pas question de rêver d'une voiture ou d'une moto comme vous en avez aujourd'hui, et mon plus grand désir était d'avoir un jour ma propre bicyclette, car je ne disposais que du vélo de mon père. Comme tous les vélos d'hommes celui-ci avait une barre transversale qui était trop haute pour moi et par-dessus laquelle je n'arrivais pas à passer la jambe droite. Avant de parvenir à trouver l'équilibre, je suis tombée de nombreuses fois et le vélo avec moi. Souvent mes genoux étaient plus endommagés que la bicyclette sur laquelle ces accidents laissaient naturellement aussi des traces. Mon père n'était pas du tout content et disait que je devais prendre le vélo de ma mère. Cependant celui-ci était une véritable antiquité, avec de grandes roues, je n'arrivais pas à m'asseoir sur la selle. Plus tard, dès que ma paie d'apprentie me l'a permis je me suis acheté ma propre bicyclette dont j'étais très fière.

A 17, 18 ans, j'avais l'âge d'aller danser. A cette époque il n'y avait pas encore chez nous de cours de danse ; on apprenait en regardant les autres danser. Le carnaval était également pour les jeunes une occasion rêvée de se faire des amis avec lesquels on allait danser, ce qui voulait dire également porter une tenue appropriée.

Comme tu le sais, j'ai grandi dans une petite ville aux moeurs encore très puritaines. Les relations entre jeunes gens restaient le plus souvent dans les limites convenues. Elles ne débouchaient pas sur les relations sexuelles - en tout cas en ce qui me concerne - car j'étais une jeune fille plutôt farouche qui ne se perdait pas en rêveries romantiques ou autres sentiments du même genre et qui préférait se consacrer au sport, par exemple à la natation. J'appréciais également la communauté. Si je transpose votre mode de vie actuel à l'époque où j'avais 16-20 ans, compte-tenu du monde de sentiments qui était le mien alors, il est plus que probable que je serais allée dans les discothèques, dans les concerts en plein air et que j'aurais fait beaucoup d'autres choses encore.

Cependant si je m'imagine à l'époque où j'avais 18-20 ans possédant les connaissances spirituelles que j'ai actuellement, je pense que la jeune Gabriele aurait été une jeune personne évaluant et mesurant toute chose sans s'orienter sur la masse. L'envie innée de liberté qui était le mien et l'amour pour la vérité qui m'animait auraient contribué au développement de mon autonomie intérieure ainsi que d'une conscience de soi véritable et m'aurait aidée à atteindre relativement tôt une certaine souveraineté. Plus tard, j'aurais incontestablement vécu ma vie de couple et de famille de façon tout autre que la manière dont a vécu la Gabi catholique que j'étais, elle qui n'avait aucune notion des aspects subtils de la Loi de Dieu qui justement rendent si précieux un couple et une famille.

Parce que j'ignorais tout de la vie intérieure, donc des valeurs et des Lois spirituelles, j'ai commis beaucoup d'erreurs à l'égard de mes amis aussi bien que de mon couple et de ma famille. Si j'avais eu connaissance autrefois de ce que je sais aujourd'hui concernant les Lois divines, je ne serais en aucun cas devenue une imitatrice, comme Gabriele - la jeune fille d'alors - l'était en de nombreux aspects, tout simplement parce qu'elle ne savait pas faire autrement. Ce sont ces tendances à l'imitation qui furent à l'origine de beaucoup de mes ennuis d'alors et qui m'occasionnèrent tant de discordes, d'insatisfactions et de désaccords. Si la jeune fille que j'étais avait eu des connaissances spirituelles elle ne se serait jamais liée à quiconque, pas même à un conjoint. Elle ne se serait pas servie de lui à ses propres fins. Ses aspirations et ses efforts auraient visé à être sur un même pied d'égalité que son conjoint et à pouvoir parler de tout avec lui. J'aurais également laissé mes enfants libres et je ne les aurais pas liés à moi. Je me serais efforcée de les guider et non de les éduquer comme on le faisait jadis.

Je suis du signe de la balance, aussi j'aime la communauté. Si j'étais jeune maintenant, je chercherais à avoir de "vrais" amis mais pas à entretenir ces "amitiés" superficielles, dans la plupart des cas intéressées et extérieures.

Une chose est sûre, la fidélité a toujours beaucoup compté pour moi. La fidélité, c'est le contraire des liens. Rester fidèle cela veut dire être libre. Rester fidèle, pour moi aujourd'hui cela est aussi synonyme de liberté, cela me donne la possibilité de parler de tout, si ce n'est de façon directe, au moins de façon indirecte, et cela en fonction de la personne avec qui je parle, de sa capacité d'accepter, de supporter et d'assimiler ce qu'on lui dit.

Le jeune :

Gabriele, t'entendre parler de ta jeunesse, cela m'a rendu dubitatif. Il m'est difficile de me projeter à l'époque de ta jeunesse, après la deuxième guerre mondiale puisque c'est une époque que je n'ai pas connue. Je me rends compte que quelqu'un qui n'a pas vécu cela ne peut pas vraiment ressentir ce qu'une personne qui a traversé la période de la guerre et de l'après-guerre, a enduré. Ainsi, je comprends mieux l'enseignement du Christ de Dieu qui dit que quelqu'un qui n'a pas d'expériences ou de programmes relatifs à des situations ou à des choses ne peut pas comprendre les autres sur ces points précis.

Je n'ai pas pu m'empêcher de rire quand tu as raconté de façon tellement vivante ta jeunesse, tes escapades à bicyclette, tes escalades dans les arbres et quand tu as décrit les activités sportives que tu pratiquais alors, jusqu'à l'aveu sincère que tu viens de nous faire que ton ignorance de catholique à l'égard des Lois divines et spirituelles, t'a fait commettre beaucoup d'erreurs. Maintenant je comprends mieux comment il t'est possible de si bien ressentir ce qui se passe en nous, les jeunes d'aujourd'hui. Tu as projeté tes connaissances spirituelles actuelles, issues de la sagesse divine, sur ce que fut ta jeunesse afin de mieux comprendre les jeunes d'aujourd'hui. De la sorte tu peux nous aider dans beaucoup de situations à partir de ces connaissances, c'est-à-dire de la sagesse. Nous te sommes très reconnaissants pour tes conseils et pour ton aide.

Le Prophète :

Cela me fait plaisir de pouvoir être là pour mes jeunes frères et soeurs. Il est vrai que je peux vous donner des conseils et vous apporter de l'aide, tout du moins les proposer, cependant chacun garde la liberté de les accepter ou pas et surtout de savoir s'il veut les mettre en pratique, c'est-à-dire les transposer dans la réalité, car cela c'est chacun qui doit le faire lui-même. D'ailleurs cela est valable pour tous, jeunes ou vieux, en raison de la Loi du libre arbitre.

Le jeune :

J'aimerais te poser encore d'autres questions qui figurent sur la longue liste que j'ai apportée ?

Puisque tu es en mesure de comprendre la jeunesse à partir de la sagesse divine développée en toi, peux-tu nous dire ce que tu ferais après le travail, dans le cadre de ton temps libre ? A quoi t'intéresserais-tu si tu étais jeune aujourd'hui ? Comment t'y prendrais-tu pour changer le monde ?

Le Prophète :

Permets-moi de répondre tout d'abord à ta première question à propos de la façon dont j'utiliserais mon temps libre si j'étais jeune aujourd'hui.

Bien sûr, autrefois les choses étaient beaucoup plus simples puisqu'on n'avait pas autant de temps libre qu'aujourd'hui. Les journées de travail se terminaient pratiquement toujours à 18h00/18h30, et le samedi à 14h00/15h00. Mais ce que tu me demandes c'est comment je me comporterais aujourd'hui si j'avais ton âge et que je possédais des connaissances spirituelles.

Je crois qu'il serait important pour moi de me demander chaque jour après mon travail quel est le bilan de ma journée et de l'évaluer à la lumière de mes sentiments : qu'est-ce qui était bien en grande partie, qu'est-ce qui l'était moins et qu'est-ce qui était carrément médiocre ? Oui, je passerais ma journée en revue à l'aide de ces trois aspects : bien, moins bien, médiocre. Je me réjouirais de ce qui était bien et lui donnerais de la force en l'affirmant dans mon conscient. Je regarderais ce qui était mauvais de très près en me demandant : qu'est-ce qui, dans mon subconscient, joue sans cesse des tours à mon conscient, c'est-à-dire à moi-même ? En effet, il faut que tu saches qu'on peut comparer le subconscient à un criminel aux aguets qui cherche à éliminer systématiquement toutes les bonnes résolutions prises par le conscient, c'est-à-dire à les faire disparaître, pour nous entraîner vers ce qui est moins bien. Quant à ce qui est carrément mauvais, je le prendrais à bras-le-corps avec toutes les forces dont je dispose, avant tout avec la force du Christ de Dieu, c'est-à-dire que j'en suivrais la trace pour en trouver la racine et l'arracher avec la force de l'Esprit du Christ. Car le mauvais peut nous inciter à commettre des actes dont nous ne voulions pas du tout dans notre conscient. Le mauvais est donc un super tueur qui élimine toutes nos bonnes résolutions pour nous détourner de notre développement et nous conduire vers le négatif.

Avec l'aide du Christ de Dieu je ferais donc quotidiennement le bilan de ma journée et je suivrais le chemin que Jésus de Nazareth nous a montré : "Reconnais et repens-toi de tes péchés, mets-les en ordre et ne les répète plus". Le fait de ne plus recommencer est tout à fait décisif. Pour y parvenir, nous avons besoin d'une certaine force nous permettant de garder les aspects de la Loi divine dans notre conscient, car le tueur-subconscient, dans lequel le moins bien et le mauvais sont encore présents et vivants, cherche toujours à prendre le contrôle du conscient, c'est-à-dire à nous inciter à reproduire sans cesse nos anciens vices, le moins bien qui pèse sur notre âme, sur notre véritable être. Ce que j'aurais fait dans ma jeunesse si j'avais eu ma vision actuelle des choses, je le fais aujourd'hui. Chaque jour je fais le bilan de ma journée.

Le jeune :

Est-ce qu'on ne pourrait pas appeler ce tueur qu'est l'inconscient le "tentateur" ?

Le Prophète :

Tu as tout à fait raison. Si on regarde de plus près cela se passe de la façon suivante :

Les aspects négatifs que nous n'avons pas encore surmontés mais aussi les aspects positifs que nous avons déjà développés sont stockés, enregistrés dans l'inconscient. A partir de ce que nous avons enregistré en lui, l'inconscient donne sans cesse au conscient l'impulsion de penser les mêmes choses parce que le négatif qui, dans la plupart des cas, prédomine dans l'inconscient, a faim d'énergies négatives supplémentaires. Le "tentateur", c'est-à-dire le négatif dans l'inconscient, frappe sans cesse à la porte du conscient pour l'inciter à penser continuellement de manière négative. Si l'homme, le conscient, se laisse influencer de la sorte, il donne de l'énergie négative supplémentaire à l'inconscient et renforce ainsi ce qui s'y trouve déjà. Donc, si le "tentateur" parvient à pousser le conscient à commettre des actions négatives, le subconscient se remplit de plus en plus de ces énergies. Si celles-ci ne sont pas réduites, vient le jour où l'inconscient est totalement rempli de ces enregistrements.

Quelqu'un qui succombe sans cesse à la "tentation" - aux impulsions négatives issues de son subconscient - qui leur obéit en quelque sorte, nourrit, vivifie et édifie ce complexe d'énergie pécheresse, le renforçant toujours plus. Lorsque le subconscient est finalement rempli par ces enregistrements, il devient le maître et c'est lui qui détermine alors les actes de cette personne. Cela signifie que le subconscient a la mainmise sur le conscient et pousse maintenant l'homme à faire ceci ou cela, il a pris le pouvoir sur l'homme. Celui-ci est maintenant poussé à agir d'une certaine manière conformément à ses imprégnations pécheresses. On peut dire qu'il n'est plus maître de lui.

Nous pourrions dire également que le subconscient est devenu autonome : l'homme exécute ce qu'il a enregistré pendant longtemps dans le subconscient.

Si un homme prend une résolution pour faire face à une faiblesse, à un aspect pécheur, cette résolution s'exprime tout d'abord dans son conscient, mais celui-ci étant pour ainsi dire privé de pouvoir, l'homme ne peut pratiquement plus rien faire contre l'enregistrement devenu surpuissant dans son subconscient. Les considérations et les objections issues du conscient n'ont plus d'effet, l'homme ne parvient pas à s'en tenir à ses résolutions positives de faire ce qui est bien. Le "tueur" subconscient empêche donc l'homme d'aller dans la direction positive, il "tue" le bon, ce que l'homme s'est proposé de faire. L'homme n'est plus en mesure d'exécuter ses bonnes résolutions.

Faire quotidiennement le bilan conscient de sa journée, cela sert entre autre à analyser le négatif reconnu, ainsi que ce qui est actif dans le subconscient, à en trouver la racine pour la mettre en ordre et ne plus recommencer, et cela avant que le subconscient ne soit rempli. Nous devons nous programmer sans cesse avec le bon, le positif, jusqu'à ce que notre programme positif, par exemple un Commandement de Dieu, soit "enraciné" en nous.

Mais revenons à ta question :

Qu'est-ce que j'aimerais faire si j'étais jeune aujourd'hui ?

Je crois que j'essaierais de réaliser tout ce qui me tient à coeur : par exemple nager, faire du sport, du tennis ou d'autres sports qu'il est donné de pratiquer aujourd'hui, à condition que cela ne me rende pas dépendante d'autres personnes, ce qui élimine donc le sport de compétition grâce auquel on peut gagner beaucoup d'argent. En effet, le sport de compétition surchargerait le monde de mes sentiments, de plus il me rendrait dépendante d'un entraîneur, ainsi que des personnes qui financeraient mes heures d'entraînement et ce qui n'est pas la moindre des choses, du public qui devrait m'encourager pour que je donne le meilleur de moi-même.

Je passerais également du temps en compagnie de mes amis, à faire des choses ensemble et à parler. Si j'avais une relation sérieuse avec quelqu'un, je m'efforcerais de regarder tout du point de vue de ma liberté si précieuse, c'est-à-dire que je ne me lierais en aucun cas aux désirs - y compris aux désirs sexuels - ni aux miens ni à ceux de quelqu'un d'autre. Ma liberté serait pour moi ce qu'il y a de plus précieux, et cela veut donc dire que je laisserais également la liberté à mon prochain, que je ne le contraindrais pas à quoi que ce soit, ni ne chercherais à l'influencer, quand bien même je serais poussée par des désirs sexuels. Je chercherais plutôt à savoir d'où vient cette poussée de désirs, c'est-à-dire à l'explorer pour découvrir ce qui se trouve à la base de ces désirs oppressants.

J'ajoute que j'étais et que je suis restée quelqu'un qui aime la musique. C'est pourquoi, j'apprendrais à jouer d'un instrument correspondant à mes talents. Pendant les années de guerre, alors que j'étais encore enfant, j'ai appris à jouer de l'accordéon. L'ayant acheté d'occasion, il fallait toujours le faire réparer et accorder. Avec le temps on finit par ne plus trouver de pièces et c'est la raison pour laquelle je dus abandonner la pratique de cet instrument. Plus tard, alors que j'étais une jeune femme, j'ai commencé à apprendre le piano, mais c'est alors qu'est venu l'appel prophétique. De nouveau j'ai arrêté. Mais à l'âge de 50 ans je me suis tourné à nouveau vers la musique ; une nouvelle fois j'ai commencé à m'exercer à apprendre le piano. Aujourd'hui encore je joue du piano de temps à autre, naturellement seulement chez moi. J'aime également aller aux concerts classiques. Tu vois, dans le domaine de la musique, il n'y a pas de limite d'âge.

Tu me demandes si en tant que jeune possédant les connaissances spirituelles qui sont les miennes aujourd'hui, j'essaierais de changer le monde.

Pourquoi pas ! Cependant je ne le ferais pas en manifestant dans la rue et en m'affublant de façon à effrayer mes semblables. Mon souhait serait de me changer tout d'abord moi-même, de devenir claire concernant ce que je veux vraiment et de savoir si la construction d'une société meilleure et spirituellement souveraine, ouverte de coeur, pourrait être le but de ma vie. Je ne me perdrais pas dans des conceptions utopiques mais je me proposerais des buts éthiques et moraux clairs et proches de la vie, et je lutterais pour les atteindre. Quelqu'un qui commence à mettre en pratique petit à petit des buts éthiques plus élevés dans sa vie, quelqu'un donc qui se change lui-même et qui ne se contente pas de vouloir changer les autres, sera un bon exemple et avec le temps attirera des personnes qui veulent les mêmes choses. Que celles-ci s'en tiennent ou pas à ce qu'elles se sont proposées, cela nul ne pourra l'influencer. Mais parmi ces personnes il s'en trouvera toujours pour affirmer les valeurs qui rendent stable et vivante une société orientée sur des valeurs morales.

Le jeune :

Gabi, que ferais-tu si quelqu'un te faisait des avances ou si un client t'invitait souvent à prendre un verre avec d'autres idées derrière la tête. On ne peut quand même pas toujours l'envoyer promener. Comment te comporterais-tu dans un tel cas ? Qu'est-ce que conseille ici la sagesse divine ?

Le Prophète :

Par l'expression "faire des avances", tu fais certainement allusion au fait d'être importuné par quelqu'un. Une personne possédant un peu de sagesse n'accordera pas d'attention à de telles tentatives ou bien mettra immédiatement les choses au clair. Nous devons savoir que chaque homme a un niveau de conscience différent et que chacun a programmé et programme encore son conscient, son subconscient, son corps et son âme selon ses sentiments, sensations, pensées, paroles et actes. Les programmes enregistrés en chaque homme constituent son niveau de conscience. C'est en fonction de celui-ci que l'homme ressent, pense, parle et agit. Cela signifie que personne ne peut vraiment comprendre un tiers parce que chacun de nous a un niveau de conscience différent. Quelqu'un qui est persuadé de cela et qui intègre cette connaissance dans sa vie quotidienne, s'énervera beaucoup moins si un autre lui "fait des avances" comme tu dis. Tu connais également la loi de la correspondance : ce qui m'irrite chez l'autre, se trouve en moi d'une façon identique ou similaire.

Tu dis qu'un client t'invite souvent à prendre un verre et que tu ressens qu'il a quelque chose d'autre derrière la tête. Tu dis de manière juste que tu ne peux pas continuellement "l'envoyer promener". Il ne faudrait pas rejeter une invitation sans une raison fondée. Ne pourrais-tu pas inviter ce client à prendre un verre en lui précisant que tu inviteras également quelques amis ? Alors le client décidera ce que bon lui semble. En fonction de sa décision tu pourras tirer toi-même tes conclusions.

Le jeune :

Sous les yeux j'ai encore toute une série de questions. Je lis la suivante :

Dans la jeunesse actuellement il y a des courants de mode très marqués : les cheveux colorés, le piercing, les fringues des années soixante-dix, et les marques qu'il "faut" porter. Que ferais-tu à notre place ? Aurais-tu les cheveux verts, porterais-tu des pantalons à patte d'éléphant avec des chaussures à semelles compensées ou bien une tunique blanche et flottante ?

Le Prophète ::

Je peux facilement me replacer dans le monde des sentiments de ma jeunesse. Le monde de vos sensations ne m'est pas étranger. Puisque le libre arbitre doit être respecté dans chaque situation, je vais répondre de façon globale à ta question parce que je ne veux pas vous changer. Cela doit venir de chacun.

Comment me serais-je comportée dans ma jeunesse si les possibilités et les tendances de la mode d'aujourd'hui avaient été celles d'autrefois et que les connaissances des aspects de la Loi divine m'avaient manqué ? Certainement aurais-je été moi aussi une imitatrice qui se serait comportée comme le font beaucoup de jeunes aujourd'hui pour ne pas se retrouver seuls, sans amis. Je ne me serais certainement pas soumise au piercing, car j'ai toujours eu une réticence face aux piqûres ou au coups, alors que dire des piqûres dans le nez ou dans les joues. Je n'ai jamais eu envie de marquer mon corps de manière durable. Je n'aurais pas davantage porté de tunique blanche et flottante, d'ailleurs je n'en porte pas non plus aujourd'hui, car celui qui veut se distinguer de la masse par sa façon de s'habiller, a quelque chose à cacher. Il veut se montrer différemment de ce qu'il est et ce qu'il est, il veut le cacher de toutes les manières possibles. C'est pourquoi il s'habille d'une manière qui le distingue des autres.

En aucune façon je ne voudrais donner de leçons à quiconque, car c'est à chacun de trouver lui-même la racine des sentiments, pensées et désirs qui le poussent à modifier son aspect extérieur. Que veut-il donc atteindre de la sorte ? Si j'avais eu connaissance des Lois divines dans ma jeunesse, je ne serais certainement pas devenue une imitatrice car les connaissances spirituelles divines donnent aux jeunes comme aux personnes plus âgées, la possibilité d'analyser ce qui est à la base de leur comportement, d'y travailler, de le surmonter afin de devenir libre et indépendant. Essayons maintenant de découvrir ensemble ce qui se cache derrière le fait d'avoir les cheveux colorés en bleu, en rouge ou en orange, ce qui se cache derrière le piercing, derrière le retour de la mode aux années soixante-dix et derrière le fait de ne s'habiller qu'avec les marques qu'il faut absolument porter pour "être dans le coup".

Examinons cela tout d'abord sous l'angle de la nature.

L'homme est un corps naturel constitué de terre et d'eau. Si nous observons le corps naturel qu'est la terre, nous remarquons bien sûr qu'il ne change qu'en fonction des saisons. Au printemps, la nature s'éveille, elle fleurit. En été les fruits mûrissent et en automne la sève se retire. L'hiver apporte le repos et ici et là le manteau blanc de la neige. Dans la nature les changements s'accomplissent sans l'intervention de l'homme mais selon des cycles. Si l'homme intervient dans les cycles de la nature au moyen des croisements, des manipulations génétiques et, comme cela est actuellement révélé au grand jour, par l'entremise du clonage, alors il peut changer les formes extérieures de la nature mais pas ses caractéristiques de base car les structures divines et spirituelles restent.

Quelle peut être la motivation d'un homme qui change son aspect naturel ? Quelle peut en être la raison ? Pourquoi quelqu'un renie-t-il son être, pourquoi s'uniformise-t-il, pourquoi se cache-t-il, ou endosse-t-il des programmes étrangers, les opinions des autres et enfin pourquoi investit-il tellement d'énergie pour se montrer tel qu'il n'est pas ? C'est parce qu'il analyse rarement la nature de son comportement afin de se reconnaître lui-même, que l'homme devient un imitateur ou quelqu'un qui s'oppose à d'autres ou à la société.

Beaucoup de jeunes peuvent être rangés dans l'une de ces catégories. Nombreux sont ceux qui n'apprécient pas l'attitude de leurs parents, ce qu'ils pensent et ce qu'ils disent. Sous bien des aspects, la société dans laquelle ils vivent leur déplaît. C'est parce que ses conceptions et ses opinions ne trouvent pas écho auprès de ses parents, des autres adultes et de la société, mais aussi parce qu'il lui arrive d'être rejeté comme quelqu'un d'incompétent, d'inexpérimenté et manquant de compréhension, qu'un jeune entre en opposition avec son entourage, tout d'abord en paroles, puis en actes ainsi qu'à travers son comportement. Ainsi, quand il finit par se rendre compte qu'il ne parviendra pas à imposer ses conceptions et ses opinions, il commence à se révolter et comme c'est souvent le cas à s'habiller en rebelle de la société. Nombreux sont ceux qui pensent : Puisqu'ils ne veulent pas m'entendre tel que je suis, ils devront pourtant bien me regarder comme "je suis" et faire attention à moi. C'est souvent pour cette raison que l'on se fait colorer les cheveux et qu'on se coule dans le moule collectif des gens de son âge au moyen de l'imitation et selon le principe "l'union fait la force"

Le jeune :

Puis-je dire quelque chose à ce sujet ?

Nous, je parle ici des jeunes qui sont autour de moi, avons tous le sentiment que tout ceci n'est pas très bien, Gabi. Mais que doit-on faire ? Comment cela devrait-il être et comment pourrait-il en être autrement. C'est la question pour laquelle nous n'avons pas de solution.

Le Prophète :

La nature nous montre le cours non altéré et la ligne droite de notre vie. Les hommes quant à eux veulent souvent déterminer eux-mêmes le cours de leur vie terrestre et sous bien des façons se comportent tels des clowns, se montrant publiquement de manière ambiguë sous des déguisements bariolés. Ceci ne concerne pas seulement les jeunes, mais avant tout ceux qui se prétendent adultes et se considèrent comme des éléments positifs de la société.

Observons les saisons. Le printemps se comporte-t-il comme l'été et l'été veut-il être le printemps. Cependant beaucoup d'hommes voudraient encore être au printemps de leur vie, alors qu'ils en ont déjà atteint le milieu, qu'ils sont donc en été ou déjà en automne, et c'est en fonction de cela qu'ils se comportent. Ils adoptent une coupe de cheveux ou des vêtements correspondant à la jeunesse - au printemps - et ne se comportent pas comme des personnes se trouvant au milieu de la vie, en été. A l'automne de leur vie beaucoup de personnes veulent en retrouver le milieu, l'été. C'est pourquoi elles se colorent les cheveux et portent des vêtements faits pour les jeunes, dans le but de paraître plus jeunes qu'elles ne sont. Il importe peu à ces personnes de montrer ainsi leur manque de maturité. Ce qu'elles veulent avant tout c'est paraître telles qu'elles ne sont pas. A l'hiver de la vie, quand les cheveux deviennent blancs comme neige, on a parfois du mal à accepter ce fait. On aimerait pouvoir effacer les marques du temps et retourner au moins à l'automne de sa vie. Pour cela on se teint les cheveux, on se maquille de façon outrancière, on chausse des souliers fins et on porte des vêtements courts pour montrer de belles jambes minces qui "hélas" ne le sont plus. En réalité, elles sont vieilles, souvent couvertes de varices, et le fait de mettre des souliers semblables à ceux que portent les personnes se trouvant à l'été de la vie, n'y change rien.

Vous les jeunes n'êtes donc pas les seuls à porter des vêtements un peu excentriques. Il existe un dicton qui dit : "tel père, tel fils". Voulez-vous confirmer ce dicton, ou préférez-vous en créer un autre qui dirait par exemple : "tel est le père, tel n'est pas le fils".

Pour vous les jeunes, il serait peut-être intéressant de regarder de plus près ce qui suit :

Quelqu'un qui a le respect de lui-même, prend soin de son corps et s'habille également de manière soignée. Il ne s'agit pas de rejeter le jeans et le pullover, il y a des occasions où ils conviennent. Mais une personne ayant le sens de l'esthétique et prenant soin de son corps préférera une tenue vestimentaire soignée. Une telle personne s'habillera donc avec soin. Si tu as le respect de toi-même et vis de manière consciente, alors tu feras attention à ce que tu penses, tu contrôleras ton langage et tu seras toujours conscient qu'à travers tes sentiments, pensées, paroles et actes ainsi qu'avec tes désirs et tes passions, tu crées l'image humaine de toi-même avec laquelle tu agis sur ton prochain.

Pour quelle raison chaque génération possède-t-elle ses déguisements ? Eh bien, c'est parce que les hommes vivent rarement dans le présent et ne font pas bon usage de leurs journées. Quelqu'un qui n'a pas fait bon usage du printemps de sa vie en se créant des valeurs intérieures, c'est-à-dire en aspirant à une éthique et à une morale élevées et en vivant selon celles-ci, se perdra lui-même et tombera dans le monde extérieur.

Une telle personne gâche sa vie, ce qu'elle a apporté dans ce monde, en pensant continuellement à ce qu'elle aimerait, à ce qu'elle n'a pas et peut-être aussi à ce qu'elle n'aura jamais. Il est possible alors qu'elle s'évade en imagination devant son poste de télévision, s'identifiant en pensées à des héros, rêvant de devenir ce que les acteurs ne font eux-mêmes que parodier. Ou bien encore elle part à la recherche du "bonheur" par ordinateur, voyageant dans l'internet à la découverte de tout ce que le monde virtuel est en mesure de lui offrir et sur lequel il suffit de se brancher pour vivre, en apparence du moins, ce qui se trouve dans le monde de ses besoins et de ses désirs. Pour compléter le tout, une telle personne modifie son apparence extérieure en changeant sa façon de s'habiller et en adoptant un comportement excentrique.

C'est donc parce que très peu d'hommes seulement vivent les phases de leur vie terrestre de manière consciente, parce que très peu d'entre eux surmontent et accomplissent ce qui se trouve pour eux dans l'énergie du jour, qu'ils aspirent constamment à retrouver quelque chose qui depuis longtemps appartient à leur passé. C'est parce qu'ils refusent d'accepter cela consciemment qu'ils s'imaginent pouvoir revivre certaines choses de leur passé en se déguisant.

Vous qui êtes jeunes, voulez-vous reproduire les modèles que vos ainés ont eux-mêmes reproduits pendant des générations ? Ou bien voulez-vous prendre votre vie en main en vous orientant sur des valeurs élevées et en les intégrant dans votre vie ? C'est seulement ainsi que vous ne reproduirez plus les modèles de vos aînés. A travers vous et finalement avec l'aide de l'Esprit de Dieu naîtra ainsi une société aux valeurs élevées respectant la vie sous toutes ses formes, c'est-à-dire aussi la vie des règnes de la nature, d'où il résultera l'unité entre toutes les forces positives de l'infini et l'égalité entre les hommes. Alors disparaîtront la richesse excessive et la misère.

Observons du point de vue des Lois divines et du cours légitime de la nature la société actuelle dans laquelle les parents se sont si bien intégrés. Cette société totalement fermée n'est composée que de reproducteurs d'opinions et d'uniformisateurs, soi-disant adultes qui en réalité ne le sont jamais devenus et ne sont en vérité que des imitateurs et des clowns, cherchant tant bien que mal à rester dans la "norme" sociale. Qu'un jeune veuille sortir de la norme, qu'il veuille se dégager de cette structure rigide, alors la société hochera la tête d'un air désapprobateur et réprouvera sa coupe de cheveux un peu spéciale ou un peu trop colorée, ses "fringues" années soixante-dix, ses pantalons pattes d'éléphant et ses chaussures à semelle compensée etc... etc... Pourtant, qui parmi les "intoxiqués" de la société se demande ce qu'il y a derrière tout cela ? Aucun, car ils sont tous en décalage par rapport aux cycles de leur vie, de leur réalité, comme nous l'avons montré dans une comparaison avec la nature, et parce qu'ils cherchent sans cesse à se déguiser.

Pour être sincère, il vous faudra encore un certain temps avant d'atteindre la maturité, cependant les adultes intoxiqués par la société ne le sont pas non plus. C'est pourquoi les jeunes et leurs aînés s'accrochent souvent en raison de divergences d'opinions et de conceptions. Cependant, combien parmi les jeunes révoltés contre la société et ses "intoxiqués", ne deviennent-ils pas vers l'âge de trente ans des conformistes et des opportunistes, intégrés à la société, à ses règles du jeu et à sa fausse morale. Ils deviennent ce qu'ils ont critiqué et recherchent la considération, le succès, le pouvoir et l'argent. Pourquoi en est-il ainsi ?

Si nous regardons en quoi consistent les aspirations de la jeunesse qui, par manque d'expérience, sont le plus souvent démesurées et relèvent plutôt de la fantaisie, nous constatons qu'elles expriment une réelle volonté de changer les choses qui ne trouve pas à s'exprimer car la jeunesse ne dispose pas de l'expérience nécessaire pour cela. Beaucoup de parents et d'aspirants à la réussite sociale ne sont poussés que par l'ambition. Ils ne peuvent donc servir de modèle à la jeunesse, puisqu'ils n'ont pas eux-mêmes développé les qualités de vie qui rendent une société stable, qui l'imprègnent positivement et servent le bien commun. Quelqu'un d'intoxiqué par la société ne pense qu'à lui, selon le principe "Tout, uniquement pour moi ; je ne m'occupe pas des autres."

Bien que dans notre société on accorde beaucoup d'efforts et d'aides à la jeunesse et que pas mal de choses soient faites pour elle, il manque cependant la base sur laquelle un jeune pourrait construire. Par exemple, il serait essentiel d'apprendre à connaître les jeunes et leur caractère. Il serait important de comprendre les raisons de leur révolte et pourquoi ils manifestent un comportement d'opposition à travers leur façon de s'habiller et de savoir pourquoi il existe cette tendance à l'uniformisation dans la jeunesse et pourquoi celle-ci se laisse si souvent récupérer par la "société de l'ego", apparemment omnipotente, aux alentours de trente ans. Il serait aussi important de savoir pourquoi la jeunesse abandonne soudain ses idéaux et les valeurs qui l'animaient - en germe du moins - comme par exemple l'aspiration à l'égalité et à la liberté et pourquoi vers trente ans elle se glisse dans le courant qui fait la pluie et le beau temps depuis des millénaires et dont le crédo est le suivant : "Moi, moi, moi, tout, rien que pour moi !"

De nombreux jeunes croient à la réincarnation et savent que les différents traits de caractère des hommes sont des dispositions héritées ou apportées d'incarnations antérieures. En effet, chacun apporte avec lui, dans cette vie terrestre, les différents attributs très humains qui le caractérisent. Ces traits de caractère humains imprègnent l'adulte aussi bien que le jeune.

Jeunes et adultes se soumettent - les uns plus que les autres - à l'uniformisation ambiante. Chacun est convaincu que sa fonction sociale sert les intérêts de la société. En regardant de plus près le mécanisme de l'uniformisation, nous découvrons ce qui se cache derrière : on veut soit une grosse part du gâteau-société, soit devenir quelqu'un, soit garder la position qui est la sienne ou en obtenir une meilleure encore. Il est rare qu'une personne "intoxiquée" par la société se demande si ce à quoi elle aspire est moral ou pas. Nombreux sont ceux et celles qui se disent : uniformisation ou pas, pour moi "ce qui est important c'est que ma part du gâteau-société soit la plus grosse possible."

Si j'étais jeune aujourd'hui et disposais de cette vue claire en même temps que de la connaissance des valeurs spirituelles, éthiques et morales élevées, j'aspirerais certainement à comprendre mon prochain, à l'accepter au lieu de le dévaloriser et de me placer au-dessus de lui, à me mettre à sa place, c'est-à-dire à être bienveillante et tolérante envers lui. Donc j'essaierais d'appliquer ce qui se trouve déjà dans le Sermon sur la Montagne : Ce que tu veux que les autres te fassent, fais-le leur en premier. J'abandonnerais donc certainement toute tendance à l'imitation et je me comporterais et m'habillerais en fonction des valeurs éthiques et morales les plus nobles. De plus, conformément à mes connaissances spirituelles actuelles - "ce qui se ressemble s'assemble" - j'aurais la certitude de trouver des amis aspirant aux mêmes buts que moi.

C'est seulement dans la conscience et dans l'accomplissement des Lois divines que la jeunesse peut construire une société fondée sur des valeurs éthiques et morales élevées, qui ne se contente pas de proférer de beaux discours à propos de l'intérêt général, mais qui agit activement pour que le bien commun soit au service de tous, ce qui signifie que les différences les plus notables entre riches et pauvres disparaissent. Un jeune ayant développé les valeurs intérieures se trouvant en chaque homme, ne se coulera pas dans le moule des conventions à trente ans, il ne se laissera donc pas happer par la société de l'ego avide de pouvoir et de richesse.

Examinons à nouveau ce que nous apprend la nature. Le printemps est la jeunesse. Aucune feuille, aucun arbre n'auraient l'idée de changer la couleur qui est la leur. Ils sont beaux tels qu'ils sont. Aucun animal ne se teindra la fourrure et ne changera sa nature. L'animal est comme il est et il est beau ainsi. Si le jeune choisit les vêtements qui correspondent à son type ainsi qu'aux valeurs intérieures qu'il est en train de développer, il exprimera alors les vertus de sa jeunesse ainsi que les valeurs de son caractère. L'été, c'est la maturité et le temps des premières récoltes. L'été symbolise donc une personne disposant de qualités et de capacités prononcées, donc des valeurs professionnelles affirmées développées par le travail et la persévérance, mais aussi par le sens de la communauté et par la reconnaissance et le respect des principes éthiques et moraux. Une telle personne est active dans la vie professionnelle et donne des fruits ; elle ne pense pas uniquement à elle mais aussi au bien de tous. Elle est riche d'expériences intérieures et a de bons traits de caractère. Elle choisit le bien commun plutôt que la richesse et l'abondance personnelles. Une telle personne ne se contente pas d'en parler mais elle s'investit pour que le bien commun profite à tous dans la mesure où ils aspirent eux aussi à le servir en mettant leurs qualités à son service.

Nous savons tous que quelqu'un qui nuit au bien commun, se nuit à lui-même. Il s'exclut peu à peu du bien commun et ne fait que construire sur son propre bien-être. C'est pourtant ainsi que fonctionne aujourd'hui la société et comme nous le voyons tous, cela est sans avenir. Une société qui vise à atteindre des valeurs élevées, ne peut évoluer dans ce sens que si la jeunesse au lieu de se révolter, de se faire remarquer en colorant ses cheveux ou par des comportements tels que ceux dont nous avons déjà parlé, développe au contraire des qualités empreintes de noblesse intérieure d'où émerge une société fondée sur des valeurs hautement morales.

Une société fondée sur ces principes encourage les hommes qui veulent penser et agir au service du véritable bien commun à développer ces valeurs et ces aptitudes élevées dans la société aussi bien que dans la famille et dans le domaine professionnel.

Le jeune :

D'un seul coup beaucoup de choses deviennent plus claires pour moi ! En se contentant d'exprimer sa volonté de changer le monde ou en se révoltant, on ne peut pas créer un monde meilleur. Finalement ce qu'il advient de la vie de chacun ne dépend que de lui-même. Personne ne peut changer un autre à sa place, personne ne peut imposer à ses semblables une bonne mentalité ou des valeurs élevées.

Gabi, tu évoques la confrontation des jeunes avec la société, leur révolte. Mais c'est souvent aussi à leurs propres parents qu'ils se heurtent. Les jeunes trouvent que leurs parents réagissent trop souvent de manière terre à terre, qu'ils font obstacle à tout.

Le Prophète :

Ici j'aimerais vous inviter à faire preuve de davantage de compréhension pour vos parents, éventuellement pour vos grands-parents. Il est courant d'entendre les jeunes dire : "Mes parents se mettent en travers de tout. Ils sont bornés. Ils n'ont aucune idée de ce qu'est la jeunesse d'aujourd'hui." J'ai regardé dans le dictionnaire ce que signifie le mot "borné". J'y ai trouvé la définition suivante : "ayant des habitudes ou des principes étranges, voire ridicules, et s'accrochant à ceux-ci frénétiquement ; bizarre, fou, un peu idiot."

Si vous pouviez comparer la génération d'aujourd'hui issue de la société d'abondance avec les générations d'autrefois, vous auriez plus de compréhension pour vos parents et grands-parents. On ne peut pas mettre tous les parents et grands-parents dans le même sac et les traiter de personnes "bornées", car par le passé lorsque vos grands-parents et vos parents étaient adolescents, les conditions de vie étaient tout à fait différentes. Au début du siècle, à l'époque où vos grands-parents étaient de jeunes gens, les principes de vie étaient très stricts et très sévères ; il ne fallait pas faire ceci mais il fallait faire cela. Pour les jeunes, il n'y avait pas de si ni de mais. C'était "on fait comme ça", et "on ne fait pas ça". Cela s'appliquait aussi bien à la façon de se tenir à table, qu'au comportement en société et à la manière de s'exprimer qui était très codifiée. Pour les enfants, il existait beaucoup de règles. Un jeune garçon devait saluer les adultes - et bien souvent également les enfants de son âge - avec condescendance. Une jeune fille devait saluer d'une révérence. On portait des habits du dimanche que l'on ne mettait pas le reste de la semaine. Autrefois les parents surveillaient sévèrement leurs enfants, leurs fréquentations et veillaient à ce qu'ils n'aient pas de relations sexuelles avant le mariage.

Enfants et adolescents disposaient de peu de liberté personnelle. En général, ils devaient être obéissants et sages, donc bien élevés. De l'enfance jusqu'à l'âge adulte la vie était pour le plus grand nombre, imprégnée de sévérité, de règles et d'interdictions strictes, afin que les enfants fassent bon effet devant la famille et les amis.

Bien sûr, les parents n'étaient pas toujours eux-mêmes aussi irréprochables qu'ils l'exigeaient de leurs enfants. Il n'était pas rare qu'ils interdisent à leurs enfants ce qu'ils se permettaient de faire eux-mêmes en cachette mais les enfants devaient obéir et obéissaient la plupart du temps. La plupart du temps c'est leur propre comportement qui leur servait de modèle pour l'éducation de leurs enfants.

L'éducation de vos parents ne fut pas aussi stricte et formelle qu'elle l'avait été pour vos grands-parents. Cependant eux aussi durent respirer l'odeur de moisi qui s'exhalait des générations passées. Il n'est donc pas juste de traiter de façon générale vos grands-parents et vos parents de personnes "bornées". Leur attitude porte simplement l'empreinte de l'éducation qu'ils ont reçue jadis. Bien sûr, autrefois, certains jeunes réussissaient pourtant à sortir de ce carcan mais, la plupart du temps, cela choquait profondément leurs parents pour qui ce "mouton noir" devenait aussitôt la honte de la famille. Sans doute certains grands-parents et parents peuvent raconter leurs exploits d'alors pour défier l'autorité et le poids des convenances mais il faut bien reconnaître que cela restait le plus souvent l'exception et se manifestait surtout au sein de la bourgeoisie de l'époque.

Vous les jeunes, vous êtes la génération du prétendu miracle économique et la société qui est la vôtre aujourd'hui a en majeure partie perdu les principes de moralité essentiels. Bien que vos parents aient aussi connu ce miracle économique, ils ont cependant reçu l'éducation de leurs parents et les principes de ces derniers les ont marqués de façon notable. La plupart du temps, les programmes de comportement qui s'enracinent durant l'enfance et la jeunesse agissent encore plus ou moins tout au long de la vie terrestre. Beaucoup de vieilles personnes ne peuvent pas comprendre le comportement de la jeunesse actuelle, en raison de l'écart considérable entre générations créé par le progrès économique. En effet, pour ces personnes la référence est toujours l'éducation qu'ils ont reçue dans leur enfance et leur jeunesse et qu'ils conservent en mémoire. C'est en fonction des survivances de leur passé qu'ils éduquent maintenant leurs enfants et agissent sur vous les jeunes avec les mesures et les principes d'autrefois.

A ceux d'entre vous qui considèrent que les adultes sont incompétents vis-à-vis de la jeunesse d'aujourd'hui, j'aimerais demander s'il ne pourrait pas s'agir plutôt tout simplement d'un manque d'expérience de la part des parents. Vos parents ne comprennent pas votre style de vie parce que "autrefois tout était différent". A bien des égards, ils ne peuvent pas vous comprendre car ils n'ont pas l'expérience de toutes ces choses qui vont de soi pour la génération florissante qui est la vôtre. En raison de cet écart considérable entre générations, ils manquent d'assurance dans l'éducation de leurs enfants et c'est pourquoi ils réagissent parfois de manière violente ou démodée, c'est-à-dire à partir du potentiel de souvenirs et d'expériences de leur enfance et de leur jeunesse.

Ne pourriez-vous pas parler de tout cela entre jeunes afin de bien prendre conscience que vos parents n'ont tout simplement pas grandi comme vous dans une société d'abondance ? Réfléchissez ensemble au fait que vos grands-parents ainsi que vos parents ont fait les frais dans leur enfance et leur jeunesse d'une éducation extrêmement sévère et réglementée, dont selon toute évidence ils s'évadaient en cachette de temps à autre. Il est même possible qu'à cette occasion ils aient fait des choses qui n'étaient pas toujours sans conséquences et sans danger, et qui auraient causé bien des soucis à leurs parents, si ceux-ci en avaient eu connaissance. D'ailleurs c'est le souvenir de ces tentatives d'évasion hors du carcan de l'éducation autoritaire de leur jeunesse qui rayonne aujourd'hui sur l'éducation qu'ils vous donnent à travers l'inquiétude secrète qu'ils ont que vous puissiez faire comme eux jadis. La peur et le souci de vos parents résultent le plus souvent de leur volonté de vous protéger contre les ennuis. Par exemple, votre façon de conduire beaucoup trop vite les voitures ou les motos occasionne pas mal d'inquiétudes à vos parents. Ils se font du souci pour vous et pour votre vie.

Rétrospectivement, beaucoup de parents regrettent que leur jeunesse ait été obscurcie par l'autoritarisme qui les forçait à obéir, par les limitations, les interdictions, donc par les pressions. Ils se réjouissent de ne plus devoir infliger de telles choses à leurs enfants. Certains parfois jalousent les jeunes pour leur liberté et leur indépendance.

A l'aide de ces paroles j'aimerais bien éveiller en vous de la compréhension envers vos parents. En parlant de tout cela entre vous et pourquoi pas avec vos parents, vous apprendrez à mieux les comprendre. Vous pourrez peut-être saisir et ressentir ainsi pourquoi ils sont tels qu'ils sont et pourquoi ils réagissent comme ils le font. Un effort de compréhension sincère de part et d'autre, mais avant tout de votre part à l'égard de vos conceptions, effacerait bien des préjugés dont vous les cataloguez quand vous les traitez de "bornés" et d'"incompétents" et vous aiderait à vous voir, vous et vos parents tels que vous êtes en vérité : des frères et des soeurs plus ou moins âgés qui traversent ensemble cette vie terrestre et qui sont reliés par beaucoup d'aspects positifs.

Plus tard lorsque vos parents seront à l'automne de leur vie et que vous serez vous-mêmes devenus des adultes exerçant une profession et ayant la responsabilité d'une famille, vos parents diront peut-être : si seulement je n'avais pas réagi si violemment quand mes enfants étaient adolescents ; si seulement je n'avais pas dit telle ou telle chose ; si seulement je ne les avais pas forcés à faire ceci ou cela. Pourtant en regardant en arrière, plus d'un adulte admettra sans doute que finalement les choses ne pouvaient pas être autrement : "j'étais ce que j'étais, ils étaient ce qu'ils étaient". Peut-être même certains penseront dans leur for intérieur : finalement ils n'étaient pas autrement que ce que j'ai été moi-même.

Le jeune :

Je crois que nous allons réfléchir à tout ce dont tu viens de parler et que nous en reparlerons ensemble.

Une autre question : à en croire les médias, la vie quotidienne des jeunes se résume au triptyque "sexe, drogue et rock'n roll". Bien sûr, nous prenons part à pas mal de choses sans beaucoup réfléchir et de temps à autre nous avons même envie de bien faire la fête. Alors comment savoir ce qui est bien pour nous ?

Le Prophète :

Nous avons déjà parlé de notre société qui, comme je viens de le rappeler, s'est considérablement éloignée des valeurs morales et éthiques. Pourquoi en est-il ainsi ? Quelqu'un qui réfléchit à l'évolution de la société actuelle - à ce qu'il y a de positif mais aussi de négatif dans l'humanité, aux développements les plus poussés dans la recherche et de la technologie, à l'évolution du monde des media, aux excès de toute sorte exprimés dans le sexe, la drogue et le "rock'n roll", à la course effrénée à l'argent, aux crimes sexuels et à bien d'autres choses encore - et qui s'interroge à la lumière des enseignements de Jésus, le Christ, sur la façon dont les jeunes sont livrés à tout cela et conduits ainsi dans la mauvaise voie, devra admettre que la jeunesse de la génération précédente n'avait pas d'exemple sur lequel s'orienter. Génération après génération les individus se sont orientés sur la masse, et la masse s'est orientée sur les riches. Beaucoup de riches ont vécu et vivent une vie d'excès, dominée par l'argent et le pouvoir, ce dont témoigne la chute de nombreuses civilisations soi-disant avancées à travers l'histoire.

Celui qui se prétend "chrétien" ou s'octroie le titre d'"autorité chrétienne", qu'il s'intitule "cardinal, évêque, prêtre ou pasteur" etc, devrait représenter un modèle ou du moins un bon exemple dans l'accomplissement de l'enseignement chrétien de Jésus de Nazareth. Mais, la plupart des autorités chrétiennes ne se sont elles-mêmes pas conformé aux valeurs de base morales et spirituelles que Jésus de Nazareth nous a enseignées. Au contraire elles ont fait de leur église prétendument chrétienne un instrument au service du pouvoir, un théatre grand-guignolesque qui s'est largement compromis en se plaçant toujours du côté des puissants. Ceux qui se définissent comme les bergers de nos âmes ont totalement perdu de vue les normes chrétiennes que Jésus de Nazareth nous a enseignées. C'est ainsi que le troupeau, leurs ouailles, qu'elles soient protestantes ou catholiques, ont également perdu toute relation avec cet enseignement. C'est pourquoi la société actuelle a atteint le degré de décadence qui était celui des anciennes "civilisations avancées" avant qu'elles ne soient anéanties, comme ce fut le cas de Rome et de Babylone.

Les besoins de base de quelqu'un qui a perdu toute valeur éthique et morale, se concentrent sur la recherche du pouvoir, de la considération, de la richesse, sur la satisfaction de son corps par la pratique sexuelle, sur l'abus de nourriture, sur l'alcoolisme et pour finir sur la drogue. Alors, la plupart du temps il perd la faculté de ressentir la différence entre ce qui est juste et ce qui ne l'est pas.

A propos des sentiments, si tu demandes à quelqu'un dont le seul but est de se faire une place dans la société, ce que signifie pour lui le mot "sentiment", il y a de grandes chances pour qu'il te réponde que les sentiments c'est démodé. En effet, il faut que les sentiments soient étouffés pour que l'on puisse profiter de la vie sans retenue. Cependant les sentiments, qu'il ne faut pas confondre avec la sentimentalité, sont un don précieux. Ils sont la balance avec laquelle notre conscience peut peser ce qui est juste et injuste.

Pour celui qui bâillonne ses sentiments tout est juste. Qu'il change d'amant ou de maîtresse deux ou trois fois par semaine, qu'il commette l'adultère ou pas, que d'autres soient dans la détresse à cause de lui, qu'ils doivent en souffrir ou même en mourir, une seule chose lui importe c'est d'avoir sa "drogue" : sexe, nourriture, alcool, pouvoir, puissance, argent, mensonge, ou une bonne dose d'hallucinogène. Si l'on observe avec un peu de distance ce dont nous parlent les média, ce que l'on nous montre au cinéma et la télévision, on verra que presque tout tourne autour du meurtre, du mensonge, de l'amour et du sexe. Pourquoi le niveau moral de notre société est-il tombé si bas ? Tout simplement parce que chacun ne pense qu'à lui-même ou bien à sa communauté de foi ou à son parti politique, à son capital, à son plaisir et à ses biens. Donc parce que tout est orienté uniquement sur le bien-être personnel.

Pour la plupart des hommes, peu importe comment se sent le prochain, comment il va et s'en sort avec le peu qu'il possède. Peu importe comment vont la femme ou l'homme qui se retrouvent seuls avec les enfants parce que le conjoint a une relation ailleurs. Peu importe comment se portent les jeunes esclaves de la drogue, ou les familles qui se retrouvent à la rue parce qu'elles ne peuvent plus payer le loyer et ce que deviennent les chômeurs privés de toute aide sociale... Tout le monde s'en moque car la seule chose qui compte, c'est être du "bon côté", du côté des "gagnants" et non de celui des victimes. Même si les politiciens tiennent de beaux discours à visée sociale, les prestations et aides sociales sont toujours très éloignées de ce que promettent ces "bienfaiteurs".

Jésus, le Christ nous a enseigné - et cela, ces soi-disant modèles que sont les cardinaux, les évêques, les prêtres et les pasteurs devraient également le vivre et l'enseigner - reconnais tes erreurs de comportement, tes aspects pécheurs, repens-toi et demande pardon. Pardonne également à ton prochain qui a mal agi envers toi. Répare ce que tu as fait de mal autant que cela est encore possible et ne répète plus les mêmes péchés. Celui qui croit en Jésus, se tiendra peu à peu à cela et prendra conscience qu'en tant que chrétien il doit mettre en ordre ses erreurs de comportement, ce qui inclut toutes les dépendances, y compris la sexualité.

La débauche sexuelle, le viol d'enfants, la violence, le vol, la drogue, sont les signes de quelqu'un qui n'arrive plus à se sortir de ses problèmes. Chaque âme, lors de ses précédentes incarnations - donc, lors de ses passages terrestres en tant qu'homme - a plus ou moins commis de tels excès en pensées, en désirs ou en actes. Or, si ces excès n'ont pas été mis en ordre dans les mondes de l'au-delà, l'âme les porte de nouveau en elle dans cette vie terrestre. Cependant, plutôt que d'en reconnaître la racine, selon ce que Jésus nous a enseigné, et de la mettre en ordre, c'est-à-dire ne plus refaire ces "monstruosités", ne plus retomber dans ces "dépendances de l'ego", on continue non seulement à les entretenir mais dans bien des cas on les vit jusqu'à l'excès.

Si ces vices sont entretenus en pensées et en images, et de toute autre manière, y compris dans les actes, alors naissent des programmes de dépendance, qui font de l'homme un être dénué de tout sentiment et donc de toute conscience. Un tel homme, parce qu'il est piloté par ses dépendances, laisse ses pulsions s'exprimer sous différentes formes : avidité envers l'argent, soif de pouvoir, pornographie, sexualité éffrénée, tendance à maltraiter les enfants, ce sont ces différents travers qui conduisent une société à la ruine.

Le jeune :

A ce point de notre discussion, j'aimerais te poser une question : qu'est-ce qu'un comportement normal, qu'est-ce qu'une attitude de dépendance ? Où est la frontière entre les deux ? Comment peut-on reconnaître ce qui se passe chez un individu ? Est-ce que tu peux le décrire de façon plus précise ?

Le Prophète :

En quoi consistent les programmes de dépendance ? Envisageons par exemple la situation de quelqu'un à la sexualité "normale" ; un petit verre de vin lors de chaque repas, une, deux, trois, quatre ou cinq cigarettes quotidiennes. Que cette personne commence à rencontrer des difficultés plus ou moins grandes au travail, dans ses relations avec ses amis ou au sein de sa famille sans vraiment réussir à les résoudre, alors elle se met à tourner de plus en plus autour de ses difficultés en pensées. Ce faisant, elle ne fait que leur donner davantage d'énergie. Celles-ci se transforment alors en problèmes, qui non seulement la préoccupent, mais qui des jours durant emprisonnent ses pensées. Parce qu'elle ne parvient pas à résoudre ce problème, celui-ci croît et finit pour ainsi dire par déborder de son subconscient, venant faire pression sur son conscient.

Elle ne se contente plus de penser de temps à autre à cela. Ces pensées tournent maintenant sans cesse autour de ce problème. La pression s'accroît de plus en plus, commençant à influencer les habitudes de vie "normales" de cette personne. Soudain, des trois cigarettes quotidiennes on passe à dix. Sa sexualité relativement "normale" jusque là la pousse à satisfaire de plus en plus son désir sexuel. Une personne soumise à une telle pression cherche alors à décharger la pression qui est en elle. Alors qu'elle ne buvait qu'un ou deux verres de vin par jour elle absorbe maintenant une bouteille complète et peut-être même un alcool fort.

Si le problème se renforce et qu'il en entraîne d'autres - par exemple qu'il se propage du cercle de travail ou d'amis à la famille ou inversement - alors la pression augmente de plus en plus. Naturellement, quelqu'un qui vit ce processus cherche à s'en libérer. Cependant, la plupart du temps, au lieu de s'attaquer à la racine de son problème - qui se trouve dans son travail, dans sa famille ou dans les relations qu'il entretient avec ses proches - il cherche plutôt à échapper à ce champ de tension par une détente provisoire et euphorisante en consommant toujours plus de tabac ou d'alcool, ou en se livrant de plus en plus souvent à des pratiques sexuelles. C'est ainsi que naissent les programmes de plaisir et de dépendance qui, à la longue, vont s'enraciner non seulement dans le subconscient mais également dans l'âme.

Lorsque le subconscient est saturé et qu'il domine le conscient, c'est-à-dire qu'il est devenu autonome, alors les programmes de plaisir et de dépendances deviennent pour ainsi dire instinctifs. L'homme est alors poussé à accroître toujours plus ses dépendances. La plupart du temps, cela se développe au point qu'il ne peut pratiquement plus contrôler ses vices. Des excès tels que drogue, brutalité, agressions sur des enfants, violence sexuelle et autres peuvent en résulter.

Ce qui, au départ, était une simple difficulté que cette personne aurait pu facilement résoudre en en parlant et en découvrant la part qui était la sienne - c'est-à-dire en trouvant et en mettant en ordre les causes de cette difficulté - est maintenant devenue une avalanche qui la submerge et la pousse à commettre des actes incontrôlés.

Nombreux sont ceux qui se retranchent derrière la phrase bien connue "une fois n'est pas coutume". Cependant, une fois cela être déjà de trop pour quelqu'un qui a entretenu ses passions assez longtemps en pensées et en images mentales pour que celles-ci le submergent et le dominent au point qu'il perde tout contrôle de ses actes. Le monde divin nous a donné l'aide suivante pour que nos désirs ne deviennent pas des passions et finalement des dépendances : n'entretenir ses désirs ni en pensées ni en images mentales mais analyser d'où provient la pression qui nous pousse vers leur réalisation ? Quels problèmes familiaux, sociaux, professionnels, scolaires ou autres, quelles faiblesses personnelles en sont à l'origine et quelle y est notre part ? Nous devrions nous demander ce que nous avons à gagner à laisser nos passions devenir des dépendances par le fait de les entretenir continuellement.

Le monde divin ne nous donne pas le conseil de combattre de front nos tentatives de réaliser de façon virtuelle ou effective nos désirs et passions, mais plutôt d'analyser puis d'arracher la racine de ce comportement, les causes anormales qui en sont à l'origine. Il nous enseigne de ne pas accepter passivement, comme si c'était notre destin, les excès de toute sorte, qu'il s'agisse de la sexualité exagérée, des abus de nourriture, de l'alcoolisme, de la dépendance aux drogues, ainsi que toutes les autres passions. Au contraire, il nous enseigne à nous servir de notre tête pour maîtriser nos passions avant qu'elles ne nous poussent à passer à l'acte, donc avant qu'elles ne deviennent une dépendance car le mal se trouve tout d'abord dans la tête, c'est-à-dire dans le conscient. De ce point de vue cela peut être une aide pour nous que de nous rendre compte où la réalisation de ces désirs pourrait nous entraîner et à quoi cela nous servirait.

C'est pourquoi nous devrions céder aussi peu que possible, et éventuellement pas du tout, à ces désirs et passions oppressantes, mais en trouver la racine afin de l'arracher. Ce travail d'analyse devrait être effectué dans nos pensées, c'est-à-dire en images.

Celui qui parvient à évaluer correctement la situation dans laquelle il se trouve et à l'éclaircir, celui qui a reconnu une grande part des faiblesses et attitudes erronées se trouvant à la base de ses penchants "particuliers", celui qui a pris conscience d'une faute qu'il a commise et avec laquelle il s'est chargé ou encore de quelque chose qu'il n'a pas encore pardonné, celui donc qui parvient à mettre tout cela en ordre, accède à la conscience de ce qu'il doit faire désormais. Dès qu'il a pris la décision de ne plus recommencer cela ou de ne plus céder à des désirs extrêmes, la résolution d'agir selon des valeurs nobles et morales se manifeste en lui. De ce fait, cette résolution pénètre de plus en plus dans son conscient, dans la mesure où il la renforce en y pensant et en l'affirmant constamment. Dès lors, son corps accepte toujours plus les forces positives et constructives, et les aspects pécheurs dont il est imprégné disparaissent peu à peu. Ainsi l'homme peut-il se libérer de ses passions.

Celui qui cède à ses programmes de plaisir et de dépendance, qui les revit sans cesse, enregistre ces mécanismes dans son subconscient. Avec le temps, ils deviennent dans l'inconscient, une sorte de pilote automatique et autonome du corps. Quelqu'un piloté de la sorte ne réfléchit pratiquement plus. Il devient le jouet de ses passions car les sentiments qui évaluent et mesurent, qui sont notre conscience, ont disparu. Un tel homme agit sous le contrôle de son inconscient.

Aussi devrions-nous faire preuve de vigilance, c'est-à-dire nous efforcer de ne pas entretenir trop longtemps de telles pensées - de tels désirs et dépendances - dans notre raison, c'est-à-dire dans notre conscient, par des désirs et représentations imagées.

Nous savons que les processus qui aboutissent à un comportement maniaque commencent tout d'abord dans la tête, c'est-à-dire dans le conscient. Par exemple, les pensées peuvent être mises en mouvement par des images vues à la télévision ou par d'autres supports agissant comme un excitant des sens, ce qui en réalité indique que des dispositions identiques ou similaires existaient déjà dans l'âme et qu'elles ont été apportées dans cette incarnation. Si la personne ayant de telles pensées et de tels sentiments négatifs et dangereux les agite sans cesse et les laisse se développer, le subconscient intègre ces énergies qui ensuite pilotent les fonctions du corps selon leurs caractéristiques. Si ce complexe d'énergie négative et pécheresse est constamment alimenté par des sentiments, pensées, images et désirs analogues, alors il prend peu à peu le pouvoir sur l'homme. C'est ainsi que le subconscient agit tel un pilote automatique. L'homme se trouve alors poussé à commettre des actes sans que son conscient puisse les contrôler.

Nous savons que les personnes qui commettent des crimes sexuels sont condamnés et maintenus en prison pendant des années voire des dizaines d'années. Pense-t-on que leur subconscient puisse se vider ainsi et qu'ils puissent guérir de la sorte, c'est-à-dire envisager une manière effective et positive de vivre pour finalement atteindre à des valeurs morales ? Si, en regardant la télévision du fond de leur prison ils sont continuellement confrontés à des programmes qui stimulent leurs plaisirs et leurs pulsions, seront-ils guéris quand ils en sortiront ? Ne doit-on pas craindre plutôt qu'ils ne reproduisent des actes analogues ? La détention peut être une mesure nécessaire, cependant sans une action spécifique sur le conscient et sur le subconscient permettant de dissoudre les programmes devenus autonomes, quelqu'un ayant commis un crime sexuel atteindra rarement la guérison.

Le jeune :

Je trouve ça super que tu puisses nous expliquer cela si clairement, Gabi. En ce qui me concerne, je serai attentif dorénavant à ce qui bouge en moi d'une façon ou d'une autre. Je ne voudrais pas devenir dépendant ou accomplir des actes incontrôlables, quels qu'ils soient. Je vois ma vie autrement et je me suis fixé des objectifs tout à fait différents.

Le Prophète :

Quand tu dis : "Je vois ma vie autrement et je me suis fixé des objectifs tout à fait différents", tu parles sans doute du but élevé que tu as choisi pour ta vie. Avoir un objectif clair est tout à fait essentiel pour celui qui aspire à un but élevé et souhaite devenir un homme de caractère aux valeurs intérieures. C'est seulement quand nous nous sommes donnés un but précis sur lequel nous orienter, qu'une évolution consciente, un développement vers des niveaux élevés est possible.

Mais revenons-en à notre thème : tu as parlé de "drogue et rock'n roll". Mais moi je voudrais te poser une question : pourquoi pas le rock n'roll sans la drogue ? Pourquoi autant de jeunes se droguent-ils ? Ne sont-ils plus maîtres de leurs pensées, de leurs désirs et de leurs passions, ou bien sont-ils profondément déçus par notre société qui ne prend pas au sérieux leurs conceptions et leurs désirs. Les uns consomment de la drogue pour "s'anesthésier" au point d'en devenir dépendants. D'autres se procurent des armes et se livrent à des actes violents sans raison apparente. Cependant tout a une cause.

La société aurait le devoir de bien intégrer sa jeunesse, mais actuellement elle est surtout préoccupée par elle-même. C'est pourquoi elle se contente de répondre de manière autoritaire aux aspirations de la jeunesse sans prendre le temps de la comprendre. Il est vrai que la plupart du temps - tu seras sans doute d'accord avec moi - les conceptions et les opinions des jeunes sont irréalistes. Pour autant, la société doit-elle se contenter tout simplement de refuser ces conceptions immatures. En toute chose se trouve le grain de vérité ou le germe de l'accomplissement d'un idéal. Il serait donc important de découvrir quelles sont les valeurs contenues dans les conceptions et les opinions de la jeunesse, c'est-à-dire d'en extraire le germe d'idéal afin de pouvoir comprendre les jeunes, de les soutenir dans la réalisation de cet idéal, de renforcer ses aspects et valeurs positives et de bâtir dessus. Ainsi, sur la base des idéaux de la jeunesse se développeraient le bon, le positif, le constructif, la prospérité. En fonction de la valeur morale de leurs conceptions et opinions, les jeunes pourraient ainsi s'intégrer pas à pas dans une société saine possédant elle-même des valeurs morales élevées.

Tu me demandes comment on peut savoir quelles exigences correspondent aux valeurs morales.

Pour ma part, je poserais la question autrement et me demanderais ce qui est essentiel pour mener une vie selon ces valeurs ? Je crois que le premier pas consisterait à découvrir ce que l'on veut vraiment ? Est-ce que je veux me distinguer de la masse ou être quelqu'un qui dépend d'elle, qui la suit aveuglément sans même me rendre compte qu'il fait partie d'un troupeau.

Quelqu'un qui aspire à ces valeurs élevées devrait apprendre à se servir de sa raison, à réfléchir à ce qui le préoccupe dans l'instant et à se demander ce que cela lui apportera. Il devrait se demander s'il souhaite s'immerger dans une société aussi facile à manipuler sans qu'elle fasse preuve du moindre sens critique. Il devrait se demander s'il veut se laisser porter par le courant du temps, par le courant du monde et ce qui lui appartient pour en tirer profit ? Ou au contraire ne préfère-t-il pas être quelqu'un d'indépendant, ayant du caractère, quelqu'un ayant construit ses propres valeurs intérieures et désintéressées et qui est devenu ainsi un rocher au milieu des vagues qui agitent la société ? Ne préfère-t-il pas développer des valeurs sociales élevées et être ainsi quelqu'un qui peut dire à partir de sa conscience que ce qui, dans la société actuelle, constitue la norme ne correspond pas à ses valeurs morales ?

Cela ne signifie pas qu'il faudrait refouler ce qui nous oppresse, que ce soit le sexe, la drogue, le rock n'roll, ou les différentes "mascarades" auxquelles il convient de se livrer pour être dans le coup. Refouler ne serait pas juste. Ce que nous refoulons n'est pas éliminé, mais seulement repoussé. A la moindre faiblesse, cela nous envahit à nouveau comme un virus. Nous sombrons alors dans la passion pathologique et les rênes de notre existence terrestre nous échappent des mains. C'est pourquoi il est préférable de démanteler ces aspects négatifs que l'enseignement chrétien appelle péchés - nous pourrions dire également "ce qui est trop humain" en nous : faiblesses, fautes, comportements erronés - c'est-à-dire trouver la racine des désirs qui nous oppressent afin de la supprimer.

Il ne s'agit donc pas de dire simplement non à toutes les passions qui se présentent, mais de se décider pour un oui franc aux valeurs morales élevées, à une vie chrétienne véritable correspondant à l'enseignement de Jésus, le Christ. S'il le veut, celui qui fait cela recevra l'aide de l'Esprit du Christ de Dieu qui est en chaque homme car à celui qui veut mener une vie chrétienne il est dit : demande et il te sera donné ; cherche et tu trouveras ; frappe à la porte et il te sera ouvert. Alors tu recevras l'aide qui te permettra de décomposer petit à petit ce qui est trop humain en toi et de construire une vie chrétienne aux valeurs morales élevées. Tu n'agiras plus en fonction des pressions environnantes, mais tu seras prêt pour la société nouvelle à venir, car la chute de la civilisation de l'ego se profile déjà.

Pourtant, pour y parvenir tu ne peux t'orienter sur personne, pas même sur les dignitaires ecclésiastiques qui il est vrai devraient être exemplaires du point de vue de leur vie chrétienne. C'est pourquoi, si tu l'acceptes, oriente-toi plutôt sur ce que fut la vie de Jésus, même si celle-ci ne fut pas facile. Jésus aussi eut Ses combats. Il existe de nombreux livres spirituels dont tu pourras prendre connaissance et qui expliquent la façon dont Il a sans cesse eu à lutter.

Le jeune :

Tout ce qui concerne les valeurs spirituelles m'intéresse. J'aimerais bien en savoir plus à ce sujet. Comment celles-ci se présentent-elles concrètement ? Comment, en tant que jeunes, pouvons-nous les vivre dans la réalité, les consolider et ainsi de suite ?

Comment en tant que jeune puis-je, sans m'orienter sur les adultes, construire des valeurs qui me soient personnelles, c'est-à-dire des valeurs nouvelles ?

Le Prophète :

Tu m'interroges à propos de valeurs morales très élevées. Dans ce domaine, je conseillerais de commencer par faire de petits pas puis d'accroître la foulée progressivement.

Efforce-toi d'écouter tes semblables et de leur parler sincèrement. Ne te prends pas trop au sérieux lorsque tu parles avec quelqu'un. Ne te comporte pas comme si tu savais tout mieux que les autres, mais demande-toi si tu es vraiment à la hauteur des questions que l'on te pose et si les réponses qu'il t'est possible d'apporter peuvent aider et servir à quelque chose.

Veille à la propreté de ton corps. Efforce-toi de porter des vêtements propres et soignés.Salue tes semblables à l'aide de pensées et de paroles franches, dans la conscience que tu apprécierais toi-aussi d'être salué de la sorte par quelqu'un au visage ouvert et avenant.

A l'école ou au travail, évite de te moquer de tes professeurs, de tes supérieurs, de tes collègues ou de tes camarades de classe. Aimerais-tu que l'on se moque ainsi de toi ?

Mange et bois décemment et prends conscience que la nourriture et la boisson que tu prends sont un don du Créateur à Ses enfants par l'intermédiaire de la mère-terre. Traite correctement les animaux, les plantes, la nature toute entière, comme tu aimerais que l'on te traite toi-même. Car toutes les formes des règnes de la nature sont douées de sentiments et de sensations, puisqu'elles portent la vie en elles, la capacité de ressentir. Prends conscience que c'est la mère-terre qui t'a donné ton corps physique. Celui qui se respecte lui-même et qui veille à la propreté de son corps, respecte et aime également la mère-terre. Il ne fera jamais souffrir consciemment les animaux ou les plantes, il aimera également les minéraux et ne les exploitera pas.

Si tu rencontres une personne - qu'elle te soit connue ou étrangère - ne la dévalorise pas, car ce qu'elle est à cet instant correspond à sa conscience du moment ; c'est son individualité. L'individu est tel qu'il pense et tel qu'il vit. C'est son image personnelle qu'il dessine avec ses désirs et ses pensées. C'est en fonction de cela qu'il se montre à toi et à ses semblables, qu'il s'habille, qu'il agence son appartement, qu'il y vit et s'y comporte. Chacun d'entre nous est différent de ses semblables. Si nous sommes différents, c'est parce que le niveau de conscience de chacun est différent. Toi-même tu es différent des autres car ton niveau de conscience est différent du leur. Lequel est le meilleur ? D'après les Lois divines aucun n'est meilleur que l'autre car chacun montre plus ou moins ses prédispositions pécheresses, ce qui lui est propre. C'est pourquoi, lorsque nous parlons, jugeons et condamnons quelqu'un, nous ne le faisons que sur la base du comportement erroné qui est le nôtre et devenons ainsi notre propre juge. Jésus a dit à ce propos : Ne jugez pas afin que l'on ne vous juge pas.

N'émets pas de pensées de haine et de jalousie envers tes semblables, car toi-même tu n'aimerais pas que les autres le fassent à ton égard. Laisse la liberté à tes semblables. Ne les oblige pas à faire ce que tu voudrais ou que tu pourrais faire toi-même.

Aide ton prochain seulement s'il a besoin d'aide et te le demande, mais ne fais jamais cela pour obtenir sa considération. Fais-le en toute modestie sans attendre de remerciements en retour.

Ne viole pas le temple de ton prochain en cherchant à le changer pour qu'il devienne tel que tu crois qu'il devrait être. Change toi-même et développe le respect de ta propre vie, alors tu gagneras également le respect de tes semblables. Si tu te fais un ou une amie, demande-toi dans quel but ? Est-ce pour satisfaire des désirs sexuels qui t'oppressent. Si c'est le cas, demande-toi si tu apprécierais que l'on se serve de toi dans ce but.

Les valeurs nouvelles, les valeurs spirituelles dont tu parles ce sont des valeurs très anciennes. On en trouve la trace dans les écritures divines les plus anciennes et Jésus, le Christ, les a enseignées à l'humanité de manière universelle. Il les a également vécues en exemple, il y a 2000 ans. Ces valeurs, ce sont les Lois divines éternelles pour cette terre, et le Sermon sur la Montagne, que Jésus de Nazareth a donné aux hommes, en constitue le coeur. Le chemin vers la vie élevée est tracé pour celui qui suit cet enseignement simple.

Par exemple, Jésus nous a enseigné : Ne jugez pas afin de ne pas être jugés.

Juger signifie juger ou condamner quelqu'un en pensées ou en paroles sans que celui qui juge aie reconnu sa propre part dans la situation. Combien de fois n'avons-nous pas dit : je ne suis pas responsable de cette situation ou bien ce n'est pas ma faute. Pourtant, Jésus nous a enseigné quelque chose de différent à travers la parabole de la paille et de la poutre. Il a dit : Retire tout d'abord la poutre de ton oeil avant de vouloir ôter la paille de l'oeil de ton prochain.

A travers cette parabole, Il voulut nous montrer que dans un conflit entre deux personnes il n'y a jamais un seul fautif. Si l'on croit à la loi des semailles et des récoltes, appelée également "loi de cause à effet", la cause à l'origine d'un conflit entre personnes est partagée entre ces personnes, cette cause ayant été créée par ces personnes elles-mêmes. C'est pourquoi, même si certaines de ces personnes cherchent à faire retomber la faute sur une seule d'entre elles, à découvrir "le" coupable, on peut cependant se demander qui est vraiment à l'origine de la faute en question ?

Selon l'enseignement de Jésus sur la paille et la poutre, quand deux personnes sont en conflit, il ne peut y avoir un seul coupable.

Jésus nous montre comment nous comporter pour ne pas commettre une faute dans une telle situation ou pour ne pas faire preuve d'injustice lors d'un procès par exemple. Il a dit : "Tout ce que vous voulez que les autres vous fassent, faites-le leur également !" Dit autrement : ce que tu ne veux pas que l'on te fasse ne le fais à aucun autre. Tu ne veux certainement pas que les autres te jugent, te condamnent, t'offensent, te repoussent, te rejettent etc..., etc... Si tu ne le veux pas, ne le fais pas non plus. C'est d'une telle attitude qu'émergeront les valeurs nobles que tu recherches, ces valeurs chrétiennes très anciennes.

Bien que l'enseignement de la loi des semailles et des récoltes - la loi de cause à effet - figure dans la Bible, de nombreux chrétiens la rejettent. Qui accepte de plein gré d'être coresponsable d'une faute avec son prochain ? On cherche toujours le meilleur pour soi-même et sans se poser de questions, on laisse de côté la loi des semailles et des récoltes. Les institutions ecclésiastiques évitent elles aussi soigneusement cet aspect de la loi : ce que l'homme sème, il le récoltera. Pourquoi ? Si elles acceptaient cette vérité, les dignitaires de l'église devraient constamment demander pardon pour toutes les fautes commises par elles dans le passé mais aussi dans le présent. Cela montre quel niveau culturel est celui de la société dans laquelle nous vivons. Elle ignore la loi cosmique de cause à effet, tout particulièrement en ce qui concerne les individus. Pourtant, la science sait depuis longtemps qu'il n'y a pas d'effet sans cause. C'est pourquoi, se sont les adultes qui devraient en premier lieu grandir pour qu'émerge une société fondée sur de hautes valeurs.

Personne ne devrait s'orienter sur quelqu'un d'autre, mais seulement sur l'enseignement de Jésus. Pour justifier nos prétendues faiblesses à l'égard de nos propres bassesses, nous disons souvent : Bien sûr Jésus était un homme parfait, mais nous ne sommes nous que des hommes ordinaires. Cela est vrai, mais Jésus nous a enseigné ceci : devenez parfaits comme votre Père au ciel est parfait. Cela signifie qu'avec l'aide du Christ, nous devons conduire notre âme jusqu'à la perfection et que cela nous est possible. Jésus nous a également invités à Le suivre, Lui, ce qui veut dire que nous ne devrions suivre aucune autorité humaine, mais faire les pas qu'Il nous a enseignés. Faire les pas en direction d'une vie fondée sur de hautes valeurs c'est accomplir progressivement les Commandements que Dieu nous a donnés à travers Moïse et le Sermon sur la Montagne de Jésus. C'est ainsi que se réalise ce que Jésus nous a enseigné : devenir parfaits comme notre Père au ciel est parfait. Ceux et celles qui agissent de la sorte imprègnent également peu à peu la société de valeurs morales stables. Naturellement, cette phrase de Jésus dont nous venons de parler concerne avant tout notre âme qui peut croître vers la perfection bien que nous soyons encore dans l'habit humain. L'homme dispose toujours des programmes dont il a besoin pour s'orienter dans son existence terrestre, par exemple des programmes lui permettant de se mouvoir dans ce monde à trois dimensions, de prendre des décisions professionnelles, d'assimiler correctement les programmes scolaires d'histoire et de géographie, les programmes pour calculer et compter, pour apprendre la musique et pour développer bien d'autres talents encore ; par exemple pour se servir de façon utile des ordinateurs.

Ces programmes de vie pour notre existence terrestre pourraient également constituer le socle éthique d'une société offrant à tous la liberté, l'égalité, l'unité, la fraternité et la justice, valeurs qui sont aussi celles que Jésus de Nazareth nous a enseignées, qu'Il a vécues pour nous en exemple et pour lesquelles on l'a crucifié. Concrètement, comment faire bon usage de ces programmes dans sa vie ? En les plaçant dans la perspective des Commandements de Dieu et en les confrontant au Sermon sur la Montagne. Alors, nous devenons de plus en plus conscient de ce qu'il est possible de faire de notre vie, de la manière dont nous pouvons l'orienter progressivement dans une direction toujours plus noble et plus fine.

Le jeune :

Gabi, cela ne représente-t-il pas un objectif trop élevé pour notre vie terrestre ? En effet, ce n'est pas toujours facile ici-bas d'appliquer avec conséquence les enseignements du Sermon sur la Montagne et malgré tous les efforts consentis on n'avance pas toujours très vite. Malheureusement, la perfection reste encore un but éloigné. Comment vois-tu tout cela ?

Le Prophète :

Bien sûr, la perfection c'est le but. C'est à cela que conduit le chemin. Par chemin on entend développement. Ce chemin, on le suit pas à pas. L'éthique élevée dont j'ai parlé ne peut pas non plus être mise en pratique du jour au lendemain. Nous l'atteindrons seulement si nous le voulons vraiment. C'est pourquoi il faut une décision de base claire et sincère.

Il faut donc tout d'abord se demander si l'on veut vraiment faire sienne cette éthique ? La question suivante serait alors : Est-ce que je veux atteindre à cette éthique ? Quelqu'un qui répond à cette question par l'affirmative et qui est décidé à lutter pour y parvenir, devra se fixer un but. Quand il aura défini ce but, il pourra envisager les pas quotidiens qui l'y conduiront. Sur le chemin vers une vie élevée, ces pas sont les suivants : ce qui m'irrite aujourd'hui de façon évidente veut me dire quelque chose ; c'est le langage de ma conscience qui me dit ce qu'il y a aujourd'hui de trop humain en moi. Quelle est la racine de cette émotion et où se niche-t-elle en moi ? La plupart du temps, c'est un sentiment imperceptible qui nous dit où elle se trouve. Si nous prions l'Esprit de Dieu en nous, ce sentiment se reforce et nous montre ainsi comment se nomme cette racine.

Peut-être notre émotion trouve-t-elle son origine dans une discorde avec nos parents, avec des amis ou des collègues. Si c'est le cas, il ne serait pas d'une grande utilité de placer simplement un baume sur la querelle par des embrassades mutuelles et d'affirmer que tout ira mieux demain. Il conviendrait plutôt de trouver ce qui a pu générer tout cela.

Il est important de trouver la racine d'un problème afin de l'extraire pour avancer vers un but plus élevé. Cela s'effectue pas à pas. Il est dit que le combat précède la victoire. Le combat dont il est question ici est celui que nous devons mener contre notre nature trop humaine. Sachez-le : celui qui fait les pas vers ce but suprême est toujours accompagné par l'Esprit du Christ de Dieu qui a dit en tant que Jésus de Nazareth et qui dit encore aujourd'hui en tant que Christ : "suivez-Moi !"

Par l'observation de ce qui se passe dans la nature, nous savons qu'il est nécessaire d'enlever la racine d'une plante si nous ne voulons pas qu'elle réapparaisse dans le "sol" de notre âme. Si nous nous contentions de la couper, elle repousserait immanquablement à partir de sa racine. Il en est de même pour notre vie : se contenter de mettre de côté nos pensées dures, nos sentiments égocentriques ainsi que nos passions et nos programmes de désirs, n'a rien à voir avec le fait d'extraire la racine du sol de notre âme et de notre subconscient. Lentement, souvent imperceptiblement, la plante coupée repousse à travers des pensées pécheresses, les sentiments égocentriques, les passions et les désirs massifs. Là aussi, par observation de la nature, nous pouvons dire que ce qui a seulement été coupé repousse depuis la racine de façon beaucoup plus vivace pour avoir été nourri pendant longtemps. Selon les circonstances cela peut nous submerger. Ensuite il sera difficile de le maîtriser.

Le jeune :

Cela ne prend-il pas beaucoup de temps de faire ce dont tu viens de parler ? J'imagine que quelqu'un qui fait cela n'a pratiquement plus de temps libre car il est constamment préoccupé par lui-même.

Le Prophète :

Travailler à la maîtrise de soi n'entraîne pas une vie limitée. Il est vrai qu'au début on pourrait peut-être le ressentir ainsi. Tu peux me croire, car j'ai une certaine expérience dans ce domaine. Les premiers pas pour maîtriser ce qui est trop humain en nous sont difficiles, car les vieilles habitudes persistent avec obstination. Il faut alors travailler sur soi-même, se battre avec soi-même et lutter. Cependant, lorsque l'on a accompli les premiers pas vers ce but élevé on devient plus clair, plus éveillé. La conscience s'élargit et a acquiert une perception plus rapide et plus sutile. Cela aide à devenir vigilant envers soi-même de sorte que l'on puisse reconnaître très rapidement ce qui nous oppresse, en trouver la racine et la mettre en ordre.

Le fait de mettre en ordre rapidement ce qui nous oppresse nous aide à mener une vie consciente. Dès lors, nous faisons également bon usage de notre temps, nous savons utiliser chaque instant. La vie moderne offre aux jeunes beaucoup de possibilités pour faire quelque chose de productif ou de créatif, pour développer les talents qui sont en eux, réaliser leurs hobbies, par exemple faire du sport, de la musique, de la danse et pourquoi pas du rock'n roll, pour passer des moments entre amis ou à l'occasion aller en discothèque, faire du skate board ou du cross et beaucoup d'autres choses encore.

Si toutes ces activités restent dans les limites du raisonnable, il n'y a aucun inconvénient à cela, tout au contraire. Un jeune qui se livre à cela peut acquérir de l'expérience et une certaine maturité pour sa vie future. Ainsi, quand il sera agé, il n'éprouvera pas le sentiment d'avoir raté quelque chose au cours de sa jeunesse, mais plutôt d'y avoir gagné des qualités qui lui auront apporté une certaine souveraineté tout au long de sa vie.

Le jeune :

Gabriele, un de mes amis m'a demandé de te poser cette question : J'observe que je ne suis pas très sûr de moi dans ma profession. Comment puis-je sortir de cela ?

Le Prophète :

A ton ami je répondrai de la façon suivante :

Demande-toi tout d'abord si ta difficulté résulte seulement de l'insécurité que tu éprouves au travail ? Ne serait-ce pas plutôt un manque d'intérêt pour cette profession ou carrément un rejet pur et simple de celle-ci ? Les incertitudes rencontrées dans la vie professionnelle veulent toujours nous dire que nous avons encore des choses à apprendre dans cette profession ou encore que nous ne sommes pas faits pour elle et que nous devrions plutôt en chercher une autre correspondant davantage à nos talents et à nos capacités, un métier qui nous rendrait donc plus sûrs de nous et nous apporterait du coup plus de joie. Si nous n'aimons pas notre travail, soit que nous ayons fait un mauvais choix dès le départ, soit que nous nous apercevions plus tard que ce métier ne nous convient pas, on peut dire alors de façon certaine que nous n'y trouverons aucune joie, même s'il nous rapporte beaucoup d'argent. Nous devrions effectuer notre travail avec joie. Il devrait être imprégné de nos capacités. C'est ainsi que nous acquérons de la sûreté et finalement l'indépendance qui conduit à la vraie liberté.

Le jeune :

Un autre ami a posé la question suivante : Je me trouve devant une décision d'ordre professionnel. Mon entourage me donne son opinion sur ce que je devrais faire. Je ne sais pas encore très bien moi-même ce que je veux. Qu'est-ce que je dois faire ?

Le Prophète :

Il est fréquent que d'autres nous conseillent sur le choix de notre profession. Cependant les conseilleurs sont rarement les payeurs et les bons conseils ne sont pas toujours désintéressés, ce qui signifie qu'ils ne sont pas forcément une aide valable. Souvent, celui ou celle qui conseille aimerait voir l'autre, par exemple son fils, sa fille ou son ami(e), réaliser ce qu'il ou elle n'a pas eu le courage de choisir ou de faire dans le domaine professionnel.

Particulièrement en ce qui concerne le choix d'un métier, les jeunes devraient progressivement s'exercer à découvrir les talents et aptitudes qui sont en eux. En effet, c'est précisément à l'âge où un jeune doit choisir un métier, que certains talents, certaines dispositions et capacités se révèlent. C'est le rythme de vie propre à chacun qui veut cela. Nous ne devrions pas nous laisser influencer par quoi ou qui que ce soit. Il n'est certainement pas inutile d'être attentif aux conseils que l'on nous donne mais en même temps nous devrions essayer de découvrir quels dispositions, capacités et talents sont en nous. Pour se faire une idée plus précise dans ce domaine, les jeunes chrétiens des origines vont travailler quelque temps dans différentes entreprises de leur choix. C'est un moyen pratique de découvrir et de choisir en connaissance de cause la profession qui leur convient. Parmi les lecteurs de cette brochure certains auront peut-être la possibilité de procéder ainsi pour se faire une idée plus précise du métier qu'ils souhaitent pratiquer par la suite.

Le jeune :

Je trouve qu'il s'agit d'un très bon conseil.

J'ai encore d'autres questions, j'en ai même beaucoup. Est-ce que je peux te poser la suivante ?

Pour les jeunes, parler de Dieu ce n'est pas "in" du tout. Tout ce qui a trait à l'église, à Dieu, paraît d'un autre âge et beaucoup ne peuvent même pas s'imaginer que Dieu existe. Alors, Dieu a-t-Il une raison d'être seulement pour les vieilles personnes ?

Le Prophète :

Tu viens de dire que parler de Dieu entre jeunes c'est totalement démodé et que pour les jeunes, l'église appartient au passé.

En tant qu'instrument de Dieu j'ai fait beaucoup, vraiment beaucoup d'expériences avec Dieu. C'est pourquoi je peux t'affirmer à partir de mes propres expériences que Dieu n'est pas un Dieu d'église, quelque chose qu'on a institutionnalisé et dont on a fait une sorte d'antiquité. Puisque DIEU, qui est la vie, a quitté depuis longtemps cette antiquité qu'est l'église, il n'est pas étonnant que tu aies l'impression ainsi que de nombreux jeunes qu'Il n'existe pas vraiment. Cependant Lui, le Dieu véritable, l'Eternel existe ! Il est la vie !

Beaucoup parlent de Dieu, cependant très peu en ont fait l'expérience.

En occident nous appelons Dieu, la vie, l'Etre éternel, la force omniprésente, le courant primordial. Dieu est l'Esprit qui s'écoule dans l'infini, qui s'est donné forme à partir de Lui-même. La forme "Dieu" c'est le Père éternel que nous appelons également Dieu-Père. C'est à partir du courant primordial éternel Dieu que Dieu-Père a créé les soleils et les mondes spirituels infinis, les sept fois sept plans célestes et les règnes spirituels de la nature. Il a créé les être divins, les êtres spirituels vivant et oeuvrant dans le royaume éternel. Le courant primordial est le souffle, la vie, qui pénètre et maintient tout.

Parce que Dieu est la vie en tout, Il est également la vie dans la matière. En chaque homme, en chaque âme, dans les quatre éléments que sont le feu, l'eau, la terre, l'air ainsi que dans toutes les forces de la matière, dans chaque atome, dans chaque molécule est contenue l'essence, le courant primordial comprimé, c'est-à-dire DIEU. Dieu est la Parole à travers tous les degrés de conscience, comme par exemple dans le rayonnement des étoiles, dans les règnes de la nature, dans les âmes et dans les hommes. Dieu est donc la vie en toi, en moi, en chacun de nous.

Quand tu ressens la plénitude de la nature et le jaillissement du printemps, quand tu ressens les éléments, la force dans le chant des oiseaux, l'évolution des formes de la nature au cours des saisons, quand tu ressens le changement qui s'opère chez les hommes qui élèvent leur âme vers Dieu afin que celle-ci retrouve la jeunesse éternelle et aie son existence dans le courant primordial divin, alors tu commences à prendre conscience de la substance primordiale spirituelle qui est en tout et qui agit à travers tout. Tu comprends alors ce qu'est la jeunesse intérieure, le fluide spirituel imperceptible en toutes choses. Tu remarques ainsi que souvent, malgré le poids des ans, des personnes âgées sont pourtant irradiées par la spontanéité du courant primordial, Dieu, la jeunesse éternelle. Dieu est ton Père éternel, Il est mon Père éternel, le Père de tous les êtres divins, de toutes les âmes et de tous les hommes. Il est spontanéité, plénitude, dynamisme, le créateur de toute forme, la force et la source de la force. Tu en fais l'expérience dans le dynamisme de ta jeunesse. C'est cela Dieu, le courant primordial en toi.

Les églises institutionnelles ont donné de Dieu une image caricaturale, grossière et cruelle. Elles en ont fait une antiquité. Elles ont baîllonné le Dieu dynamique, omniprésent qui est le feu, la lumière de la Parole en chacun. Leurs dignitaires ne se contentent pas de pratiquer les mêmes rituels chaque année à l'occasion des fêtes qu'ils ont instituées, mais en réalité chaque jour de l'année est marqué du sceau de leur église. Leurs prêches sont pratiquement toujours les mêmes d'année en année. Leur homélie a rarement pour but le service quotidien du prochain mais oeuvre le plus souvent au service de l'église à laquelle ils appartiennent. Bien que les dignitaires ecclésiastiques parlent de Dieu, ils ne Le laissent cependant ni parler, ni agir à travers eux. Il ne peut pas se révéler par eux car ils sont pétris de la conception institutionnelle d'un Dieu qui ne correspond pas au Père éternel, au Dieu-Père.

Dieu, notre Père, se penche à chaque instant vers chacun de Ses enfants, vers toi, vers moi, vers nous tous. Il aimerait que nous soyons de nouveau dans le royaume éternel, dans les cieux éternels. C'est pourquoi Il nous a envoyé Son fils, le Corégent des cieux qui est devenu notre Rédempteur. Jésus incarnait le Père éternel. Il a dit : "le Père et Moi sommes un", ce qui signifie : Moi, Jésus de Nazareth, Je vis selon la volonté du Père qui est au ciel.

Pense à la vie que mena Jésus, jeune homme dynamique et spontané. Avec Ses apôtres Il sillonnait les routes poussiéreuses de Son temps pour transmettre la bonne nouvelle de l'amour de Son Père, un jeune homme qui était chez lui sous la voûte des étoiles et voyait l'oeuvre de Dieu dans chaque animal, dans chaque plante, qui enseignait. A Ses apôtres et à Ses disciples les Lois de l'univers les plus subtiles, qui s'asseyait sous un arbre pour les instruire et allait dans les champs pour proclamer la bonne nouvelle de la vie, le Sermon sur la Montagne. Imagine un jeune homme qui, avec quelques-uns de Ses disciples, prenait place à bord d'une barque pour traverser le lac de Genezareth, un jeune homme qui savait dire la vérité de façon claire aux pharisiens, aux scribes et aux hypocrites. Jésus n'administrait pas de paroles creuses à ceux qui l'écoutaient, Il incarnait la spontanéité de la vie intérieure.

En observant la façon dont les "éminences" ecclésiastiques se couvrent de titres et de "dignités", leur manière de se vêtir de soutanes et d'habits cléricaux, leur façon d'officier dans leurs grandes églises, ne devrait-on pas se dire que quelque chose ne va pas ? D'un côté, ce qu'il y a de plus humble : Jésus de Nazareth, le fils de Dieu et de l'autre les dignitaires des grandes institutions ecclésiastiques parés de toute leur pompe, symbole de ce que Jésus n'a jamais enseigné. Jésus n'était pas ainsi et ne veut pas qu'ils soient tels qu'ils sont. Ce qu'ils enseignent, ce qu'ils disent, ce qu'ils font et la façon dont ils vivent ne correspond pas à l'enseignement de Jésus de Nazareth.

D'une certaine manière, il m'est possible, indépendamment de l'âge, de ressentir cette force jaillissante et éternelle de Dieu qui est l'éternelle jeunesse intérieure, la fraîcheur de l'Esprit, la vie qui est unique. Celui qui lâche de plus en plus ses aspects trop humains, c'est-à-dire qui les sacrifie avec l'aide du Christ et accomplit de plus en plus la volonté de Dieu, ouvre en lui la source vivante de la force suprême qui est éternellement fraîche, claire et jeune. Jésus a dit : "Suivez-Moi !". Qui Le suit, c'est-à-dire accomplit la volonté Dieu, fera en lui et à travers lui des expériences comparables à celles de notre modèle, Jésus, le Christ. aussi, point n'est besoin de beaucoup parler de Dieu. Fais ce que Jésus nous a commandé et affirme en toi le jeune homme spontané que fut Jésus de Nazareth, alors tu ressentiras la joie d'accomplir la volonté de Dieu. Alors tu ne seras plus un imitateur, quelqu'un qui n'exprime que des paroles creuses, mais un jeune spontané qui honorera Dieu en pensées et en actions et se demandera sans cesse comment aurait agi Jésus en telle ou telle circonstance de la journée, qu'essaie-t-Il de me dire à travers mon comportement, mes pensées et mes désirs ?

Cher frère, ne regarde pas en direction du Dieu qu'enseignent les dignitaires ecclésiastiques et dont ils ont fait une antiquité. Laisse plutôt ressusciter le Christ en toi. Lui, le jeune homme Jésus, veut être ton accompagnateur.

Tu le vois, Dieu n'est pas réservé aux seulespersonnes âgées. Dieu est pour la jeunesse, pour les adultes, pour les personnes âgées. Dieu est toujours présent et S'offre toujours entièrement. Fais l'expérience de Lui en suivant Jésus et tu auras consciemment à tes côtés le meilleur ami qui soit.

Le jeune :

La manière dont tu parles de tout cela me touche beaucoup. On ressent quelque chose de grand dans ce que tu dis, une perspective immense !

En t'écoutant voici la pensée qui m'est venue : Comment puis-je intégrer dans ma vie ce que Jésus attend de moi, c'est-à-dire comment adapter cette attitude à ma vie de tous les jours ? Est-ce qu'il ne s'agit pas là de deux mondes différents ? Autrement dit, est-ce que Jésus reste à mes côtés quand je me tourne vers des choses qui intéressent les jeunes de notre temps ?

Je joue de la guitare et je fais même partie d'un groupe. Gabi, après ce que tu viens de dire, je me demande s'il m'est encore possible de faire du rock, de danser le rock ?

Le Prophète :

Comme je l'ai dit un peu avant, nous devrions faire toute chose consciemment et avec modération. Tu peux jouer du rock naturellement et le danser aussi reste dans des limites raisonnable. D'ailleurs, pourquoi en serait-il autrement ?

Le jeune :

Je suis content que tu expliques de la sorte en quoi cela consiste que d'entrer dans la succession de Jésus. Cela n'a rien à voir avec une vie de renoncement total et il est possible de vivre beaucoup de choses si cela reste dans de justes limites et si l'on ne s'y perd pas.

Une question à ton intention m'a été confiée par un autre jeune. Il apprend actuellement un métier. Il est en troisième année d'apprentissage et se demande ce qu'il peut faire pour ne pas seulement devenir un expert qui résout les problèmes à partir de ses seules connaissances intellectuelles ?

Le Prophète :

Que l'on soit homme ou femme, le fait d'être un expert n'a rien de mauvais en soi. Au contraire, il est bon de disposer des connaissances spécifiques à la profession que l'on souhaite exercer. Une société saine a besoin d'hommes et de femmes compétents, maîtrisant bien le domaine dans lequel ils exercent leur profession.

Il est vrai que de nos jours, on résout beaucoup de choses par l'intellect. La question est donc de savoir si un "intellectuel" "sait" vraiment, ou s'il cherche seulement à imposer ses conceptions et ses désirs personnels alors qu'en réalité ceux-ci ne correspondent pas à ses aptitudes professionnelles véritables.

Nous avons souvent évoqué avec quelle spontanéité l'Esprit universellement sage sait nous montrer comment résoudre un problème de façon légitime - c'est-à-dire consciente de Dieu - et cela dans chaque situation, dans chaque aspect de notre vie, à savoir dans le domaine professionnel également. J'aimerais vous rappeler ce que Liobani, notre soeur des règnes spirituels nous a transmis à tous, et spécialement à vous les jeunes, dans le livre intitulé "Liobani. Pour les adolescents et les pré-adolescents". Liobani y enseigne aux jeunes comment ils peuvent s'appuyer sur l'aide du conseiller intérieur et comment, avec cette aide, il est possible de trouver la solution de nombreux problèmes ainsi que la réponse à de nombreuses questions, tant dans le domaine scolaire, professionnel que dans celui des loisirs.

Il en va de nos activités professionnelles comme de tout ce que nous faisons. Si nous agissons à partir de notre ego qui cherche toujours à se mettre en avant, à se donner de l'importance et à avoir raison, nous atteindrons tôt ou tard les limites de notre nature humaine. A partir de notre intellect, nous ne pouvons voir au-delà de nos limites intellectuelles. En conséquence de quoi nous agissons selon ce que nous croyons être la solution. Or, nous devrons finir par admettre tôt ou tard que cette solution ne conduisait en fait qu'au chaos. C'est ce qui se produit actuellement dans la sphère économique. Où que nous regardions, nous voyons que beaucoup de choses sont pourries. C'est le reflet que nous renvoie le mur de nos conceptions ou de nos programmes intellectuels, c'est le reflet de notre ego.

Si Dieu n'est pas seulement pour nous une simple relique n'ayant plus rien à voir avec notre vie et reléguée dans un coin de celle-ci, nous nous apecevrons alors que l'intellect se heurte toujours à ses propres limites, car il n'est composé que de ce que nous avons acquis au cours de notre éducation. L'intelligence-Dieu au contraire, sait toutes choses. Dans chaque situation elle aide celui qui s'en remet à l'Esprit libre et aidant en accomplissant pas à pas Sa volonté exprimée dans les Dix Commandements de Dieu et dans le Sermon sur la Montagne de Jésus. Ainsi s'élargit notre conscience et nous trouvons l'accès à celui qui est l'aide et le conseiller intérieur, l'Esprit du Christ de Dieu en nous. Quiconque agit de la sorte, peut être à la fois un expert dans sa profession et quelqu'un qui laisse agir à travers lui l'intelligence-Dieu. Une telle personne met son intellect et ses connaissances professionnelles au service de l'intelligence-Dieu. Ainsi, progressivement, l'expert voit au-delà des limites, des barrières de l'intellect. Il accomplit des pas et trouve des solutions que l'intellectuel, qui croit posséder le "savoir", ne connaît pas parce que, précisément, il construit à partir de l'intellect, du savoir qu'il a acquis.

Le sens de la vie consiste donc à éduquer notre raison, à développer nos capacités et à mettre en valeur nos qualités pour les unir à l'intelligence-Dieu afin que l'Esprit libre et vivant, éternel et omniscient, puisse utiliser nos compétences professionnelles comme base d'une société saine fondée sur des valeurs nobles et élevées.

Le jeune :

Maintenant j'aimerais te poser une question importante pour plus d'un d'entre nous. Que penses-tu de l'amitié entre un garçon et une fille ?

Le Prophète :

Avoir de bons amis est un véritable cadeau et l'on ne devrait pas se contenter d'avoir seulement de l'estime pour eux, mais faire en sorte que cette amitié grandisse. De bons amis partagent joies et peines. Ils s'entraident, forment une communauté ouverte, à laquelle celui ou celle qui est honnête et prêt à entretenir des relations amicales peut se joindre. A travers une bonne relation amicale, des forces positives s'édifient. De cette amitié peut naître l'entraide. Il peut en résulter une croissance intérieure plus rapide.

De bonnes relations d'amitié entre un garçon et une fille sont également possibles si l'un et l'autre ne nouent pas dès le début des liens puissants basés sur un exès de désirs sexuels. L'ordre de la création divine prévoit que l'homme et la femme s'unissent physiquement s'ils désirent tous deux concevoir un enfant. Ce b u t élevé devrait être celui de personnes vivant dans une société saine de ce point de vue.

De plus en plus d'hommes et de femmes acceptent le principe de la réincarnation, bien que celui-ci ait été nié à tort par les églises institutionnelles pendant des siècles. Ils croient donc à la réincarnation de l'âme, ce qui signifie naturellement apporter avec soi dans cette vie des programmes pécheurs provenant d'existences antérieures, notamment des désirs liés à la sexualité. Pour les uns ces désirs sont plus forts que pour d'autres. L'un reproduit des images mentales pour assouvir un excès de désirs sexuels, l'autre recherche l'apaisement des sens en se livrant à l'acte sexuel ou tente de lier son prochain à lui-même. Il existe plusieurs formes de liens, cependant chacun d'eux, c'est également le cas pour la sexualité, pousse à vouloir quelque chose pour soi-même, pour l'ego ou pour le corps. Les uns recherchent dans la sexualité une détente des nerfs ou la jouissance par l'excitation des nerfs que procure le plaisir sexuel. D'autres ne parviennent à satisfaire leur appétit sexuel que par des excès physiques dans des formes extrêmes de la sexualité. Après une relation sexuelle, beaucoup ont mauvaise conscience d'avoir abusé de leur conjoint comme d'un objet. Quel que soit le degré de la relation sexuelle, nous devrions toujours nous demander où se trouve la racine de cette pulsion et si nous voulons rester esclave d'une sexualité débridée ou au contraire atteindre à des valeurs morales élevées par la reconnaissance et la maîtrise progressive de nos pulsions ?

A notre époque on ne dit plus à quelqu'un qu'il ne doit pas avoir de relations sexuelles en dehors du mariage et sans désirer un enfant. Pourtant, comme se serait beau si, compte tenu de nos prédispositions humaines, nous pouvions adopter aussi facilement une telle conduite. L'amour qui donne et reçoit relierait alors l'homme et la femme et leur bonheur conjugal resterait intact. La plupart d'entre nous apportant avec eux dans cette incarnation plus ou moins d'attirance pour la sexualité, cela représente un grand sacrifice que d'atteindre à un tel niveau. Pourtant, beaucoup y parviennent. Cela dépend en fait de ce que chacun a apporté dans cette incarnation et du but qu'il s'est fixé pour sa vie. D'autres par contre n'y réussissent pas, car les programmes apportés avec dans cette vie sont très actifs dans ce domaine. Cependant, le fait de s'être incarné avec de puissants programmes sexuels ne devrait pas servir de prétexte pour se livrer sans retenue à des abus sexuels sous prétexte que l'on ne peut les refouler. En effet, les programmes ne devraient pas être refoulés car ce qui est refoulé n'est pas dissous. Pour dissoudre la cause principale à partir de laquelle l'énergie correspondante continue d'agir, il est nécessaire de trouver la racine de cette sexualité débordante.

Nous ne devrions juger aucun homme, quelles que soient ses pensées ou ses actes. Cependant, il est donné à chacun la possibilité de s'affiner peu à peu par l'analyse et la mise en ordre des programmes qu'il a apportés avec lui, ce qui signifie refuser de leur laisser le champ libre car cela peut conduire à la perte du sentiment qui permet d'évaluer et de mesurer nos actes, et que nous nommons la conscience. Concrètement, et cela est valable dans le couple comme dans le cadre d'une simple relation "amicale", il s'agit de refuser de s'adonner à une sexualité sans égard pour son partenaire, attitude qui conduit à terme, dans la plupart des cas, à le rejeter. Celui qui fait appel à sa conscience réfléchira avec soin aux conséquences qu'entraineraient, pour lui-même et pour son prochain, ses débordements sexuels éventuels. Il se demandera si ce qu'il fait procède du respect de soi-même et du prochain.

Les liens noués à travers la sexualité sont souvents très puissants. Que cet "amour" suffise à fonder une famille, qu'il résiste aux multiples tâches liées à l'éducation des enfants et se prolonge durablement, tout cela nous pouvons l'aprécier au nombre des divorces survenant chaque année.

Avant de fonder une famille l'on devrait se demander quelle est notre motivation ? De bonnes relations au sein du couple et de la famille reposent sur des liens de coeur intérieurs. L'attraction envers une personne si elle n'est fondée que sur le sexe n'est certainement pas une bonne base. De bonnes relations de couple nécessitent beaucoup de tolérance, de compréhension mutuelle et de bienveillance. Elles sont fondées sur le "donner" et le "recevoir" qui s'exprime également à travers la relation physique.

Les relations d'amitié entre un garçon et une fille peuvent se manifester de bien des façons. S'il s'agit d'une amitié véritable, cela s'exprime par une relation entre deux êtres humains dénuée de toute pensée d'ordre sexuel. Si au contraire elle est basée sur la sexualité, elle sera alors formée de tous les éléments dont j'ai déjà parlé. Par contre, s'il s'agit d'une véritable et profonde relation de coeur intérieure sans le désir intense de vivre pleinement la sexualité, voire même de la développer davantage, cela peut engendrer de bonnes relations de couple et la perspective de fonder une famille, à condition toutefois d'entretenir cette relation comme il se doit.

Avant de vouloir former un couple et fonder une famille il serait souhaitable de prendre conscience de la responsabilité que cela implique. Combien d'engagements pris à la légère sont-ils la cause de souffrances et de détresses psychiques et physiques !

La constitution de la République Fédérale Allemande intime à l'état de protéger les couples et les familles. Or, qu'en est-il dans la réalité ? La protection du couple et de la famille par l'état existe-t-elle vraiment ? et de quel couple s'agit-il ? Il est un fait qu'à notre époque près d'un tiers des couples mariés divorcent pour recommencer ailleurs la vie commune, et cela jusqu'à trois ou quatre fois. A chaque fois des familles se forment, donnant naissance à des enfants. Peu après le couple se sépare et la famille se dissout et ainsi de suite.

Je connais le cas suivant : un jeune couple désirait un enfant depuis longtemps. L'enfant longuement désiré vint finalement au monde. Il a maintenant un an et demi. C'est ce moment que le mari choisit pour quitter le foyer conjugal et aller vivre avec une autre. La mère se retrouve donc seule pour élever l'enfant et ne doit compter que sur la seule aide sociale puisque le mari ne peut subvenir à la fois à lui-même et à sa famille.

Dans ce cas la question suivante se pose : Quel couple ou quelle famille l'état doit-il protéger ? La première, la deuxième ou la troisième ? Quelle protection accorde-t-il à la mère restée seule avec l'enfant ? L'aide sociale est-elle la seule solution qu'on puisse leur proposer ? Si c'est le cas, cela signifie selon moi qu'on les a abandonné. De son côté, le mari vit désormais avec sa nouvelle compagne, partageant leurs revenus. Mais qui partage avec les mères restées seules avec des enfants ?

Que dit l'Etat à ce sujet ? Et d'ailleurs est-il même en mesure de dire quelque chose ? Peut-il établir des lois pour les femmes abandonnées, pour les mères se retrouvant seules avec des enfants ? Les politiciens qui représentent l'Etat, c'est-à-dire le peuple, n'ont pas vraiment leur mot à dire à ce sujet car eux-mêmes ne font guère mieux ? Si nous observons de plus près leur vie privée nous constatons que nombre d'entre eux sont eux-mêmes divorcés et remariés, éventuellement plusieurs fois. Alors, le couple et la famille ne sont qu'une façade derrière laquelle ils entretiennent une liaison.

Ces hauts placés n'ont d'ailleurs aucun souci à se faire pour assumer un, deux, voire trois divorces puisque leurs revenus sont suffisamment conséquents pour subvenir parfois même aux conséquences financières d'un quatrième ou d'un cinquième divorce.*

*J'ai demandé à un juriste jusqu'à quel point ce comportement était compatible avec la constitution. Il m'a répondu que d'après la constitution, le couple et la famille représentaient une valeur considérable. Le tribunal constitutionnel fédéral a estimé que selon la constitution, le mariage était considéré comme une "communauté de vie fondamentalement indissoluble". Le code civil dit explicitement que : "le mariage est conclu pour toute la vie." Le tribunal constitutionnel fédéral a par ailleurs déclaré : "il est vrai que les conjoints peuvent échouer dans le devoir de réaliser la communauté à vie avec une personne, à cause d'événements ou de difficultés qu'eux-mêmes ont créées ou qui relèvent du destin. Les liens du mariage peuvent être rompus sans que les lois puissent les maintenir en vigueur ou les rétablir. Le principe constitutionnel instituant la protection du mariage ne garantit donc pas cette protection de façon abstraite, mais seulement la manière dont il est vécu en fonction de l'opinion générale en vigueur. D'où il ressort que c'est l'image du mariage "laïque" bourgeois et civil qui sert de référence à la constitution, cette conception faisant sienne que des conjoints peuvent divorcer...."

"L'opinion générale en vigueur" n'est-elle pas essentiellement influencée par les politiciens responsables. Si eux-mêmes prennent de moins en moins au sérieux la valeur fondamentale du mariage, ils rendent le texte de la constitution qu'ils représentent de moins en moins crédible. Ainsi ils sont les garants de valeurs fondamentales qu'eux-mêmes ne respectent pas. Si la morale et l'éthique publiques s'effondrent, ils en sont en grande partie responsables.

Les politiciens peuvent-ils représenter un exemple de respect de la Constitution dont ils sont les garants ? Le peuple peut-il devenir meilleur si les hommes d'Etat, les politiciens, ont un comportement pire que le sien ? Quant à elles, les institutions ecclésiastiques ont béni nombre de ces hommes politiques lors de leur mariage. Elles ont accepté les voeux de fidélité qu'ils y ont prononcé ? Pourtant, au lieu de leur demander des comptes sur le plan de la morale, de leur rappeler la valeur sacrée du mariage dans les principes chrétiens, à savoir la promesse de fidélité que s'adressent les époux, les sommités ecclésiastiques qui ont béni ces mariages et y ont ajouté leurs bons voeux de fidélité, s'asseyent aux côtés des politiciens qui raillent ces principes lors des manifestations officielles, leur délivrant ainsi un blanc-seing. Elles portent "de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements" et donnent ainsi l'occasion à ceux qui "aiment occuper la première place dans les festins et les premiers sièges dans les synagogues" - ce qui inclut les autorités ecclésiastiques elles-mêmes - de se comporter comme il y a 2000 ans, lorsque Jésus traitait les scribes et les pharisiens d'"hypocrites" : "Vous ressemblez à des tombes blanchies à la chaux qui font extérieurement un bel effet ; à l'intérieur elles sont remplies d'ossements et de toutes les impuretés." (Matthieu 23 - 5,6, 27)

Dans la promesse formulée à l'Eglise le jour du mariage il est dit : mari et femme se doivent mutuellement fidélité "jusqu'à ce que la mort les sépare". Si les politiciens, garants de la constitution aux yeux du peuple, ne respectent pas ces règles eux-mêmes, qui d'autre le fera ? Mieux vaudrait ne prendre exemple sur aucun d'entre eux, qu'il s'agisse d'autorités ecclésiastiques ou d'hommes d'Etat, dont certains ont même intégré le C de "chrétien" au sigle de leur parti. Le mariage célébré à l'Eglise n'est-il donc qu'un acte vide de sens ? L'enseignement de l'église dans ce domaine ne s'applique-t-il qu'au peuple et non aux politiciens ? On peut se poser la question lorsqu'on voit aux premiers rangs des cérémonies officielles les autorités ecclésiastiques pérorer aux côtés de ceux qui commettent l'adultère. Il est souvent question d'éthique dans les discours, au sujet du comportement de l'homme. Où la trouver si politiciens et ecclésiastiques eux-mêmes ne s'y conforment pas ?

Selon le Larousse, éthique signifie "ensemble des règles de conduite en usage dans une société déterminée". L'éthique d'un peuple aussi bien que d'un corps professionnel, l'éthique du comportement de l'individu - tout cela pourrait s'inspirer de l'éthique chrétienne. Si nous prenons cela au pied de la lettre, alors nous constatons que les moeurs ne sont pas seulement en voie de dégradation, mais qu'elles s o n t d'ores et déjà dégradées.

Chers tous, sachez que chacun possède le libre arbitre de se conformer à des valeurs élevées, c'est-à-dire d'adopter un comportement moral. Celui qui parle d'éthique chrétienne mais ne l'applique pas est le pire des exemples pour la jeunesse. Si vous voulez édifier une société meilleure du point de vue de l'éthique et de la morale, une société fondée sur des valeurs élevées, ne prenez exemple ni sur les hommes d'Etat, les politiciens et leur façon de se comporter, ni sur aucun homme, quel qu'il soit. Comme nous l'avons déjà dit, orientez-vous uniquement sur Jésus de Nazareth.

Le jeune :

Gabi, pourrais-tu, s'il te plaît, nous dire une fois encore comment on parvient à développer des valeurs éthiques et morales, c'est je crois très important pour nous.

Le Prophète :

Volontiers. Tu me demandes donc comment ont peut développer des valeurs morales élevées en accomplissant des petits pas dans sa vie de tous les jours ?

Je le répète.

Efforce-toi d'écouter tes semblables avec attention et essaie de leur parler honnêtement et sincèrement. Ne te donne pas trop d'importance dans une conversation. Ne te prends pas pour quelqu'un qui sait tout mieux que les autres. Demande-toi, au contraire si tu es vraiment à la hauteur des questions que l'on te pose et si tes réponses peuvent aider et servir à quelque chose.

Veille à la propreté de ton corps. Efforce-toi de porter des vêtements propres et convenables.

Salue tes semblables par des pensées et des paroles franches, tout comme toi-même aimerais être salué. Aie un visage avenant et ouvert.

A l'école ou au travail, ne te moque pas de tes professeurs ou de tes supérieurs, pas plus que de tes camarades et de tes collègues. Aimerais-tu que l'on se moque de toi ?

Mange et bois décemment. Sois conscient que ce que tu manges et bois est un don du créateur à Ses enfants humains par l'intermédiaire de la mère Terre. Traite bien les animaux et les plantes, la nature entière, comme tu aimerais être traité toi-même. En effet, toutes les formes des règnes de la nature possèdent la faculté de ressentir car elles portent en elles la vie, qui est sentiments et sensations. Sois conscient que la mère-Terre t'a donné ton corps physique. Celui qui se respecte et veille à la propreté de son corps, estime et respecte également la mère-Terre. Il ne fera pas souffrir consciemment les animaux ou les plantes. Il respectera également les minéraux et ne les exploitera pas.

Quand tu rencontres quelqu'un - que tu le connaisses ou non - ne le dévalorise pas car ce qu'il est à cet instant résulte de son état de conscience actuel ; c'est son individualité. L'individu est tel qu'il pense et tel qu'il vit. C'est son image personnelle qu'il dessine avec ses désirs et ses pensées. C'est en fonction de cela qu'il se montre à toi et à ses semblables, qu'il s'habille, qu'il agence son appartement, qu'il y vit et s'y comporte. Chacun d'entre diffère de ses semblables. Si nous sommes différents c'est parce que l'état de conscience de chacun est différent. Toi même tu es différent des autres car ton niveau de conscience n'est pas semblable au leur. Lequel est le "meilleur" ? D'après la Loi divine aucun n'est meilleur que l'autre car chacun montre plus ou moins ses prédispositions négatives, pécheresses, ce qui repose en lui, ce qui s'accroche à lui. C'est pourquoi lorsque nous parlons, jugeons et condamnons quelqu'un, nous ne le faisons que sur la base du comportement erroné qui est le nôtre et nous devenons ainsi notre propre juge. Jésus a dit à ce propos : "Ne jugez pas pour ne pas être jugés vous-mêmes. Car c'est avec la rigueur dont vous jugez que vous serez jugés et c'est avec la mesure que vous employez que vous serez mesurés".

N'émets pas de pensées de haine et de jalousie envers tes semblables, car toi-même tu n'aimerais pas que les autres le fassent à ton égard.

Laisse la liberté à tes semblables. Ne les contrains pas à faire ce que tu voudrais ou ne pourrais pas faire toi-même.

Aide ton prochain seulement s'il a besoin d'aide et te le demande, mais ne le fais jamais pour obtenir sa considération ou celle de quelqu'un d'autre. Fais-le en toute modestie sans attendre de remerciements en retour.

Ne viole pas le temple de ton prochain en cherchant à le changer pour qu'il devienne tel que tu crois qu'il devrait être. Change toi-même et développe le respect de ta propre vie, alors tu gagneras également le respect de tes semblables.

Si tu te fais un ou une amie, demande-toi dans quel but. Est-ce pour satisfaire des désirs sexuels qui t'oppressent ? Si c'est le cas, demande-toi si tu apprécierais que l'on se serve de toi dans ce but.

Un ou une véritable ami(e), c'est quelqu'un qui ne demande rien pour lui ou pour elle mais qui donne sans rien attendre en retour. Sur un tel ami tu peux vraiment compter. Toi-même tu devrais devenir un tel ami pour tes relations. Une amitié fondée sur le sexe, sans le respect l'un de l'autre, ne peut aboutir qu'à une relation de couple de courte durée, mais ne permet en aucun cas de construire un couple solide et durable.

Il faut davantage pour bâtir une bonne relation de couple, un couple qui tient. Demande-toi toujours sur quoi est fondée ton amitié. Est-elle basée sur la sexualité ou sur la valeur éthique du respect de l'autre. La fidélité fait partie d'une bonne relation de couple. Peux-tu vraiment rester fidèle à ton prochain ? Tu répondras peut-être : "je ne le sais pas, car je ne peux pas dire aujourd'hui de quoi sera fait demain."

Pour m'être entretenue avec de nombreux couples, je peux te dire que si tu gardes toujours le respect de toi-même et si ton conjoint se comporte également de cette façon, alors tu sais déjà aujourd'hui comment tu te comporteras demain, quels que soient les personnes et les événements qui viendront vers toi. La véritable fidélité fait donc partie intégrante d'une bonne relation de couple. C'est à partir de la vraie fidélité que devrait se développer l'amour élevé, un amour réciproque et non pas l'amour de soi-même qui se sert de l'autre comme d'un objet pour se donner de la valeur, pour se mettre en avant, pour le plaisir, pour le confort et pour bien d'autres choses encore. L'amour élevé c'est la joie de porter intérieurement l'image de son prochain, de son conjoint. Tous deux, par respect l'un envers l'autre et envers eux-mêmes, ne se laissant jamais aller, ni dans leur aspect physique, ni dans leur manière de s'habiller et de parler ensemble ou avec d'autres.

Nous avons dit tout à l'heure que chacun fabrique des images correspondant à son état de conscience. Si chacun des partenaires du couple soigne de plus en plus à l'extérieur l'image qu'il a de lui-même, s'il l'ordonne et l'embellit sans cesse, elle peut devenir - à condition qu'homme et femme s'y tiennent - une image que l'un et l'autre aiment regarder, qu'ils apprécient de plus en plus et en compagnie de laquelle ils aimeraient être. C'est ainsi que naissent la fidélité et l'amour.

La base d'une bonne relation de couple repose toujours sur la relation de coeur d'où naît la communication et non le lien.

Une bonne relation de couple se manifeste également dans le fait de pouvoir parler de tout l'un avec l'autre et de fonder ensemble une famille. Alors on peut parler aux autres de son couple et de sa famille, car rien n'y est secret, rien ne lie ni ne sépare, il n'y a rien que les autres ne doivent savoir. Dans une bonne relation de couple règne la liberté. La liberté provient exclusivement de la fidélité qui permet à chacun d'avoir confiance l'un en l'autre. Elle est durable car elle n'est pas basée sur la sexualité que l'on utilise pour se lier l'un à l'autre, mais sur l'aspiration commune aux valeurs élevées que Jésus nous a enseignées et qu'Il a vécues pour nous en exemple. Cela rend possible des échanges positifs, de bonnes conversations entre conjoints basés sur le fait d'être l'un avec l'autre et l'un pour l'autre. Chacun des deux conjoints apporte dans la communauté les valeurs intérieures qu'il porte en lui et qui ont toujours un caractère désintéressé. Ces valeurs s'écoulent donc de façon active non seulement dans la famille, dans la communauté d'habitation ou dans l'environnement proche, mais aussi dans le grand Tout, pour le bien de tous. Alors, ensemble, les conjoints mènent une vie riche leur apportant joie et bonheur intérieurs. Si la relation physique existe bel et bien, elle n'est cependant pas prépondérante parce qu'elle ne sert ni à retenir et à lier à soi le conjoint ni à la détente personnelle ou à d'autres buts. Un tel couple est ouvert sur la grande famille, dans laquelle vivent et agissent ensemble des personnes qui ont les mêmes valeurs et essaient de vivre le plus possible sur la terre comme au ciel.

Vous les jeunes, pensez-y : l'homme et la femme ont une conscience différente. Chaque état de conscience, y compris les valeurs morales élevées, donc le principe de notre vie, s'expriment toujours en images.

A travers de nombreuses conversations je me suis rendu compte qu'il n'est pas bon pour un couple de partager un espace trop restreint. Il serait beaucoup mieux - dans la mesure du possible - que chacun ait son domaine, par exemple sa propre chambre ou au moins un espace qu'il peut aménager à sa façon. Dans la mesure du possible chacun devrait également avoir sa salle de bain personnelle. Si des enfants viennent au monde, il serait bon qu'ils aient eux aussi leur petit domaine. Chacun de nous - y compris les enfants - a une image personnelle, individuelle, constituée de ses sentiments, pensées, paroles et actes ainsi que de sa volonté. Cette image, nous l'apportons également dans notre appartement que nous imprégnons de la sorte, c'est-à-dire que nous dessinons avec cette image.

La femme, en tant que principe de création féminin, a naturellement une image différente de celle de l'homme concernant la façon de se comporter, de s'habiller et d'aménager son appartement. C'est la femme, qui souvent est également mère, qui la plupart du temps aménage la maison puisqu'elle y exerce tout au long de la semaine ses activités familiales alors que son mari est au travail. Naturellement, elle le fait selon ses prédispositions, c'est-à-dire en fonction de l'image de sa conscience. Dans une relation de couple, aussi bonne soit-elle, il arrive toujours que l'homme, rentrant du travail, interfère avec sa propre image dans l'image d'habitation que sa femme a instaurée au cours de la journée ; ménage, rangement, décoration... Il déplace ceci ou cela, ajoute tel ou tel objet, cela ne correspondant plus à l'image d'habitation que sa femme a pris du temps à créer dans la maison pendant son absence. Cela occasionne régulièrement à celle-ci de "petites contrariétés". Individuellement, ces événements que l'on pourrait considérer comme mineurs, peuvent à la longue entraîner des discordes et plus tard encore des querelles importantes. Finalement, l'un rejette l'autre, ce qui peut conduire le cas échéant à une séparation.

Cela peut être évité par le fait que chacun ait son propre domaine dans lequel il peut s'exprimer librement. Celui qui se respecte, respectera également le domaine de l'autre.

Si l'homme aussi bien que la femme ont déjà fait leurs les valeurs morales les plus petites, pour passer ensuite à des valeurs plus élevées, comme par exemple la fidélité et l'amour élevé, c'est-à-dire si l'homme aime l'image intérieure de sa femme et la femme l'image intérieure de son mari, alors tous deux éprouvent de la joie l'un avec l'autre parce que leur comportement est imprégné de valeurs élevées. Sur une telle base se développe également la responsabilité envers les enfants. Celui qui entretient cette conscience élevée, assume non seulement ses responsabilités à l'égard de sa petite famille mais aussi dans sa profession : c'est quelqu'un sur qui on peut compter. De telles personnes ne vivent pas coupées de la société ; elles ont de véritables amis et entretiennent ces amitiés. Ce sont des personnes riches de compétences et qui manifestent à l'égard de la collectivité une attitude consciente fondée sur des valeurs intérieures, ce que la société actuelle ne connaît pratiquement plus.

Un personne ayant développé en elle des valeurs et des idéaux élevés ne dira jamais : "ma femme ou mon mari est trop vieux, je cherche quelqu'un de plus jeune." Une personne imprégnée de valeurs élevées reçoit quelque chose à chaque époque de sa vie. Cela dépend seulement de la façon dont nous utilisons les saisons de notre vie. Nous pouvons trouver du charme à l'automne de notre vie aussi bien qu'à l'été de notre existence. Cela résulte uniquement de la manière dont nous employons nos journées et de ce que nous faisons des saisons de notre vie. A l'automne de sa vie, celui qui se respecte n'a pas la nostalgie du printemps ni de l'été de sa vie parce qu'il a vécu pleinement ces deux saisons. Des personnes possédant de telles valeurs intérieures restent fidèles l'une à l'autre.

Si dans ce domaine les hommes d'Etat étaient de bons exemples - car sachant comment s'édifie un couple et une famille stables - la jeunesse pourrait prendre modèle sur eux et l'Etat ne devrait pas se contenter de protéger le couple et la famille, il pourrait également jouer son rôle dans tous les autres domaines de la vie.

Le jeune :

Gabi, je trouve super important, pour ne pas s'illusionner, ce que tu viens de dire au sujet de l'amitié et des relations de couple, au sujet de la famille et du sexe. C'est une chance pour nous que quelqu'un puisse ainsi nous expliquer, à nous les jeunes, comment les choses se passent et ce qui est vraiment important.

Maintenant je passe à une autre question qu'on m'a demandé de te poser :

Père, mère, enfants à perpétuité - dois-je vraiment subir tout cela ?

Le Prophète :

Une famille bonne et solide n'a rien de commun avec la prison à perpétuité comme celui qui t'a demandé de poser la question le pense apparemment. La façon dont la vie de famille est vécue actuellement dans notre société n'est pas celle dont je parle. Les relations familiales devraient être fondées sur une bonne communication par le fait que les parents soient fidèles l'un à l'autre. Comme je viens de le dire, s'il existe cette relation intérieure qu'est la fidélité, il existe aussi la liberté. Si chacun est libre parce qu'assuré de la fidélité de son conjoint à son égard, alors les conversations sont agréables et sincères. Elles renforcent la relation intérieure d'où résulte l'aide mutuelle. Les deux conjoints n'attendent et n'exigent alors pas sans cesse des choses l'un de l'autre, y compris sur le plan de la sexualité dont l'unique fonction est de se détendre et de trouver du plaisir avec le corps du conjoint. Si des enfants naissent d'une telle relation, ils seront certainement éduqués selon l'exemple de leurs parents. Cependant, les enfants doivent être laissés libres d'adopter ou pas le modèle de leurs parents, car personne ne peut savoir quelles sont les dispositions qu'ils portent en eux.

Etre libre ne signifie pas laisser son conjoint libre d'avoir d'autres relations sexuelles ou se permettre à soi-même une "liaison" de temps en temps. Liberté signifie respect de l'autre et respect de soi-même.

Si les enfants sont élevés dans cet esprit, ils prennent un bon départ dans la vie. Qu'ils en fassent bon usage ou non, cela ne concerne qu'eux-mêmes. C'est tout particulièrement lorsqu'ils sont petits que les enfants ont besoin de parents qui s'entendent bien, qui sont là pour eux, qui leur apportent la protection d'un toit, ressentent qu'on les respecte et, ce qui compte également beaucoup pour eux, ont un endroit où boire et manger. Une fois adultes, les enfants élevés de la sorte ont du plaisir à venir voir leurs parents, car la maison parentale reste "leur maison". Pourtant, ils n'y restent pas au delà d'un certain âge. La nature nous montre comment les choses devraient également se passer chez les humains. Quand les oisillons savent voler, ils cherchent tout naturellement à construire leurs propres nids. Quand nos enfants commencent à voler de leurs propres ailes, ils devraient eux aussi prendre en main leur propre vie, c'est-à-dire leur destinée, ce qu'ils ont apporté avec eux dans cette existence terrestre. S'ils ont bénéficié d'un bon encadrement familial ainsi que d'une bonne formation professionnelle, ils disposent alors d'une base solide pour accomplir ce nouveau pas. Ils aiment rendre visite à leurs parents pour s'entretenir avec eux sans pour autant devoir être à leur charge jusqu'à un âge avancé.

Donc, tout dépend au départ sur quelle base deux êtres humains édifient un couple ; s'il s'agit d'une fidélité véritable ou d'un "amour" uniquement synonyme de dépendance sexuelle. Pour deux personnes ayant fondé leur couple sur la fidélité, la compréhension et la liberté, l'expression "à perpétuité" ne s'applique pas à leur relation mais plutôt au plaisir d'être ensemble et l'un pour l'autre, donc également pour ses semblables, au service d'une société fondée sur de hautes valeurs morales. Un tel couple dispose d'un grand cercle d'amis et privilégie des relations familiales élargies dans lesquelles plusieurs familles oeuvrent ensemble pour la communauté au service de la société.

Le jeune :

Une autre question : comment puis-je concevoir une amitié véritable qui ne soit pas influencée par les modèles véhiculés par le monde extérieur : cinéma, publicité, opinion de la masse ?

Le Prophète :

Le contenu et les buts d'une amitié véritable ne peuvent surgir que du monde de nos sentiments et pensées après nous être posé cette question : qu'est-ce que j'associe au mot "amitié" ? Le cinéma, la publicité, l'opinion générale peuvent en effet nous influencer de manière négative en jouant sur le désir sexuel pour lui donner de l'importance. Lorsque l'amitié repose sur la sexualité, la relation intérieure qui rend l'amitié tellement précieuse n'existe plus, mais seulement le fait d'être lié à l'objet de son désir. Avec l'aiguille et le fil que sont nos sentiments et pensées, chacun de nous a la liberté de confectionner le "tissu" de sa vie. Ce "tissu", c'est ce que nous sommes.

Le jeune :

Qu'est-ce que tu en penses du fait d'avoir des relations sexuelles avant le mariage ?

Le Prophète :

C'est une question délicate à laquelle je ne répondrai de façon catégorique ni dans un sens ni dans l'autre, car je crois en la réincarnation, c'est-à-dire dans le fait que chacun d'entre nous a plusieurs vies derrière lui. Il est donc possible que dans une vie antérieure nous nous soyons chargés avec ce que l'on appelle des programmes de désir. Si c'est le cas, notre âme a également absorbé ces programmes qu'elle a emporté avec elle dans les domaines de matière subtile de l'au-delà lors de la mort du corps physique. Ces programmes trop humains restent enregistrés dans l'âme tant qu'ils n'ont pas été mis en ordre et l'âme les apporte avec elle lors d'une nouvelle incarnation.

Si un tel programme de désir sexuel devient très fortement actif chez un jeune, sous l'influence de la constellation planétaire ayant conduit l'âme à l'incarnation, ces aspects bouillonnants s'agitent alors en lui, de sorte qu'il lui devient difficile de contrôler ses pulsions d'origine hormonale. L'essentiel alors est la façon de réagir à cette poussée : soit la laisser s'écouler à travers le système nerveux et accomplir l'acte sexuel, peu importe avec qui d'ailleurs, soit travailler à ces aspects. Comme nous l'avons déjà dit, ce travail s'effectue tout d'abord dans la tête, avec la raison. Il consiste à se demander ce qu'apporterait la réalisation du désir sexuel, autrement dit si cela est conforme à une vie fondée sur des valeurs morales élevées et s'il ne vaudrait pas mieux se libérer peu à peu de ces désirs qui font pression sur nous plutôt que d'en devenir l'esclave. Dans les relations d'amitié entre un garçon et une fille il est fréquent que chacun attende de l'autre qu'il satisfasse ses désirs sexuels. S'il en est ainsi, ils devraient se demander ce que cela leur apporte et où ils veulent en venir ? Souhaitent-ils seulement en retirer du plaisir ou veulent-ils fonder un couple ? Un couple formé sur la base d'une dépendance sexuelle réciproque peut-il alors durer ? Ne serait-il pas mieux d'envisager une autre solution, par exemple celle qui consisterait à entretenir une relation amicale sincère permettant à chacun de se libérer de sa dépendance sexuelle vis-à-vis de l'autre. Sur la base d'une telle relation peut se développer une communication intérieure permanente amenant chacun au respect de lui-même et de l'autre.

D'une façon générale, on peut dire que quoi que nous faisons, l'important est la manière de le faire. Cela est valable dans tous les domaines de la vie, y compris dans celui de la sexualité.

Je crois que ceux et celles qui liront attentivement cette brochure y trouveront sans aucun doute d'autres éléments de réflexion sur lesquels il pourront s'orienter s'ils le désirent.

Le dynamisme de la jeunesse s'exprime de multiples façons, à travers diverses activités telles que le sport. De nombreux jeunes en proie aux turbulences et à l'impulsivité propres à leur âge pourraient à travers le sport établir des relations d'amitié sincères placées sous le signe de la confiance réciproque, avec des personnes de son propre sexe ou de sexe opposé. En effet, le sport dirige souvent l'attention sur d'autres centres d'intérêt que le "plaisir" sexuel qui passe alors à l'arrière-plan.

Cela ne signifie absolument pas qu'un jeune devrait repousser toute pensée et désir d'ordre sexuel en pratiquant un sport ou en s'investissant dans un hobby. L'attitude juste consiste à rechercher l'origine de ses pulsions sexuelles. Il est également important pour un jeune de se faire une idée de ce que sera sa vie future, aussi bien dans les domaines professionnel et familial que sur les plans de l'amitié et de la société. S'il dispose d'un cercle d'amis véritables, un jeune pourra parler de tels sujets. Il trouvera sans aucun doute dans ces échanges l'aide lui permettant de mieux maîtriser l'intensité de ses désirs sexuels.

Le jeune :

Ma prochaine question va dans une toute autre direction.

Après avoir atteint le point culminant du miracle économique, nous vivons maintenant une période assez difficile : chômage, pollution, guerres, recrudescence des maladies, sida, manipulation génétique, corruption de la vie politique etc... etc... On se sent impuissant face à tout ça. Que peut-on faire d'après toi pour en sortir ?

Le Prophète :

Au cours de l'histoire, les hommes se sont toujours demandé comment sortir des situations graves. La réponse qu'ils ont trouvée à cette question consiste généralement à rendre quelqu'un d'autre responsable de ce qui nous arrive, à le traiter d'incapable, à lui reprocher ses échecs et ainsi de suite. Pourtant, tant que nous nous contenterons de montrer les autres du doigt, rien ne changera. Au fil du temps, le chômage, la pollution, les conflits armés, les pestilences, la manipulation génétique, le clonage et la corruption persisteront. On se prend parfois à reprendre espoir, mais de nouveau vient le désenchantement. Qui ou bien quoi devrait changer pour qu'un développement positif s'installe durablement ? Ceux à qui nous attribuons la responsabilité de la misère devraient-ils être les seuls à changer ? Ou bien chacun de nous ne devrait-il pas s'attacher à devenir lui-même différent de celui qu'il rend responsable, en adoptant une attitude noble et des valeurs morales élevées ?

La jeunesse pourrait revendiquer une bonne formation professionnelle lui permettant de s'engager ensuite dans le monde du travail avec de bonnes chances de réussite. Chacun individuellement imprégnant son travail de ses qualités propres, de ses capacités et de sa conscience pour les mettre au service du prochain et du véritable bien commun - qui est le bien de tous - et non dans le but de gravir l'échelle du succès. Une personne à la morale élevée ne se livrera jamais à des actes de corruption, mais cherchera à gagner sa vie par l'exercice honnête de sa profession. Une telle personne sera également respectueuse de la nature ainsi que de la vie des animaux, des plantes et des minéraux. Elle sait que les animaux éprouvent de fines sensations et ressentent souvent plus de choses qu'un homme brutal. Celui dont la morale est élevée sait que les conflits armés ne sont pas le fruit du hasard mais reposent sur des faits anciens, d'une autre génération. Parce qu'il croit en la réincarnation, il sait que les champs de bataille sont de puissants aimants qui attirent ceux qui n'ont pas transformé leurs instincts guerriers en attitude de paix. Combattre la guerre par la guerre signifie en préparer une nouvelle. Cela n'est pas seulement valable à l'échelle d'un pays mais également pour chacun d'entre nous.

Les maladies non plus ne sont pas le fruit du hasard. Elles proviennent du "récipient" dans lequel mijotent nos comportements erronés, nos faiblesses et nos fautes, c'est-à-dire tous les aspects pécheurs apportés dans cette vie et n'ayant été combattus ni dans des incarnations antérieures, ni dans celle-ci, mais au contraire ayant été nourris en pensées, désirs et actes. Dès lors, ils attirent vers l'homme ce qu'il appelle son "destin" : maladies, détresse, souffrance et bien d'autres choses encore.

Beaucoup d'hommes ne se contentent pas de charmer le serpent "destin" mais ils l'entretiennent. C'est avec nos sentiments, pensées, paroles et actes que nous alimentons notre destin. Tout ce qui est négatif, contre nature, la pollution, la manipulation génétique, le clonage, la corruption et d'autres choses encore, trouvent leur origine dans le monde des désirs que nous avons nous-mêmes enregistrés. Se peut-il que certains croient que Dieu soit responsable de tout cela ? En aucun cas il n'y a de hasard, même dans le fait d'être au chômage. Nous devrions toujours nous demander ce qu'il y a au fond de chacun de nous ? On ne peut se contenter de tout mettre sur le compte de ceux qui ont des responsabilités directes dans l'émergence de ces problèmes, ni le faire endosser aux politiciens, parce qu'en définitive, ils sont élus en partie grâce au vote des chômeurs qui longtemps ont préféré rester spectateurs de ce qui se passait dans l'économie et dans la politique et portent ainsi une responsabilité.

Seul celui qui, avec d'autres, aspire à approfondir et à mettre toujours plus en pratique le Sermon sur la Montagne au lieu de répondre coup pour coup ou de riposter avec les mêmes armes que ceux qui l'agressent peut sortir de cet amalgame de l'ego. En effet, dans le Sermon sur la Montagne se trouvent les bases d'une économie d'un autre type, durable celui-là, réalisable uniquement par une société reposant sur des valeurs éthiques et morales élevées.

C'est pourquoi des hommes qui souhaitent ardemment un changement de société devraient en premier lieu accéder eux-mêmes à ces mêmes valeurs. C'est sur ce point précisément que la jeunesse a un rôle imprtant à jouer.

Le jeune :

C'est donc sur la jeunesse que repose l'espoir d'un monde meilleur.

Tout cela n'est pas si compliqué en fait. Il s'agit seulement de ne pas montrer du doigt ses semblables mais de frapper sa propre poitrine et se demander : comment est-ce que je veux que les choses avancent et qu'est-ce que je fais pour cela ?

Il devient de plus en plus clair pour moi que c'est sur le Sermon sur la Montagne que reposent les possibilités de développement vers le haut de l'humanité toute entière, car il enseigne, comme tu l'as dit, les principes sur lesquels peut s'édifier une société avec de hautes valeurs morales. Et vivre et travailler selon le Sermon sur la Montagne, permet de construire également un système économique qui fonctionne bien. Il existe déjà des hommes qui s'y emploient.

Je passe maintenant à un autre sujet. Le Sermon sur la Montagne ne mentionne évidemment pas la pratique des sports de combat même quand ils sont orientés sur l'auto-défense. Malgré tout, je te pose la question suivante par intérêt personnel mais aussi pour beaucoup de mes amis : Un sport de combat orienté sur l'auto-défense est-il contraire aux principes du Sermon sur la Montagne ?

Dit autrement, aspirer à des normes éthiques et morales élevées est-ce compatible avec l'auto-défense ou bien doit-on tendre l'autre joue en toute occasion ?

Le Prophète :

Il y a différents aspects dans les sports de combat. Crois-tu que la force se trouve uniquement dans les muscles et dans la technique de combat et d'action ?

Si l'on s'oriente toujours plus sur les Commandements de Dieu et sur le Sermon sur la Montagne, on sait que ce n'est jamais par hasard que quelque chose survient dans notre vie. Tendre les deux joues ne veut pas dire accepter simplement les coups. Jésus Lui-même a dit à peu près ceci au soldat qui Le frappait : si ce que J'ai fait n'est pas juste, alors prouve-le Moi ; cependant si cela est juste, pourquoi Me frappes-tu ?

Jésus ne s'est pas défendu avec des armes ou au moyen d'une technique de combat quelconque. Il s'est servi de la parole. Nous pourrions dire naturellement que cela fut parfaitement inutile puisqu'Il a quand même été crucifié. Cependant nous ignorons si cela ne fut pas utile à celui à qui Il le dit. Sa mort sur la croix n'était pas seulement souhaitée par une seule personne mais par une foule excitée. Le chemin de croix et la crucifixion de Jésus étaient et sont le péché de ceux qui jadis ne Le comprirent pas et qui aujourd'hui ne Le comprennent toujours pas. Jésus, l'Innocent, souffrit pour apporter aux coupables l'étincelle de la liberté, l'étincelle de la rédemption. Parmi les hommes, personne n'est exempt de fautes, c'est pourquoi nous ne devrions pas jeter la pierre à nos prochains, mais nous munir de la force de l'Esprit éternel et nous en remettre en toute confiance à celui qui seul sait nous protéger, le Christ en nous. Lui sait ce qui est bon pour notre âme.

A un jeune aspirant à des valeurs élevées, qui de plus pratique un sport de combat, je conseillerais de ne jamais s'en servir pour mettre à mal un "ennemi", mais plutôt d'aller au devant d'un agresseur en utilisant d'une part la force de la parole, et d'autre part l'assurance d'un corps bien entraîné, cela non dans l'intention de le blesser mais plutôt de lui faire comprendre où sont les limites à ne pas dépasser. Si cela est vraiment nécessaire, utiliser pourquoi pas une technique d'auto-défense, cependant sans faire de mal ni blesser. Immobiliser les mains de quelqu'un ou le repousser n'a rien de comparable au fait de couper l'oreille avec une épée comme le fit Pierre à un soldat.

En cela nous voyons que dans la Loi de Dieu ne contient aucune interdiction, mais l'aide qui nous fait prendre conscience et saisir les conséquences que les péchés et les sutes de l'égo peuvent avoir sur nous. Le mot d'ordre n'est donc pas "ne fais pas ceci, ne fais pas cela", mais plutôt "demande-toi ce que tu veux atteindre de la sorte et ce que cela t'apportera plus tard." L'Esprit de Dieu nous a donné des Commandements, pas des interdictions.

Le jeune :

Gabi, la vie serait si belle si les hommes faisaient usage des Commandements de Dieu pour vivre en paix les uns avec les autres. Pourtant, cela ne va pas toujours de soi. Je le vois bien chez, il y a des jours où tout se déroule harmonieusement et puis soudain, quelque chose de destructif ou de mauvais monte en moi.

Quand j'observe les belles choses qu'il y a sur terre, les plantes, les animaux, les arbres, et aussi ce qui est agréable, le soleil, l'air frais, je me demande souvent : d'où cela vient-il ? Cela nous a-t-il été offert pour nous aider à mieux progresser à l'école de la vie qui est parfois un peu douloureuse ? La nature est si belle et si paisible. C'est grave que les hommes la détruise comme ils le font. Je suis même parfois effrayé quand je découvre en moi des tendances tellement mauvaises et tellement destructrices. D'où provient tout cela ?

Le Prophète :

Tu ressens très justement que notre vie est faite de belles journées et d'autres qui le sont moins. Les hauts et les bas de notre vie se déroulent quasiment par vagues. Les vagues de notre vie nous portent parfois vers le haut. Alors nous pouvons reconnaître que notre existence terrestre peut être belle et constante si nous luttons également contre nos penchants bas - nos dispositions destructrices comme tu les as appelées - lorsque nous sommes dans le creux de la vague, ce qui ne signifie pas lutter contre notre prochain mais contre nous-mêmes, en nous demandant d'où proviennent ces creux.

Superficiellement, on pourrait penser que ces dispositions sont inscrites dans les gènes, chez les uns plus que chez les autres. Toutefois, en poussant l'analyse un peu plus loin, on ne peut manquer de se demander qui les y aurait mises alors ? Même en remontant au début de l'humanité, la question reste inchangée : qui a déposé cet instinct destructeur, le mal, dans les gènes de l'homme ? Il existe bien un moyen d'éluder la question qui consiste à expliquer cela sur le compte de soi-disant "secrets de Dieu". Mais en réalité, Dieu n'a pas de secrets, ce sont les hommes qui ont inventé cette fable. Donc, si tout cela ne trouve pas son origine en Dieu, il faut chercher une autre explication et celle-ci nous conduit tout droit à la réincarnation. Ce qui n'a pas été mis en ordre lors d'incarnations antérieures ou sur les plans de purification - nos tendances destructrices, notre goût du pouvoir, nos pulsions mauvaises et méchantes - nous les apportons avec nous lors d'une nouvelle incarnation. A travers les gènes, ces dispositions imprègnent également notre nouveau corps. Elles peuvent alors se manifester en partie ou en totalité dans le cours de cette vie terrestre.

Ainsi, quelqu'un de suffisamment sensible découvrira lui-même ce qu'il est.

Au printemps précisément, lors de l'épanouissement des plantes et de la floraison des arbres, au moment où s'exprime la vivacité des animaux, lorsque les rayons du soleil sont encore tièdes et l'air encore frais nous sommes plus perceptifs au processus de la vie. Que serait la vie si la terre était entièrement aride telle un désert de pierres, sans les ruisseaux et les chutes d'eau merveilleuses, sans les océans, les fleuves et les lacs, sans les plantes, les animaux et les arbres ? Le coeur des hommes serait alors lui aussi aride et "pierreux", tout comme la planète elle-même. Cependant il n'en est pas ainsi, ou ne vaudrait-il pas mieux dire "pas encore" ? En effet, la conscience de beaucoup d'hommes n'est-elle pas aussi nue et pierreuse qu'un désert aride ? Beaucoup d'hommes semblent n'avoir pour but unique que de détruire les beautés que Dieu a offertes à Ses enfants humains : la terre magnifique avec toutes ses formes de vie, un véritable saphir dans le cosmos matériel. La beauté de la terre est notre vie véritable. Cependant, si la vie n'a aucune valeur pour nous, nous détruisons tout ce qui se trouve sur la terre et dans la terre. Finalement c'est nous-mêmes que nous détruisons ainsi. C'est ce chemin que prend l'humanité actuellement. Elle s'auto-détruit en empoisonnant et en endommageant l'atmosphère qui sert de manteau protecteur à la terre.

Celui qui croit vraiment en Dieu ne se contente pas de rester un homme de foi. Il sait que c'est Dieu qui a fait à Ses enfants humains ce merveilleux cadeau à la beauté incomparable qu'est la terre. Il sait que celle-ci leur a été donnée pour qu'ils voient en elle le signe de Son amour et contemplent Son oeuvre sainte dans tous les détails et dans la conscience qu'ils ne sont pas seulement les héritiers de cette terre merveilleuse et de tout ce qui y vit, mais de la patrie éternelle, infiniment plus belle que le plus beau des saphirs, que la terre aux multiples plantes, arbres et animaux, infiniment plus belle que les astres qui illuminent la voute céleste. Sans tout cela, la vie humaine ne serait pas possible. Si nous étions vraiment conscient qu'au delà de notre mort physique une lumière infiniment grande nous attend, le Christ dans notre âme, pour nous guider vers la lumière éternelle, vers la Source absolue de l'Etre éternel, alors nous ne nous contenterions pas de dire que nous croyons en Dieu, nous nous efforcerions de faire Sa volonté.

Celui qui cherche à comprendre ce que Dieu veut, découvrira la vie véritable dans le sens profond des paroles du Sermon sur la Montagne. Il saura que la mise en oeuvre du Sermon sur la Montagne porte en elle la perspective d'un "miracle économique", ignorant du chômage, que rien ne égaler ni empêcher. Il saura que seule l'unité est force d'évolution dans la famille, dans la vie communautaire, dans l'économie et dans la société.

Le "miracle économique" que je viens d'évoquer est un système économique inspiré par l'esprit du christianisme des origines. Il repose sur la mise en pratique du Sermon sur la Montagne de Jésus, à savoir travailler dans le but de les transformer, les aspects et les forces égocentriques se trouvant en chacun de nous, comme cela est expliqué en détail dans le Nr 4 du "Prophète".

Toi et tes amis vous êtes jeunes. Si vous le souhaitez, prenez le temps d'approfondir les paroles du Sermon sur la Montagne - ce qui ne veut pas dire les prendre au pied de la lettre - et vous verrez que c'est un guide pratique pour atteindre à une vie élevée sur la terre.

Beaucoup d'hommes, et tout particulièrement les dignitaires des institutions ecclésiastiques, rejettent le Sermon sur la Montagne qui selon eux relève de l'utopie pure et simple parce qu'il proposerait un mode de vie impossible à mettre en oeuvre sur la terre. En réalité, cette manière de vivre est tout à fait adaptable à la terre mais pas à notre société, à ce monde belliqueux et assoiffé de pouvoir. Il n'est pas fait pour les exploiteurs, ceux qui croulent sous la richesse quand les pauvres succombent à la plus noire misère. Dans de nombreux pays, les principes sur lesquels reposent la loi fondamentale s'inspirent du Sermon sur la Montagne. S'ils appliquaient ces principes inscrits dans leur Constitution, c'est par exemple le cas de l'Allemagne, alors ils auraient fait des pas considérables en direction du Sermon sur la Montagne.

La version complète de ce journal ainsi que d'autres numéros peuvent être obtenus gratuitement auprès de : Universelles Leben e.V., Haugerring 7, 97070 Würzburg,  Tél. : indicatif pour l'étranger + 49 931 39030, Fax : indicatif pour l'étranger + 49 931 3903 233

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